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Charles Demandre (1805-1875), dit « Charles de Mandre », poète et autographophile

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Charles Demandre, qui appartenait à une famille de maîtres de forges du nord de la Haute-Saône, a prétendu appartenir à une branche de la maison de Mandre [ou Mandres]. Cette maison lorraine, qui tire son nom de Mandres-sur-Vair [Vosges], se compose de deux branches principales : la branche de Haute-Marne, qui porte « D’or à la fasce d’azur », et la branche de Haute-Saône, qui porte « D’azur à une bande d’or, accompagnée de sept billettes du même, posées quatre en chef et trois en pointe » ; couronne de comte, avec deux sauvages pour supports ; devise « Aliquid in minimo » [Il y a quelque chose même dans le plus petit].


Cette branche de Haute-Saône serait éteinte depuis le XVIIIe siècle et certains auteurs auraient voulu la continuer en établissant l’identité de Claude de Mandre, 3e du nom, seigneur de Vereux [Haute-Saône], avec un Claude Demandre (1628-1690), de Baulay [Haute-Saône]. Or, si on les identifie, il faut admettre que ce Claude Demandre est né deux ans après la mort de son père ; qu’il a été parrain et qualifié « Dominus Claudius » à l’âge de trois ans ; qu’il a renoncé à la noblesse et à l’héritage considérable de sa famille. En réalité, la famille qui remonte à Claude Demandre est différente et porte pour armes « D’or à la fasce d’azur » : cela la rattacherait aux de Mandre de Haute-Marne, mais il faudrait encore l’établir.



Dans une Franche-Comté ruinée par la « Guerre de dix ans » (1634-1644), Claude Demandre et Catherine Vaucard (1628-1697) s’étaient réfugiés à Amance [Haute-Saône], où furent baptisés leurs enfants : Nicolas, le 21 janvier 1659 ; Barbara, le 17 décembre 1660 ; Marguerite, le 29 décembre 1662 ; Claude-François, le 15 décembre 1664 ; Nicolas, le 2 mai 1666 ; Catherine, le 13 octobre 1668. La paix revenue, après le traité de Nimègue (1678), ils louèrent la ferme de Beauregard, à Baulay, en 1682.

Jean-Baptiste Demandre (1696-1755), petit-fils de Claude Demandre, s’établit dans le voisinage de son aïeul : après avoir épousé Claude-Françoise Massey (1695-1770), il prit à ferme toute la baronnie de Saint-Loup-sur-Semouse [Haute-Saône] en 1720. Dans cette terre se trouvaient plusieurs forges, dont la prospérité fit la fortune de ses descendants.



Charles Demandre naquit le 8 messidor an XIII [27 juin 1805] aux forges de La Chaudeau [Aillevillers-et-Lyaumont, Haute-Saône], fils de Claude-François Demandre « le Jeune » (1777-1847), maître de forges, et de Marguerite-Rose Aubert (1770-1845), mariés à Bourmont [Haute-Marne], le 20 pluviôse an IX [9 février 1801].


Portrait de Charles Demandre

Le 10 août 1833, à Vellexon-Queutrey-et-Vaudey [Haute-Saône], il épousa Louise-Pauline Petit, dite « Louise-Apolline », née le 6 floréal an XI [26 avril 1803] à Queutrey [Vellexon-Queutrey-et-Vaudey, Haute-Saône], fille de Pierre Petit, cultivateur, et de Marie-Thérèse Sériot.



De 1836 à 1839 fut construit le château Demandre, à La Chaudeau, sur l’emplacement de la première demeure.


Le Mercure de France, 1832

Cultivé, Charles Demandre eut, dans sa jeunesse, quelques velléités littéraires et poétiques et, pendant toute sa vie, accueillit à La Chaudeau les écrivains et les artistes de son temps. Parmi ses amis figurèrent le romancier Jules Sandeau (1811-1883), le peintre Faustin Besson (1821-1882), l’écrivain Ivan Tourguenev (1818-1883), l’écrivain Alphonse Toussenel (1803-1885), le bibliothécaire Lorédan Larchey (1831-1902) et l’homme de lettres Xavier Marmier (1808-1892).

Napoléon III, pendant son séjour aux eaux de Plombières-les-Bains [Vosges], visita aussi La Chaudeau ; ce fut là qu’il eut, en 1858, avec le comte de Cavour, des entretiens secrets d’où devait sortir l’unité italienne.  


Houillères de Champagney et Ronchamp
par J. Rothmüller, 1826

Conseiller général de la Haute-Saône de 1839 à 1871, Charles Demandre, associé avec Joseph Bezanson, filateur à Breuches [Haute-Saône], acheta en 1843 les Houillères de Ronchamp [Haute-Saône].

Chevalier de la Légion d’honneur en 1856, il devint chevalier de l’Ordre de Malte en 1863 et maire d’Aillevillers-et-Lyaumont du 3 septembre 1865 au 13 septembre 1871.


Par décret du 4 mai 1867, il fut autorisé à séparer la particule « de » de son patronyme.


Château de Beaujeu



Charles de Mandre mourut en son château de Beaujeu-Saint-Vallier-et-Pierrejux [ Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur, Haute-Saône], le 28 juin 1875 ; il fut inhumé au cimetière de Saint-Loup-sur-Semouse. Son épouse décéda à La Chaudeau, le 31 mai 1886.

Sa bibliothèque fut vendue à Paris, Maison Silvestre, 28 rue des Bons-Enfants, salle n° 1, au premier, du 31 janvier au 9 février 1887. Le catalogue fut rédigé par Lorédan Larchey : Catalogue des livres et autographes composant la bibliothèque de feu M. Ch. de Mandre (Paris, A. Claudin, 1887, in-12, [4]-314-[2] p., 1.714 lots).

La plupart des livres ne comportaient d’autre intérêt que les autographes que de Mandre y avait ajoutés. La condition des exemplaires était plus que médiocre.


Albert Mansfeld. Napoléon III. Paris, Henri Plon, 1863

De mauvaises demi-reliures sur lesquelles le possesseur avait fait mettre des armoiries sur le plat recto [super ex-libris] : écusson armorié, sommé d’une couronne de comte et orné de lambrequins ; armes « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes d’argent, posées 2 et 2 à senestre, 1 et 2 à dextre » [36 x 36 mm]. 


Charles de Mandre utilisait trois ex-libris, réalisés après 1867 :



-          Cartouche ovale, sommé d’une couronne de comte que tient, à senestre, un génie ailé ; à la pointe de l’écu, une coquille sépare en deux parties la légende « Aliquid in minimo ». De menus ornements, plus abondants à dextre en matière de support, entourent l’écu et la légende, au-dessous de celle-ci : « Exlibris C. de Mandre ». Armes : « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de même, posées 2 et 2 à senestre et 1 et 2 à dextre ». Cadre formé d’ornements semblables à ceux de la composition [48 x 52 mm – Dernière eau-forte de Lorédan Larchey].


-          Écu droit, à la française, sans ornements, sommé d’une couronne de comte ; au-dessous, sur une banderole qui se développe de chaque côté de l’écusson, la légende : « ALIQUID IN MINIMO ». Armes : « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de même, posées 2, 1, 1 à senestre et 1, 2 à dextre ». Sous la banderole, en caractères gothiques : « CHARLES DE MANDRE ». La composition est encadrée de deux filets doubles ; au-dessus du filet intérieur, à gauche, on lit : « DURANT ET MONNEHAY, GRAV. QUAI DE L’HORLOGE, 31, PARIS » [119 x 96 mm – Litho].


-          Deux écus : « D’azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de même, posées 2, 1, 1 à senestre et 1, 2 à dextre » (Mandre) et « D’or à la croix ancrée de gueules » (Petit) [46 x 44 mm].



247. Timon (vicomte de Cormenin). Livre des orateurs. Paris, Pagnerre, 1842, gr. in-8, 27 portraits gr. sur acier, demi-rel., non rogné. Avec 21 lettres la plupart autographes. 100 fr.

347. Barbier (Auguste). Iambes. Paris, Urbain Canel et Ad. Guyot, 1832, in-8, demi-rel., non rogné, avec une pièce de vers autographe de Barbier. Première édition. 139 fr.

393. Gautier (Théophile). Poésies complètes. Paris, Charpentier, 1845, in-12, demi-rel., avec une lettre autographe de Th. Gautier à son éditeur. 44 fr.

415. Lamartine. Œuvres complètes. Paris, Charles Gosselin et Furne, 1836-1837, 10 vol. gr. in-8, portr., demi-rel., non rog., avec une lettre autographe de Lamartine. 34 fr.

443. Musset (Alfred de). Premières poésies. Paris, Charpentier, 1854. – Poésies nouvelles. Paris, Charpentier, 1854. Deux tomes en 1 vol. in-12, chag. vert, dos orné, fil., comp., tr. dor., avec un fragment autographe des Poésies nouvelles. 40 fr.

497. Sainte-Beuve. Poésies complètes. Paris, Charpentier, 1845, in-12, demi-rel., autographe de l’auteur ajouté. 23 fr.



569. Beaumarchais. La Folle Journée ou le Mariage de Figaro. Paris, Ruault, 1785, gr. in-8, fig., demi-rel., autographe de l’auteur ajouté. 63 fr.

592. Vigny (Alfred de). La Maréchale d’Ancre, drame. Paris, Charles Gosselin et Barba, 1831, in-8, fig., demi-rel., avec envoi autographe de l’auteur et deux lettres autographes de l’auteur. Première édition. 29 fr.


Photographie Librairie des Carrés, Gennes, Maine-et-Loire

654. Le Sage. Histoire de Gil Blas de Santillane. Paris, Paulin, 1835, gr. in-8, front., portr., ill. de Gigoux, mar. noir, comp., tr. dor., lettre autographe de Gigoux. Ex. rare en pap. vélin fort. Premier tirage. 70 fr.



665. Rousseau (J. J.). Les Confessions. Paris, Barbier, 1846, gr. in-8, front. et grav. sur bois, demi-rel., lettre autographe de Rousseau et lettre autographe de madame de Warens. 185 fr.

688. Balzac (Honoré de). Scènes de la vie privée. Paris, Mame et Delaunay-Vallée, Levavasseur, 1830, 2 vol. in-8, demi-rel., envoi autographe à Émile de Girardin, lettre autographe de l’auteur. Première édition. 48 fr.

691. Balzac (Honoré de). Le Curé de village. Pet. in-4, obl., portr. photo. ajouté, demi-rel. Fragment du manuscrit original autographe. 200 fr.



751. Gautier (Théophile). Les Jeunes France, romans goguenards. Paris, Eugène Renduel, 1833, in-8, front., demi-rel., lettre autographe de l’auteur. Première édition. 270 fr.

764. Nerval (Gérard de). Le Rêve et la Vie. Paris, Victor Lecou, 1855, in-12, demi-rel., lettre autographe de l’auteur. Première édition. 35 fr.

779. Hugo (Victor). Œuvres. Paris, Eugène Renduel, 1838-1840, 6 vol. in-8, demi-rel., 3 lettres autographes de l’auteur. 100 fr.



780. Hugo (Victor). Notre-Dame de Paris. Perrotin et Garnier frères, 1844, gr. in-8, fig., demi-rel., lettre autographe de l’auteur. 49 fr.

904. Sandeau (Jules). La Roche aux mouettes. Paris, s. d. (Hetzel), gr. in-8, fig., demi-rel., non rog., lettre autographe de l’auteur. 50 fr.

915. Stendhal (H. Beyle). La Chartreuse de Parme et Le Rouge et le Noir. Paris, 1846, 2 vol. in-12, demi-rel., 2 lettres autographes de l’auteur. 74 fr.

981. Balzac (H. de). Les Contes drolatiques. Paris, Société générale de librairie, 1855, in-8, fig., demi-rel., lettre et fragment de lettre de l’auteur. Premier tirage. 125 fr.



1.110. Balzac (Honoré de). Œuvres complètes. Paris, Houssiaux, 1855, 20 vol. in-8, portr. et fig., demi-rel., 5 lettres autographes de l’auteur et 2 fragments manuscrits. 210 fr.

1.157. Pontmartin (Armand de). Les Jeudis de madame Charbonneau. Paris, Michel Lévy frères, 1862, in-12, demi-rel., lettre autographe de l’auteur et lettre autographe de J. Sandeau. Première édition. 30 fr.

1.430. Las Cases (Comte de). Mémorial de Sainte-Hélène. Paris, Ernest Bourdin, 1842, 2 vol. gr. in-8, 2 front., demi-rel., 7 lettres dont lettre de Napoléon à sa mère. 107 fr.



1.629. Baudelaire (Charles). Théophile Gautier. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1859, in-12, portr. photo. de l’auteur, demi-rel. Ex. d’épreuves avec corrections de la main de l’auteur. 150 fr.

1.641. Mérimée (Prosper). Notice sur Henri Beyle. In-8, demi-rel., lettre autographe de l’auteur. Copie calligraphiée de la Notice très rare, impr. chez F. Didot à 25 ex. dont 17 furent détruits par l’auteur. 102 fr.

1.665. Album de 45 pièces de poésies autographes de Piron, Barbier, Pigault-Lebrun, Murger, Banville, La Chambeaudie, etc. Gr. in-8, demi-rel. 200 fr.



 

Charles Collé. Chansons joyeuses. Paris, Londres et Ispahan, 1765.
Enrichi d'une lettre autographe de l'auteur.
Photographie Librairie Bonnefoi, Paris
















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