
Charles Demandre, qui appartenait à une famille de maîtres de forges du nord de la Haute-Saône, a prétendu appartenir à une branche de la maison de Mandre [ou Mandres]. Cette maison lorraine, qui tire son nom de Mandres-sur-Vair [Vosges], se compose de deux branches principales : la branche de Haute-Marne, qui porte « D’or à la fasce d’azur », et la branche de Haute-Saône, qui porte « D’azur à une bande d’or, accompagnée de sept billettes du même, posées quatre en chef et trois en pointe » ; couronne de comte, avec deux sauvages pour supports ; devise « Aliquid in minimo » [Il y a quelque chose même dans le plus petit].
Cette branche de Haute-Saône serait éteinte depuis le XVIIIe siècle et certains auteurs auraient voulu la continuer en établissant l’identité de Claude de Mandre, 3e du nom, seigneur de Vereux [Haute-Saône], avec un Claude Demandre (1628-1690), de Baulay [Haute-Saône]. Or, si on les identifie, il faut admettre que ce Claude Demandre est né deux ans après la mort de son père ; qu’il a été parrain et qualifié « Dominus Claudius » à l’âge de trois ans ; qu’il a renoncé à la noblesse et à l’héritage considérable de sa famille. En réalité, la famille qui remonte à Claude Demandre est différente et porte pour armes « D’or à la fasce d’azur » : cela la rattacherait aux de Mandre de Haute-Marne, mais il faudrait encore l’établir.
Dans une Franche-Comté ruinée par la « Guerre de dix ans » (1634-1644), Claude Demandre et Catherine Vaucard (1628-1697) s’étaient réfugiés à Amance [Haute-Saône], où furent baptisés leurs enfants : Nicolas, le 21 janvier 1659 ; Barbara, le 17 décembre 1660 ; Marguerite, le 29 décembre 1662 ; Claude-François, le 15 décembre 1664 ; Nicolas, le 2 mai 1666 ; Catherine, le 13 octobre 1668. La paix revenue, après le traité de Nimègue (1678), ils louèrent la ferme de Beauregard, à Baulay, en 1682.
Jean-Baptiste Demandre (1696-1755), petit-fils de Claude Demandre, s’établit dans le voisinage de son aïeul : après avoir épousé Claude-Françoise Massey (1695-1770), il prit à ferme toute la baronnie de Saint-Loup-sur-Semouse [Haute-Saône] en 1720. Dans cette terre se trouvaient plusieurs forges, dont la prospérité fit la fortune de ses descendants.
Charles Demandre naquit le 8 messidor an XIII [27 juin 1805] aux forges de La Chaudeau [Aillevillers-et-Lyaumont, Haute-Saône], fils de Claude-François Demandre « le Jeune » (1777-1847), maître de forges, et de Marguerite-Rose Aubert (1770-1845), mariés à Bourmont [Haute-Marne], le 20 pluviôse an IX [9 février 1801].
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Portrait de Charles Demandre |
Le 10 août 1833, à Vellexon-Queutrey-et-Vaudey [Haute-Saône], il épousa Louise-Pauline Petit, dite « Louise-Apolline », née le 6 floréal an XI [26 avril 1803] à Queutrey [Vellexon-Queutrey-et-Vaudey, Haute-Saône], fille de Pierre Petit, cultivateur, et de Marie-Thérèse Sériot.
De 1836 à 1839 fut construit le château Demandre, à La Chaudeau, sur l’emplacement de la première demeure.
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Le Mercure de France, 1832 |
Cultivé, Charles Demandre eut, dans sa jeunesse, quelques velléités littéraires et poétiques et, pendant toute sa vie, accueillit à La Chaudeau les écrivains et les artistes de son temps. Parmi ses amis figurèrent le romancier Jules Sandeau (1811-1883), le peintre Faustin Besson (1821-1882), l’écrivain Ivan Tourguenev (1818-1883), l’écrivain Alphonse Toussenel (1803-1885), le bibliothécaire Lorédan Larchey (1831-1902) et l’homme de lettres Xavier Marmier (1808-1892).
Napoléon III, pendant son séjour aux eaux de Plombières-les-Bains [Vosges], visita aussi La Chaudeau ; ce fut là qu’il eut, en 1858, avec le comte de Cavour, des entretiens secrets d’où devait sortir l’unité italienne.
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Houillères de Champagney et Ronchamp par J. Rothmüller, 1826 |
Conseiller général de la Haute-Saône de 1839 à 1871, Charles Demandre, associé avec Joseph Bezanson, filateur à Breuches [Haute-Saône], acheta en 1843 les Houillères de Ronchamp [Haute-Saône].
Chevalier de la Légion d’honneur en 1856, il devint chevalier de l’Ordre de Malte en 1863 et maire d’Aillevillers-et-Lyaumont du 3 septembre 1865 au 13 septembre 1871.
Par décret du 4 mai 1867, il fut autorisé à séparer la particule « de » de son patronyme.
La plupart des livres ne comportaient d’autre intérêt que les autographes que de Mandre y avait ajoutés. La condition des exemplaires était plus que médiocre.
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Albert Mansfeld. Napoléon III. Paris, Henri Plon, 1863 |
De mauvaises demi-reliures sur lesquelles le possesseur avait fait mettre des armoiries sur le plat recto [super ex-libris] : écusson armorié, sommé d’une couronne de comte et orné de lambrequins ; armes « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes d’argent, posées 2 et 2 à senestre, 1 et 2 à dextre » [36 x 36 mm].
Charles de Mandre utilisait trois ex-libris, réalisés après 1867 :
- Cartouche ovale, sommé d’une couronne de comte que tient, à senestre, un génie ailé ; à la pointe de l’écu, une coquille sépare en deux parties la légende « Aliquid in minimo ». De menus ornements, plus abondants à dextre en matière de support, entourent l’écu et la légende, au-dessous de celle-ci : « Exlibris C. de Mandre ». Armes : « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de même, posées 2 et 2 à senestre et 1 et 2 à dextre ». Cadre formé d’ornements semblables à ceux de la composition [48 x 52 mm – Dernière eau-forte de Lorédan Larchey].
- Écu droit, à la française, sans ornements, sommé d’une couronne de comte ; au-dessous, sur une banderole qui se développe de chaque côté de l’écusson, la légende : « ALIQUID IN MINIMO ». Armes : « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de même, posées 2, 1, 1 à senestre et 1, 2 à dextre ». Sous la banderole, en caractères gothiques : « CHARLES DE MANDRE ». La composition est encadrée de deux filets doubles ; au-dessus du filet intérieur, à gauche, on lit : « DURANT ET MONNEHAY, GRAV. QUAI DE L’HORLOGE, 31, PARIS » [119 x 96 mm – Litho].
- Deux écus : « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de même, posées 2, 1, 1 à senestre et 1, 2 à dextre » (Mandre) et « D’or à la croix ancrée de gueules » (Petit) [46 x 44 mm].
247. Timon (vicomte de Cormenin). Livre des orateurs. Paris, Pagnerre, 1842, gr. in-8, 27 portraits gr. sur acier, demi-rel., non rogné. Avec 21 lettres la plupart autographes. 100 fr.
347. Barbier (Auguste). Iambes. Paris, Urbain Canel et Ad. Guyot, 1832, in-8, demi-rel., non rogné, avec une pièce de vers autographe de Barbier. Première édition. 139 fr.
393. Gautier (Théophile). Poésies complètes. Paris, Charpentier, 1845, in-12, demi-rel., avec une lettre autographe de Th. Gautier à son éditeur. 44 fr.
415. Lamartine. Œuvres complètes. Paris, Charles Gosselin et Furne, 1836-1837, 10 vol. gr. in-8, portr., demi-rel., non rog., avec une lettre autographe de Lamartine. 34 fr.
443. Musset (Alfred de). Premières poésies. Paris, Charpentier, 1854. – Poésies nouvelles. Paris, Charpentier, 1854. Deux tomes en 1 vol. in-12, chag. vert, dos orné, fil., comp., tr. dor., avec un fragment autographe des Poésies nouvelles. 40 fr.
497. Sainte-Beuve. Poésies complètes. Paris, Charpentier, 1845, in-12, demi-rel., autographe de l’auteur ajouté. 23 fr.
569. Beaumarchais. La Folle Journée ou le Mariage de Figaro. Paris, Ruault, 1785, gr. in-8, fig., demi-rel., autographe de l’auteur ajouté. 63 fr.
592. Vigny (Alfred de). La Maréchale d’Ancre, drame. Paris, Charles Gosselin et Barba, 1831, in-8, fig., demi-rel., avec envoi autographe de l’auteur et deux lettres autographes de l’auteur. Première édition. 29 fr.
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Photographie Librairie des Carrés, Gennes, Maine-et-Loire |
654. Le Sage. Histoire de Gil Blas de Santillane. Paris, Paulin, 1835, gr. in-8, front., portr., ill. de Gigoux, mar. noir, comp., tr. dor., lettre autographe de Gigoux. Ex. rare en pap. vélin fort. Premier tirage. 70 fr.
665. Rousseau (J. J.). Les Confessions. Paris, Barbier, 1846, gr. in-8, front. et grav. sur bois, demi-rel., lettre autographe de Rousseau et lettre autographe de madame de Warens. 185 fr.
688. Balzac (Honoré de). Scènes de la vie privée. Paris, Mame et Delaunay-Vallée, Levavasseur, 1830, 2 vol. in-8, demi-rel., envoi autographe à Émile de Girardin, lettre autographe de l’auteur. Première édition. 48 fr.
691. Balzac (Honoré de). Le Curé de village. Pet. in-4, obl., portr. photo. ajouté, demi-rel. Fragment du manuscrit original autographe. 200 fr.
751. Gautier (Théophile). Les Jeunes France, romans goguenards. Paris, Eugène Renduel, 1833, in-8, front., demi-rel., lettre autographe de l’auteur. Première édition. 270 fr.
764. Nerval (Gérard de). Le Rêve et la Vie. Paris, Victor Lecou, 1855, in-12, demi-rel., lettre autographe de l’auteur. Première édition. 35 fr.
779. Hugo (Victor). Œuvres. Paris, Eugène Renduel, 1838-1840, 6 vol. in-8, demi-rel., 3 lettres autographes de l’auteur. 100 fr.
780. Hugo (Victor). Notre-Dame de Paris. Perrotin et Garnier frères, 1844, gr. in-8, fig., demi-rel., lettre autographe de l’auteur. 49 fr.
904. Sandeau (Jules). La Roche aux mouettes. Paris, s. d. (Hetzel), gr. in-8, fig., demi-rel., non rog., lettre autographe de l’auteur. 50 fr.
915. Stendhal (H. Beyle). La Chartreuse de Parme et Le Rouge et le Noir. Paris, 1846, 2 vol. in-12, demi-rel., 2 lettres autographes de l’auteur. 74 fr.
981. Balzac (H. de). Les Contes drolatiques. Paris, Société générale de librairie, 1855, in-8, fig., demi-rel., lettre et fragment de lettre de l’auteur. Premier tirage. 125 fr.
1.110. Balzac (Honoré de). Œuvres complètes. Paris, Houssiaux, 1855, 20 vol. in-8, portr. et fig., demi-rel., 5 lettres autographes de l’auteur et 2 fragments manuscrits. 210 fr.
1.157. Pontmartin (Armand de). Les Jeudis de madame Charbonneau. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-12, demi-rel., lettre autographe de l’auteur et lettre autographe de J. Sandeau. Première édition. 30 fr.
1.430. Las Cases (Comte de). Mémorial de Sainte-Hélène. Paris, Ernest Bourdin, 1842, 2 vol. gr. in-8, 2 front., demi-rel., 7 lettres dont lettre de Napoléon à sa mère. 107 fr.
1.629. Baudelaire (Charles). Théophile Gautier. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1859, in-12, portr. photo. de l’auteur, demi-rel. Ex. d’épreuves avec corrections de la main de l’auteur. 150 fr.
1.641. Mérimée (Prosper). Notice sur Henri Beyle. In-8, demi-rel., lettre autographe de l’auteur. Copie calligraphiée de la Notice très rare, impr. chez F. Didot à 25 ex. dont 17 furent détruits par l’auteur. 102 fr.
1.665. Album de 45 pièces de poésies autographes de Piron, Barbier, Pigault-Lebrun, Murger, Banville, La Chambeaudie, etc. Gr. in-8, demi-rel. 200 fr.
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Charles Collé. Chansons joyeuses. Paris, Londres et Ispahan, 1765. Enrichi d'une lettre autographe de l'auteur. Photographie Librairie Bonnefoi, Paris |