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Maurice Tourneux (1849-1917), bibliographe et homme de lettres

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Brabant-le-Roi détruit en 1917

Descendant d’une famille originaire de Brabant-le-Roi [Meuse], Jean-Maurice Tourneux est né le 12 juillet 1849, 100 bis rue du Bac [110 depuis 1850], à Paris [VIIe], dans la maison où la comédienne Marie-Dorval (1798-1849) avait habité de 1839 à 1846 et où l’artiste peintre américain James Whistler (1834-1903) vivra de 1892 à 1901.

 

110 rue du Bac (mai 2019)

Maurice Tourneux était fils de Jean-François-Eugène Tourneux, artiste peintre, né à Bantouzelle [Nord], le 6 octobre 1809. Eugène Tourneux avait fait d’excellentes études classiques à Reims [Marne]. Pendant quelque temps, il avait cultivé la poésie et donné quelques volumes de vers, dont Chants et prières (Paris, Desessart, 1838), publié en collaboration avec son ami Charles de Maricourt. Élève de Laurent-Charles Maréchal (1801-1887), de Metz [Moselle], il s’adonna à la peinture de genre et surtout de pastel avec un certain succès, prenant part aux Salons de 1842 à 1866. Il avait épousé Aglaé-Laure Forest, le 19 avril 1845 à Paris [VIIe]. Il mourut 55 rue du Cherche-Midi, à Paris [VIe], le 26 juin 1867, d’une attaque d’apoplexie. Ses tableaux et études furent vendus à l’Hôtel Drouot, le 25 novembre 1867.


 

Maurice Tourneux était petit-fils de Jean-François Tourneux, ancien élève de l’École polytechnique et ingénieur des Ponts-et-Chaussées, né le 22 septembre 1779 à Brabant-le-Roi. D’abord attaché au canal de Saint-Quentin [Aisne], il fut appelé successivement dans les départements du Bas-Rhin, de la Marne et des Vosges, où il décéda, à Épinal, le 22 avril 1834. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

Portrait de Maurice Tourneux, 14 ans, par son père (1863)
In Gazette des beaux-arts, janvier-mars 1917, p. 315

Maurice Tourneux fit ses études au lycée Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques [Paris Ve]. Dès 1866, il entra à l’administration de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, dite « PLM », où il fut attaché au service des archives. Sa vocation de bibliophile et de curieux naquit cette même année 1866, de sa rencontre avec Charles Asselineau (1820-1874) et les frères Goncourt, Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870), qui lui ouvrirent leurs cabinets de travail. 

En 1869, Maurice Tourneux, « très-versé dans les mystères de la littérature contemporaine » (G. Brunet. « Préface ». Les Supercheries littéraires dévoilées. Paris, Daffis, 1869, t. I, 1re partie, p. VIII) collabora à la seconde édition de l’ouvrage de Joseph-Marie Quérard (1796-1865).

Par l’intermédiaire des frères Goncourt, Maurice Tourneux entra en relation avec Philippe Burty (1830-1890), qui lui ouvrit les portes de L’Art. Revue hebdomadaire illustrée et de La Nouvelle Revue.


 

Ayant fait la connaissance d’Étienne Charavay (1848-1899), Maurice Tourneux collabora à L’Amateur d’autographes. Son premier article, « Une collection d’ex libris » (Nos214 et 215, avril 1872, p. 58-61), indique qu’il conçut de bonne heure pour ces vignettes un goût qu’il conserva toujours : « il est un autre plaisir que Nodier n’a pas décrit quoiqu’il l’ait connu ; celui d’apposer sa marque sur ses livres et d’attester ainsi que l’on fut un homme de goût et un lettré. » Dans les Archives de la Société française des collectionneurs d’ex-libris, on trouve des notes sur les ex-libris de Poulet-Malassis (6eannée, N° 5, mai 1899, p. 69-71), de Francisque Sarcey (7e année, N° 11, novembre 1900, p. 163-165), de Philippe Burty (8e année, N° 11, novembre 1901, p. 164-166) et d’Aglaüs Bouvenne (11e année, N° 2, février 1904, p. 19-22).

Ce fut aussi dans L’Amateur d’autographes qu’il publia son premier travail consacré à l’histoire de l’art : « Les Portraits de Balzac » (janvier 1873, p. 2-3) ; suivirent « Les Portraits d’Alfred de Musset » (juin 1873, p. 93) et « Les Portraits de Sainte-Beuve » (juin-juillet 1874, p. 89-93).

En 1875, « Prosper Mérimée bibliophile » parut dans le Bulletin du bibliophile (p. 475-481).




L’année suivante, Maurice Tourneux publia Prosper Mérimée. Sa bibliographie (Paris, J. Baur, 1876, portrait par Frédéric Régamey, 100 exemplaires papier vergé et 6 Chine) et Théophile Gautier. Sa bibliographie (Paris, J. Baur, 1876, portrait par H. Valentin, 100 exemplaires papier vergé et 10 Chine).


 

La même année 1876, grâce à l’intervention d’Auguste Poulet-Malassis (1825-1878), Maurice Tourneux fut chargé par les frères Garnier de l’achèvement de l’édition des Œuvres complètes de Diderotrevues sur les éditions originales (1875-1876), commencée par Jules Assézat (1832-1876), dont il publia, après un voyage à Saint-Pétersbourg [Russie], les tomes XVII à XX (1877), qui contiennent des lettres inédites, une bibliographie des écrits perdus, une iconographie et une table. Il décida les mêmes éditeurs à entreprendre une réimpression de la Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc. et mena à bien ce travail en six années (1877-1882, 16 vol. in-8), après un voyage à Gotha [Allemagne].

Le 3 décembre 1877, à Paris [VIe], Maurice Tourneux, qui habitait alors 6 boulevard Morland [IVe], épousa Julie-Henriette Vapereau, née à Tauxigny [Tauxigny-Saint-Bauld, Indre-et-Loire] le 4 septembre 1855, fille de Louis-Gustave Vapereau (1819-1906), avocat, et de Émilie-Euphrasie Forest (1817-1905).

Dès lors, il collabora à la cinquième édition du Dictionnaire universel des contemporains (Paris, Hachette et Cie, 1880), par son beau-père ; les articles de L’Illustration, publiés sous la rubrique « Notes et impressions », et signés « G.-M. Valtour », furent de Gustave Vapereau et de son gendre.

Reprenant et complétant ses études sur Mérimée, Maurice Tourneux publia Prosper Mérimée, ses portraits, ses dessins, sa bibliothèque (Paris, Charavay Frères, 1879) et écrivit pour de nombreuses revues : L’Amateur d’autographes, Le Bibliophile français, Bulletin du bibliophile, Revue des documents historiques, L’Art, La Vie littéraire, L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, Le Livre, L’Illustration, La Nouvelle Revue, Revue critique d’histoire et de littérature, Revue historique, Gazette des beaux-arts, Revue de l’art français ancien et moderne, Les Lettres et les Arts, Le Moliériste, L’Artiste, Revue rétrospective, Gazette anecdotique, Le Livre moderne, Revue encyclopédique, La Révolution française, Revue d’histoire littéraire de la France, La Revue de Paris, La Correspondance historique et archéologique, Revue des livres anciens, Le Bibliographe moderne, etc.

Il donna en outre de nombreux articles à La Grande Encyclopédie, aux Bulletin et Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, aux Archives de l’art français, à la Société d’iconographie parisienne, etc., fournissant les contributions les plus variées à l’histoire générale, à l’histoire littéraire et aux antiquités des XVIIIe et XIXesiècles.


 

La Gazette des beaux-arts, qui accueillit Maurice Tourneux le 1er juillet 1885, avec un article intitulé « La Tour chez ses notaires » (p. 74-84), publiera au total 39 de ses articles.

Maurice Tourneux donna une introduction et des notes pour la publication de l’Histoire journalière de Parispar Dubois de Saint-Gelais (1716-1717) (Paris, Société des bibliophiles françois, 1885, in-8), 


un avant-propos et des notes pour
Meusnier de Querlon. Les Soupers de Daphné et les Dortoirs de Lacédémone, (Paris, Librairie des bibliophiles, 1886, in-12, eau-forte par Adolphe Lalauze), une préface et des notes pour Montesquieu. Lettres persanes (Paris, Librairie des bibliophiles, 1886, 2 vol. in-12, pl. et portr.), un avertissement et des notes pour Les Promenades à la mode(Paris, Librairie des bibliophiles, 1888, in-12, eau-forte par Adolphe Lalauze).


Dans L’Âge du Romantisme(Paris, Ed. Monnier & Cie, 1887, gr. in-4), série d’études sur les artistes, les littérateurs et les diverses célébrités de cette période, Maurice Tourneux publia Gérard de Nerval. Prosateur et poète.


À l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1889, le Conseil municipal de la capitale, sur la proposition de Léopold Delisle (1826-1910), administrateur général de la Bibliothèque nationale de France depuis 1874, confia à Maurice Tourneux la publication d’une Bibliographie de l’histoire de Paris pendant la Révolution française(Paris, Imprimerie nouvelle, 1890-1913, 5 vol. gr. in-8). Pour l’assister dans cette tâche, il trouva une collaboratrice dévouée en la personne de son épouse :

« Le cadre une fois tracé, il ne restait plus qu’à le remplir, et j’aurais peut-être succombé sous le faix si je n’avais trouvé à mon foyer même un dévouement que n’ont pas lassé un seul jour durant vingt ans les transcriptions de titres, les rapprochements et les identifications indispensables en pareille matière : tous les noms propres et tous les substantifs de nature à fournir une indication utile au lecteur ont été ainsi relevés sur des fiches dont le nombre primitif a largement dépassé trente mille, mais qui s’est nécessairement réduit quand j’en ai entrepris la revision avant leur répartition sous les rubriques auxquelles elles devaient s’adapter. »

(Maurice Tourneux. « Avertissement ». In Bibliographie de l’histoire de Paris, t. V, 1913, p. ij)

Cette publication lui valut la reconnaissance de l’Académie des Inscriptions dès 1894 et en 1913, et de l’Académie française en 1907.

« C’est que M. Tourneux a pris le soin si rare de reproduire ces titres au complet avec une exactitude scrupuleuse. C’est aussi et surtout qu’il n’a pas manqué de lire tous les livres qu’il signale, et, chaque fois que le titre ne donne pas une idée suffisante du contenu, il complète par une courte et complète analyse.

Là ne se borne pas la tâche de ce parfait bibliographe. Pseudonymes, anonymes et supercheries sont ingénieusement dévoilés par lui, avec une science perspicace. Son œil exercé perce les masques, démêle les confusions, distingue les différences et va chercher dans le texte l’éclaircissement ou la correction du titre.

C’est en cela que M. Tourneux l’emporte sur les bibliographes ses prédécesseurs. Ceux-ci, même le bon Quérard, ne lisait d’un livre que l’intitulé et, parfois, la table des matières. Leur description bibliographique était tout extérieure. Non qu’ils fussent négligents ou paresseux, ces piocheurs célèbres : mais c’est qu’il leur manquait une culture assez générale et assez profonde pour prendre rapidement et sûrement connaissance de tant de livres divers. M. Tourneux, par une rencontre rare d’aptitudes variées, est à la fois littérateur, historien, philologue. Son esprit est ouvert et orné. Il aime les volumes comme s’il était bibliomane, et il sait lire les livres comme un critique. On le voyait bien à ses précédents travaux : celui-ci, qui est son œuvre capitale, mettra le sceau à sa réputation d’honnête homme qui sait, non pas un peu de tout, mais beaucoup de tout, et qui est aussi capable de s’élever aux vues générales que de regarder un bouquin à la loupe. »

(F.-A. Aulard. « Chronique & bibliographie ». In La Révolution française. Revue d’histoire moderne et contemporaine. Paris, Société de l’histoire de la Révolution, t. 19e, juillet-décembre 1890, p. 84-85)

Photographie Librairie du Cardinal

Entre temps, il avait publié : Mémoires de Marmontel (Paris, Librairie des bibliophiles, 1891, 3 vol. in-12), « Merceriana ou Notes inédites de Mercier de Saint-Léger » (Bulletin du bibliophile, 1892, p. 97-114, 251-268, 365-377, 432-444, 516-545), Procès-verbaux de la commune de Paris (10 août 1792-1er juin 1793) (Paris, Société de l’histoire de la Révolution française, 1894), une préface pour le Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle par Georges Vicaire (Paris, A. Rouquette, 1894, t. I, p. I-XIX),  Marie-Antoinette devant l’histoire. Essai bibliographique (Paris, Techener, 1895) [Seconde édition revue, très augmentée et ornée de gravures. Paris, Henri Leclerc, 1901), Table générale des documents contenus dans les archives de l’art français et leurs annexes (1851-1896) (Paris, Charavay Frères, 1897), 


La Bibliothèque des Goncourt. Étude suivie d’un Essai bibliographique sur l’œuvre des deux frères (Paris, Techener, 1897, 50 ex. Extrait du Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 15 septembre 1896), Les Sources bibliographiques de l’histoire de la Révolution française (Paris, Alph. Picard et Fils, 1898, extrait du Bibliographe moderne, 1897, nos 5-6), Tamizey de Larroque (1828-1898). Notice bio-bibliographique (Paris, Techener, 1898), Diderot et Catherine II (Paris, Calmann Lévy, 1899), « Étienne Charavay. Sa vie et ses travaux » (La Révolution française, 14 mars 1900, p. 193-233), Jean-Baptiste Perronneau (Paris, Gazette des beaux-arts, 1903), Eugène Delacroix (Paris, Henri Laurens, 1904), La Tour(Paris, Henri Laurens, 1904), Table générale de la Revue universelle des arts (1855-1866) (Chartres, Imprimerie Edmond Garnier, 1908, avec Gaston Brière et Henri Stein), Mes loisirs, par S.-P. Hardy. Journal d’événements tels qu’ils parviennent à ma connaissance (1764-1789) (Paris, Alphonse Picard et Fils, 1912, t. Ier publié avec l’historien Maurice Vitrac [1871-1948]).

(juillet 2019)
Et il avait quitté, en 1899, son appartement du 14 rue du Cardinal Lemoine [Ve], où il avait vécu pendant une vingtaine d’années, 

(juin 2019)
pour le 34 quai de Béthune [IVe], sur l’île Saint-Louis.

.
Maurice Tourneux en 1901, 34 quai de Béthune
In Gazette des beaux-arts, janvier-mars 1917, p. 321

L’avocat Henri Maistre (1875-1917) fit imprimer une Bibliographie des travaux de Maurice Tourneux(Paris, R. Paquet, 1910, in-4, H. C., tiré à petit nombre), contenant 413 numéros.

En 1914, Maurice Tourneux collabora à la Revue des livres anciens de Pierre Louÿs (1870-1925) et Louis Loviot (1885-1918), avec « Bibliothèques féminines au XVIIIesiècle » (t. I, p. 345-351).

(août 2012)
La même année, il déménagea au 16 quai de Béthune.

« A examiner d’ensemble l’œuvre si touffue et si variée de Tourneux, on peut la classer en un certain nombre de chapitres bien déterminés. A ses débuts, il s’occupe des écrivains du XVIIIe siècle, Grimm, Diderot, Marmontel. Puis il est absorbé par ses recherches sur les romantiques du siècle dernier. Viennent ensuite ses études sur les beaux-arts dont la Gazette renferme la partie la plus considérable.

A une série spéciale appartiennent ses travaux sur la Révolution française, qui occupèrent toute la seconde partie de sa vie, ayant pour couronnement cette bibliographie de l’histoire de Paris pendant la Révolution avec sa table monumentale. […]

Plusieurs voyages furent consacrés à des recherches littéraires dans les bibliothèques étrangères. Nous avons parlé de sa mission officielle pour recueillir les manuscrits de Grimm et de Diderot et de son voyage à Gotha en 1875. Neuf ans plus tard, il partait pour la Russie et s’arrêtait en cours de route à Upsal et à Stockholm dont les bibliothèques lui fournirent de nouvelles découvertes. Enfin il se rend à différentes reprises à Londres pour cataloguer les ouvrages sur la Révolution française conservés au British Museum.

De la même époque date une série de conférences à l’Université d’Oxford sur les sources manuscrites de l’histoire de la Révolution. Un dernier voyage en Amérique, en 1912, avait pour but de rechercher des documents sur les peintures françaises, et en particulier sur celles de l’école romantique, conservées dans les collections particulières de New York. »

(Jules Guiffrey. « Maurice Tourneux (1849-1917) ». In Gazette des beaux-arts, janvier-mars 1917, p. 324-326)

Prospectus de la librairie Leclerc, par François Courboin (1906).
De gauche à droite : Lacombe,Tourneux, Vicaire, Courboin, Gruel et Leclerc

Membre en particulier de la Société de l’histoire de l’art français, de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France et de la Société de l’histoire de la Révolution française, Maurice Tourneux fut un bibliophile passionné.

Maurice Tourneux dans sa bibliothèque, 34 quai de Béthune (1912)

Télégramme de Maurice Tourneux à Adolphe Durel,
libraire expert pour la vente Crampon, à l'Hôtel Drouot, le 12 avril 1897.
Photographie Librairie Trois Plumes

Il réunit une bibliothèque sur l’histoire, les arts et la littérature dans son appartement du quai de Béthune et dans sa maison de campagne du clos de la Guérinière, à Morsang-sur-Orge [Essonne].


 

Il utilisa un fer de reliure et deux ex-libris, qui portent la devise « IN ANGULO CUM LIBELLO » [Dans un coin avec un petit livre] : 



l’un [120 x 51 mm], gravé par François Courboin (1865-1926), le représente lisant un livre, assis sur la dernière marche d’une échelle de bibliothèque ; 



l’autre [62 x 62 mm], gravé par Aglaüs Bouvenne (1829-1903), donne son monogramme « MT » sur un fond azuré, dans un encadrement à enroulements.

Maurice Tourneux en 1914
In Gazette des beaux-arts, janvier-mars 1917, p. 314

Maurice Tourneux tomba malade peu de temps après la publication du dernier volume de la Bibliographie de l’histoire de Paris : on a prétendu que la grande fatigue intellectuelle entraînée par un labeur écrasant avait contribué à hâter sa fin. Il mourut le 13 janvier 1917, après une longue et douloureuse maladie. Il était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1891 et avait été promu officier en 1913, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Diderot. Ses obsèques eurent lieu le 16 janvier 1917, en l’église Saint-Louis-en-l’Île.

« Mme Tourneux a entrepris le catalogue de la collection de son mari ; elle a eu en outre l’excellente et touchante pensée de conserver une image de cette belle bibliothèque de travail. Dans ce but elle a fait appel au talent d’un ancien ami de son mari, M. Frédéric Régamey.

Cet artiste a composé avec le plus grand soin, la plus scrupuleuse exactitude, un charmant pastel représentant une partie importante de la bibliothèque, avec le maître faisant le geste de sortir un livre de son rayon. »

(Camille Beaulieu. Vie et travaux de Burgaud des Marets. La Rochelle, Éditions Rupella, 1928, p. 14)

Le cabinet de Maurice Tourneux resta en l’état, jusqu’à la publication du Catalogue of the private library of Maurice Tourneux, historian, art critic and bibliographer(1849-1917) (New York, The United French Publishers, 1932), avec une préface par Marcel Bouteron (1877-1962), bibliothécaire à la Bibliothèque de l’Institut.

Madame Tourneux mourut le 20 janvier 1935, 16 quai de Béthune, et fut inhumée dans le caveau de famille à Morsang-sur-Orge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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