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  • 12/31/14--19:08: Bonne Année 2015 !


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    PHOTOGRAPHIES  NON  CONTRACTUELLES


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    Epreuve non corrigée
    (in-8, 636 p.)


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    Commissaire-priseur connu de tous les bibliophiles, il avait une réputation de probité qui donnait une grande valeur à ses ventes. Il a présidé à la plupart des grandes ventes d’estampes, de tableaux et de livres, en l’Hôtel des ventes, 2 place de la Bourse [IIe], puis l’après-midi à l’Hôtel Drouot, 5 rue Drouot [IXe], et le soir à la Maison Silvestre, 28 rue des Bons-Enfants [Ier]. À l’affût des belles occasions, il était à la première place pour acheter les tableaux et les livres qui défilèrent devant lui, profitant des hésitations des amateurs.





    Victorien-Louis-Jean-Baptiste Delbergue-Cormont, est né à Saint-Lô [Manche] en 1816. Il était le  fils de Jean-Baptiste-Thomas Delbergue-Cormont († 1841), ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, et de Catherine Samson-Duperron.

    Hôtel Drouot (1869)
    De 1852 à 1875, ses principales ventes de livres furent :  

    Catalogue des livres d’heures, dessins et estampes formant le cabinet de feu M. Pierre Vischer,  de Bâle(Paris, Delbergue-Cormont et Ch. Le Blanc, 1852)


    Catalogue des livres, en partie rares et curieux, provenant de la bibliothèque de M. L. R. D. [en partie de la bibliothèque de Durand de Lançon] (Paris, L. Potier, 1860)


    Catalogue d’une collection de livres latins, français et italiens des xve, xvieet xviie siècles, ouvrages rares et curieux (Paris, L. Potier, 1861)


    Catalogue de livres rares et curieux provenant de la bibliothèque de M. M*** D. N. (Paris, L. Potier, 1861)


    Catalogue des livres manuscrits et imprimés composant la bibliothèque de feu M. de Cayrol (Paris, L. Potier, 1861)


    Catalogue de la bibliothèque théâtrale de M. Joseph de Filippi(Paris, A. Aubry et Tresse, 1861)


    Catalogue de livres sur les arts et l’archéologie composant la bibliothèque de M. J. G*** de P. (Paris, A. Aubry, 1862)


    Catalogue des livres rares, en partie des xve et xvie siècles, composant la bibliothèque musicale de M. Gaetano Gaspari, maître de chapelle de la basilique de Saint-Pétrone de Bologne (Paris, L. Potier, 1862)


    Catalogue de la bibliothèque musicale de feu M. J. A. de la Fage(Paris, L. Potier, 1862)


    Catalogue des livres, estampes et autographes composant la bibliothèque de feu M. le baron Grandjean d’Alteville (Paris, A. Aubry, 1862)


    Catalogue des livres imprimés et manuscrits de la bibliothèque de feu M. Raifé (Paris, Tross, 1863)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. Édouard Carteron, homme de lettres (Paris, A. Labitte, 1863)


    Catalogue des livres de feu M. de Manne, ancien conservateur-administrateur de la Bibliothèque impériale […]. Suivi de manuscrits, lettres autographes et autres documents provenant du cabinet de M. d’Anville, ancien premier géographe du Roi (Paris, François, 1863)


    Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de M. le comte H. de Ch***. [Chaponay] (Paris, L. Potier, 1863)


    Catalogue de la bibliothèque de M. le chevalier B. (Paris, A. Labitte, 1863)


    Catalogue de la bibliothèque de M. Aerts, de Metz (Paris, Mme Bachelin-Deflorenne, 1864)


    Catalogue d’un choix de livres curieux […] et de documents manuscrits sur la Révolution française, provenant du cabinet de M. G*** de L***(Paris, France, 1864)


    Catalogue d’une collection de livres relatifs aux beaux-arts provenant de la bibliothèque de M. P. D*** [Pierre Deschamps] (Paris, L. Potier, 1864)


    Catalogue de livres sur la littérature, les beaux-arts et l’histoire, […] provenant de la bibliothèque de feu M. Jules Lecomte, homme de lettres (Paris, France, 1864)


    Catalogue des livres sur les langues orientales […] et des manuscrits anciens grecs et orientaux, des chartes, etc.composant la bibliothèque de feu M. C.-B. Hase […], membre de l’Institut (Paris, A. Labitte, 1864)


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. Arthur Dinaux (Paris, Mme Bachelin-Deflorenne, 1864)


    Catalogue de livres de M. le Dr. Jadioux (Paris, François, 1864)


    Catalogue des livres rares et curieux […] composant la bibliothèque de feu M. Payn (Paris, J. Miard, 1864)


    Catalogue de la bibliothèque de M. N… et Mar…. (Paris, Mme Bachelin-Deflorenne, 1865)


    Catalogue des livres et estampes concernant l’ancienne province d’Auvergne […] réunis par feu M. G. Desbouis, bibliothécaire de la ville de Clermont-Ferrand (Paris, L. Potier, 1865)


    Catalogue de livres provenant de la bibliothèque de M. L….. [Le Roux de Lincy] (Paris, A. Aubry, 1865)


    Catalogue des livres rares et précieux composant la bibliothèque de feu M. J. Auvillain (Paris, J. Miard, 1865)


    Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. Charles Le Blanc (Paris, A. Aubry, 1865)


    Catalogue d’une collection de livres rares ou curieux, facéties, contes, […] provenant du cabinet de M. le Dr. Bonnière (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1865)


    Catalogue de la bibliothèque de M. Armand Baschet (Paris, Mme Bachelin-Deflorenne, 1866)


    Catalogue des livres d’histoire naturelle et de sciences, composant la bibliothèque de feu M. Desportes (Paris, Savy, 1866)


    Catalogue des livres rares et curieux, français et italiens, composant la bibliothèque de M. A. Farrenc (Paris, L. Potier, 1866)


    Catalogue de la bibliothèque musicale théorique et pratique de feu M. A. Farrenc, ancien professeur et éditeur de musique (Paris, J. F. Delion, 1866)


    Catalogue des livres rares et précieux, manuscrits et imprimés, composant la bibliothèque de M. P. Desq, de Lyon (Paris, L. Potier, 1866)


    Catalogue des livres de jurisprudence et d’histoire, grandes collections […], formant la première partie de la riche et nombreuse bibliothèque de feu M. Victor Foucher, conseiller à la Cour de cassation (Paris, A. Aubry, 1866)


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. le marquis Le Ver (Paris, Mme Bachelin-Deflorenne, 1866)




    Bibliotheca americana. Catalogue raisonné d’une très précieuse collection de livres anciens et modernes sur l’Amérique et les Philippines (Paris, Maisonneuve et Cie, 1867)

    Catalogue de livres et manuscrits provenant de la bibliothèque de feu M. le marquis Le Ver (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867)


    Catalogue de la bibliothèque de M. N. Yemeniz (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867)


    Catalogue des livres et vignettes composant la bibliothèque de feu M. A. Chaudé, chef de bureau à l’administration des douanes et des contributions indirectes (Paris, L. Potier, 1867)


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. le baron de La Roche-Lacarelle(Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867)


    Catalogue des livres rares et précieux, manuscrits et imprimés, composant la bibliothèque de M. H. D. M***. (Paris, L. Potier, 1867)


    Catalogue de beaux livres anciens et modernes, reliés par les premiers relieurs de Paris [Victor Masséna, prince d’Essling] (Paris, Tross, 1868)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. A. Taillandier, conseiller à la Cour de cassation(Paris, L. Potier, 1868)


    Catalogue de la bibliothèque de M. le docteur J. G***, composée d’un beau choix de livres anciens, rares et curieux […] et d’une collection précieuse de livres italiens en tous genres (Paris, J. Miard, 1868)


    Catalogue de la bibliothèque de M. G. Gancia composée en partie de livres de la première bibliothèque du cardinal Mazarin (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1868)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de M. Ernest Feydeau(Paris, J.-Léon Techener, 1868)


    Catalogue des livres rares et précieux, la plupart en belles reliures anciennes et modernes, composant la bibliothèque de feu M. Capé, ancien relieur (Paris, L. Potier, 1868)


    Catalogue des livres anciens et modernes de littérature et d’histoire[…] composant la bibliothèque de M. L. de L. [Louis de Laubrière] (Paris, A. Labitte, 1868)


    Catalogue des livres rares et précieux composant la bibliothèque de feu M. Jacques-Charles Brunet (Paris, L. Potier et A. Labitte, Londres, Th. et W. Boone, 1868)


    Catalogue de la bibliothèque de M. le comte de L’Espine (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1868)


    Catalogue de la bibliothèque de M. Van der Helle (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1868)


    Catalogue de livres rares et curieux, de manuscrits précieux, d’ouvrages imprimés sur vélin, de livres enrichis de figures, etc., la plupart richement reliés […] et provenant en partie de la bibliothèque de M. le marquis de B. de M. (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1869)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. Vaillant de Meixmoron (Paris, A. Labitte, 1869)


    Catalogue de la bibliothèque illustrée de M. F. Garde, rédacteur principal du journal l’Imprimerie(Paris, Bachelin-Deflorenne, 1869)


    Catalogue des livres précieux composant la bibliothèque de M. Hilaire Grésy (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1869)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque du château de Saint-Ylie(Paris, A. Labitte, 1869)


    Catalogue des livres rares et curieux composant la bibliothèque de M. Sainte-Beuve, membre de l’Académie française (Paris, L. Potier, 1870)


    Catalogue des livres rares et précieux, manuscrits et imprimés, composant la bibliothèque de feu M. El. Huillard (Paris, L. Potier, 1870)


    Catalogue de la bibliothèque de Son Excellence le marquis d’Astorga(Paris, Bachelin-Deflorenne, 1870)


    Catalogue de livres anciens et modernes en divers genres, faisant partie de la librairie de L. Potier(Paris, A. Labitte, 1870-1871)


    Catalogue des livres rares et précieux, manuscrits et imprimés, faisant partie de la librairie de L. Potier (Paris, L. Potier, 1870-1872)


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. Percheron (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1871)


    Catalogue des livres et manuscrits arabes, des ouvrages de littérature et d’histoire, composant la bibliothèque de feu M. Caussin de Perceval (Paris, A. Labitte, 1871)


    Catalogue détaillé, raisonné et anecdotique d’une jolie collection de livres rares et curieux, dont la plus grande partie provient de la bibliothèque d’un homme de lettres bien connu [Charles Monselet] (Paris, R. Pincebourde, 1871)


    Catalogue des livres de littérature, de beaux-arts et d’histoire, des ouvrages sur l’art héraldique, composant la bibliothèque de feu M. Ch. Fr. Maurice (Paris, A. Labitte, 1871)


    Catalogue des livres anciens et modernes, rares et curieux, composant la bibliothèque de feu M. le docteur Danyau (Paris, Léon Techener, 1872)


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. le marquis de Morante (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1872)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. A.-J.-H. Vincent (Paris, A. Labitte, 1872)


    Catalogue des livres d’architecture, beaux-arts, art militaire […], composant le cabinet de feu M. Penguilly-L’Haridon (Paris, Impr. Pillet fils aîné, 1872)


    Catalogue de la bibliothèque française de M. Guntzberger(Paris, Bachelin-Deflorenne, 1872)


    Catalogue des livres rares et précieux, la plupart imprimés sur peau vélin et reliés en maroquin, des manuscrits, […] composant la bibliothèque de feu M. Émile Gautier, trésorier payeur des hospices civils de Nantes (Paris, A. Labitte, 1872)


    Catalogue des livres de littérature et d’histoire, pour la plupart en demi-reliure, non rognés, composant la bibliothèque de feu M. Charrin, homme de lettres, ancien président du Caveau (Paris, A. Aubry, 1872)


    Catalogue des livres anciens et modernes sur la Terre-Sainte et les Indes orientales, formant la collection de M. F. de Saulcy, membre de l’Institut (Paris, Tross, 1872)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. le marquis de Lescoet (Paris, A. Labitte, 1872-1874)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. J.-F. Payen, docteur en médecine (Paris, A. Labitte, 1873)


    Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. Moquin-Tandon(Paris, A. Labitte, 1874)


    Catalogue de la bibliothèque de M. le chevalier H. de Cessole, comprenant beaucoup de livres ayant appartenu à M. le marquis de Châteaugiron (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1874)


    Catalogue de livres de littérature ancienne composant la bibliothèque de feu M. Lemaire (Paris, A. Labitte, 1874)


    Catalogue des livres rares et précieux […] composant la bibliothèque de feu M. Léon Curmer (Paris, A. Labitte, 1874)


    Catalogue des livres anciens et modernes, très-bien conditionnés, composant la bibliothèque de feu M. L. Pasquier (Paris, A. Labitte, 1874)


    Catalogue des livres rares et précieux, manuscrits et imprimés, provenant de la bibliothèque de feu M. Benzon (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1875)


    Catalogue des livres de littérature moderne et d’histoire composant la bibliothèque de feu M. Paul Foucher, homme de lettres (Paris, A. Aubry, 1875)


    Catalogue d’un choix de livres modernes, tous rares ou curieux, et d’ouvrages romantiques de la bibliothèque de M. le Dr. Bonnière (Paris, A. Labitte, 1875)


    Pendant toute sa carrière, Delbergue-Cormont demeura à Paris, 8 rue de Provence [IXe]. Il démissionna le 30 juillet 1875 et eut pour successeur Maurice Delestre (° 1848).



    Il déménagea en 1878 pour le 13 rue de Londres [IXe], immeuble construit en 1850. Le mercredi 31 mai 1882, il mit en vente, à l’Hôtel Drouot, ses dessins et tableaux : Collection de M. D. C.Catalogue de dessins et tableaux, la plupart de l’école française (Paris, s. n., 1882, in-8, 62 p., 63 lots).

    « La collection de M. Delbergue se composait de 32 dessins et aquarelles et de 28 tableaux, pour la plupart de dimensions modestes, comme il convient à un amateur qui n’a que l’espace restreint d’un cabinet et ne dispose pas d’un palais. Peu et bien : telle était la devise de cet amateur. Aussi avait-il su réunir certaines œuvres d’élite qui permettent de classer très haut cette galerie dans l’estime des délicats. Nous parlerons seulement de celles-là.

    Parmi elles se voyait, aux trois crayons, le portrait d’une jeune fille éveillée et mutine exécuté par ce maître de la grâce féminine, François Boucher [n° 10]. En haut, il avait tracé de sa main, cette note que nous transcrivons sans y rien modifier.

    Madame de Pris, fille de M. de Pleneuse estent jeune lorce que j’ay peint tout la famille de M. Depleneuse.

    Très rares les autographes de Boucher ; mais il était décidément plus habile à tenir un pinceau qu’une plume. Acheté 895 francs.

    Ils ne sont pas communs non plus les dessins de Debucourt avant le Directoire et l’Empire, ont dit les deux frères de Goncourt, surtout lorsqu’ils sont bien purs et assez signés pour ne pas être confondus avec des Greuze et des Fragonard.

    Rien d’extraordinaire, alors, que l’on ait payé 3,050 fr. une aquarelle gouachée avec verve, et malheureusement inachevée, représentant les Travaux pour la Fédération au Champ-de-Mars, montrant les Parisiens allant en compagnie joyeuse dresser les buttes pour la fête [n° 15]. On sait qu’ils finirent par appeler ces promenades où ils s’amusaient beaucoup les Journées des Brouettes. […]

    M. Delbergue-Cormont possédait encore la Partie de campagne de Debucourt, à la plume et lavée en couleur, provenant de la vente Van den Zande [n° 14]. Ce beau dessin a été payé 1,405 francs.

    Un dessin à la plume, lavé à l’encre de Chine par Duplessis-Bertaux, et gravé dans les Tableaux de la Révolution française, a été adjugé 180 francs [n° 18]. […]

    Deux spirituels de Marne, fort regardés par les amis qui allaient lui rendre visite, ont fait deux heureux : la Foire au village [n° 43], 1,400 fr. ; la Fête de campagne [n° 44], 1,120 francs.

    On devait trouver Honoré Fragonard dans cette réunion intelligente. Il y était, en effet, et représenté par un joli tableau intitulé l’Amour [n° 37]. Le petit dieu, en embuscade dans un buisson de roses, un doigt sur la bouche, recommande le silence, tandis que des colombes planent au-dessus de sa tête. Impossible de ne pas deviner aisément l’allusion. L’acheteur qui a obtenu cette charmante composition pour 4,350 francs n’a pas fait une mauvaise affaire. […]

    Un portrait de Marie Leczinska [n° 45] était attribué à Nattier. […]

    Ce portrait est-il une copie, faite par Nattier, de l’original de Vanloo, gravé par Tardieu ? M. Georges, un expert des plus compétents, ne le pense pas. Nous sommes de son avis. […] Ce tableau ne doit être qu’une répétition originale de Nattier par lui-même. Cette incertitude a dû arrêter bien des amateurs parmi ceux qui ne sont pas assez sûrs d’eux, et qu’un rien effarouche. Aussi n’a-t-il trouvé preneur qu’à 2,000 francs.

    Les ventes sont remplies de surprises. L’un des étonnements de celle dont nous parlons a été le Portrait présumé de Louis XVII [n° 59], dont voici la description. Le soi-disant dauphin, coiffé d’un chapeau noir, habillé d’un petit costume de satin gorge de pigeon, à manches courtes, serré à la taille par une ceinture de soie blanche, tient un fouet à la main et traîne un chariot rempli de fleurs.

    Cette toile, provenant de la collection de M. de Saint-Germain, de Caen, était signée Wertmuller à Paris, 1789, un artiste suédois connu par un portrait de Marie-Antoinette et de ses enfants, exposé au salon de 1785.

    Portrait douteux, ce Louis XVII, et en tous cas facture inférieure. Mais où peut aller chez les fidèles la religion des souvenirs ? Ce tableau est monté à 8,000 francs ! C’est acheter cher une indécision. Une certitude aurait valu alors un zéro de plus. » (Paul Eudel. L’Hôtel Drouot et la Curiosité en 1882. Paris, G. Charpentier, 1883, p. 327-332)   




    Membre fondateur de la Société des Amis des livres, en 1880, il fit disperser une grande partie de sa bibliothèque à l’Hôtel Drouot, en 3 vacations, du lundi 9 au mercredi 11 avril 1883 : Catalogue des livres rares et précieux, manuscrits et imprimés, composant le cabinet de M. D*** C*** (Paris, Ch. Porquet, 1883, in-8, [1]-[1 bl.]-VIII-123-[1 bl.] p., 257 lots).

    « Il n’est donc pas étonnant qu’il ait contracté de bonne heure la passion des riches reliures et des éditions rares. Mêlé par ses fonctions mêmes à un public d’élite qui l’entourait de ses sympathies, il sentit son goût pour les livres se développer de jour en jour, et c’est à ce contact et au maniement des richesses incomparables qui passaient sous ses yeux, qu’il dut de devenir l’amateur ardent et résolu qu’aucun obstacle ne rebutait.

    Le but que M. D*** C*** s’était proposé n’était pas de réunir tous les éléments d’une grande bibliothèque ; il avait borné son ambition à rechercher de beaux spécimens dans tous les genres, et si le temps lui a manqué pour achever son œuvre, nous devons dire qu’il y a réussi en partie et que certaines séries, notamment celle des grands ouvrages à figures du xviiie siècle, dont beaucoup sont enrichis de leurs dessins originaux, pourraient figurer avec honneur dans les collections les plus précieuses. » (p. I-II)


    4. Histoire de l’enfant prodigue en douze tableaux. Paris, Didot l’aîné, 1816, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Thibaron). 12 dessins originaux de Duplessis-Bertaux. De la bibliothèque de G. Danyau.

    8. Heures à l’usaige de Rome. Paris, Simon Vostre, 1498, gr. in-8 goth., mar. rouge, compart., doublé de vélin blanc, fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Imprimé sur vélin. 60 vignettes, encadrements. De la vente de L. Potier.

    11. Heures de Nostre-Dame, à l’usaige de Romme. Paris, Guillaume Godard, s. d. [almanach 1515-1530], gr. in-8, fig. et encadr. sur bois, mar. brun jans., doublé de vélin blanc, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Imprimé sur vélin. 15 grandes et 25 petites figures peintes en or et en couleur. De la bibliothèque de Quentin-Bauchart. 

    24. Les Essais de Michel de Montaigne. Paris, Laurent Rondet, 1669, 3 vol. in-12, titres gravés, mar. rouge, doublés de mar. rouge, dent., tr. dor. (Rel. anc.). Ex. de Longepierre avec la Toison d’or sur le dos, sur les plats et à l’intérieur de la reliure. 1 360 fr.

    27. Abrégé de la vie des plus fameux peintres, avec leurs portraits gravés en taille-douce, etc. par M. *** [Dezallier d’Argenville]. Paris, De Bure, 1762, 4 vol. in-8, pap. de Hollande, front. gr. par Boucher, portr. et fleurons, mar. vert, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Ex. de J.-J. De Bure. 800 fr.

    34. Recueil de dessins par Desrais. [Paris], 1779, in-4, mar. bleu, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Cuzin). 32 dessins exécutés à la plume et au lavis de bistre et d’encre de Chine, quelques-uns ont été gravés. 760 fr.

    36. Dessins originaux de Moreau le Jeune pour les Aventures de Télémaque et celles d’Aristonoüs, exécutés en 1809, aux frais de M. Renouard. In-8, demi-rel., mar. rouge, non rogné. Contient la suite des 25 dessins originaux, les 25 eaux-fortes tirées sur papier de Chine volant et les 25 figures avant la lettre tirées sur papier de Chine volant. Ex. de A.-A. Renouard. 6 900 fr.

    79. Le Roy Modus. Paris, Guillaume Le Noir, 1560, pet. in-8, fig. sur bois, mar. rouge doublé de mar. vert, riche dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la bibliothèque de Quentin-Bauchart.

    82. Le Pastissier françois. Amsterdam, Louis et Daniel Elzevier, 1655, pet. in-12, front. gravé, mar. vert clair, fil., comp. et milieu dorés à petits fers, dos orné, doublé de mar. citron, comp., dorure à petits fers, ornementation spéciale (Trautz-Bauzonnet). De la bibliothèque La Roche Lacarelle.

    86. Les Métamorphoses d’Ovide. Paris, Gay et Guestard, 1806, 4 vol. gr. in-4, demi-rel., mar. rouge, non rognés (Bozerian). Un des 2 ex. imprimés sur vélin.

    89. Jacobi Sannazarii Opera omnia. Venetiis, Aldi Manutii et Andreæ Soceri, 1535, in-8, mar. brun, riches comp., tr. dor. Ex. de Grolier. Signature de Ballesdens sur le titre. Provient des bibliothèques de Double et A. Firmin-Didot. 

    91. Les Œuvres de feu maistre Alain Chartier. Paris, Galliot du Pré, 1529, pet. in-8, lettres rondes, mar. bleu, milieu et coins à petits fers, dos orné, doublé de mar. orange, large dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 830 fr.

    94. L’Amour de Cupido et de Psiché. S. l. [Paris], s. d. [v. 1586], pet. in-4, fig., mar. citron, mil. doré à petits fers, doublé de mar. bleu orné de guirlandes de feuillages, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Titre et 32 planches gravés sur cuivre par Léonard Gaultier, d’après Raphaël. 1 340 fr.

    95. Euvres en rime de J.-A. de Baïf. Paris, Lucas Breyer, 1573, in-8, mar. rouge, compart., arabesques et feuillages, tr. dor. (Rel. du xvie siècle). Ex. de J.-Ch. Brunet. 2 500 fr.

    97. Les Premières Œuvres de Philippes des Portes. Paris, Mamert Patisson, 1600, in-8, mar. citr. mosaïque de mar. bleu et rouge, comp. dorés à petits ders, doublé de mar. bleu, large dent., tr. dor. (Cuzin). Dans un étui en mar. rouge. 800 fr.

    99. Les Diverses Poésies du sieur de La Fresnaye-Vauquelin. Caen, Charles Macé, 1612, in-8, mar. bleu, mil. de feuillages, doublé de mar. rouge, guirlande de fleurs à l’intérieur, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Ex. réglé, de la bibliothèque de Quentin-Bauchart. 1 480 fr.

    118. Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine. Paris, Denys Thierry, 1668, in-4, fig. de Chauveau dans le texte, mar. citron, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale provenant des bibliothèques L. Double et E. Odiot.

    120. Fables choisies, mises en vers par J. de La Fontaine. Paris, Desaint et Saillant, 1755, 4 vol. gr. in-fol., fig. d’Oudry, mar. rouge, fil., dent., dos ornés, tr. dor. (Rel. anc.). Grand papier.

    127. Contes et nouvelles en vers, par M. de La Fontaine. Amsterdam [Paris], s. n. [Barbou], 1762, 2 vol. in-8, br., non rognés, dans des étuis.

    131. Contes et nouvelles en vers, par Jean de La Fontaine. Paris, P. Didot l’aîné, 1795, 2 vol. in-4, pap. vél., portr. et fig., mar. rouge, fil., dos ornés, doublés de mar. bleu, comp. de fil., coins ornés, dorure à petits fers et au pointillé, tr. dor. (Cuzin, dorure de Maillard).      

    137. Les Satyres et autres œuvres du sieur Régnier. Leiden, Jean et Daniel Elsevier, 1652, pet. in-12, demi-rel., bas. Non rogné. 3 400 fr.

    139. Le Cabinet satyrique, ou Recueil des vers piquans et gaillards de ce temps. S. l. [Amsterdam], s. n. [D. Elzevier], 1666, 2 vol. pet. in-12, mar. citr., fil., dos orné, double de mar. vert clair, dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 620 fr.

    141. La Pucelle, poème, suivi des Contes et Satires de Voltaire. [Kehl], Société littéraire typographique, 1789, in-4, pap. vélin, fig., mar. bleu, dent., dos orné, doublé de tabis, mors de mar., tr. dor. (Bozerian). 3 portraits et suite des 21 fig. dessinées par Moreau, épreuves avant la lettre sur papier de Chine volant. 800 fr.

    144. Choix de chansons mises en musique par M. de La Borde, orné d’estampes par J.-M. Moreau. Paris, de Lormel, 1773, 4 tomes en 2 vol. gr. in-8, titre gravé, 4 front., 100 fig., mar. citr., fil., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Contient le rare portrait de Mme de La Borde, dessiné par Denon et gravé par Née et Masquelier. 3 000 fr.

    146. Anthologie françoise, ou Chansons choisies. S. l. [Paris], s. n. [Barbou], 1765, 3 vol. in-8, portr. de Monnet grav. par Saint-Aubin, d’après Cochin, 2 front. et 2 fig. gr. par Lemire, d’après Gravelot, mar. vert, large dent., dos ornés, tr. dor. (Rel. anc.). Avec, sur les plats, le chiffre de Mérard de Saint-Just couronné de fleurs. 700 fr.

    148. Il Petrarcha. Venetia, Gabriel Giolito du Ferrarii, 1544, in-4, mar. rouge, comp., tr. dor. Avec l’emblème [Apollon sur son char, gravissant le Parnasse] de Canevarius. Ex. de Potier et de Quentin-Bauchart. 2 000 fr.

    152. Le Théâtre de P. Corneille. Rouen et Paris, Guillaume de Luyne, 1664-1666, 4 vol. – Poèmes dramatiques de T. Corneille. Rouen et Paris, Thomas Jolly, 1665-1666, 2 vol. Ensemble 6 vol. in-8, front. et fig., mar. rouge jans., dent. int., tr. dor. (Hardy). Rare ex. contenant les fig. dans la 4e partie des Œuvres de P. Corneille. 1 080 fr.

    154.Œuvres de Racine. Paris, Claude Barbin, 1676, 2 vol. in-12, front. et fig. – Phèdre et Hippolyte, tragédie par M. Racine. Paris, Jean Ribou, 1677,in-12, fig. – Esther. Paris, Denys Thierry, 1689, in-12, fig. – Athalie. Paris, Denys Thierry, 1692, in-12, fig., 3 pièces en 1 vol. Ensemble 3 vol. in-12, mar. rouge, fil., dos ornés, doublés de mar. rouge, larges dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Première édition collective des Œuvres de Racine et 3 tragédies en éditions originales. 1 440 fr.

    161. La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, par M. de Beaumarchais. [Kehl], Société typographique, et Paris, Ruault, 1785, gr. in-8, pap. vélin, mar. bleu, large dent., dorure à petits fers, doublé de mar. orange, filets, comp., coins ornés, tr. dor. (Cuzin). Contient un autographe de Beaumarchais, son portrait gravé par Saint-Aubin, d’après Cochin, portrait de Mlle Contat gravé par Dupin, d’après Desrais, la suite des fig. dessinée par Saint-Quentin, gravée par Liénard et Lingée, la même suite avec les cadres et avant la lettre, et la suite gravée par Malapeau. 2 180 fr.

    163. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé. S. l. [Paris], 1718, pet. in-8, fig. gravées par Audran, d’après les dessins de Philippe duc d’Orléans, mar. rouge, doublé de tabis, tr. dor. (Nic.Padeloup). Aux armes du duc d’Orléans.

    170. Les Aventures de Télémaque, par Fénelon. [Paris], de l’imprimerie de Monsieur, 1785, 2 vol. gr. in-4, portr. et fig., mar. vert, larges dent., dos ornés, doublés de tabis, tr. dor. (Bradel-Derome). Contient la suite des fig. dessinées par Monnet et gravées par Tilliard, 24 dessins et un dessin du portrait de Fénelon composés et exécutés à la sépia par Lebarbier. Ex. de la vente Emmanuel Martin. 4 900 fr.

    175. Le Temple de Gnide. Paris, Le Mire, 1772, in-4, mar. vert, large dent., doublé de mar. rouge, comp. dorure à petits fers, dos orné, tr. dor. (Cuzin). 1 des 4 ex. connus de ce tirage in-4. Le front. et les 9 fig. sont en triple état : eau-forte, avant toute lettre et avec la lettre. 6 200 fr.

    181.Œuvres de maître François Rabelais, avec des remarques historiques et critiques de M. Le Duchat. Amsterdam, J.-F. Bernard, 1741, 3 vol. in-4, front. par Folkema, portr. par Tanjé, culs-de-lampe et vign. par B. Picart, et 12 estampes gravées par Folkema et Tanjé d’après Dubourg, mar. citron, fil., dos ornés, doublés de mar. rouge, dent. int., à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Grand papier. 5 450 fr.

    200. Les Liaisons dangereuses, par C*** de L*** [Choderlos de Laclos]. Londres [Paris], 1796, 2 vol. in-8, pap. vél., mar. vert, doublés de mar. rouge, dent. tr. dor. (Cuzin). Première édition. 2 front. et 13 fig. 1 600 fr.

    202. Les Amours du chevalier de Faublas, par J.-B. Louvet. Paris, chez l’auteur, an VII [1798], 4 vol. in-8, pap. vélin, fig., mar. rouge, dent., dos ornés, tr. dor. (Bozerian). Portrait de Louvet avant toute lettre, suite avant la lettre des 27 planches et 2 eaux-fortes. 1 000 fr.

    208. Les Nouvelles françoises, ou les Divertissements de la princesse Aurélie [par Segrais]. Paris, Antoine de Sommaville, 1657, 2 vol. pet. in-8, front. gr., mar. rouge, larges dent., dos ornés, gardes de papier doré, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du comte d’Hoym. 2 300 fr.

    229. Les Œuvres de Monsieur de Voiture. Paris, veuve F. Mauger, 1702, 2 vol. in-12, mar. citron, doublés de mar. rouge, dent., tr. dor. Ex. de Mme de Chamillart, avec ses armes à l’intérieur de la reliure et son chiffre aux coins des plats. Des bibliothèques de De Bure, E. Odiot, H. Bordes et R. Portalis. 2 160 fr.

    231. Lettres à Émilie sur la mythologie, par C.-A. Demoustier. Paris, A.-A. Renouard, 6 parties en 3 vol. in-8, gr. pap. vélin, portr. et fig., mar. rouge, fil., coins dorés, dos ornés, dent. int., mors de mar., doublés de tabis, tr. dor. (Bozerian jeune). Ex. de Renouard. Contient la suite des 36 fig. dessinées par Moreau, épreuves avant la lettre et eaux-fortes, le portrait de Demoustier dessiné par Tardieu, la suite des 36 fig. dessinées par Monnet, épreuves avant la lettre. Nombreuses pièces ajoutées. 3 800 fr.

    233. La Vie de Saint Jean Chrysostome. Paris, Ch. Savreux, 1664, in-4, réglé, portr., mar. rouge, fil., tr. dor. Aux insignes de Longepierre.

    236. C. Suetonii Tranquilli XII Cæsares. Lyon, Gryphe, 1551. – Herodiani Historiæ de imperio post Marcum. Anvers, Christophe Plantin, 1585. 2 parties en 1 vol. pet. in-12, réglé, mar. rouge, fil., tr. dor. Aux armes et devise de Marguerite de Valois.

    241. Funérailles d’Anne de Bretagne [par Pierre Choque]. Pet. in-fol., 11 miniatures, lettres ornées, mar. noir, doré en plein, tr. dor. (Rel. anc.). Manuscrit sur vélin [v. 1515]. De la bibliothèque de A. Firmin-Didot [n° 67, 1878]. Reliure reproduite dans l’Histoire de la bibliophilie de Techener. 7 100 fr.

    242. Le Trespas de l’hermine regretée [funérailles d’Anne de Bretagne]. In-4, 5 miniatures, lettres ornées, mar. rouge, fil., tr. dor. (Derome). Manuscrit sur vélin [v. 1515]. A appartenu au chancelier d’Aguesseau [n° 4.859], relié alors en velours noir. Figure au catalogue des manuscrits du Grand Condé [n° 185]. De la bibliothèque de A. Firmin-Didot [n° 66, 1878]. 7 000 fr.


    La vente produisit au total 200 000 francs.

    En 1884, il déménagea pour le 59 rue des Sablons [XVIe], où il mourut, célibataire, le 20 janvier 1888. 


     
    Boufflers. Aline, reine de Golconde. Paris, Société des Amis des livres, 1887, in-8.
    n° 25/115, nominatif, imprimé pour Delbergue-Cormont.
    Reliure de Petrus Ruban, maroquin vert doublé de maroquin rouge.
    Drouot, 18 décembre 2007 (P. Berès) : 1.600 € 

            

         


















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    Pierre-Jacques Sepher, est né le 27 novembre 1710 à Paris.


    Reçu docteur en Sorbonne, il fut pourvu d’un canonicat de l’église collégiale de Saint-Étienne-des-Grès [détruite en 1792, elle se situait au niveau du 5 rue Cujas, Ve], où il était « chevecier », c’est-à-dire responsable du chevet, du trésor et du luminaire de l’église. Il voulut être utile aux lettres en se chargeant des fonctions d’éditeur, ce qui lui valut le titre de vice-chancelier de l’Université de Paris. Il avait le goût des livres dans tous les genres, principalement en théologie et en histoire, poussé jusqu’à la bibliomanie.

    Les pièces qui composaient son appartement en étaient tellement encombrées, qu’à peine y-avait-il de la place pour les meubles indispensables. Non seulement il avait établi des tablettes le long des murs, mais il en avait multiplié les rangs dans la même pièce, de manière qu’il n’y avait entre eux qu’une sorte de ruelle pour communiquer de l’un à l’autre.

    Ses livres aussi étaient d’un choix particulier : la presque totalité avait été achetée sur les quais ou dans les magasins et sur les étals des bouquinistes. C’étaient ceux-là qui de préférence attiraient l’attention de l’abbé Sepher, pour peu qu’ils fussent devenus rares. Dans le grand nombre toutefois il s’en trouvait de curieux et bien choisis. Presque tous portaient sur les gardes des notes de sa main, d’une petite écriture d’allure féminine, facile à reconnaître.


    En 1770, Guillaume-André-René Baston (1741-1825) rencontra l’abbé Sepher, président de son second examen de licence de théologie :


    « C’était un docteur de la maison et société de Sorbonne. Il avait une bibliothèque magnifique et vraiment précieuse, une multitude de livres qu’il ne lisait point, grand nombre qu’il ne pouvait pas lire, peu qu’il fût en état de bien comprendre : mais il les montrait avec complaisance aux amateurs que la curiosité attirait chez lui et qui, en admirant sincèrement la collection, prenaient trop souvent la liberté de se moquer intérieurement du propriétaire. On m’avait prévenu que le meilleur moyen d’avoir bon marché de ce bibliomane, le jour de l’examen, était de me récrier sur ses richesses littéraires le jour de la première visite. J’employai cette innocente ruse. Le sage maître, entouré d’un monceau de volumes de toutes les tailles, époudrait ses tablettes quand on m’introduisit. Après avoir touché un mot du sujet qui m’amenait et sans lui donner le temps de répondre : “ Qu’on est heureux, lui dis-je, Monsieur, d’avoir chez soi tant de savants réunis, de pouvoir converser avec eux à chaque heure du jour et de la nuit ! Que de dépenses et de talent il a fallu pour en rassembler un si grand nombre et jouir de son travail bien des années avant sa mort ! ” A cette exclamation, le docteur Sépher dépose son époussette sur une table, me prend par la main et me fait asseoir à côté de lui. “ Vous aimez donc les livres ? me dit-il. – Prodigieusement. – Et vous les connaissez ? – Un peu. – En voilà une assez jolie quantité. Pas un bouquin, au moins. Tous livres rares ou éditions recherchées … Sur toutes les sciences, tous les arts …, peu de théologie pourtant, parce que je l’ai dans ma tête … Mais de l’hébreu, du grec, du latin, de l’allemand, de toutes les langues mortes ou vivantes. Un juif y trouve le Talmud, un Turc l’Alcoran, et (souriant finement) un Espagnol, Don Quichotte… Non pas des traductions, je n’aime que les originaux. – Et vous avez, Monsieur, le bonheur de les entendre ? – Passablement. – Je serais bien effrayé d’avoir pour examinateur un homme tel que vous, si je ne savais, par tradition, que les vrais savants se plaisent plus à encourager la jeunesse qu’à l’humilier. – Vous l’avez dit (en me frappant sur l’épaule), je vous encouragerai. D’ailleurs, vous n’êtes pas sans mérite, puisque vous aimez les livres et les bonnes éditions. Tout ira bien. A tel jour … » En me reconduisant, il me fit passer par un cabinet de médailles. « Je donne aussi là dedans, me dit-il ; mais sobrement, parce que même les Vespasien sont d’un prix fol. De plus, les médailles mentent d’une force à les faire rougir de honte. On ne peut pas plus s’y fier qu’à un Te Deum… Vous n’y connaissez rien ? – Pas grand’chose, en vérité. – Il n’y a pas de mal à cela, pourvu que vous soyez fidèle aux bonnes éditions … » (Mémoires de l’abbé Baston chanoine de Rouen. Paris, Alphonse Picard et fils, 1897, t. I, p. 184-186)


    Joseph-Marie Quérard, plus bibliographe que bibliophile,  le considérait comme « l’un des plus grands bibliophiles du dix-huitième siècle » (Les Supercheries littéraires dévoilées. Paris, L’Éditeur, 1847, t. II, p. 173) : en réalité, la bibliothèque de l’abbé Sepher était une bibliothèque de travail pour soutenir ses œuvres.      


    On doit à l’abbé Sepher une traduction en français de L’Office de Saint-Pierre, ou l’Exercice pour l’Eglise de Saint-Eustache (1747), Le Joli Recueil ou l’Histoire de la querelle littéraire où les auteurs s’amusent en amusant le public (1760). On lui attribue à tort « Les Trois Imposteurs ou les Fausses Conspirations », extraits en réalité de Le Mercure françois  de 1627 (t. XII) et de 1631 (t. XV). Il aurait travaillé à L’Europe ecclésiastique, ou État du clergé (Paris, Duchesne, 1757).


    On doit surtout à l’abbé Sepher des éditions corrigées et enrichies de notes :




    - La Vie de Saint Charles Borromée, cardinal & archevêque de Milan (Paris, Grangé, 1748, 2 vol. in-12), par Antoine Godeau.




    - Histoire des anciennes révolutions du globe terrestre (Amsterdam et Paris, Damonneville, 1752, in-12), traduite de l’allemand de Johann-Gottlob Krüger par Gottfried Sellius.




    - Histoire de Guillaume de Nassau, prince d’Orange, fondateur de la République des Provinces-Unies des Pays-Bas (Londres [Paris], Aux dépens de la Compagnie, 1754, 2 vol. in-12), par Abraham-Nicolas Amelot de La Houssaye : réimpression, aux notes près, des Mémoires pour servir à l’histoire de Hollande et des autres Provinces-Unies (Paris, Jean Villette le fils, 1688, in-8), par Louis Aubery du Maurier.



    Il y a des exemplaires portant le titre de Mémoires pour servir à l’histoire de la République des Provinces-Unies et des Pays-Bas (Londres [Paris], Aux dépens de la Compagnie, 1754, 2 vol. in-12), où Aubery du Maurier est nommé Aubry du Mouriez.




    - Maximes et libertez gallicanes (La Haye, s. n., 1755, in-12).




    - Histoires édifiantes, pour servir de lecture aux jeunes personnes de l’un & de l’autre sexe (Paris, Duchesne, 1757, in-12), par Joseph-François Duché de Vancy.

    - Madrigaux de M. de La Sablière (Paris, Duchesne, 1758, in-16), avec toutes les pages encadrées en rouge, un avertissement qui fourmille d’erreurs et de fautes d’impression.




    - Mémoire sur la vie de M. de Pibrac (Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1761, in-12), par Charles-Joseph de Lespine de Grainville.


    L’abbé Sepher mourut à Paris le 12 octobre 1781.



    Ses restes mortels reposent probablement dans les Catacombes.


    L’important catalogue qu’on forma de sa bibliothèque après sa mort fut rédigé par le libraire Martin-Sylvestre Boulard (1748-1809). Il comporte beaucoup d’erreurs et il manque une table des auteurs pour faciliter les recherches :



    Catalogue des livres rares et singuliers, de la bibliothèque de M. l’Abbé Sepher, docteur de Sorbonne, vice-chancelier de l’Université, et chanoine-chevecier de Saint-Étienne-des-Grès (Paris, Fournier, 1786, in-8, xj-[1 bl.]-280 [i.e. 300]-222 + 14 p., 6.993 + 221 lots).


    « La Bibliothéque dont nous offrons le Catalogue au Public, est composée de Livres, la plupart rares, curieux, intéressants, &c. L’Abbé Sepher, qui l’avoit rassemblée avec beaucoup de temps & de dépenses, étoit connu avantageusement dans la République des Lettres par ses lumieres & son érudition. Il avoit cherché à rendre toutes les classes complettes, mais il paroissoit s’être attaché principalement à la Théologie & à l’Histoire. Celle de France surtout offre des morceaux de la plus grande rareté, & qui ne se trouvent pas même dans les Catalogues les mieux fournis sur cette matiere. Les autres classes ont aussi leurs beautés, & même en grand nombre, comme il sera facile d’en juger par la lecture du Catalogue. Ces collections, précieuses par elles-mêmes, le deviennent encore plus par les notes savantes qu’il avoit insérées sur des feuillets de papier blanc, au commencement d’une grande partie des Ouvrages qu’il possédoit.

    Nous aurions désiré pouvoir donner une liste entiere des Ouvrages que renferme cette nombreuse Bibliothéque composée de plus de trente mille Volumes ; mais des considérations particulieres, & le peu de temps que nous avons eu pour disposer le Catalogue, nous ont forcé à élaguer les articles qui nous ont paru les moins considérables. […] » [sic] (« Avertissement », p. iii-iv)


    Outre son « Supplément », le catalogue, en deux parties, présente les divisions suivantes : théologie (p. 1-172, lots 1-2.169, soit 31%), jurisprudence (p. 173-209, lots 2.172-2.652, soit 7%) et sciences et arts (p. 209-280 [i.e. 300], lots 2.653-3.499 b., soit 12% ) ; belles-lettres (p. 1-76 [i.e. 67], lots 3.500-4.614, soit 16%) et histoire (p. 76 [i.e. 67]-222, lots 4.615-6.993, soit 34%).


    « A la date de sa mort, celle-ci [sa bibliothèque] comporte quelque 30 000 volumes, mais le catalogue de la vente ne comporte que 6 993 titres et un Supplément de 221 titres. C’est relativement peu : moins du quart des livres ont été répertoriés. […]

    Nous avons affaire à un chancelier de l’Université qui s’intéresse de très près à l’hétérodoxie : il possède une collection extraordinaire de toutes les pièces et de tous les ouvrages autour du jansénisme. Il a engrangé bon nombre des écrits de controverse entre catholiques et protestants et s’est intéressé à toutes les Églises et à toutes les sectes nées de la Réforme, non seulement les sociniens et les anabaptistes, mais aussi les quakers, les mennonites et les millénaristes. Enfin,  nous avons remarqué, au sein de la liste des ouvrages imprimés, quelques textes philosophiques manuscrits : les Doutes de Du Marsais, les défenses de Spinoza et de nombreux autres manuscrits de Languener, la Conversation avec un derviche attribué à La Mothe Le Vayer, les manuscrits de Michel de Toul, un Recueil de questions sur la philosophie (n° 2663), un Testament philosophique fait par un homme vivant, et autres pièces (n° 2784), les Entretiens de Telliamed“ de la main de l’auteur M. Maillet ” (n° 2787), l’Instruction et doctrine à bien vivre et mourir (n° 2920), les Pensées d’un honnête homme, par un homme de 78 ans (n° 2945), l’Essai de quelques idées sur Dieu et sur La Trinité, 1756 (n° 3115), et enfin le Recueil de différentes pièces, mss. très curieux (Suppl. n° 211). […]

    On a vu que le Catalogue des livres rares et singuliers de l’abbé Sépher ne contient qu’un petit quart de l’ensemble de sa bibliothèque : il est suggestif, mais il est très partiel. Il demande à être complété par la découverte d’ouvrages ayant appartenu à Sépher, identifiés grâce à des ex-libris, p. ex., ou par d’autres indices. Or, depuis les recherches pionnières d’Ira O. Wade, nous connaissons trois fonds où se trouvent des manuscrits philosophiques clandestins copiés ou annotés de la main de Sépher : à Rouen, dans une collection très riche en manuscrits philosophiques clandestins ayant appartenu au fils de Coquebert de Montbret […].

    On trouve à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence de très nombreux manuscrits clandestins […], dont certains sont mentionnés dans son catalogue, d’autres non. […]

    A Saint-Pétersbourg [Leningrad], deux manuscrits philosophiques clandestins proviennent de la bibliothèque de Sépher […].

    La collection de Sépher constitue un aperçu, une coupe ou un cliché d’un moment dans la diffusion clandestine des écrits philosophiques : son obsession pour la “ théologie hétérodoxe ” a privé ces textes d’une circulation clandestine, mais, en même temps, elle nous a permis de saisir d’un coup d’œil ce courant clandestin qui a contribué à former l’esprit philosophique du xviiie siècle. De plus, le Catalogue de Sépher met les manuscrits clandestins dans leur véritable contexte : les manuscrits sont entourés des imprimés qui constituent souvent leur source ou leur contexte intellectuel. » [sic]

    (Antony Mc Kenna. « La Bibliothèque de l’abbé Sepher ». In Voyages de bibliothèques. P.U. Saint-Étienne, 1999, p. 129-136)


    Dommage de confondre lots, titres et volumes, et de ne s’appuyer que sur la déclaration de l’ « Avertissement » du catalogue, quant au nombre de volumes de la bibliothèque de l’abbé Sepher.

    En effet, chaque lot comprend un ou plusieurs volumes, et certains numéros de lots, auxquels a été ajoutée la lettre « b », sont doublés : au total, le catalogue décrit la bibliothèque quasi complètement, sachant néanmoins que de rares ouvrages, portant l’écriture de l’abbé Sepher, ont été effectivement retrouvés hors catalogue.


    On remarque une liste de seulement 20 lots de « Traités sur les opinions des nouveaux Théologiens sur la Grace [sic] » (p. 42-43, lots 517-536), dont 3 lots de recueils factices représentant à eux seuls 41 volumes :

    « 530. Recueil de pieces concernant la traduction du nouveau Testament de Mons. 14 vol. in-8. & in-12.

    531. Recueil de pieces concernant Port-Royal. 15 vol. in-12, in-8. & in-4.

    532. Recueil de pieces concernant la Constitution. 12 vol. in-4. »  



    Lot 536

    Cette petite liste se termine par :

    « Nota. La Bibliotheque renferme une collection complette de toutes les pieces qui ont paru pour & contre ; mais le tems & les bornes que nous nous sommes prescrites, ne nous ont permis d’annoncer que les princip. »


    Plus loin, toute la « Théologie hétérodoxe » (p. 112-172) :

    « Anciens Réformateurs, Grecs, Vaudois, Wiclessites, Hussites, &c. » (lots 1.393-1.410)



    Lot 1.457

    « Nouveaux Réformateurs Luthériens, Calvinistes, Anabaptistes, &c. » (lots 1.410-1.518)

    « Anti-Trinitaires Sociniens » (lots 1.519-1.561)

    « Traités singuliers des Protestans, Anglicans, Quakers, &c. » (lots 1.562-1.691)

    « Traités singuliers des Conciliateurs & Tolérans » (lots 1.692-1.722)

    « Traités singuliers des Fanatiques, Athées, Impies, Libertins, Spinosistes, Préadamites, &c. » (lots 1.723-1.781)

    « Opinions singulieres » (lots 1.782-1.810)

    « Traités singuliers contre l’Eglise Romaine, le Pape & le Saint Siege » (lots 1.811-1.960)

    « Traités singuliers contre les Moines & les Prêtres, leur célibat, les cerémonies & les usages » (lots 1.961-2.004)

    « Traités singuliers contre le Purgatoire, les Indulgences, les Dogmes, les Sacrements, la Messe & la Transubstantiation » (lots 2.005-2.078)

    « Théologie des Juifs » (lots 2.079-2.137)

    « Théologie des Payens & des Mahométans » (lots 2.138-2.169)  


    On remarque aussi dans ce catalogue un lot important de « Traités singuliers des Anges, Démons, &c. Sorciers, Enchanteurs, Opérations magiques, &c. » (p. 246-256, lots 3.141 b.-3.211 b.).   

    
    Lot 3.150 b.
    

    
    Lot 3.150 b.
    Figure entre les pages 118 et 119.
    
    L’occultiste Stanislas de Guaita (1861-1897) a écrit sur son exemplaire : « Ce catalogue, devenu très rare, se cote couramment de 7 à 12 francs. Il mentionne les livres les plus rares sur les sciences occultes, la sorcellerie, la divination, les possessions, la magie et la mystique. On peut le considérer comme complet sous ce rapport. »


    La vente, qui eut lieu dans l’une des salles de l’Hôtel de Bullion, commença le lundi 6 mars 1786 et dura longtemps, sans qu’il en résultât un grand produit : moins de 18.000 livres. L’abbé Rive acheta beaucoup de livres de cette collection, dont les Mémoires de Nicéron, chargé de remarques de la main de l’abbé Sepher, pour 54 livres, dont il devait donner une nouvelle édition. La plupart des articles retournèrent sur les quais ou dans les magasins d’où ils étaient sortis. On rencontre quelques-uns de ces livres, qu’on reconnaît aux notes.





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    Aimé Vingtrinier (1812-1903)
    Imprimeur, bibliothécaire à la Bibliothèque de Lyon
    Biographe de Léon Cailhava

    L’une des plus belles bibliothèques de Lyon [Rhône] fut fondée par Claude-Léon Cailhava, né à Lyon le 26 thermidor [et non messidor, comme écrit partout] an III [13 août 1795]. Son père, Pierre-Léon-Justin Cailhava, négociant en soieries, et sa mère, Claudine Massacrier, mariés en 1793, demeuraient rue de la Convention [auj. rue Royale, Ier]. Léon fit ses premières études au Pensionnat de l’Enfance, à la Croix-Rousse, et les acheva au Lycée, où il eut pour maître le philosophe Pierre Gourju (1762-1814).

    Vers 1821, il entra dans la maison Bonafous, dont les messageries faisaient le service entre Lyon et l’Italie, dirigée alors par l’agronome Mathieu Bonafous (1793-1852). Il fut employé dans les bureaux de cette entreprise à Turin, puis à Milan, où il resta jusqu’en 1829.

    En 1832, il hérita de son oncle Antoine Cailhava (1748-1832), ancien directeur de la Compagnie du canal de Givors [canal du Rhône à la Loire, qui a disparu dans les années 1970 sous l’autoroute A 47, de Lyon à Saint-Étienne], une opulente fortune.

    Aimant la peinture, la musique et le théâtre, il se livra alors à son goût pour les arts, que son séjour en Italie n’avait fait que développer, et commença une bibliothèque dont la renommée devint bientôt européenne : elle était particulièrement bien connue de son ami Anthony Panizzi (1797-1879), bibliothécaire au British Museum.




    Il initia de bonne heure son neveu Étienne-Claude, dit « Stéphane », Mestre (1813-1877), avoué, dont la sœur légua en 1882 les 822 livres portant l’ex-libris de son frère, avec son monogramme et la devise « Non omnis moriar » [Je ne mourrai pas tout à fait], à la Bibliothèque de Lyon : alors qu’il était encore étudiant en droit à Paris, Cailhava s’en remettait parfois à lui pour des achats chez des libraires, des recherches à la Bibliothèque de l’Arsenal ou des travaux à faire faire chez les relieurs.


    Il vécut de 1832 à sa mort au 1 quai de l’Hôpital [auj. quai Jules Courmont, IIe], mais c’est dans sa




    maison de campagne qu’il recevait fastueusement l’élite des artistes de l’époque : la « Maison grise », chemin des Fontanières, sur le coteau de Sainte-Foy-les-Lyon, au-dessus du quai Jean-Jacques Rousseau [Ve], sur la rive droite de la Saône, qui avait appartenu au sculpteur lyonnais Jean Thierry (1669-1739).




    Cailhava édita L’Entrée magnifique de Bacchus avec Madame Dimanche Grasse sa femme (Lyon, L. Boitel, 1838, in-8, 50 ex.), et son nom restera attaché au poème De tristibus Franciae libri quatuor (Lyon, Louis Perrin, 1840, in-4, ill., 100 ex.), monument précieux pour l’histoire des guerres religieuses du xvie siècle dans le Lyonnais, qu’il publia d’après le manuscrit de la Bibliothèque de Lyon [Ms 156].


    « Le cabinet de M. Cailhava est riche spécialement en ouvrages des vieux poètes français, en livres de caractères gothiques, en volumes de planches et de gravures, en raretés précieuses pour l’art et relevées par des reliures qui viennent des plus habiles maîtres de Paris. » (Revue du Lyonnais, 1842)   


    Le 24 mars 1843, Cailhava rejoignit la Société gastronomique appelée le « Banquet des Intelligences », après sa fondation qui avait eut lieu le 7 juillet 1841, à l’initiative de l’imprimeur Léonard, dit « Léon », Boitel (1806-1855), fondateur en 1835 de la Revue du Lyonnais. Celui-ci publia le Banquet des Intelligences : recueil de table tant soit peu pantagruélique, à l’usage des trente convives du Pavillon-Nicolas (Lyon, 1844, in-12, 30 ex.), qui sera suivi, en 1852, de La Suite du Banquet des Intelligences.


    En 1845, ses habitudes de dépenses, liées plus au plaisir de la table ouverte qu’à la bibliomanie, obligèrent Cailhava à se défaire de sa magnifique collection.



    Le libraire Techener fut chargé d’en dresser le catalogue : Catalogue de la précieuse bibliothèque de Monsieur L. C., de Lyon (Paris, J. Techener, 1845, in-8, IV-[2]-176 p., 917 lots). La vente eut lieu à la salle Silvestre, du mardi 21 au vendredi 31 octobre 1845, et produisit 45.000 fr. Cette vente eut un grand retentissement.


    « Nous offrons aujourd’hui à nos abonnés un Catalogue digne de toute leur attention : la fameuse collection de livres de M. L. C. (de Lyon) se recommande, comme on sait, par un choix d’ouvrages très rares ou très bons, dans les meilleures éditions, et dans les plus beaux exemplaires de ces éditions.

    Tout en recherchant pour sa bibliothèque un caractère de spécialité lyonnaise par la réunion de tous les bons ouvrages qui soient sortis des presses de Lyon aux xve, xvie et xviie siècles, M. L. C. avait rassemblé une foule d’autres livres précieux et moins connus qu’ils ne mériteraient de l’autre ; c’est là ce qui donne à son cabinet une originalité piquante, dont la lecture de notre Catalogue pourra seule donner une idée exacte. On y remarquera une collection d’ouvrages introuvables et qui passent en vente pour la première fois ; des livres délicieusement reliés par nos plus habiles artistes, tant anciens que modernes, etc., etc. Enfin, depuis la vente à jamais mémorable de M. Charles Nodier, il ne s’en est pas fait qui puisse lutter avec avantage contre cette bibliothèque. […] M. G. Duplessis, dont on connaît le goût et les connaissances rares, a bien voulu nous permettre de faire notre profit d’une foule de notes bibliographiques qui lui appartiennent. »


    7. D. Erasmi Roteradami Paraphrasis in Novum Testamentum. Basileae, Frobenius, 1541, 2 vol. in-fol., veau à compartim. Magnifique exemplaire de Grolier. Dos refait. 389 fr. au libraire Garnot, pour un amateur de Metz, le comte de Ch.

    14. Histoire du Vieux et Nouveau Testament, enrichie de plus de 40 figures en taille-douce. Anvers, P. Mortier, 1700, 2 vol. in-fol., mar. rouge, fil., tr. dor. (Derome). Très bel ex., gd. papier, épreuves avant les clous. 219 fr. au libraire Delion, pour un amateur d’une ville du Nord.

    19. Preces piae. In-8, mar. puce, fil., tr. d. (Koehler). Très beau manuscrit sur vélin du xiiie siècle, orné de 20 grandes miniatures, etc. 526 fr. au libraire Fontaine, de Lyon, pour Browman, de Lyon.

    21. Heures à lusaige de Romme. Imprimées à Paris pour Germain Hardouyn. In-8, mar. rouge, tr. dor., riche rel. anc. avec armes, chiffre PP surmonté d’une couronne ducale. Superbe ex. sur vélin avec 15 grandes miniatures et 18 petites. 186 fr.

    64. Songe du Vergier. Lyon, impr. Jacques Maillet, 21 mars 1491, gr. in-fol., v. ant. (Koehler). Ex. superbe. 121 fr.

    70. Le Grant Boece. De consolation. Imprimé à Paris pour Antoine Vérard le 19 août 1493. In-fol. goth. à 2 col., 6 miniatures peintes or et couleurs, sur vélin, mar. rouge doublé à la Duseuil, tr. dor. 1.921 fr. au libraire Tilliard, pour Yemeniz.

    72. Essai philosophique concernant l’entendement humain, par M. Locke, trad. de l’anglois par Coste. Amsterdam, 1735, in-4, mar. vert, fil., tr. d. Aux armes de la marquise de Pompadour. Provient de la bibliothèque de Beauchamps. 22 fr.  

    93. Discorsi di Nicolo Machiavelli Firentino. Aldus, 1540. In-8, veau à comp., signature de Ballesdens sur le titre. Ex. superbe revêtu d’une rel. Grolier. 625 fr. au libraire Tilliard, pour Yemeniz.

    98. La Loy salique, livret de la première vérité humaine, par Guillaume Postel. Suivant la copie de 1552, à Paris, chez Lamy, 1780, pet. in-8, mar. r., dent., tr. d. Ex. de Madame Campan. 5 fr. 75.

    129. Ephemerides octavae Spherae auctore Ponto Tyardeo Bissiano. Lugduni, Joan. Tornaesium, 1562, in-fol., mar. citron. Aux armes de De Thou. 58 fr.

    134. Theophili Spizelii de vaticiniis quibusdam Angelicis amica et placida collatio, instituta cum viro quodam doctissimo. Augustae-Vindelicorum, 1667, in-8, mar. r., fil. (Anc. rel.). Aux armes de Colbert. 9 fr. 50.





    145. Viator (Jean Pelegrin dit). De artificiali perspectiva. In-fol. goth. de 46 f., avec de très belles fig. sur bois. Premier livre connu imprimé à Toul. Mar. rouge, fil., tr. d. (Koehler). Superbe ex. 305 fr.

    146. Lebrun. Galerie des peintres flamands, hollandais et allemands, 201 pl. gravées d’après les meilleurs tableaux de ces maîtres. Paris, 1792, 3 vol. in-fol., fig., rel. en 2, mar. r., riches dentelles. Rel. superbe, très belles épreuves presque toutes avant la lettre. 310 fr.

    159. La Grant Danse macabre des hommes et des femmes, historiée et augmentée de beaulx dis en latin. Impr. à Lyon par Claude Nourry, le 31 août 1501, in-fol., fig. sur bois, 32 f. non chiffrés, mar. vert à la Duseuil, doublé de mar. rouge, large dentelle composée (Koehler). Superbe rel., magnifique ex. avec témoins. 520 fr. au libraire Tilliard, pour un amateur du Mans, le marquis de Cl.

    174. Solitaire second, ou prose de la musique (par Pontus de Thyard). Lyon, J. de Tournes, 1555, in-4, lettres italiques, mar. r., doubl. fil., dor. sur tr. (Koehler). Livre à peu près inconnu. 175 fr.

    206. Quinti Horatii Flacci Opera. Londres, J. Pine, 1733, 2 t. en 1 vol. in-8, p. lavé, régl., mar. r., tr. dor., avec armes (Padeloup). Superbe ex. de premier tirage, gd. pap. 216 fr.



    222. Mortilogus F. Conradi Reitterii nordlingensis prioris monasterii Caesariensis. [à la fin :] Finit feliciter per Erhardum Onglin et Georgium Nadler, Augusteen IIII, ydus februarii. Anno millesimo quingentesimo octavo. In-4, fig., m. violet, fil., tr. d. (Koehler). 281 fr. au libraire Tilliard, pour Yemeniz.

    223. La Nef des folz du monde. Impr. pour Jehan Philippes Man Stener et Geoffroy de Marnef, 1497, in-fol., goth., 2 col., fig., mar. vert, fil., tr.d. (Koehler). Magnifique ex. 199 fr.

    232. Geor. Buchanani Scoti poemata quae exstant, edition postrema. Lugduni-Batav., ex officina Elzeviriana, 1628, pet. in-24, mar. bleu, dent., tr. d., doublé de moire rose, rel. par Bradel. Ex. de Renouard. 14 fr.

    238. La Callipédie, traduite du poème latin de Claude Quillet. Paris, 1749, in-8, gr. pap. v. Ex. de d’Aguesseau. 5 fr.

    242. Jacobi Mosanti Briosii poemata. Cadomi, apud Joannem Cavelier, 1663, in-8, mar. vert antique, tr. d., janséniste (Duru). Ex. avec la signature de Le Duchat. 31 fr. 50.  

    272. Cy commance le romant de la rose ou tout l’art d’amours est enclose. In-fol., goth., 2 col., fig. sur bois, 149 f. sign. de A2 à T111, 41 lignes à la page, mar. r. avec plats encadrés, tr. d. (Koehler). Impr. à Lyon par Guillaume Leroy avec les mêmes caractères que le Doctrinal de Sapience. 176 fr.





    273. S’ensuyt le rommant de la rose : autrement dit le songe vergier. Paris, Alain Lotrian, s.d. Pet. in-4 à 2 col., titre rouge et noir, vignette sur bois, mar. vert, fil., tr. d. (Koehler). 50 fr.





    276. Le Rommant de la rose nouvellement reveu et corrige oultre les precedentes impressions. Impr. à Paris par Pierre Vidoue pour Galliot Dupré, mars 1529. Pet. in-8, fig. sur bois, lettres rondes, mar. r., plats et dos dorés à petits fers, tr. d. (riche rel. de Bauzonnet). 400 fr. au libraire Fontaine, de Lyon, destiné à M***, de Lyon.

    281. Le Roman de la rose, par Guillaume de Lorris et Jehan de Meung. Paris, P. Didot l’aîné, 1813, 4 vol. in-8, mar. r. doublé de mar. vert, comp. , tr. d. (riche rel. de Koehler). Un des 2 ex. impr. sur peau de vélin, et enrichi de dessins, etc. 1.000 fr. pour le baron Pichon.

    287. Le Pelerinage de l’homme. Paris, pour Anthoine Verard, 4 avril 1511, in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. citron, compart., tr. d. (Koehler). 260 fr. pour le marquis de Coislin.

    290. Les Œuvres de maistre Francoys Villon. Paris, Galiot du Pré, 1532, in-16, car. romains, mar. vert, fil., doublé de mar. r., à compart., t. d. (Koehler). Le bijou de la vente. 499 fr. pour le libraire Fontaine lui-même, de Lyon.  

    292. La Dance des aveugles. Impr. à Lyon. In-4 goth., 5 fig. sur bois, mar. vert ant., large dent., petits fers, fil., tr. d. (très belle rel. de Duru). Des plus rares. 621 fr. pour Armand Bertin.

    296. Les Lunettes des princes composées par noble homme Jehan Meschinot. Impr. à Paris par Pierre le Caron. In-4 goth., mar. vert, tr. d. (la rel. est un chef-d’œuvre de Bauzonnet). 245 fr.

    298. Sensuyt le blason des faulses amours fait et composé par frère Guillaume Alexis, religieux de lire et prieur de Busy. Impr. à Rouen par W. Hamel pour Jehan Burges, in-8, goth., mar. r. antique, fil., tr. d. (Bauzonnet). 126 fr. pour Cigongne.

    304. Le Débat de deux bons serviteurs. S. l., s. n., s. d., in-4, goth., mar. vert, fil., d. s. tr. (Duru). 250 fr. pour Cigongne.   

    318. Les Regrets et Peines des mal advisez, faictz et composez par Dadonville. In-8 goth., mar. vert russe, fil., tr. d. (Bauzonnet). Rarissime. 276 fr.

    319. La Grande et Merveilleuse Prinse que les Bretons ont faicte sur mer depuis troys semaines en çà. In-16 goth. de 4 f., au verso du dernier une fig. sur bois, mar. noir, tr. d. à la janséniste (Bauzonnet). 155 fr. pour le marquis de Coislin.

    320. Les Œuvres feu maistre Alain Chartier. Paris, Galliot Dupré, 1529, pet. in-8, lettres rondes, mar. bleu, comp., mors de m., coins dent., tr. d. (Thouvenin). Provient des bibliothèques Châteaugiron et Pixerécourt. 450 fr. pour Aimé Martin.

    323. Les Œuvres maistre Guillaume Coquillart, en son vivant official de Reims. Paris, Antoine Bonne-Mère, 1532, in-16, mar. vert, fil., tr. d. (Anc. rel.). Provient de la vente Pixerécourt, dans laquelle la reliure fut attribuée à Padeloup. 100fr.

    325. Lesperon de discipline pour inciter les humains aux bonnes lettres, etc. par noble homme fraire Antoine du Saix, commandeur de Sainct-Antoine de Bourg en Bresse. S. l. [Lyon], s. n. [Claude Nourry], 1532, in-4, goth., 2 parties, mar. vert, comp., doublé de mar. r., large dent. à petits fers (Koehler). Chaque page est entourée d’une bordure gravée en bois. Impr. sur vélin. Ex. de Antoine du Saix dont le nom est ciselé sur la tranche. Un des plus précieux vol. de cette bibliothèque. 2.160 fr. au libraire Tilliard, pour Yemeniz.

    350. Le Tombeau de Marguerite de Valois, royne de Navarre. Paris, Michel Fezandat et Robert Granjon, 1551, in-8, mar. vert, fil., tr. dorée (écusson) (Koehler). 80 fr. pour Lacarelle.

    357.Œuvres de Lovize Labé, lionnoize. Lyon, Jean de Tournes, 1556, in-12, mar. bleu à compart. doublé de mar. rouge, dent., tr. d. (Koehler). Petit raccommodage au titre. 230 fr. pour le duc de Fitz-James.

    366. Les Controverses des sexes masculin et féminin. Tholose, 1534, pet.in-fol, mar. r. à la Grolier (Duru). 190 fr. pour le Dr. Bernard, de Toulouse.

    521. Destructorium vitiorum ex similitudinum creaturarum exemplorum appropriatione, per modum dyalogi. Lyon, Claude Nourry, 11 juin 1505, in-4, goth., mar. vert, antique, fil., tr. d. (Bauzonnet). 160 fr. pour le baron de Salis.  

    523. Contes et nouvelles de Boccace, Florentin ; traduction libre, avec fig. de Romain de Hooge. Amsterdam, Georges Gallet, 1697, 2 vol. in-8, mar. r., fil., tr. d. (Derome). Ex. de Pixerécourt. 100 fr.

    538. Meliadus de Leonnoys. Paris, Denys Janot, 20 mars 1532, in-fol., goth. à 2 col., mar. vert antique, dos et plats à la Duseuil, double de mar. rouge, mors de m. dessin antique à compart. de fleurons et petits fers. (Bauzonnet). Avec la signature de Guyon de Sardière. 382 fr. au libraire Potier, pour le marquis de Coislin.  

    539. Artus de Bretaigne. Lhystoire des faitz et gestes du noble preux et vaillant chevalier Artus de Bretaigne. Lyon, Olivier Arnoullet, 20 octobre 1556, in-4, goth., mar. vert, fil., tr. d., double de mar. r., ornements (Bauzonnet). 401 fr.

    542 bis. Valentin et Orson. Lyon, Jacques Maillet, 1489, in-fol., mar. bleu (Bauzonnet). Rarissime. 2 f. en fac-similés. 591 fr. au libraire Tilliard, pour Yemeniz.

    547. La Plaisante et Amoureuse Histoire du chevallier doré, et de la pucelle surnommée Cueur dacier. 1542, in-8, fig. sur bois, lettres rondes, mar. bleu, fil., tr. d. (Duru). 255 fr. pour Armand Bertin.

    571. Hypnerotomachia Poliphili. Venise, décembre 1499, Alde Manuce, in-fol., mar. r., fil., tr. d. (Koehler). Superbe ex. 151 fr.

    575. Le Livre des connoilles. S.l., s.n., s.d. Pet. in-4, goth., mar. vert, d.s.t., fil., double de mar. r. (Duru). Rareté lyonnaise. 650 fr. pour le comte de Ch., de Metz.

    577. La Vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel. Lyon, François Juste, 1537, pet. in-16, goth., mar. vert, large dent., doublé de mar. rouge, dent., tr. d. (Koehler). 180 fr. pour Salmon de Tour. 

    639.Œuvres complètes de Voltaire. Kehl, 1784-1789, 70 vol. in-8 ; Supplément au recueil des lettres de Voltaire, Paris, Xhrouet, 1808, 2 vol. in-8 ; Suite de 140 eaux-fortes d’après Moreau le Jeune et Monnet, suivi d’un brouillon autographe de Voltaire de 4 p., in-8. En tout 73 vol. in-8, gr. pap. vél., mar. r., dent., doublé de moire bleue, tr. d. (Belle rel.de Bozerian). 995 fr. au libraire Techener.

    662. Les Passaiges doultremer faitz par les françoys. Paris, Michel Lenoir, 27 novembre 1518, pet. in-fol. goth. à 2 col., mar. lie-de-vin doublé de mar. vert, fil., tr. d. (Koehler). 195 fr. pour le comte de Lescalopier.

    695. Jul. Caesaris de bello gallico. 1473, pet. in-fol., mar. rouge, comp., tr. d. 230 fr. au baron de Salis.

    710. La Bataille faicte par dela les Mons devant la ville de Pavie. Pet. in-4, goth., 3 fig. gravées sur bois, mar. r. , fil. tr. d. (Bauzonnet). 260 fr. au libraire Tilliard, pour M***, de Gand.

    863. Le Imagini con tutti i riversi trovati. Parma, Enea Vico, 1558, fig., in-4, mar., tr. d. Sur le titre, signature d’un seigneur de Labourdaizière. Bel ex. de Grolier. 500 fr. Marquis de Coislin, 1847 : 400 fr. Libri, Londres, 1849 : 15 £ 10 sch.

    868. Les Vies des plus illustres philosophes de l’Antiquité, trad. du grec de Diogène Laerce. Amsterdam, 1758, 3 vol. in-12, fig., mar. r., fil., tr. d. (rel. de Chameau, relieur du duc de La Vallière). Superbe ex. 39 fr.


    Les reliures sont majoritairement de François Koehler (372 lots, soit 41%), élève de Joseph Thouvenin (1791-1834), dit « l’Aîné », qui a exercé de 1834 à 1849, de Marc-Hippolyte Duru (80 lots, soit 9%), actif de 1840 à 1863,  et de Laurent-Antoine Bauzonnet (79 lots, soit 9%), actif de 1829 à 1851. Suivent Bozerian (38 lots), Padeloup (19 lots), Derome (18 lots), Thouvenin (17 lots), Muller (16 lots), Simier (9 lots), Du Seuil (7 lots), Thompson (6 lots), Bradel (4 lots), Closs (3 lots), etc.

      

    Il ne put s’empêcher de créer une nouvelle bibliothèque. Cailhava n’avait pas d’ex-libris imprimé ou gravé.




    Un très petit nombre de livres furent reliés en maroquin par le relieur lyonnais Jean-Pierre Bruyère (1804-1870), avec son chiffre « LC » sur les plats.









    Ce fut alors qu’il édita encore, avec Jean-Baptiste Monfalcon (1792-1874), bibliothécaire de la ville depuis 1847, les Euvres de Louïze Labé, Lionnoize (Paris, impr. Simon Raçon, 1853, in-8, 120 ex.), qui est un chef-d’œuvre de typographie.

    Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, il fut obligé une seconde fois de se défaire de sa bibliothèque, rue des Bons Enfants, du lundi 8 au samedi 13 décembre 1862 :




    Catalogue d’un choix de livres anciens rares et curieux de la bibliothèque de M. Léon Cailhava (Paris, J. Techener, 1862, in-8, [3]-[1 bl.]-VII-[1 bl.]-184 p., 975 lots). Techener, se servant du nom de Cailhava pour faire des affaires, glissa dans la collection de l’éminent bibliophile des ouvrages qui prirent immédiatement une valeur aux yeux des acheteurs.

    Tenant compte du goût éclairé de Cailhava pour les raretés et les belles impressions, on peut dédaigner tout ce qui pouvait être acheté couramment chez un libraire et ne retenir que les véritables curiosités lui ayant appartenu :


    8. Psalmes du royal prophete David. Lyon, Estienne Dolet, 1542, in-16, lettres rondes, mar. brun, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 90 fr.

    18. Retratos o tablas de las historias del testamento viejo. Lyon, Joan. Frellonius, 1549, in-4, mar. brun, fil., comp., tr. dor. (Niedrée). 280 fr.

    20. Historiarum memorabilium ex Genesi descriptio, per Gulielmum Paradinum. Lyon, Joan. Tornaesium, 1558, pet. in-8, gravures du Petit Bernard, mar. brun, comp., mosaïque. (Duru). 192 fr.

    21. Figures de la Bible déclarées par stances, par G. C. T. (Gabriel Chapuis, Tourangeau). Lyon, Estienne Michel, 1582, in-8, mar. brun, fil., comp., tr. dor. (Duru). 430 fig. du Petit Bernard. 225 fr.

    36. S. Aur. Augustini, de Civitate Dei. 1467, gr. in-fol. goth., cuir de Russie. Mêmes caractères que le Lactance imprimé dans le monastère de Subiaco en 1465. 450 fr.

    37. S. Augustinus ; de verae vitae cognitione libellus. In-4, cuir de Russie, fil., tr. dor. Porte à la fin l’écusson de Fust et de Schoeffer. 36 fr.

    38. Sancti Augustini Confessionum libri XIII. In-fol., goth., cuir de Russie, fil., tr. dor. Impr. vers 1468 à Strasbourg par Jean Mentelin. 190 fr.

    50. Brief et utile discours sur l’immodestie et superfluité d’habits, par M. H. D. C. P. A. L. [Hiérosme De Chastillon Président A Lyon]. Lyon, Ant. Gryphius, 1577, in-4, veau fauve, fil., tr. dor. (Bauzonnet). 51 fr.




    60. De imitatione Christi. Metz, Joh. Colini et Gerhardum, 1482, pet. in-4, mar. brun, tr. dor. janséniste (Duru). Premier livre imprimé à Metz avec date. 380 fr.

    105. Bonifacius, Papa VIII. Liber sextus decretalium. Moguntiae, Petrum Schoyffer, 17 avril1470, in-fol., mar. br., fers à froid. Sur vélin, avec initiales peintes en couleurs. 1.260 fr.

    112. Platonis opera. Lyon, Jean de Tournes, 1550, 5 vol. in-16, mar. vert, fil., comp., tr. dor. 480 fr.

    122. Les Essais de Michel de Montaigne. Paris, Abel l’Angelier, 1595, in-fol., mar. vert russe, tr. dor. (Duru). 575 fr.





    177. Dietterlin. Architectura. Nürnberg, 1598, gr. in-fol., mar. r., fil., comp., tr. d. (Hardy). 445 fr.

    182. Dictionnaire des graveurs, anciens et modernes, depuis l’origine de la gravure, par Basan père et fils. Paris, 1809. Ex. remonté sur papier in-4 et relié en 4 vol., dos et coins de mar., dorés en tête, non rognés, enrichi de 317 estampes anciennes. 600 fr.

    184. Illustrium Ymagines. Lyon, Ant. Blanchard, 1524, pet. in-8, mar. r., fil., tr. dor. (Capé). Marque de François Juste au titre. 46 fr.

    185. Holbein. Les Simulacres et Historiées Faces de la mort. Lyon, 1538, pet. in-4, mar. noir, fil., fers à froid, tr. dor. 420 fr.

    190. Costumes de tous les peuples du monde. Gr. in-fol., mar., r., comp., tr. dor. 780 fr.

    196. Le Livre du roy Modus. Chambéry, Antoine Neyret, 20 octobre 1486, in-fol., fig. sur bois, mar. r., dent. à l’inter., tr. d. (Trautz-Bauzonnet). Premier livre imprimé sur la chasse. Non vendu.

    218. Dolet. La Manière de bien traduire d’une langue en l’aultre. Lyon, Dolet, 1541, in-4, mar. r., fil., tr. d. (Niedrée). 141 fr.

    223. Stephani Doleti orationes duae in Tholosam. S. l. [Lyon], s. n. [Sébastien Gryphe], s. d. [v. 1533], pet. in-8, mar. vert, fil., tr. dor. (Hardy). 64 fr.

    245. De tristibus Franciae libri quatuor. Lugduni, typis Perrin, 1840, in-4, avec des vignettes, mar. vert, fil., comp., dorure à petits fers, tr. dor., étui. (Bauzonnet). Tiré à 120 ex. Ex. de l’éditeur Cailhava, imprimé sur vélin, avec double titre or et noir. 1.180 fr.

    246. Jurisprudentia a primo et divino sui ortu. Lyon, 1554, in-4, mar. bleu, fil., comp. à la Grolier, dent., tr. dor. (Koehler). 320 fr.

    267. Lesperon de discipline, pour inciter les humains aux bonnes lettres. S. l., 1532, in-4, goth., veau marb., fil. Aux armes de Madame de Pompadour. 490 fr.

    272. Clément Marot. Lyon, Jean de Tournes, 1573, in-16, mar. citr., fil., tr. dor., doublé de mar. rouge, riche dorure à petits fers. Rel. anc., dorure de Le Gascon. 190 fr.





    282. Marguerites de la Marguerite des princesses, très-illustre royne de Navarre. Lyon, Jean de Tournes, 1547, 2 vol. in-8, fig. en bois, mar. viol., fil., tr. dor. (Thouvenin). 231 fr.

    289.Œuvres de Louïse Labé Lionnoize. Paris, Simon Raçon, 1853, in-8, un des deux ex. sur peau de vélin [l’autre est chez Émile Gautier, à Nantes], mar. r., coins et fleurons sur les plats, tranche ciselée avec chiffre (riche rel. de Duru, dite « à la Rose »). 1.200 fr. pour le duc d’Aumale.

    304.Œuvres françoises de Joachim du Bellay, gentilhomme angevin. Lyon, Ant. de Harsy, 1575, pet. in-8, mar. rouge, fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 260 fr.

    323. Chrestienne récréation de Jean-Denis de Cecier. Berne, Jean le Preux, 1601, pet. in-8, mar. rouge, fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 131 fr.

    337. Recueil des œuvres poétiques du sieur David Rigaud, marchand de la ville de Crest. En Dauphiné. Lyon, 1653, pet. in-8, mar. r., fil., tr. dor. (Niedrée). 220 fr.

    422. Dante, con nuove et utili ispositioni. Lione, G. Rouillio, 1575, in-16, mar. brun, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 70 fr.

    448. L’Homme pécheur, par personnages joué en la ville de Tours. Paris, Pierre le Dru, 1508, in-fol. goth., mar. r., fil., doublé de mar. bleu, dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Provient de la bibliothèque de De Bure et Armand Bertin. 3.750 fr.

    500. La Nef des princes et des batailles de noblesse […] par maistre Symphorien Champier. Paris, Phil. Le Noir, 1525, pet. in-4, goth., fig. en bois, mar. brun, fil., comp. (Capé). Recueil qui renferme 20 opuscules de Champier et 2 traités de Robert de Balzac. 390 fr.

    502. Paris et la belle Vienne.Lyon, Claude Nourry, 1520, in-4goth., fig. en bois, mar. bleu, comp., fil., tr. dor. (Bauzonnet). Ex. de Armand Bertin. 355 fr.

    593. Les Louanges de la folie. Lyon, Benoist Rigaud, 1567, in-8, mar. vert, fil., tr. dor. (Duru). Ex. de Coste. 68 fr.

    634. La Récréation ou mignardises et devis d’amours. Lyon, Benoist Rigaud, 1583, in-16, mar. vert. 30 fr.

    636. L’Amant resuscité de la mort d’amour, par Theodose Valentinian. Lyon, Maurice Roy et Loys Pesnot, 1557, in-4, veau fauve, fil., tr. dor. (Niedrée). 30 fr.

    639. Les Différens Caractères des femmes du siècle. Lyon, 1695, in-12, mar. br., tr. d. (Trautz-Bauzonnet). 48 fr.

    643. Hécatomphile, de vulgaire italien. Lyon, François Juste, 1534, pet. in-8 goth. allongé, mar. r., fil., tr. dor. 109 fr.

    669. Proverbios de Seneca. Sevilla, Juan Croberger, 1535, in-fol. goth. à 2 col., lettres initiales gravées en bois, mar. brun, fil., riches comp., tr. d. (Capé). 345 fr.





    696. Le Premier Livre des narrations fabuleuses, avec les poésies de Guillaume Gueroult. Lyon, R. Granjon, 1558, in-4, mar. bl., fil., tr. d. (Bauzonnet-Trautz). Imprimé en caractères de civilité. Ex. de Armand Bertin. 285 fr.

    729. Mélanges publiés par la Société des Bibliophiles français. Paris, Didot, 1820-1829, 6 vol., gr. in-8, papier vélin, d.-rel., v. n. rog. Tirage à 30 ex. 425 fr.

    733. Les Maravilles [Merveilles] de Rome. Rome, Antoine de Bladi de Asula, 1524, pet. in-8 goth., 9 fig. en bois, mar. brun, fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 396 fr.

    750. Les Fleurs et Manières des temps passez. Genève, Loys M. Cruse, 1495, in-fol. goth., fig. en bois, mar. brun, fil., comp., tr. d. (Duru). 555 fr.

    788. Les Grandes Croniques de France (dites de Saint-Denis). Paris, Guillaume Eustace, 1514, 3 vol. in-fol., mar. bleu, fil., tr. dor., les plats entièrement parsemés de fleurs de lis (Capé). 1.295 fr.

    793. Les Chroniques du tres chrestien & tres victorieux Loys de Valoys. S. l. [Lyon], s.n. [Michelet Topie de Pymont], s.d. [v.1488], in-fol. goth., mar. r., fil., doublé de mar. bleu, dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Connu sous le nom de « Chronique scandaleuse ». 1.545 fr.

    804. Interprétation grecque, latine, toscane et françoise du Monstre, ou Enigme d’Italie (par Gabriel Syméon). Lyon, Ant. Voulant, 1553, in-8, mar. r., fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 91 fr.

    819. L’Oracle du chant de Protée, où sont prédictes les glorieuses victoires de Henry IIII. Lyon, Th. Ancelin, 1594, pet. in-4, mar. bleu, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 110 fr.

    822. La Gazette française, par Marcellin Allard, Forèsien. Paris, P. Chevalier, 1605, pet. in-8, mar. r., tr. dor. (Duru). 275 fr.

    868. Description de la Limagne d’Auvergne en forme de dialogue. Lyon, Guillaume Rouille, 1561, in-4, fig., mar. bleu, fil., tr. dor. (Hardy). 131 fr.

    876. Cy commence ung petit livre de lantiquite origine et noblesse de la tres antique cite de Lyon. Imprime a l’Isle Gallique dicte Lyonnoise, 1529, in-4 goth., mar. r., f., tr. d. (Duru). 188 fr.



    878. Histoire civile et consulaire de Lyon, par le F. Claude-François Menestrier. Lyon, 1696, gr. in-fol., fig., mar. r., fil., comp., tr. dor. (Koehler). 225 fr.

    884. Le Grant Triumphe faicte des nobles princes, M. le Dauphin et le noble duc d’Orléans, et de la royne madame Aliénor, en la noble ville et cité de Lyon. S. l., s. d. [v. 1530], pet. in-8 de 4 f. goth., mar. r., dent., fil., tr. dor. 510 fr.

    889. Mémoires de l’histoire de Lyon, par Guillaume Paradin de Cuyseaulx, doyen de Beaujeu. Lyon, Ant. Gryphius, 1573, in-fol., mar. r., fil., dos riche, tr. dor. (Duru). 187 fr.

    895. Les Mazures de l’abbaye royale de l’Isle Barbe lez Lyon. Paris, J. Couterot, 1681, 2 vol. pet. in-4, mar. vert, fil., tr. dor., fig. gravées. (Duru). 380 fr.                   


    Le produit de cette vente a été de 77.363 francs et 75 centimes ; il aurait été plus élevé si plusieurs articles importants n’avaient pas été retirés.                   

    La belle fortune de Cailhava s’était considérablement amoindrie. Assailli par les hommes d’affaires, il succomba dans les soucis le 15 décembre 1863, à son domicile, et fut inhumé à Sainte-Foy-les-Lyon, dans le tombeau de sa famille. Il avait eu une aventure prolongée avec l’actrice Virginie Déjazet (1798-1875), mais était resté célibataire.




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    Îles des Princes
    A. I. Melling. Voyage pittoresque de Constantinople et des rives du Bosphore. Paris, P. Didot l'aîné, 1819
    
    De nationalité grecque, Nicolas Yemeniz [sans accent sur les « e »] est né le 15 avril 1783 dans l’île de Chalki [aujourd’hui Heybeliada, Turquie], la deuxième en importance des neuf îles des Princes, en mer de Marmara, à quelques kilomètres de Constantinople [aujourd’hui Istanbul], dont elles formaient l’un des districts. Ses parents habitaient le Phanar, ou Fanar, quartier grec de Constantinople, et Chalki leur servait de lieu de villégiature. Sa mère, Smaragda Photius († 1791), descendait de Photius (820-895), patriarche de Constantinople. Ayant participé aux soulèvements qui préludèrent à l’indépendance de la Grèce, son père, Yannakis Yemeniz, fut bientôt dépouillé de ses biens et, menacé dans son existence, dut s’enfuir à Bucarest (Roumanie). En 1822, son grand-père, gouverneur de l’île de Crète, sauva du massacre les chrétiens de l’île.


    Nicolas Yemeniz était arrivé dès 1799 en France, avec l’intention de se mettre au service de la Russie, mais les événements le fixèrent définitivement à Lyon, où il s’associa à la maison « Séguin père et fils », avec lesquels il obtint en 1819 une médaille d’or pour des étoffes or et argent, que ces fabricants envoyaient presque exclusivement en Turquie et en Perse : les étoffes en dorure, les velours or et argent qu’ils ont exposés, étaient d’une rare magnificence, par la variété et la complication des dessins ; ces étoffes présentaient de grandes difficultés de fabrication qui ont été vaincues avec habileté par cette compagnie. Cette médaille d’or lui fut rappelée en 1827 sous la raison « Séguin et Yemeniz », puis lorsqu’il géra seul cette ancienne maison, quai Saint-Clair.


    « Dans la fabrication des riches étoffes pour ameublement, M. Yemeniz n’a pas de maîtres, c’est tout au plus s’il a des rivaux. » (Archives du commerce. Paris, Bruneau et Renard, janvier 1845, p. 567)


    Le 3 décembre 1817, Yemeniz avait bénéficié d’une ordonnance du Roi qui lui avait accordé des lettres de déclaration de naturalité.



    
    Lyon, place Louis-le-Grand, au XIXe
    Demeurant alors place des Terreaux [Ier], il épousa, le 4 juillet 1820,  Jeanne-Marie-Adélaïde Rubichon, née à Lyon le 21 floréal an X [11 mai 1802], qui demeurait avec sa mère place Louis-le-Grand [aujourd’hui place Bellecour, IIe], fille de défunt Claude-Gaspard Rubichon (1765-1816), négociant, et de Marie-Anne Bruyset-Ponthus (1764-1849), d’une famille de libraires catholiques et royalistes. Ils auront trois enfants : Martin-Augustin-Eugène (1828-1880), Pierrette-Marie-Louise (1831-1915) et Pauline-Marie-Charlotte (1834-1912).



    Dès le début du siècle, une circonstance fortuite avait révélé à Yemeniz ses goûts de bibliophile :


    « Un jour, il passait rue Lafont, devant la boutique d’un marchand de curiosités, M. Mercier, auquel il avait coutume d’acheter des bibelots rares. Le marchand l’arrêta, et lui mettant dans les mains un manuscrit [Preces piae. Ms. sur vélin, débutxve s., petit in-fol. dans une reliure en maroquin bleu de Simier] lui dit : “ Emportez cela. – Mais vous savez bien, répondit l’amateur, que je ne veux pas de livres. – Emportez cela, vous dis-je. Vous repasserez demain, et vous me direz si vous gardez mon manuscrit.” Devant cette insistance, M. Yemeniz se rendit, et, avant de partir, il demanda le prix de l’objet qui lui était imposé. “ Douze mille francs ”, répondit M. Mercier. Le lendemain, M. Yemeniz apportait les douze mille francs, il était bibliophile. »

    (C. Latreille. « Un salon littéraire à Lyon (1830-1860). Madame Yemeniz ». In Revue d’histoire de Lyon. A. Rey et Cie, 1903, t. II, p. 24-25)


    Dès lors, il se livra à une chasse ardente aux livres rares, manuscrits et imprimés, dans toutes les librairies européennes, qu’il faisait revêtir de somptueuses reliures par les artistes parisiens lyonnais. Sa bibliothèque devint bientôt célèbre, au point d’éclipser celles de Charles Nodier, du baron Taylor, du prince d’Essling et d’Armand Bertin. Il entra le 25 décembre 1844 à la Société des Bibliophiles français, remplaçant Jules Janin démissionnaire, et publia à ses frais, toujours à très petit nombre, des ouvrages d’histoire, de littérature et d’archéologie : De urbe et antiquitatibus Matisconensibus liber (Lugduni, Ludovicus Perrin, 1846), de Jean Fustaillier ; Declamationes XIII […] curante Joanne Fr. Boissonade (Parisiis, Dumont et Leleux, 1848), de Georges Pachymère ; Entrée de Charles VIII à Vienne le premier décembre 1490 (Lyon, Louis Perrin, 1850) ; Inventaire des titres recueillis par Samuel Guichenon (Lyon, Louis Perrin, 1851) ; Recherches sur le commerce, la fabrication et l’usage des étoffes de soie, d’or et d’argent et autres tissus précieux enOccident, principalement en France, pendant le Moyen Âge (Paris, Crapelet, 1852, 2 vol.), par Francisque-Michel ; Œuvres du chanoine Loys Papon, seigneur de Marcilly, poète forézien du xvie siècle (Lyon, Louis Perrin, 1857) et un Supplément (id., 1860) ; Aperçu sur les variations du costume militaire dans l’Antiquité et au Moyen-Âge (Lyon, Louis Perrin, 1857), par André Steyert.    



    
    Nicolas Yemeniz en 1868
    

    « De toutes les personnes qui vous connaissent, et le nombre en est grand, il en est peu qui sachent de combien de choses s’occupe votre esprit si actif, si curieux, si pénétrant, en un mot si bien doué. Pour les habitués de la salle Silvestre, pour les bibliophiles, vous êtes le collecteur le plus délicat des trésors de la littérature grecque de tous les temps et des productions de la littérature française du moyen âge, le patron le plus enthousiaste des Bauzonnet, des Niedrée et des autres princes des relieurs modernes. […]

    Admis dans votre bureau de commerce, comme dans votre cabinet d’objets d’art, pendant le court séjour que je fis à Lyon en 1850, je profitai de la circonstance, moins pour puiser des lumières bibliographiques et recréer mes yeux de la vue des admirables reliures que renferme votre bibliothèque, que pour m’instruire des progrès, et, jusqu’à un certain point, des procédés d’une industrie qui, entre vos mains, est devenue un art. » (Francisque-Michel. « A Monsieur N. Yemeniz ». In Recherches sur le commerce, la fabrication et l’usage des étoffes de soie. Paris, Crapelet, 1852, t. I, p. I-II) 


    Yemeniz recueillit avec soin les éditions originales des classiques grecs (Homère), latins (Cicéron, Virgile et Ovide), français (du xve au xviie siècle) et italiens. Il rassembla 51 manuscrits (36 sur vélin, 15 sur papier), du xiiie au xviie siècle. Les livres appartenant à la bibliographie lyonnaise s’élevèrent au nombre de 505, dont 96 sortaient des presses de Jean de Tournes et 13 de celles de Dolet. Les reliures furent l’ornement et la gloire de sa bibliothèque : Ève (2), Le Gascon (8), Duseuil (30), Boyet (1), Padeloup (30), Derome (89), Simier (36), Thouvenin (16), Courteval (5), Lebrun (2), Bozerian (27), Lefebvre (1), Bauzonnet (98), Bauzonnet-Trautz (65), Trautz-Bauzonnet (243), Bauzonnet-Purgold (1), Purgold (2), Niedrée (135), Koehler (124), Duru (125), Capé (47), Thompson (13). Treize volumes avaient fait partie de la bibliothèque de Grolier (le n° 75 de son catalogue de vente n’est pas un exemplaire de Grolier).




    Vingt livres habillés pour Yemeniz se reconnaissent par un chiffre formé de deux « Y » entrelacés, frappé aux angles et au centre des plats, reliures dites « à l’Y ».



    À l’intérieur de ses livres figure un ex-libris composé d’une médaille qui présente ses deux faces, côte à côte : sur l’une, on voit un lion avec le mot « Lugdun » ; sur l’autre, le mot « Yemeniz », dont les lettres sont disposées de manière à former une croix.


    Lors de leurs fréquents voyages à Paris, les Yemeniz avaient été mis en rapport avec le monde politique et littéraire de la Restauration par un des oncles d’Adélaïde Yemeniz, l’économiste royaliste Maurice Rubichon (1766-1849).




    Adélaïde Yemeniz tint ensuite à Lyon un salon célèbre, de 1830 à 1860, dans leurs appartement du 1 rue Saint-Joseph [aujourd’hui rue Auguste Comte, IIe], puis de l’hôtel de Cuzieu, 30 rue Sainte-Hélène [IIe] ; elle fut une correspondante fidèle de Félicité de La Mennais (1782-1854).

    Mais Adélaïde Yemeniz décéda prématurément le 10 avril [et non le 10 mai] 1860, âgée de 58 ans, dans sa résidence de Fontaines-sur-Saône (Rhône).


    
    Tombe des Yemeniz au cimetière de Loyasse
    
    Elle fut inhumée au cimetière de Loyasse, sur la colline de Fourvière, le Père-Lachaise lyonnais. Devenu veuf à 77 ans, Yemeniz, découragé et dégoûté de tout, n’ouvrit plus ses livres et décida de s’en séparer. Ils étaient, paraît-il, remplis de poussière quand il les céda pour 400.000 francs, le 4 février 1867, à la librairie Bachelin-Deflorenne ; ils furent revendus le 15 février suivant à la maison Firmin Didot frères, fils et Cie, par l’intermédiaire de Ambroise Firmin-Didot qui, guidé par un sentiment national, a voulu permettre aux amateurs français de disputer à l’étranger les trésors de cette bibliothèque.





    Le Catalogue de la bibliothèque de M. N. Yemeniz membre de la Société des Bibliophiles français, de la Société française d’archéologie, chevalier de la Légion d’honneur, consul de Turquie (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867, in-8, lxiv-823-[1 bl.] p., 3.954 lots) est précédé d’une « Notice sur la bibliothèque de M. Yemeniz » par Le Roux de Lincy et d’une « Table spéciale des manuscrits, livres imprimés sur vélin, livres uniques ou seul connus, reliures, etc. », et se termine par un « Index alphabétique des noms d’auteurs et des ouvrages anonymes ». Il est une mise à jour du Catalogue de mes livres (Lyon, L. Perrin, 1865-1866, 3 vol. in-4, [6]-243-[1], [4]-307-[1] et [4]-215-[1] p., 3.763 numéros, 100 ex.), rédigé et publié sous la pression de ses amis.


    « Un des grands événements bibliographiques de notre époque est sans contredit la vente annoncée pour le 9 mai prochain de la bibliothèque de M. Yemeniz. Il n’est personne qui ne connoisse au moins de réputation le musée du célèbre bibliophile lyonnois, et l’on sait déjà que de toutes les bibliothèques mises aux enchères, depuis mémoire d’homme, aucune n’a offert une pareille réunion de raretés, de curiosités et de bijoux enviables. Je n’en excepte ni la vente Solar et Double, ni celle de M. Cigogne, ni même celle du prince d’Essling, d’ailleurs si remarquables et qui firent tant de bruit en leur temps. » (Louis Paris. Le Cabinet historique. Paris, Au Bureau, 1867, t. XIII, Première partie-Documents, p. 75)


    « La qualité de l’exemplaire, qui fixe le véritable prix d’un livre curieux et rare, manquait à la plupart des livres de cette collection. Aussi la bibliothèque de M. Yéméniz [sic] a-t-elle été une déception pour les amateurs. » (Léon Techener. Bulletin du bibliophile. Paris, 1867, p. 226)


    La vente eut lieu à l’Hôtel Drouot, du 9 au 31 mai 1867, en 19 vacations.




    25. Novum Testamentum (graece).Paris, Robert Estienne, 1546, 2 vol. in-16, mar. vert, large dent., tr. dor. (anc. rel.). Ex. réglé. 41 fr.

    52. Missale ecclesiae Argentinensis, scriptum anno 1467. In-4, mar. bleu, riches compart., doublé de tabis, tr. dor. [la reliure n’est pas de Bozerian, comme il est dit au catalogue, mais de Courteval, Paris, 1811]. Manuscrit sur vélin dans lequel on a intercalé 38 peintures paraissant appartenir à l’époque des croisades. 2.400 fr.

    69. Preces piae. Petit in-fol., mar. bleu, riches compart., doublé de moire d’or, dent., tr. dor., fermoirs en vermeil ciselé, dans un étui (Simier). Manuscrit sur vélin, du début du xve siècle, 17 petites miniatures et 35 grandes. 23.200 fr. à Boone, libraire à Londres, pour le British Museum, contre le baron de Rothschild.

    71. Officium B.Mariae Virginis.Pet. in-4, peau de truie, riches ornements à froid, fermoirs en métal oxydé, dans une boîte en peau de truie (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit fin xve-début xvie siècle, sur vélin noir, en lettres courantes en argent, et capitales en or sur fond de couleur. 14 grandes miniatures en or et couleurs. 6.000 fr. à Ambroise Firmin-Didot.

    73. Preces piae. In-4, mar. jaune, à compartiments estampés, en creux et relief, fermoirs en cuivre gravé et doré, et fleurs de lis dans les compartiments. Manuscrit sur vélin du xive- xve siècle, 15 grandes miniatures. 1.900 fr. à Lesoufacher.

    76. L’Exercice de la messe, et l’Office de la Vierge, écrits par N. Jarry, 1663. In-24, relié en velours bleu, doublé de tabis, fermoirs en vermeil représentant des fleurs de lis. Manuscrit, 4 miniatures. 2.750 fr.

    87. Heures à l’usage de Rome. Paris, Anthoine Vérard, 2 mai 1500. In-4, mar. citron, dent. et ornements à froid, doublé de mar. bleu, dent., tr. dor., fermoirs en argent. (Anc. rel.). Sur vélin, 19 grandes gravures et 19 petites. A appartenu à la duchesse du Maine, puis à De Bure. 2.000 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.




    103. Heures à lusaige de Romme. Paris, Gilles Hardouyn, 1509, gd. in-8, mar. olive, compart., tr. dor. (anc. rel.). Sur vélin, 20 fig. sur bois. 805 fr.

    141. Speculum humanae salvationis. In-fol., fig. sur bois, mar. bleu, compart., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Acheté chez Techener, avant reliure. Attribué à Gunther Zeiner, Augsbourg, v. 1471, par Heinecken. 1.950 fr.

    149. Historia S. Johannis Evangelistae ejusque visiones apocalypticae. In-fol., mar. vert, compart., tr. dor. (Smith). Édition xylographique de l’Apocalypse. L’exemplaire de Bearzi (qui n’est pas celui-ci) a été adjugé 6.000 fr. 5.000 fr. à Ambroise Firmin-Didot.





    182. Harmoniae Evangelicae libri quatuor. Parisiis apud Galeotũ à prato, 1544, in-8, fig. sur bois, mar. raisin de Corinthe, filets à froid, tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). Le dessin des fig. sur bois et attribué à Jean Cousin. 125 fr.

    219. Le Grant Vita Christi en francoys. Lyon, Jacques Buyer et Mathieu Hus, 7 juillet 1487. Gros in-fol. goth., fig. sur bois, divisé en 2 vol. reliés en mar. bistre, ornements à froid, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Nombreuses et graves restaurations. 1.855 fr. à Julien, libraire.

    295. Ars moriendi. Édition xylographique. Pet. in-fol., mar. bleu, large dentelle à froid. (Trautz-Bauzonnet). Ex. non rogné. 13 f.de texte imprimés d’un seul côté, 11 fig. coloriées. Attribué à Laurent Coster. 9.550 fr. à Ambroise Firmin-Didot.

    353. Assertio septem sacramentorum adversus Martinum Lutherum. Londres, Pynson, 1521. In-4, veau brun, reliure restaurée, à laquelle on a conservé les plats de la reliure originale, représentant les armes d’Angleterre et la Rose. Ex. de Henri VIII avec sa signature. 5.600 fr. En 1849, un célèbre libraire anglais offrit à Yemenis un prix énorme pour cet exemplaire, en vain : Yemeniz n’a jamais voulu céder aucun volume de sa collection.

    382. Legenda Sanctorum. Pet. in-4, mar. citron, compart. noir et or à la Grolier, doublé de vélin blanc avec dentelle or et couleurs, tr. dorée et ciselée. (Bauzonnet). Manuscrit du xive siècle sur vélin, exécuté en Italie, 22 miniatures. Acquis 1.000 fr. à la vente Chenest. 3.500 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.

    404. Sensuit la tressainte vie mort et miracles de Monsr  Sainct Hierosme. Gd. in-fol., mar. rouge, riches compart. à petits fers, tr. dor., fermoirs en argent (Rel. à l’éventail de Duseuil). Manuscrit du xve siècle sur vélin.Provient de la vente Morel de Vindé. 1.500 fr. à Ambroise Firmin-Didot.

    448. Coustumes du bailliage de Sens. Sens, Gilles Richeboys, 1556, in-4, veau fauve, riches compart. en mosaïque, tranche ciselée et fleurdelisée (Rel. à la Grolier). Ex. du roi Henri II, avec son buste en bas-relief sur les plats, imprimé sur vélin, les vignettes, les grandes lettres ornées et la marque de l’imprimeur sont peintes en couleurs et or. 2.450 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.




    471. Loix et Dialogues de Platon. Amsterdam, 1769-1770, 4 vol. in-8, veau raciné, dent., tr. dor. Gd. papier. 10 fr.




    523. Mil quatre vingtz et quatre demandes avec les solutions et responses a tout propos, œuvre curieux et moult recreatif, selon le saige Sidrach. Paris, Galliot du Pré, 1531. In-8, mar. bleu, filets et fleurons, tr. dor. (Duseuil). Aux armes d’Anne d’Autriche. 70 fr.

    528. Le Grand Boece de consolation. Paris, Antoine Vérard, 29 août 1494, in-fol. goth. à 2 col., mar. r. doublé de mar. vert, compart. et dent., tr. dor. (à la Duseuil). Sur vélin, 6 grandes peintures. 6.900 fr.

    536. (Christine de Pisan). Ci cõmence la table des rubriches du livre des 111 vertus a lenseignement des dames. In-fol., mar. r., fil., tr. dor. Manuscrit du xve siècle sur vélin. 9.500 fr. à Didot, contre Boone.

    552. Il Libro del Cortegiano del conte Baldesar Castiglione. In Venetia, nelle case d’Aldo Romano e d’Andrea d’Asola suo socero, nell’ anno 1528, del mese d’Aprile. In-fol., veau brun à riches compartiments. Ex. de Grolier. Conservation médiocre. 1.050 fr.

    614. La Grant Danse macabre des hõmes & des femes hystoriee & augmentee de beaulx dis en latin. Lyon, 18 février 1499. In-fol. goth., fig. sur bois, mar. bleu, tr. dor. Ex. de Gaignat et de Mac-Carthy. 2.000 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.

    616. La Danse macabre + Les Trois Mortz & les Trois Vifs. Lyon, Claude Nourry, 1523. Pet. in-4 goth., fig. sur bois, mar. r., riche dent. à compart., doublé de mar. bleu, dent. (Trautz-Bauzonnet). Ex. non rogné. 1.650 fr. à Ernest Odiot.

    617. La Grant Danse macabre des hõmes & des femes hystoriee & augmetee de beaultz ditz en latin. Troyes, Nicolas Le Rouge, 11 juin 1528. In-fol. goth., fig. sur bois, mar. noir, filets à froid, tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 1.560fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.




    641. Libro sotilissimo y provechoso para depreder a escreuir y cotar el qual lleua la misma orde que lleua un maestro con su discipulo en que estan puestas las cinco reglas mas principales de guarismo. S. l. [Sarragosse], 1555. In-4, titre rouge et noir encadré d’une vignette, fig., alphabet biblique gravé sur bois, mar. bleu, tr. dor. (Duru). 200 fr.

    701. Hieronymi Cardani medici Mediolanensis, de subtilitate libri XXI. Norimbergae, apud Joh. Petreium, anno 1550. In-fol., veau fauve, compart. or et noir. Exemplaire de J.-J. De Bure adjugé 700 fr. à sa vente (1853, n° 293). Ex. de Grolier. Dos refait entièrement. 1.450 fr. à Bossange.

    789. Aetii Antiocheni medici de cognoscendis et curandis morbis sermones sex, jam primum in lucem editos, interprete Jano Cornario Zuiccauien medico. Basileae, in officina Frobeniana, anno 1533. In-fol., veau fauve, compartiments ors et noirs. Ex. de Grolier. 1.000 fr.

    802. La Maniere de traicter les playes faictes tãt par haquebutes que par fleches […] le tout cõposé par Ambroise Paré. Paris, veuve Jean de Brie, 1551. In-8, mar. jaune à compart., tr. dor. (rel. du temps à la Grolier). Sur vélin, fig. et majuscules peintes en or, argent et couleurs. 5.000 fr. à Didot.

    868. Registrum speculi intellectualis foelicitatis humane. 1510. In-fol., veau à compartiments, tranche dorée. Ex. de Grolier. 720 fr.


    
    Paris, vente Alde, 6 mars 2014 : 13.000 €
     


    894. Epargne-bois, c'est-à-dire, Nouvelle et par ci-devant non commune, ni mise en lumiere, invention de certains et divers fourneaux artificiels, 1619, in-4, fig., mar. r. doublé de moire, fil., tr. dor. (anc. rel.). 60 fr.

    961. Cy est le compost et kalendrier des bergiers. Paris, Guy Marchant, 10 septembre 1500. In-fol. goth., fig. sur bois, mar. vert, filets composés, doublé de mar. r. à compart., tr. dor. (Niedrée). Provient de la bibliothèque d’Armand Bertin. 1.850 fr.

    1.036. Phebus de la chasse. In-fol., mar. jaune, compart. genre Grolier. Manuscrit sur vélin du xive siècle, 85 miniatures. 9.500 fr. pour le British Museum.

    1.040. Livre de faulconnerie et des chiens de chasse compile par frere Jehan de Franchieres. Pet. in-fol., velours rouge. Manuscrit sur vélin du xve siècle, 5 miniatures, initiales en or et couleurs. A appartenu tour à tour à Gaignat, Mac-Carthy et Huzard. 3.050 fr. pour le British Museum.




    1.148. Grammaire generale et raisonnée, contenant les fondemens de l’art de parler. Paris, Pierre le Petit, 1660, in-8, veau fauve, fil. tr. dor. (Bozerian). Ex. de De Bure. 15 fr.

    1.336. M. T. C. epistolae familiares accuriatus recognitae. Venetiis, in aedibus Aldi, et Andreae Asulani soceri, 1522. In-8, mar. noir, compart., tr. dor. Ex. Grolier. Rel. très restaurée. 1.825 fr. à Boone.

    1.389. Homeri opera, graece. Florentiae, sumptibus Bernardi et Nerlii, 1488, 2 vol. in-fol., mar. vert, tr. dor. (Derome). Chiffre BD entrelacés sur les plats. 2.420 fr.

    1.472. A lõneur de Dieu. Lyon, Guillaume Le Roy,1483, in-fol. goth., fig. sur bois, mar. rouge, tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 1.780 fr. à Quaritch.

    1.513. Michaelis Tarchaniotae Marulli Constantinopolitani epigrammata et hymni. Paris, Christian Wechel, 1529. Hilarii Cortaesii Neustri Volantilae. Paris, Simon de Colines, 1533. Huberti Sussanaei Ludorum libri. Paris, Simon de Colines, 1538. In-8, veau, tr. dor. Ex. de Grolier. 55 fr.

    1.516. Actii synceri Sannazarii de partu Virginis, etc. Venetiis, in aedibus Aldi, 1527. In-8, mar. vert, filets, tr. dor. Ex. de Grolier. 200 fr.

    1.588. Le Romant de la rose. S. l., s. d., in-fol. goth., fig. sur bois, mar. r., riches compart., doublé de mar. vert, large dent., tr. dor. (Niedrée). Édition originale. Titre refait. 1.530 fr.

    1.611. Lestrif de fortune. S.l., s. d., in-fol. goth., mar. noir, tr. dor. (Duru). Attribué à Colard Mansion. A appartenu à Heber, puis au prince d’Essling. Yemeniz l’a fait recouvrir d’une reliure à l’Y. 7.000 fr. à Asher.

    1.616. Les Fais maistre Alain Charetier. Paris, Pierre Le Caron pour Anthoine Vérard, s. d., in-fol. goth. à 2 col., relié en bois, recouvert de velours vert, larges coins et fermoirs en cuivre. Imprimé sur vélin, réglé, 2 grandes miniatures, lettres en or et en couleurs. A appartenu successivement à Pâris, à Mac-Carthy et à Heber. Yemeniz l’a acquis 3.605 fr. en 1847, à la vente Bourdillon. 11.050 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.




    1.645. Le Passetemps de tout homme et de toute femme. Paris, Jehan Sainct Denys, s. d., pet. in-4 goth., mar. r., fleurons, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 430 fr.





    1.652. Sensuyt le Bestiaire damours. S. l., s. d., in-4 goth. à 2 col., titre en rouge et noir, suivi de 6 figuresx de bestes. Mar. bleu, compart., doublé de mar. citron avec larges dentelles. (Trautz-Bauzonnet). 1.100 fr.

    1.653. Cy est le Chevalier aus Dames. Metz, Gaspard Hochfeder, 1516, in-4 goth., fig. sur bois, mar. rouge, compart. chargés de petits fers, double de mar. bleu, larges dentelles (Bauzonnet-Trautz). Provient de la vente Wolters. L’exemplaire du prince d’Essling fut vendu 1.405 fr. à Dutuit. 2.075 fr. à Didot.

    1.674. Le Debat de lhomme et de la femme. Paris, Jehan Trepperel, 1493. Et trois autres pièces rarissimes, s. d., réunies en un vol. in-4 goth., mar. rouge, fil. tr. dor. Yemeniz l’a acquis 720 fr. à la vente De Bure. 1.850 fr. à Giraud de Savine.

    1.692. Le Doctrinal du temps present, par Pierre Michault, s. l., s. d. [Lyon, 1480, d’après Brunet], pet. in-fol. goth., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (rel. anc.). Vendu 25 liv. 10 sch. chez Heber, est passé chez le prince d’Essling, à la vente duquel il a été adjugé 1.000 fr. à un bibliophile qui l’a rendu, parce qu’il n’y voyait pas un titre qui n’a jamais existé ; cet ex. a été revendu à Londres en février 1840 et adjugé 23 liv. à Payne et Fosse pour Yemeniz. 2.795 fr.

    1.709. Ladolescence Clementine. Lyon, Guillaume Boulle, 1534, 3 parties en 2 vol. in-16, mar. bleu, fil., compart., doublé de mar. rouge, large dent., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 1.800 fr.

    1.723. Les Abus du monde, par Pierre Gringore. Pet. in-4, mar. brun, fil. à compart., tr. dor. (Duseuil). Manuscrit sur vélin, 14 grandes miniatures en or et couleurs. Acquis pour 620 fr. par Yemeniz en 1844 à la vente Nodier. 4.100 fr. à Bancel.





    1.727. Heures de Nostre Dame trãslatees de latin en françoys & mises en rhyme. Paris, Jehan Petit, s. d., in-4, impr. en rouge et noir, fig.sur bois, réglé, mar. r., tr. dor. (Duru). Ex. d’Audenet. 330 fr.

    1.767.Œuvres du chanoine Loys Papon. 2 vol. in-8, mar. cramoisi, compart., genre Grolier, fermoirs et coins en argent, dans une boîte de mar. amarante (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur peau de vélin, reliure à l’Y. A été édité en 1857 par Yemeniz. 2.450 fr. à Rattier.

    1.778. Rymes de gentile et vertueuse dame D. Pernette du Guillet lyonnoise. Lyon, Jean de Tournes, 1545, in-8, non rogné ni ébarbé, cartonné (Bauzonnet). Adjugé à Yemeniz, contre Cigongne, 1.005 fr., à la vente Aimé Martin. 2.900 fr. à Lignerolles.

    1.786. Lesperon de discipline. S. l., 1532, in-4 goth., mar. vert, comp., double de mar. r., dent., tr. ciselée (Koehler). Ex. de l’auteur, frère Antoine du Saix, imprimé sur peau de vélin. Payé 2.160 fr. à la vente Cailhava. 6.000 fr. à Boone.

    1.911. Le Mistere de la conception nativite mariage et annõciation de la benoiste Vierge Marie. Paris, veuve feu Jehan Trepperel et Jehan Jehannot, s. d., in-4, mar. bistre, compart. estampés, doublé de mar. r., dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 2.000 fr.

    1.922. Sensuyt la destruction de Troye la grant par personnaiges faicte par les Grecz. Paris, veuve feu Jehan Trepperel et Jehan Jehannot, s. d., pet. in-4 goth., fig. sur bois sur le titre et sur f. O3, mar. bleu, large dent., doublé de mar. r., dent. à compart., tr. dor. (Derome). Ex. de Gaignat et de De Boze (n° 3.362). 2.020 fr.

    1.925. Lhomme juste & lhomme mondain. Paris, Anthoine Vérard, 19 juillet 1508, in-4 goth. à 2 col., réglé, mar. vert, large dent., doublé de mar. r. (Derome). Aux armes du marquis de Coislin. 2.000 fr. à Odiot.




    2.026. Apophthegmata graeca Regum et Ducum. Paris, Henri Estienne, 1568, in-16, mar. bleu, dent., tr. dor. (Bozerian). 20 fr. 

    2.030. Erasmi Roterodami adagiorum chiliades tres, ac centuriae fere totidem. Venetiis, in aedibus Aldi, mense sept. 1508. In-fol., veau fauve, fil., tr. dor.. Volume dérelié, a été relié par Bauzonnet quand il appartenait à Coste. Ex. de Grolier. 700 fr.

    2.048. Dyalogue des creatures. Gouda, Gerard Leeu, 20 avril 1482, in-fol., fig.sur bois, mar. bleu doublé de mar. rouge, compart., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Acheté broché, à Gand, en 1849, et relié par Yemeniz. 6.000 fr.

    2.072. Aesopi vita et fabulae, latine, cum versione italica. Naples, 1485, in-fol., fig. sur bois, mar. olive, compart., tr. dor. (rel. anglaise). Médiocre ex. 1.610 fr.

    2.099. Explication des hieroglyphes d’Orus Apollo. Pet. in-4, veau noir à compart. dorés, aux armes de François Ier sur un plat et de la reine Claude sur l’autre. 2.450 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.




    2.121. Dialogo dell’ imprese militari et amorose di Monsignor Giovio Vescovo di Nocera. Lyon, Guillaume Rouille, 1574, in-8, fig. sur bois, vélin doré. 20 fr.

    2.160. Le Livre des conoilles. S. l., s. d., pet. in-4 goth., mar. vert, filets, double de mar. rouge à large dentelle, tr. dor. (Duru). Provient de la vente Cailhava. 1.500 fr.




    2.177. Meslanges historiques, et Recueil de diverses matieres pour la plus part paradoxalles, et neantmoins vrayes. Lyon, Benoist Rigaud, 1588, in-8, vélin. 5 fr.



    
    New York, Christie's, 23 avril 2001 : 358.000 $
    

    2.249. Hypnerotomachia Poliphili. Venetiis, mense decembri 1499, in aedibus Aldi Manutii, in-fol., fig. sur bois, mar. bleu, large dent., double de moire orange, tr. dor. (Bozerian). Édition princeps. 960 fr.




    2.267. La Vie et les Avantures surprenantes de Robinson Crusoe. Amsterdam, E. Van Harrevelt, 1779, 3 vol. in-12, fig., mar. vert, fil., tr. dor. (Derome). 230 fr.

    2.270. Larbre des batailles. Paris, Anthoine Vérard, 8 juin 1493, in-fol. goth., fig. sur bois, mar. bleu, doublé de mar. rouge à large dentelle, tr. dor. (Duru). Vient de la vente Maréchal. 1.800 fr. à Didot.

    2.272. Cest lhystoire du Sainct Greaal, qui est le premier livre de la Table ronde. Paris, Philippe Le Noir, 24 octobre 1523, in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. r., doublé de mar. vert à riche dentelle, tr. dor. (Duru). 2.000 fr. à Asher.

    2.273. Tresplaisante et recreative histoire de tres-preux et vaillant chevallier Perceval Le Galloys. Paris, Jehan Lõgis, Jehan Sainct Denis et Galiot du Pré, 1er septembre 1530, in-fol. goth. à 2 col., mar. r., filets, doublé de mar. olive à riche dent., tr. dor. (Bauzonnet). 2.000 fr. à Asher.

    2.280. Tristan chevalier de la Table ronde. Paris, Anthoine Vérard, s. d., in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (Padeloup). Aux armes du duc de Roxburghe. 5.000 fr. à Giraud de Savine.

    2.285. Gyron Le Courtoys avecques la devise des armes de tous les chevaliers de la Table ronde. Paris, Anthoine Vérard, s. d. (v. 1501), in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (Padeloup). Aux armes du duc de Roxburghe. Ex. de Girardot de Préfond. 5.850 fr. à Dutuit.

    2.288. Lancelot du Lac. Paris, Anthoine Vérard, 1er juillet 1494, 2 vol. in-fol., fig. sur bois, mar. r., large dent., mors de maroquin et dentelle, tr. dor. (rel. anglaise). 4.400 fr. à Quaritch.

    2.292. Les Quatre Fils Aymon. Lyon, Claude Nourry, 1531, in-4 goth., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (rel. moderne). 1.550 fr. à Ernest Odiot.

    2.293. Les Quatre Fils Aymon. S. l., s. d., in-fol. goth., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (Padeloup). Provient des bibliothèques de La Vallière [1784, 118 fr.], puis de Roxburghe [1812, 32 liv. 10 sh.]. 5.000 fr. à Giraud de Savine.

    2.303. Ogier Le Danois duc de Dãmemarche. Lyon, Claude Nourry, 7 novembre 1525, in-4 goth., fig. sur bois, mar. r., compart., doublé de mar. vert à riches compart., tr. dor. (Thouvenin). Ex. De Bure. 2.200 fr.




    2.307.[chiffré 2.037] Lhistoire tresrecreative traictant des faitz & gestes du noble & vaillant chevalier Theseus de Coulongne. Paris, Jean Bonfons, s. d., in-4 goth., mar. r., compart., tr. dor. (Bauzonnet). 600 fr. au baron Seillière.

    2.308. Valentin et Orson. Lyon, Jacques Maillet, 30 mai 1489, in-fol., fig. sur bois, mar. bleu, compart., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). Titre et premier feuillet de la Table refaits par Gobert. 2.050 fr. à Boone.

    2.312. Fierabras. Lyon, Guillaume Le Roy, 20 janvier 1486, in-fol. goth., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Manque le premier feuillet. 2.950 fr. à Quaritch.

    2.313. Fierabras. Lyon, Jacques Maillet, 21 juillet 1489, pet. in-fol. goth., fig. sur bois, mar. violet, comp. dor., orn. à froid, tr. dor. (Thouvenin). Acquis par Yemeniz en 1847, pour 855 fr., à la vente Bourdillon. Médiocre ex. 1.700 fr. à Didot.

    2.314. Le Nouble Roy Ponthus. S. l., s. d., in-4, fig. sur bois coloriées, veau fauve, aux petites armes d’Orléans. En 1725, le comte de Toulouse l’avait payé 24 liv. 10 sols à la vente Du Fay. Acheté 1.853 fr., en 1852, à la vente du roi Louis-Philippe. 3.950 fr. à Giraud de Savine.

    2.315. Ponthus et la belle Sidoine. Lyon, Guillaume Le Roy, s. d., in-fol. goth., fig. sur bois, mar. vert, compart. à froid, doublé de mar. r. à compart., tr. dor. Reliure à l’Y (Bauzonnet). Acheté 1.501 fr. à la vente du prince d’Essling. 3.350 fr. à Odiot.

    2.316. Les Excelletes, Magnifiques et Triumphantes Chroniques des trèslouables et moult vertueux faictz de la saincte hystoire de bible du trespreux et valeureux prince Judas Machabeus. Paris, Anthoine Bonnemere, 1514, in-fol., mar. r., compart. à froid, doublé de mar. vert, large dent., coins et fermoirs en argent oxydé, dans un étui en mar. r. Reliure à l’Y (Trautz-Bauzonnet). Ex. sur vélin, de Lange, orfèvre à Saumur. 8.000 fr. à Boone.

    2.322. La Genealogie avecques les gestes et nobles faitz darmes du trespreux et renomme prince Godefroy de Boulion. Paris, Jehan Petit, 29 octobre 1511, in-4 goth., fig. sur bois, mar. bleu jans., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 2.000 fr. à Odiot.

    2.325. Pierre de Provence. S. l., s. d., in-fol. goth. à 2 col., mar. r., tr. dor. (Duru). Ex. du prince d’Essling. 2.700 fr. à Didot.

    2.336. Le Recueil des histoires troyenes. Lyon, (marque de Michel Topie et de Jacques Herenberck), 1486, in-4 goth., fig. sur bois, mar. bleu, dent. à froid et coins en or, tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 1.510 fr. à Quaritch.




    2.340. Lhystoire & cronicque du noble et vaillant Baudoin cõte de Flãdres lequel espousa le dyable. Lyon, Olivier Arnoullet, s. d., in-4 goth., fig. sur bois, mar. vert, tr. dor. (Duru). 460 fr.

    2.353. La Melusine. Lyon, Mathieu Husz, s. d., in-fol., fig. sur bois, mar. vert, doublé de mar. r. à large et riche dentelle, tr. dor. (Bauzonnet). Vient de la vente du prince d’Essling. 5.700 fr.

    2.355. Sensuyt les faits & gestes des nobles conquestes de Geoffroy à la Grande Dent. Lyon, Olivier Arnoullet, 25 octobre 1494, in-4 goth., fig. sur bois, mar. vert, fil., tr. dor. (anc. rel.). Aux armes de Marlborough. 1.720 fr. à Didot.

    2.359. Cy commence Guy de Waruich chevalier Dãgleterre. Paris, Anthoine Couteau pour François Regnault, 11 mars 1525, in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. citron, filets et coins, doublé de mar. rouge, dent., tr. dor. (Bauzonnet). Ex. du prince d’Essling. 5.000 fr.

    2.360. Histoire et ancienne cronicque de lexcellent roy Florimond. Paris, Jehan Longis, 20 avril 1528, in-4, fig. sur bois, mar. raisin de Corinthe, filets à compart., tr. dor. A appartenu à De Bure [1852, 455 fr.]. Provient de la vente Morel de Vindé [1823, 229 fr.]. 1.500 fr. à Didot.

    2.377. Gargantua. La Plaisante, et Joyeuse Histoyre du grand geant Gargantua. Lyon, Estienne Dolet, 1542, 2 parties en un vol. in-16, fig. sur bois, mar. vert, compart. (Boyet). 1.580 fr.

    2.676. Cosmographiae introductio. Saint-Dié, 1507, in-4, mar. vert, fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Marque de Gautier Lud au recto du dernier feuillet. Première édition. 2.000 fr. à Bossange.




    2.698. Relation nouvelle et tres-fidelle du voyage de la Terre Sainte. Paris, Antoine Warin, 1700, in-12, veau fauve, filets, tr. dor. (Simier). 53 fr.





    2.776. Histoire du gouvernement de Venise, avec le supplément, par le sieur Amelot de La Houssaie. Sur la copie à Paris, chez Frédéric Leonard, 1677, 2 vol. in-12, mar. bleu, fil., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 100 fr.




    2.803. Scotorum historiae a prima gentis origine, cum aliarum et rerum et gentium illustratione non vulgari. Quae omnia impressa quidem sunt Iodoci Badii Ascensii typis et opera, impensis autem nobilis et praedocti viri Hectoris Boethii Deidonati. Paris, 1526. Ex. de Grolier. 450 fr.




    2.876. Voyage du chevalier des Marchais en Guinée et les isles voisines, et à Cayenne, fait en 1725, 1726 et 1727, par le P. Labat. Amsterdam, 1731, 4 vol. in-12, fig., mar. bleu, fil., tr. dor. Vient du cabinet de la mère de J.-J. De Bure. 51 fr.

    2.889. Paesi novamente retrovati : et novo mondo da Alberico Vesputio florentino intitulato. Milan, Jacobo et fratelli da Lignano, 17 novembre 1508, in-4, mar. vert chagriné, large dent. en or, filets à froid, chiffre aux quatre coins, tr. dor. Ex. de Nodier. 1.750 fr.




    2.947. De viris illustribus ordinis praedicatorum Libri sex. Aeneis caracteribus impressi sunt Bononiae in aedibus Hieronymi Platonis. 1517, in-fol., fig. sur bois, veau fauve à compart. Ex. de Grolier. 3.050 fr. à Eugène Dutuit.

    3.021. Discorsi di Nicolo Machiavelli. Aldus, 1540, in-8, veau fauve à compart. (dans un étui). Signature de Ballesdens au titre. Ex. Grolier. 4.150 fr. à Eugène Dutuit.




    3.057. Le Imagini con tutti i riversi trovati et le vite degli imperatori.Venise, 1548, in-4, mar. r., compart. noir et or. Ex. Grolier. Acquis 1.800 fr. à la vente Parison. 4.250 fr. à Eugène Dutuit.




    3.074. Polydori Vergilii urbinatis de rerum inventoribus libri octo. Basileae, apud Joan. Frob. anno 1525. In-fol., mar. noir, filets et compartiments, tr. dor. Ex. de Grolier. 590 fr. à Gancia.

    3.084. Le Pas des armes de larc triumphal. Paris, Galiot du Pré, 23 décembre 1524, pet. in-4 goth., mar. rouge, fil., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). Seul ex. complet connu. Provient d’Aimé Martin. Yemeniz l’a acquis en 1850 à la vente Tripier. 1.620 fr. à Didot.





    3.119. Im Frauwenzimmer. Franckfurti, Sigmund Feyrabend, 1586, in-4, mar. r., tr. dor. (Niedrée). Édition avec texte allemande des costumes de femmes de Jost Amman. 105 fr.

    3.214. Bertrand du Guesclin. S. l., s. d., in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. r., compart. à l’Y, doublé de mar. r., large dent., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 3.300 fr.au baron Seillière.

    3.223. Premier volume, contenant quarante tableaux ou histoires diverses qui sont mémorables touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France en ces dernieres annees. Gd. in-fol., cuir de Russie, filets à compart. 45 planches. 1.580 fr.

    3.225. La Tresioyeuse Plaisante et Recreative Hystoire composee par le loyal serviteur, des faiz, gestes, triumphes et prouesses du bon chevalier sans paour et sans reproche le gentil seigneur de Bayart. Paris, Nicolas Couteau pour Galliot du Pré, 18 septembre 1527, in-4 goth., mar. r., fil., tr. dor. (Koehler). Ex. d’Audenet. 1.540 fr.

    3.764. Le Temple de la gloire. N. Jarry. Paris, 1646, pet. in-8, mar. r. (Le Gascon). Couverture parsemée, à l’extérieur et à l’intérieur, des lettres CM entrelacées, couronnées de lauriers. Manuscrit sur vélin. 3.200 fr. à Techener, pour le duc d’Aumale.

    3.765.Trattato del santo viaggio di Gierusalemme. Bologne, 1616, in-4, mar. bleu, compart. de mosaïque, coins à l’Y, doublé de mar. rouge à large dentelle, tr. dor. (Niedrée). Manuscrit du xviie siècle, autographe de l’auteur, Francesco Cavazzoni, avec nombreux dessins sépia. 2.100 fr. à Boone.




    3.778. Icones mortis. Lugduni, sub scuto Coloniensi, 1547, in-12, mar. r., fil. tr. dor. Figures de la mort de Holbein. 115 fr.

    3.801. Le Mystere de la conception et nativite de la glorieuse Vierge Marie. Paris, Jehan Petit, Geoffroy de Marnef et Michel Le Noir, 1507, in-fol. goth. à 2 col., mar. vert, fil., tr. dor. (Derome). Aux armes ajoutées du duc de Roxburghe. 2.850 fr.

    3.850. Cleriadus. Le Livre de Cleriadus et Meliadice. Paris, Antoine Vérard, 1495, in-fol. goth., peau de truie à compart., petits fers à froid, coins et fermoirs en argent oxydé, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Ex. unique, imprimé sur vélin [on n’en connaît aucun autre, même sur papier], enrichi de plusieurs grandes fig. sur bois enluminées, initiales en or et en couleur. Acheté 1.250 fr., avant la reliure. 10.000 fr. à Didot.                                                                  


    La vente produisit la somme de 724.252 fr. 75 c., chiffre le plus considérable qu’aucune bibliothèque d’amateur ait jamais atteint : la vente Solar en 1860, la plus considérable de celles qui avaient eu lieu depuis quelques années, n’a pas dépassé 600.000 fr. ; les ventes les plus importantes, à des époques plus éloignées, celles de La Vallière en 1784 et celle de Mac-Carthy en 1816, ont rendu, l’une 464.677 livres, l’autre 404.746 fr.

    Les plus beaux livres de cette collection ont été acquis pour le duc d’Aumale, pour le British Museum, pour la Bibliothèque impériale, par Ambroise Firmin-Didot, Giraud de Savine, Dutuit, le baron Seillière, le comte de Lignerolles, le baron Pichon, Lacarelle, Odiot, le comte de Villeneuve, Huillard, l’abbé Bossuet, le baron de Curnieu, Barjavel, Bocher, Lesoufacher, Scheffer, etc.

    Les libraires français et étrangers qui ont apporté le concours le plus actif à cette vente, soit pour leur compte personnel, soit par commission, furent Potier, Techener, Fontaine, Tross, Lécureux, Coccoz, Cherbuliez, Labitte, Bossange, etc., de Paris ; Boone, Quaritch, Toowey, Ellis, Asher, de Londres ; Leleu, de Lille ; Maisonville et Jourdan, de Grenoble ; etc.

    Le livre dont le prix a été le plus élevé fut Les Faiz maistre Alain Chartier, de Vérard, sur peau de vélin, acquis au prix de 11.050 fr. pour le duc d’Aumale ; parmi les manuscrits, celui qui a été adjugé au prix le plus considérable fut le Livre d’Heures de la dame de Saluces, acheté pour le British Museum, à 23.200 fr.




    Une Table des prix d’adjudication a été publiée (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867, in-8, 31-[1 bl.] p.).


    Nicolas Yemeniz démissionna en avril 1868 de la Société des Bibliophiles français.


    
    Hôtel Yemeniz (alias de Cuzieu), 30 rue Sainte-Hélène, Lyon (IIe)
    

    Il mourut en son domicile lyonnais, rue Sainte-Hélène, le 30 avril 1871, à 8 heures et demie du matin, âgé de 88 ans, et rejoignit son épouse au cimetière de Loyasse.



    * Joannis Guigard (Nouvel Armorial du bibliophile. Paris, Émile Rondeau, 1890, t. II,  p. 478).












    0 0

    N’en déplaise à Joseph-Marie Quérard (La France littéraire. Paris, Firmin Didot frères, 1833, t. 5, p. 579), à François-Xavier de Feller (Biographie universelle. Paris, J. Leroux, Jouby et Ce, 1849, t. V, p. 536), à Louis-Gabriel Michaud (Biographie universelle ancienne et moderne. Paris, Madame C. Desplaces, s. d., t. 27, p. 136) et à leurs serviles suiveurs jusqu’au xxie siècle, qui ne savent pas chercher un acte dans les archives de l’État-Civil : Antoine-Louis Martin, connu sous le nom de Louis-Aimé Martin, puis, à partir de 1815, de Louis Aimé-Martin qu’il s’était donné, ne se prénommait pas Louis-Aimé, ni Louis-Antoine-Marie, n’est pas né à Lyon en 1786, en 1779 ou le 17 avril 1782, ni en 1786 à Rillieux [Ain, où fut inhumée sa mère en 1834], et n’est pas mort le 18 novembre 1847 à Saint-Germain-en-Laye [Yvelines, où mourut sa femme le 16 novembre 1847]. Affirmer cette dernière date, c’était en outre ignorer que le « Discours prononcé sur la tombe d’Aimé Martin [sic] » par Alphonse de Lamartine était daté du 27 juin 1847 (La France parlementaire. Paris, Librairie internationale, 1865, t. 5, p. 24-26), même si l’éditeur s’est trompé de date, le discours étant du 23 juin. En tout état de cause, les réponses se trouvaient dans L’Intermédiaire des chercheurs et curieux du 20 octobre 1903 (col. 572). Enfin, que penser de l’auteur qui, en 1997, à la suite de Quérard (ibid.), a attribué à Antoine-Louis Martin l’Éloge historique de J.-H.-Désiré Petetin (Lyon, Ballanche père et fils, 1808), qui est en réalité de Aimé Martin (Saint-Rambert-en-Bugey, Ain, 1767-30 mai 1846), docteur en médecine, ex-chirurgien en chef de l’hôpital de la Charité à Lyon ?



    Antoine-Louis Martin, dit « Louis Aimé-Martin », est né à Lyon [Rhône], le 21 avril 1782, fils unique d’un père qui avait combattu contre la Convention, au siège de la ville de Lyon, et fut baptisé le lendemain en l’église Sainte-Croix [détruite au xixe siècle] :

    « Cejourd’hui vingt deux Avril mil sept cent quatre vingt deux Antoine-Louis fils de Sr Louis Martin Bourgeois et de Dlle Marie Royer son épouse né le jour d’hier a été baptisé dans l’église paroissiale de Ste Croix par moi vicaire d’icelle soussigné. Le parrain a été Sr Antoine Royer Bourgeois oncle maternel de l’enfant et la marraine Dlle Antoinette Pain fille majeure qui ont signé avec le pere présent et autres témoins. » [sic]

    Antoine-Louis Martin, dit « Louis Aimé-Martin », est mort à Paris, le lundi 21 juin 1847, à son domicile, 15 rue des Petits-Augustins [aujourd’hui rue Bonaparte, VIe]. Ses obsèques furent célébrées le 23, en l’église de Saint-Germain-des-Prés :

    «  Une affluence considérable a suivi jusqu’au cimetière du Père-Lachaise la dépouille mortelle de cet homme de bien, de cet excellent philosophe qui a laissé de si doux et de si utiles souvenirs dans la mémoire de ceux que ses écrits ont instruits et charmés, de vifs regrets dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu. Beaucoup de notabilités de l’armée et de la presse se faisaient remarquer parmi les nombreux amis qui lui rendaient les derniers devoirs : MM. les généraux de Gazan et de Garraube ; MM. de Lamartine, Charles Dupin, Jules Janin, Babinet, de l’Académie des Sciences ; Mahérault, sous-directeur du personnel au ministère de la guerre ; de Lancy, administrateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève ; F. Fenillet, A. Tastu, Wey, Ferdinand Denys [sic], Philarète Chasles, du Collège de France, etc., etc.
    M. de Lamartine, qu’une longue et fidèle intimité avait uni à M. Aimé Martin [sic], a pris la parole sur le cercueil. Nous reproduisons ces mots touchans [sic], dignes en tous points du grand orateur et du fidèle ami :
    “ Messieurs, nous voici arrivés auprès de la tombe de l’immortel auteur de Paul et Virginie et des Etudes de la Nature pour y déposer le disciple à côté du maître. […]
    Toute la vie d’Aimé Martin [sic] se raconte en un mot : il fut un homme de lettres dans l’antique et grande signification de ce mot ; c’est-à-dire qu’après avoir jeté un regard sur toutes les occupations, sur toutes les ambitions, sur toutes les gloires qui s’offrent à l’homme de talent à son entrée dans la vie, il n’en trouva qu’une digne de lui. Cultiver sa pensée, perfectionner son intelligence, grandir, ennoblir, élever, diviniser son âme et la reporter à son Créateur plus lumineuse, plus pure, plus sainte qu’il ne l’avait reçue de ses mains, découvrir Dieu dans ses œuvres, le faire comprendre, adorer, bénir dans sa création, ce fut sa tâche à lui. Sa vie entière ne fut qu’un travail ; ce travail ne fut qu’un acte de foi dans la Providence ici-bas, dans l’immortalité ailleurs. […] ” » (Journal des débats, jeudi 24 juin 1847, p. 2)




    La tombe d’Aimé-Martin (106) était située entre le monument du chevalier de Parny (108) et celui du compositeur François-Adrien Boieldieu (105), non loin de celui de Bernardin de Saint-Pierre (88), où il repose avec ses deux enfants, Virginie (1794-1842) et Paul (1798-1856), et son gendre, le général de Gazan (1784-1849). [A. Henry. Le Père Lachaise historique, monumental et biographique. Paris, chez l’auteur, 1852].

    ***


    Le goût des lettres avait poussé Aimé-Martin à renoncer au barreau et à s’installer au début du siècle – en 1809, dit-on – à Paris, où il occupa souvent diverses positions peu stables. Il a publié et édité un assez grand nombre d’ouvrages, plusieurs fois réimprimés. Il se fit connaître par la rédaction des Étrennes à la jeunesse, recueil d’historiettes morales en vers et en prose (Paris, Demonville, 1809-1812, 4 vol. in-18, fig.) et surtout la publication des Lettres à Sophie sur la physique, la chimie et l’histoire naturelle (Paris, H. Nicolle, 1810, 2 vol. in-8), qui furent bien accueillies du public et le signalèrent à l’attention de l’écrivain Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814). Celui-ci ne tarda pas à se l’attacher comme secrétaire et à le recevoir familièrement. Aimé-Martin édita une nouvelle édition du Traité de l’existence de Dieu (Paris, Demonville, 1811), par Fénelon, et publia un petit roman, Raymond (Paris, Panckoucke et H. Nicolle, 1812, in-8). En 1813, il fut chargé d’un cours d’histoire à l’Athénée. L’année suivante, il fut attaché à la rédaction du Journal des débats, auquel il donna de nombreux articles sur les sciences physiques, l’histoire naturelle et l’agriculture, et édita le Portrait d’Attila (Paris, Librairie Stéréotype, 1814, in-8), par Mme de Staël. En 1815, il fut pourvu de l’emploi de secrétaire-rédacteur à la Chambre des députés, grâce à la protection de son président, Joseph-Henri-Joachim Lainé (1768-1835), et édita les Harmonies de la nature (Paris, Méquignon-Marvis, 1815, 3 vol. in-8) de Saint-Pierre.

    En 1816, lors de la réorganisation de l’École polytechnique, il fut chargé de la chaire de professeur de belles-lettres en remplacement de François Andrieux (1759-1833). Il édita les Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (Paris, Méquignon-Marvis, 1818-1820, 12 vol. in-8, 20 fig.), précédées d’un « Essai sur la vie et les ouvrages de Bernardin de Saint-Pierre ». Quelques passages de cet « Essai » donnèrent lieu, en 1821, à un procès intenté par un des frères de Félicité Didot (1773-1799), première femme de Saint-Pierre, Léger Didot (1767-1829), qui se plaignit d’avoir été calomnié par Aimé-Martin : le tribunal condamna Aimé-Martin à 300 fr. d’amende et à 1.000 fr. de dommages et intérêts envers Léger Didot, ordonna que les pages 230 et 231, ainsi que la note au bas de cette dernière page, soient supprimées dans tous les exemplaires encore en vente ; Aimé-Martin ayant fait appel, la Cour royale réforma le jugement du tribunal de première instance en réduisant l’amende au minimum de 16 fr. et en n’allouant à Léger Didot que 25 fr. de dommages et intérêts ; la Cour suprême rejeta le pourvoi en cassation de Léger Didot.   



    Aimé-Martin publia, sous le pseudonyme de Charlotte de Latour, Le Langage des fleurs (Paris, Audot, 1819, in-18, front. et 14 fig.), premier ouvrage sur ce thème. Il finit par épouser la veuve de Saint-Pierre, Marguerite-Charlotte-Désirée de Lafite de Pelleporc [sic] (Stenay, Meuse, 28 octobre 1780- Saint-Germain-en-Laye, Yvelines, 16 novembre 1847) : le contrat de mariage fut fait par Maître Flan, notaire à Chambly [Oise], le 8 juin 1822 et le mariage civil eut lieu le 12 juin, à Jouy-le-Moutier [Val d’Oise].
    Il se fit encore connaître comme éditeur et annotateur desŒuvres complètes de J. Racine (Paris, Lefèvre, 1820-1821, 6 vol. in-8, fig.), des Réflexions ou sentences et maximes morales de La Rochefoucauld ; avec un examen critique (Paris, Lefèvre, 1822, in-8) et des Œuvres complètes de Molière (Paris, Lheureux, 1823-1824, 8 vol. in-8, fig.).

    En 1825, Aimé-Martin céda sa première bibliothèque au libraire Antoine-Augustin Renouard, qui conserva tous les beaux exemplaires qui pouvaient enrichir ou améliorer sa collection, dont Le Grand Roy de Gargantua (Lyon, v. 1532, pet. in-4, goth., mar. violet, dent. tr. dor., rel. Thouvenin), seul exemplaire connu, qui atteignit le prix énorme de 1.825 fr. à la vente de 1854 [n° 2.180].



    De ceux qu’il ne garda pas, Renouard fit une vente qui eut lieu à la maison Silvestre, en 29 vacations, du lundi 28 novembre au vendredi 30 décembre 1825 : Catalogue des livres de la bibliothèque de M. Aimé-Martin auxquels ont été joints ceux d’un amateur étranger (Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1825, in-8, [7]-[1 bl.]-234 [i.e. 236]-[6] p., 2.716 + 412 lots).

    « La Bibliothèque de M. Aimé-Martin, que l’on peut regretter de voir ainsi se disperser, présente une réunion vraiment remarquable de bons livres anciens et modernes, presque tous des meilleures et des plus rares éditions, sur les papiers supérieurs, et reliés avec une somptuosité et une perfection qui attestent le talent des principaux relieurs de Paris.
    Plusieurs de ces volumes sont enrichis de lettres autographes de leurs auteurs, parmi lesquelles la seule que l’on indiquera ici est celle de B. Pascal, n° 1897 du Catalogue. Le goût recherché du propriétaire de cette brillante collection, se fait remarquer jusque dans les livres les plus étrangers à toute espèce de prétention au luxe. Les demi-reliûres, nombreuses dans cette bibliothèque, et sorties des mains de Thouvenin, Purgold, Simier, etc., ont dans leur simplicité une perfection égale à celle des volumes les plus luxueux. Aux livres de M. Aimé-Martin ont été réunis un certains nombre de volumes provenant de la bibliothèque d’un riche amateur étranger, décédé il y a quelques années, et qui avait formé sa collection dans les plus belles ventes de Paris.
    On s’abstient de donner ici une liste sommaire, et nécessairement incomplète, des principaux articles de cette double collection que cinq minutes de lecture du Catalogue feront bien mieux connaître.
    Le supplément est en deux parties ; la première du n° 1er au n° 157, se compose des doubles d’une bibliothèque étrangère. Le second supplément est une collection d’Elzeviers et de volumes du même genre, rassemblés par un amateur qui, pendant beaucoup d’années en a fait son principal amusement. Il s’y trouve plusieurs articles d’une très belle conservation.
    Un des plus précieux volumes de la bibliothèque de M. Aimé-Martin ne sera pas exposé en vente publique, mais on l’offre ici aux amateurs, avec lesquels on pourra en traiter à l’amiable.
    - Paul et Virginie, par H. Bernardin-de-Saint-Pierre. Paris, P. Didot l’aîné, 1806, petit-in-folio, non relié.
    Cet exemplaire imprimé sur vélin, et le seul qui ait été tiré, est enrichi des sept dessins originaux, d’après lesquels ont été exécutées les gravures qui décorent cette édition. Les noms de Gérard, Girodet, Isabey, Lafitte, Moreau et Prudhon, auxquels sont dues ces belles compositions, sont pour les amateurs un témoignage non équivoque du mérite de leur ensemble. »

    Le catalogue comprend un choix d’ouvrages intéressants en tout genre, les reliures étant soignées, quelques-unes somptueuses : Belles-Lettres (1.609 lots), Histoire (706 lots), Sciences et Arts (248 lots), Théologie (132 lots), Jurisprudence (21 lots).

    961. Miracle de Monseigneur Saint-Nicolas, dung juif qui presta cent escus à ung chrestien à XVIII personnaiges. Paris, Jehan Treperel et Jehannot, in-4, 2 fig. sur bois, goth., mar. vert. 600 fr.
    1.897.Œuvres de Blaise Pascal. Paris, Lefèvre, 1819, 5 vol. in-8, gr. pap. vel., m. bl., riche reliure. Au premier vol. est une lettre de Pascal. 350 fr. 

    Ayant perdu son emploi à cause d’une polémique avec François Arago, Aimé-Martin était devenu directeur du dépôt légal de la librairie, établi à la Bibliothèque Sainte-Geneviève en 1830. Il publia une Réhabilitation d’Estienne Dolet (Paris, 1830, 60 ex.). De santé médiocre, il s’établit en 1832 à la campagne, au village de Châteaufort [Yvelines], où il trouva « une simple maisonnette, bien ombragée, bien rustique » et où il passa deux années consacrées au travail, dont le fruit fut De l’éducation des mères de famille (Paris, Charles Gosselin, 1834, 2 vol. in-8), ouvrage couronné par l’Académie française.
      
    En 1835, son emploi fut supprimé, par suite de la réunion du dépôt légal de la librairie aux archives du ministère de l’Instruction publique, et il se retrouva quatrième conservateur à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Il édita encore les Œuvres de Fénelon (Paris, Lefèvre, 1835, 3 vol.), les Œuvres de Saint Jérome (Paris, Desrez, 1838), les Œuvres philosophiques de Descartes (Paris, Desrez, 1838), les Lettres édifiantes et curieuses concernant l’Asie, l’Afrique et l’Amérique (Paris, Auguste Desrez, 1838-1843, 4 vol.), Les Mille et Un Jours, contes persans (Paris, Auguste Desrez, 1840), les Œuvres de Platon (Paris, Société du Panthéon littéraire, 1845, vol.), les Œuvres poétiques de Boileau Despréaux (Paris, Lefèvre, 1845), etc.

    Son Plan d’une bibliothèque universelle (Paris, A. Desrez, 1837) servit d’introduction au « Panthéon littéraire », collection des chefs-d’œuvre de l’esprit humain conçue par le publiciste Émile de Girardin (1806-1881). Il publia encore une Histoire de la condition des femmes chez les peuples de l’Antiquité (Paris, Ébrard, 1839). Il a collaboré également au Journal des connaissances utiles, au Dictionnaire de la conversation et de la lecture, à Paris-Illustrations et au Bulletin du bibliophile.

    Si Aimé-Martin était « un homme assez instruit, un éditeur estimable, mais un écrivain déclamateur et sot » (Sainte-Beuve. Correspondance générale. Paris, Stock, 1935, t. I, p. 426), il était surtout un ami très serviable. Lamartine, avec lequel il correspondait depuis 1824, en abusa souvent, lui empruntant de l’argent, lui demandant de veiller à l’approvisionnement de son domicile parisien en bois de chauffage et en avoine pour ses chevaux, ou d’obtenir des négociants le meilleur prix pour ses vins de Mâcon, et utilisant sa qualité de collaborateur du Journal des débats pour assurer la promotion de ses édits littéraires ou politiques.  

    Très peu de temps avant sa mort, Aimé-Martin avait cédé sa deuxième bibliothèque à Joseph Techener.



    La première partie fut vendue dans la salle de vente Techener du 4 rue de la Bibliothèque du Louvre, du lundi 15 au samedi 27 novembre 1847 : Bibliothèque de M. Aimé-Martin composée de livres anciens et rares la plupart en riches et élégantes reliures et tout particulièrement remarquable par des ouvrages précieux qui ont appartenu à des personnages célèbres, comme Le Tasse, Rabelais, Montaigne, Racine, Montesquieu, Bossuet, Bourdaloue, Lafontaine [sic], Voltaire, J.-J. Rousseau, etc. (Paris, Techener, 1847,in-8, X-[1]-[1 bl.]-194 p., 1.186 lots).

    « La bibliothèque de M. Aimé-Martin, résultat de plus de vingt années de persévérance et de soins assidus, étoit une collection de livres exceptionnels, de curiosités bibliographiques véritables, que l’argent seul n’auroit pu fonder, si le savoir et le goût le plus exquis ne s’y étoient heureusement joints. Cette collection ne se montroit pas exclusive, bien loin de là : elle admettoit tout, pour ainsi dire. M. Aimé-Martin avoit trop d’esprit pour n’être pas quelque peu éclectique. Il est inutile de répéter ici que, dans le cabinet de l’écrivain recommandable, de l’homme au cœur droit, que nous nous surprenons encore à regretter chaque jour, se rencontroient, en nombre considérable, les meilleures compositions de nos anciens poètes, nos vieilles chroniques les plus intéressantes, nos plus naïfs romans de chevalerie. M. Aimé-Martin avoit encore une prédilection toute particulière pour les éditions originales des écrivains du siècle de Louis XIV. A force de recherches et de sacrifices, il étoit, à peu de chose près, parvenu à compléter cette inappréciable réunion des classiques françois. Les livres annotés avoient également un charme infini pour M. Aimé-Martin : il aimoit à surprendre la pensée intime des hommes illustres dans une note destinée à rester inconnue, dans une courte réflexion, dérobée à la foule, et négligemment tracée sur une marge. Aucune autre collection n’étoit, sous ce rapport, digne de rivaliser avec la sienne. »
    (Bulletin du bibliophile. Paris, J. Techener, 1847, n° 12-décembre, p. 541)

    1. La Sainte-Bible, en latin et en français. Paris, Lefèvre, 1828, 13 vol. in-8, d. rel. mar. viol., n. r. Ex. en gr. pap. vélin, fig. avant la lettre sur papier de Chine. 270 fr. à Riccardo.
    5. Les Figures du Vieil Testament et du Nouvel. Paris, Anthoine Vérard, s. d. [v. 1503], pet. in- fol., goth. à 2 col., mar. bleu, fil., tr. d., rel. janséniste (Duru). 201 fig. en bois sur 40 planches. 450 fr. à B. Delessert.
    9. Pinder. Speculum Passionis Domini Nostri Jesu Christi. Nuremberg, 1507, petit in-fol., mar. rouge, compart., tr. d. (Trautz-Bauzonnet). 40 grandes et 37 petites fig. sur bois de Hans Schaeufelein. 200 fr.
    15. Heures de Paris. Paris, Thielman Kerver, 1552, in-12, première reliure en veau doré, à compart., fermoirs d’argent ciselés. Ex-libris manuscrit de Marie des Marquets sur les gardes. 260 fr.
    26. L’Art de bien vivre. Paris, Vérard, 1492. L’Art de bien mourir. Cy commence le traité de l’advenement de Ante-Christ. 3 parties en 1 vol. pet. in-fol., mar. bleu, fil., riche dentelle, tr. d. comp. (Niedrée). 900 fr. à Yemeniz.
    48. Bossuet. Ses œuvres complètes revues sur les manuscrits originaux. Versailles, Lebel, 1815-1819, 43 vol. in-8, d.-rel. m. (Thouvenin). Avec l’Histoire de la vie de Bossuet, par le cardinal de Bausset, Versailles, 1814, 4 vol. in-8, rel. uniforme. 281 fr.
    96. Les Vies des S. S. Pères des déserts et des Saints Solitaires d’Orient et d’Occident. Anvers, Amsterdam, 1714, 4 vol. Histoire du clergé séculier et régulier. Amsterdam, 1716, 4 vol. Histoire des Ordres militaires. Amsterdam, 1721, 4 vol. En tout 12 vol. mar. bleu, fil., dos à petits fers, tr. d. (Niedrée). 283 fr.
    141. Marci Tullii Ciceronis omnia, quae in hunc usque diem extrare putantur opera. Ex inclyta Germaniae Basilea, per And. Cratandrum, 1528, in-fol., mar. olive, fil., comp., dent. tr. d. (Purgold). Avec la signature du Tasse et des notes manuscrites de sa main. 900 fr. à Feuillet de Conches.
    309. L. Meigret. Liones. Le Trecté de la Grammere françoeze. Paris, Chrest. Wechel, 1550. Cinq pièces de Meigret en 1 vol. in-4, gr. pap., peau de chèvre brune à dentelles et ornements, tr. dor. gauffrée. Ex. de Nodier avec envoi de Bignon à Nodier. Sort de la bibliothèque de J. A. De Thou, sans ses armes. 251 fr. à Yemeniz.
    311. P. de La Ramée. Grammaire. Paris, André Wechel, 1572, et trois autres pièces. In-8, mar. vert, fil. tr. d. (armoiries). Ex. de J. A. De Thou provenant de Nodier. 291 fr. à Yemeniz.
    317. Gilbert. Copie de la Grammaire latine de monseigneur le Dauphin pour monseigneur le duc de Bourgogne. In-4, mar. r., fil., comp., tr. d. (anc. rel.). Manuscrit sur vélin signé C. Gilbert, 1690. 256 fr.
    323.ΔΗΜΟΣΘΕΝΟΥΣ. (Démosthène). Lutetiae, 1570, in-fol., v. br., fil., comp., tr. d. (anc. rel.). Ex. de J. Racine avec sa signature au titre, notes et additions manuscrites. La reliure porte dans les compartiments les lettres I. A. L. F. 230 fr. à Alfr. Chenest.
    360. Guilleville. Le Romant des trois pelerinages. S. l. [Paris], Bartholde et Jehan Petit, s. d. [v. 1500], pet. in-4 goth. à 2 col., mar. r., fil. tr. d. (Padeloup). 201 fr.
    369. Les Œuvres maistre Alain Chartier. Paris, Galliot Dupré, 1529, pet. in-8, lettres rondes, mar. bleu, comp., mors de m., dent., tr. d. (Thouvenin). Provient des bibliothèques Châteaugiron, Pixerécourt, Cailhava. 556 fr. à M. de Clinchamp.
    373. Le Chasteau de Labour (par Pierre Gringore). Paris, s. d., in-4, mar. vert, fil., tr. d., large dent. (Thompson). 205 fr. au comte de Lurde.
    383. Recueil de pièces relatives au débat de Marot et de Sagon. 16 parties en 1 vol. in-8, mar. v., fil., comp. tr. d. (Koehler). Ex. de Nodier. 280 fr. à Tripier.
    389. Louise Labé. Ses œuvres, du débat de la folie de l’amour. Rouen, J. Garou, 1556, in-16, mar. r., fil. à riches comp. à petits fers (Bauzonnet-Trautz). 215 fr. à Cigongne.




    391. Rymes de gentille et vertueuse Dame D. Pernette du Guillet, Lyonnoise. Lyon, Jean de Tournes, 1545, pet. in-8, broché non rogné par Bauzonnet. 1.005 fr. à Yemeniz.
    401. Salel (Hugues). Ses œuvres. Lyon, Benoist Rigaud, 1573, pet. in-12, mar. r., filets à comp., tr. d., doublé (Niedrée). 260 fr. à Yemeniz.
    411. Les Premières Œuvres de Philippe Desportes. Paris, Mamert Patisson, 1600, in-8, mar. olive, fil., tr. d. (rel. anc.). Ex. de l’auteur : les plats et le dos du volume sont entièrement couverts de dorures à petits fers, avec le double ΦΦ grec, monogramme de l’auteur. 301 fr. à Potier.


    
    (Coll. Pierre Brillard)

    415. Racan. Ses œuvres. Paris, Coustelier, 1724, 2 vol. in-12, mar. bl., fil. tr. d. (Simier). Ex. de Pixerécourt. 251 fr. au marquis de Biancourt.
    434. Regnier. Ses satyres et autres œuvres. Suivant la copie imprimée à Paris, 1642 (Elzevir), pet. in-12, v. f. renfermé dans un étui recouvert en mar. rouge, fil., tr. d. (Niedrée). Ex. de Racine avec sa signature et des corrections de sa main. 320 fr. à Alfr. Chenest.
    523. Fables choisies mises en vers par M. de Lafontaine. Paris, D. Thierry et Cl. Barbin, 1668, in-4, mar. r., fil., tr. d., fig. de Chauveau. Aux armes de la comtesse de Verrue. 215 fr. au marquis de Biancourt.
    573. Les Comédies facétieuses de Pierre Larivey, Champenoy. Rouen, 1611. Trois comédies des six dernières de P. de Larivey. Troyes, 1611, 2 vol. pet. in-12, mar. r., fil. à riches compart., tr. d. (Koehler). 205 fr. à Tripier.
    607. Racine. Esther, tragédie tirée de l’Écriture-Sainte. Paris, D. Thierry et Cl. Barbin, 1689, in-4, mar. r., fig., fil., tr. d. Édition originale aux armes de Madame de Maintenon et avec envoi signé de l’auteur. 300 fr. à Potier, pour « un auguste personnage ».
    616. Piron. La Métromanie, comédie. In-4, portr., mar. r., fil., tr. d., doubl. de moiré, dent. (Bozerian). Manuscrit autographe de l’auteur. 295 fr. à Feuillet de Conches, pour la Bibliothèque de Dijon.
    643. L’Histoire du Saint Graal. Paris, Philippe le Noir, 1523, in-fol., goth. à 2 col., fig. en bois, mar. r., fil. à riches comp., tr. d. (Bauzonnet-Trautz). 435 fr. à la Bibliothèque de l’Institut.
    644. Lancelot du Lac, nouvellement imprimé à Paris, Philippe Le Noir, 1533. 3 tomes en 1 vol. in-fol., v. f., anc. rel. Aux armes du duc de Roxburghe. 295 fr. à Charavay.
    645. Perceval ; très plaisante et récréative histoire du très-preux et vaillant chevalier Perceval le Galloys. Paris, Jehan Sainct Denys et Jehan Longis, 1er septembre 1530, in-fol. goth. à 2 col., fig. en bois, mar. r., fil., doubl. à comp., tr. d. (Bauzonnet-Trautz). 350 fr. à la Bibliothèque de l’Institut.
    647.  Méliadus de Léonnoys. Paris, Denis Janot, 20 mars 1532, in-fol. goth., fig. en bois, mar. r., fil. à comp., tr. d. (Niedrée). 201 fr. à Yemeniz.
    653 [chiffré 553]. Les Nobles Prouesses et Vaillances de Baudoyn, comte de Flandres, et de Ferrant, filz au roy de Portingal. Lyon, Claude Nourry, 18 avril 1509, in-fol., goth., fig. en bois, mar. r., fil., tr. d. (Bauzonnet-Trautz). 241 fr. à Yemeniz.
    659. Histoire du noble preux et vaillant chevalier Guillaume de Palerme, et de la belle Melior. Paris, Nicol. Bonfons, s. d., in-4 goth. à 2 col., mar. bleu, fil. à comp., dent., tr. d. (Niedrée). 240 fr. à Yemeniz.
    675. Sensuyt le premier volume (et le second) de Merlin. Paris, s. d. [1535]. Les Prophéties de Merlin. Paris, s. d., 3 vol. in-4, goth. à 2 col., mar. r. (anc. rel.). 236 à Tripier.
    713. Jean-Paul Marat. Les Aventures du jeune comte Potowski. Manuscrit autographe, in-4, mar. noir, fil., tr. dor. (Niedrée). 288 fr. à Alfr. Chenest.


    
    Les Ioyeusetez Facecies et Folastres Imaginacions
    Paris, Techener, 1829-1834, 18 vol. in-16. Reliure de Koehler.
    Paris, Drouot, 10 juin 2014 : 3.000 €


    774. Collection des Joyeusetez facecies et folastres imaginacions de Caresme-Prenant, etc. Paris, Techener, 1833, 20 vol., in-18, mar., fil. à comp., non rogné, doré en tête (Muller). 450 fr.
    779. Gargantua. Pantagruel. S. l., 1537. Pãtagrueline prognostication, cetaine, véritable et infaillible pour l’an 1538. 3 pièces en 1 vol. in-16, mar. vert, fil., t. d., large dentelle, doublé de mar. tr. dor. (Koehler) 205 fr.
    789. Baliverneries, ou contes nouveaux d’Eutrapel. Paris, Estienne Groulleau, 1548, pet. in-12, fig. en bois, mar. bleu doublé de mar. rouge, fil. (Koehler). Ex. de Nodier. 210 fr. au comte de Lurde.
    886. Saint-Lambert. Lettres autographes, non signées, à Madame d’Houdetot. (Niedrée). 232 fr. à Feuillet de Conches.
    890. M. Tulli Ciceronis opera. Lugd. Batav., ex officina Elzeviriana, 1642, 10 vol. pet. in-12, vel. blanc de Hollande. 240 fr.
    893. Voltaire. Œuvres complètes. Édition de Beuchot. Paris, Lefèvre, 1829-1834, 72 vol. in-8, mar. à nerfs, dor. en tête, n. r., gr. pap. (Niedrée). 575 fr. à Potier.
    905. Collection des auteurs classiques latins, publiée par N.-E. Lemaire. Paris, Lemaire, 1819-1838, 144 vol. in-8, d.-rel., mar., n. r. (Muller-Héring et Niedrée). 580 fr.
    927. Le Nouveau Monde et Navigations faictes par Emeric de Vespuce, Florentin. Paris, Galliot du Pré, s. d., in-4, goth., mar. vert russe, fil., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 200 fr. à M. C….r.
    961. Chroniques de Saint-Denis. Paris, Guill. Eustace, 1er octobre 1514, 3 vol. in-fol. goth. à 2 col., cuir de Russie, fil., tr. d. (Thouvenin). 297 fr. à Tripier.
    967. La Très-Joyeuse, Plaisante et Récréative Histoire […] le gentil seigneur Bayart. Paris, Galliot du Pré, 1527, p. in-4, mar. rouge, fil. (Koehler). 252 fr. à Tilliard.
    971. Le Vergier d’honneur. Paris, s. n., s. d., in-fol. goth. à 2 col., fig. en bois, v. fauve, fil. (anc. rel.). Ex. de Gaston d’Orléans, dont la reliure porte sur le dos deux G entrelacés. 240 fr. au comte de Lurde.
    1.051. Histoire des roys et princes de Poloigne. Paris, 1573, in-4, mar. r., fil., coins, n. r. (Niedrée). Ex. de Montaigne, dont il parle dans ses Essais, avec sa signature sur le titre et 3 lignes de sa main au dernier feuillet. 211 fr. à Payen [les bibliophiles se sont discrètement retirés devant l’enchère du docteur Jean-François Payen (1800-1870), spécialiste de l’œuvre de Montaigne].
    1.093. Plutarchi vitae parallelae Romanorum et Graecorum XLIX, graece. Florentiae, in aedibus Phil. Juntae, 1517, in-fol., v. Signature et notes de Jean Racine. 300 fr. à Alfr. Chenest.
    1.094. Plutarchi Chaeronei moralia opuscula. Basileae, 1542, in-fol., mer. Brun, fil. à comp., tr. d. (Niedrée). Signature et notes de Rabelais. 300 fr. à Alfr. Chenest.
    1.095. La Vie des hommes illustres grecs et romains, et les œuvres morales et meslées de Plutarque. Paris, Vascosan, 1567-1574, 13 vol. pet. in-8, mar. r., fil. tr. d. (Padeloup). 380 fr. à Tripier.
    1.186. La Plaisante et Joyeuse Hystoire du grant géant Gargantua. Lyon, Estienne Dolet, 1542. Pantagruel, roi des Dipsodes, Lyon, Est. Dolet, 2 tomes en 1 vol. in-16, fig. sur bois, mar. v. à riches comp., tr. dor. (Niedrée). 200 fr. à Giraud, de l’Institut.
         


    La deuxième partie devait être vendue dans l’appartement d’Aimé-Martin, 15 rue des Petits-Augustins, du lundi 21 au mardi 29 février 1848 : Bibliothèque de M. Aimé-Martin, composée de livres anciens et modernes, tous d’une belle condition, manuscrits et autographes. […]. Deuxième partie. (Paris, Techener, 1848, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-75-[1 bl.] p., 792 lots).


    

    « Au milieu d’un bel appartement de la rue des Petits-Augustins, dont les fenêtres ont pour perspective la délicieuse façade du château d’Anet [sauvée de la démolition par Alexandre Lenoir, elle est visible dans la cour de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, 14 rue Bonaparte], étoient déposés les livres de travail que M. Aimé-Martin tint à conserver lorsqu’il céda sa bibliothèque, et qu’il se réserva alors pour son usage particulier. Bien que le temps qui s’est écoulé entre cette pénible séparation d’avec ses volumes rares et l’instant où il fut mortellement frappé ait été de courte durée, l’aimable bibliophile avoit cependant trouvé moyen de réunir à ces livres vulgaires quelques volumes d’un grand intérêt, qu’il destinoit à former le noyau d’une nouvelle collection. Ces ouvrages furent, par nos mains, réunis soigneusement les uns aux autres. Nous avions déjà commencé, on s’en souvient, la vente de cette collection ainsi composée, lorsque éclata subitement la révolution de février [23 février 1848]. Force nous fut de l’interrompre. Des mois s’écoulèrent ; les temps paroissant enfin plus calmes, nous dûmes songer à reprendre les enchères interrompues. L’époque, long-temps débattue, en fut fixée au 6 novembre. L’agitation politique étoit grande encore : les livres s’en ressentirent et se vendirent mal. La Bibliophilie ne fleurit que sous un ciel tranquille : ses adeptes s’effraient volontiers du moindre signe précurseur de l’orage : peu de commissions furent données. Le lieu de la vente nuisit aussi évidemment à son succès : les amateurs ne songèrent pas à en venir suivre le cours dans un quartier où ils n’avoient pas l’habitude de rencontrer de semblables plaisirs. Ces diverses causes expliqueront suffisamment la défaveur, imméritée s’il en fût jamais, qui s’est fatalement étendue sur la majeure partie des livres anciens de la deuxième série de la bibliothèque de M. Aimé-Martin. »
    (Bulletin du bibliophile. Paris, J. Techener, Nos 22-23-24, oct.-nov.-déc. 1848, p. 914)

    57. Histoire critique de Manichée et du Manichéisme, par de Beausobre. Amsterdam, 1734, 2 vol. in-4, v. f. (rel. anc.). 54 fr.
    91. Histoire de la philosophie moderne, par J.-G. Buhle. Paris, 1816, 6 tomes en 7 vol. in-8, d.-rel. 65 fr.
    117.Œuvres de Bacon, trad. par Ant. Lasalles. Dijon, 15 vol. in-8, v. ant., fil. 56 fr.

    130 bis. Le Livre intitulé de bonnes meurs. Paris, Pierre Levet, 26 septembre 1486, in-4, mar. bleu, tr. dor. (Koehler). 51 fr.
    183.Œuvres complètes de Buffon, revues par Richard. Paris, 1837, 7 vol. gr. in-8, d.-rel., doré en tête, mar. r., n. r. (Niedrée). 78 fr.
    189. Recherches sur les ossements fossiles, par M. le baron Cuvier. Paris, 1821, 7 vol. in-4, d.-rel., v. f., planches. 66 fr.
    200. Mémoires pour servir à l’histoire des insectes, par Ch. de Geer. Stockholm, 1752, 7 vol. in-4, v. m., fig. 143 fr.




    226. Le Jardin fruitier, par L. Noisette, rédigé par L. Gautier. Paris, 1821, 2 tomes en 1 vol. in-4, d.-rel. 90 planches. 50 fr. 50 c.
    312. Recueil de (74) farces, moralités et sermons joyeux, publié, d’après le manuscrit de la Bibliothèque royale, par MM. Le Roux de Lincy et Fr. Michel. Paris, 1837, 4 vol. gr. in-8, d.-rel., mar. r., n. r. (Bauzonnet). Tiré à 76 ex. 123 fr.
    346. Les Quatre Filz Aymon. Paris, veuve Jean Bonfons, s. d., in-4, mar. r., tr. dor. (Duru). 100 fr. [vendu 299 fr. chez le prince d’Essling].
    347. Fier-à-Bras. Lyon, Guillaume Le Roy, 20 janvier 1486, pet. in-fol. goth., fig. en bois, mar. r., fil., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). 650 fr. à Yemeniz. [vendu 900 fr., avant reliure, chez le prince d’Essling].
    348. Milles et Amys. Paris, Alain Lotrian et Denis Janot, s. d., in-4 goth., mar. v. doubl. De mar. comp. tr. dor. (Koehler). 151 fr. [vendu 290 fr. chez le prince d’Essling].
    349. L’Histoire de Giglan filz de messire Gauvin qui fut roy de Galles. Lyon, s. d. [v. 1530], in-4, fig. en bois, v., tr. dor. 105 fr. à Cigongne.
    350. Perceforest. Paris, 18 décembre 1532, 6 tomes en 3 vol. in-fol., 2 col., fig. en bois, v. f., tr. dor., rel. anglaise. 146 fr. à Techener. [vendu 280 fr. chez le prince d’Essling].
    352. Mélusine. Paris, Pierre le Caron, s. d., in-fol. goth., fig. en bois, fil., tr. dor. Aux armes du duc de Roxburghe. 495 fr. à Giraud de S. [acheté 1.180 fr. chez le prince d’Essling].
    354. La Patience de Griselidis. Paris, s. d., in-4 goth., fig. en bois, mar. bleu, fil., tr. dor. (Duru). 90 fr.
    355. Robert le Diable. Paris, Nic. Bonfons, in-4 goth. à 2 col., mar. v. dent. doubl. de mar. rouge dent. tr. dor. (Koehler). 80 fr.
    357 [chiffré 367]. Cy commence la cronicque de messire Cleradius filz du conte Desture. Et de Meliadice fille au roy Dangleterre. Lyon, Olivier Arnoullet, 2 mars 1529, in-4, mar. v. fil., tr. dor. (Duru). 95 fr.
    358. Le Premier (le second et le troisième) Livre des visions d’Ogier le Dannoys. Paris, pour Ponce Roffet dit le Faulcheur, 1542, pet. in-8, mar. citr., dent. doublé de mar. v., dent. tr. dor. (Bauzonnet). 177 fr.
    359. Les Cent Nouvelles. Paris, Jehan Trepperel, s. d., in-4, goth. fig. en bois, mar. bleu, tr. dor. (Duru). 150 fr. à M. de Clinchamp. [vendu 390 fr. chez le prince d’Essling]
    414.Œuvres de Lesage et Prévost. Paris, 1784 et suiv., 54 vol. in-8, d.-rel., v. f. 90 fr.
    417.Œuvres de J.-J. Rousseau. Paris, Dupont, 1826, 25 vol. in-8, d.-rel., v. f. 69 fr.

    441. Géographie de Strabon, édition de La Porte du Theil. Paris, Impr. royale, 1805, 5 vol. in-4, d.-rel., m. r. 103 fr.




    496. Les Commentaires de Julius César. Paris, Anth. Vérard, in-fol. goth. à 2 col., fig. en bois, mar. v., tr. dor. (Koehler). 56 fr.
    520. Collection des chroniques nationales, publiées par M. Buchon. Paris, 1825-1829, 47 vol. in-8, d. rel., veau viol. 119 fr.
    521. Histoire des Français, par Sismondi. Paris, 1835, 30 vol. in-8, d.-rel., v. f. dont 9 brochés. 108 fr.
    526. Collection de mémoires sur l’histoire de France, par M. Guizot. Paris, 1823, 29 vol. in-8, d.-rel. 96 fr. 50 c.
    527. Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France, depuis Henri IV jusqu’en 1763, par MM. Petitot et Monmerqué. Paris, 1827, 132 vol. in-8, v. ant. fil. 285 fr.
    529. Cérémonies de gages de bataille selon les constitutions du bon roi Philippe de France. Paris, Crapelet, 1830, gr. in-8, 11 fig., mar. r., à comp., à petits fers, doubl. de mar. r. à comp. à petits fers, tr. dor. (Thouvenin). 180 fr.
    538. Mémoires du duc de Saint-Simon. Paris, 1829, 21 vol. in-8, d.-rel. 138 fr.

    559. Collection de mémoires relatifs à la Révolution française. 61 vol. in-8, d.-rel., v. Introduction par Grille, 2 vol. 120 fr.
    642. Bibliothèque orientale, par M. d’Herbelot. La Haye, 1777, 4 vol. in-4, v. m. 67 fr.
    655. Le Grand Dictionnaire historique, par Louis Moreri. Paris, 1759, 10 vol. in-fol., v. m. 85 fr.

    658. Biographie universelle, ancienne et moderne. Paris, Michaud, 1811-1828, 52 vol. in-8, d.-rel., v. f. 180 fr.
    659.Œuvres de Bayle, son Dictionnaire. Paris, 1820, 16 vol. in-8, d.-rel. 71 fr.

    675. Revue britannique. Paris, 1825-1842, rel. en 100 vol. in-8, d.-rel., v. viol. 122 fr.    




    La troisième partie, la moins importante, fut vendue 4 rue de la Bibliothèque du Louvre, du mardi 20 au vendredi 23 décembre 1848 : Bibliothèque de M. Aimé-Martin. Troisième partie (Paris, Techener, 1848, in-8, [1]-[1 bl.]-52-[1]-[1 bl.] p., 481 lots).
    

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    Devant l'île de Groix
    
    Île de Groix : Port Tudy
    
    Rade de Lorient
    
    Lomener : dîner du 15 août, devant l'île de Groix
    

    
    Concarneau, 19 août : avec Florence Velk, marché aux livres, après l'ondée
    
    
    Week-end (30-31 août) au pays de la coquille Saint-Jacques : Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor)
    


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    Anatole de Courde de Montaiglon appartenait à une famille de petite noblesse provinciale, originaire de Franche-Comté. Fils unique, il naquit à Paris, le 28 novembre 1824 :


    « Du mardi trente novembre mil huit cent vingt-quatre, dix heures du matin, acte de naissance de Anatole, que nous avons reconnu être du sexe masculin, né le vingt-huit du courant, à trois heures et demie de relevée, au domicile de ses père et mère, rue Sainte-Anne, 44 [IIe], fils de Auguste-Emma de Courde de Montaiglon, avocat, âgé de vingt-sept ans, et de dame Geneviève-Simonette Fouquet, son épouse, âgée de vingt-huit ans. Les témoins ont été MM. Pierre-Jean-Baptiste de Courde de Montaiglon, avocat, âgé de soixante-six ans, demeurant susdite rue et numéro, aïeul paternel de l’enfant, et Anatole Fouquet, archiviste-adjoint de la Couronne, âgé de trente-deux ans, demeurant à Paris, rue du Regard, 15 [VIe]. »


    Il débuta ses études au lycée Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques [Ve], et les poursuivit au lycée Charlemagne, rue Charlemagne [IVe], prenant pension à l’Institution de Jean Massin (1765-1849), 12 rue des Minimes [IIIe]. Après son baccalauréat en 1844, il obtint le diplôme de bachelier en droit en 1847, mais préféra entrer à l’École des chartes, qu’il quitta en 1850, avec le diplôme d’archiviste-paléographe. En 1851, il devint membre résidant de la Société des Antiquaires de France. En 1852, à la mort de son père, qui ne lui laissa que des dettes, il obtint une place d’attaché au Musée du Louvre. En 1855, il fut élu membre de la Société des Antiquaires de Normandie. En 1856, nommé surnuméraire à la Bibliothèque de l’Arsenal, il quitta la rue de Miromesnil [VIIIe] pour s’installer au




    9 place des Vosges [IVe, hôtel de Chaulnes], au fond de la deuxième cour, à gauche, au-dessus de l’écurie :


    « L’escalier très étroit était fort sombre, en tâtant j’accrochai un cordon de sonnette. Un silence, puis des pas trainés, il m’ouvrit lui-même. Je crus devoir me nommer, il m’arrêta : “ A quoi bon ? Entrez, asseyez-vous et causons, quand nous aurons causé je saurai qui vous êtes.”

    Pour arriver à son cabinet de travail, il fallait traverser une sorte de tunnel creusé dans du papier ; une fois là, il me poussa dans un fauteuil où gisaient trois ou quatre gros bouquins et se remit à sa table. Il corrigeait les épreuves d’un article pour une revue d’art. “ Je finis tout de suite, me dit-il, faites comme chez vous : si vous voulez vous chauffer, chauffez-vous ; si vous voulez lire, prenez mes épreuves. ” […]

    Entre temps je regardais la chambre, des livres partout, de tous les formats, tous avec des reliures d’amateur et de quel amateur ! Des maroquins superbes, du veau naturel avec de grandes étiquettes rouges, et tout en haut empilés, les petits volumes cartonnés de la bibliothèque Elzévirienne, l’œuvre du cher Jannet à la mémoire duquel le maître de céans a dédié sept dizains de sonnets tirés de Rabelais, ayant tous une citation pour titre. Par terre des piles de brochures, sur les tables des rouleaux d’estampes et des livraisons, par une porte entr’ouverte, on voyait d’autres livres encore qui se miraient dans la glace au-dessus de la cheminée. De temps à autre il se produisait un glissement dans les piles, des brochures tombaient : “ Ne vous dérangez pas, disait Montaiglon, mes livres s’ennuient et ils causent entre eux quelquefois. ”

    Au mur une photographie de la Source, plus loin un portrait de l’érudit jeune et deux miniatures de ses grands-parents, dans un coin un vase funéraire de l’époque mérovingienne, pansu, avec un long bec, et, sur la cheminée, dans une coupe, des pipes. C’était tout. » (Mario Schiff. « Anatole de Courde de Montaiglon 1824-1895. » dans La Revue politique et littéraire, Revue bleue, n° 24, 4e série-t. XI, 17 juin 1899, p. 757)


    Il devint sous-bibliothécaire à Sainte-Geneviève en 1860, secrétaire-trésorier et professeur suppléant à l’École des chartes en 1864, fut appelé au Comité des travaux historiques, section d’archéologie, en 1865 et titulaire de la chaire de bibliographie et de classement des archives en 1868, après la mort de Vallet de Viriville :





    « A l’Ecole les anciens racontaient de lui beaucoup de choses étranges, mais c’était tout de même encore un étonnement que de le voir monter en chaire. Il arrivait lentement, peu soigné dans sa mise, avec une chemise de flanelle, les mains noires de la poussière des livres et un monocle pendu au cou en guise de médaillon. Il était maigre, voûté et ses yeux avaient un regard vague qui, très vite, se muait en un sourire. » (Mario Schiff. Ibid., p. 756)


    En 1870, il reçut la croix de la Légion d’honneur et devint président de la Société de l’Histoire de l’art français.

    Ses œuvres ont eu particulièrement pour objet l’origine de l’art français et celle de notre ancienne littérature. La bibliographie de Montaiglon compte 684 numéros ([Bournon, Guiffrey, Lacombe, Mareuse, Morel-Fatio et Tourneux]. Bibliographie des travaux de Mr A. de Montaiglon. Paris, Jouaust, novembre 1891) : le chapitre des beaux-arts, le plus long, va du n° 1 au n° 333 ; l’archéologie s’étend du n° 334 au n° 463 ; l’histoire littéraire va de 464 à 605 ; les varia et curiosités vont du 606 au 667 ; les sonnets et poésies vont du 668 au 684. Un supplément (Fernand Bournon et Gaston Duval. Bibliographie des travaux de M. A. de Montaiglon. Paris, Henri Leclerc, 1900) comporte les additions et rectifications au volume de 1891, les œuvres publiées postérieurement à cette date et l’énumération des articles nécrologiques et des études biographiques. Il a été un des plus remarquables éditeurs de Rabelais, de La Fontaine, de Molière, et fut l’un des premiers qui, vers le milieu du siècle, ressuscitèrent en de savantes et élégantes éditions les trésors de la vieille langue française.

    Montaiglon s’occupa toute sa vie d’augmenter la bibliothèque qui occupait les pièces de son logement de la place des Vosges, soit dans les ventes publiques, soit sur les quais :


    « Ah ! les bouquins, les bouquins, s’écria-t-il une fois, et on me demande pourquoi je ne me suis pas marié ! D’abord parce que je voulais conserver le bénéfice net de l’affection de mes parents, ensuite parce que quand je me voyais épris, je me disais : Voyons Anatole, aimes tu mieux mademoiselle une telle ou un bel incunable ? J’aimais toujours mieux l’incunable ! » (Mario Schiff. Ibid., p. 758)


    Donc, resté célibataire et sans enfant, il voulut prendre des dispositions testamentaires pour que ses livres ne fussent pas livrés aux hasards d’une vente publique. Mais les lenteurs administratives, les obstacles inattendus et une certaine indifférence chez les parties intéressées (Bibliothèque nationale, Bibliothèque de l’Arsenal, Bibliothèque municipale de Tours) lui firent changer ces dispositions. En 1894, l’intervention d’un ami commun amena la cession de la bibliothèque de 18.000 volumes [et non 85.000] au prieur d’une Communauté bénédictine parisienne fondée l’année précédente, André-Martin Coutelle de La Tremblaye [† 1909], moyennant le payement d’une rente annuelle et viagère de 1.200 francs, par trimestre et d’avance, et à condition de ne pas la transporter « en dehors de Paris du vivant du vendeur » et de préparer un catalogue qui « devra, dans les cinq ans qui suivront le décès de M. de Montaiglon, être imprimé aux frais de l’acquéreur ».


    Atteint par la limite d’âge, Montaiglon avait fait en juillet 1895 sa dernière leçon et était parti se reposer en Touraine chez ses amis.  Comme si sa vie devait finir avec son enseignement, il rendit le dernier soupir à Tours (Indre-et-Loire), le 1er septembre suivant, « à six heures du soir, rue Saint-Pierre, 12, petit hôpital Saint-Gatien. » Il avait touché 1.800 fr. sur sa rente viagère. Le général Gonse, sous-chef d’état-major de l’armée, son cousin, se chargea de faire célébrer à Paris la cérémonie funèbre : le 21 septembre avait lieu le service à l’église Saint-Paul-Saint-Louis et il fut déposé dans le caveau du Père-Lachaise [25e division], auprès de sa mère :




    le monument, dû à l’architecte Édouard Corroyer (1835-1904), qui avait dessiné son ex-libris, et au sculpteur François Sicard (1862-1934), consistant en une stèle surmontée du masque de bronze, qui reproduit le moulage même pris sur le cadavre, a été érigé à l’aide de souscriptions particulières et inauguré le 9 novembre 1896.      


    En 1894, sa bibliothèque avait été installée dans l’appartement occupé alors par la Communauté bénédictine, loué au nom de La Tremblaye, 34 rue Vaneau [VIIe]. En 1897 [et non en 1899], la Communauté déménagea pour aller s’installer à Auteuil, 5 rue de la Source [XVIe], grâce à la munificence d’une généreuse bienfaitrice, et devint le prieuré de Sainte-Marie. Quand on voulut faire transporter les livres dans le nouveau local, on trouva la porte close. La bibliothèque de Montaiglon, emballée dans de nombreuses caisses, avait été conduite à la gare Saint-Lazare, à destination du Havre. Après avoir quitté son habit de moine, La Tremblaye s’était rendu en Amérique avec les caisses. On sut que les livres avaient été vendus à Boston, que l’ancien prieur s’était marié et qu’il était revenu s’installer dans les environs de Paris. L’Ordre des Bénédictins n’avait aucun recours contre le Père La Tremblaye : l’acte de vente avait été signé par lui, il était légalement le propriétaire des livres qu’il avait payés avec de l’argent donné par sa famille, et les livres étaient installés dans un local loué en son nom.

    
    Paris, Klostermann, 1814
    (Coll. B. Hugonnard-Roche)
    
    Les livres étaient en excellent état, plus des deux tiers étaient soigneusement reliés en demi-veau ou en demi-maroquin, tous avaient le monogramme A.D.M. doré sur leurs dos et un grand nombre contenait un ex-libris.


    Il existe quatre ex-libris différents de Montaiglon :



    l’un, avec encadrement Renaissance rectangulaire, renfermant dans le motif supérieur les initiales A. M. (65 x 43 mm.) ;



    l’autre, est simplement entouré d’un double filet, un gras et un mince (91 x 62) ;




    le troisième est encadré d’un simple filet, avec fleurons aux quatre angles (54 x 43) ;



    le quatrième, monogramme composé des lettres A M enlacées et d’un petit D, dans une banderole circulaire terminée en bas par quatre cordons enlacés, terminés par des houppes (68 x 53). Tous sont typographiques, tirés en noir, avec comme devise, empruntée à l’architecte du xvie siècle Jean Bullant et qui pourrait être celle de tous les travailleurs : « De jour en jour en apprenant mourant » ; les trois premiers portent en outre l’inscription « De la Bibliothèque de M. Anatole de Montaiglon ». Livres et ex-libris sont aujourd’hui aussi rares les uns que les autres. 








    La bibliothèque de Montaiglon fut dispersée en trois ventes, à Boston, dans la salle fondée en 1878 par Charles F. Libbie (1837-1904) :
















    Du lundi 22 au vendredi 26 mai 1899 : Catalogue of the extensive and valuable Library belonging to M. C. Coutelle, Paris, including the entire Library of the late Anatole de Montaiglon, professor of École des Chartes, celebrated Art Historian and Bibliographer. […]. Part I (Boston, C. F. Libbie & CO., 1899, in-8, viii-240 p., 3 ill., 3.504 lots).













    Du mardi 6 au vendredi 9 juin 1899 : Catalogue of the extensive and valuable Library belonging to M. C. Coutelle, Paris, including the entire Library of the late Anatole de Montaiglon, professor of École des Chartes, celebrated Art Historian and Bibliographer. […]. Part II (Boston, C. F. Libbie & CO., 1899, in-8, [1]-[1 bl.]-[2]-179 [241 à 419]-[1 bl.] p., front., 2.514 [3.505 à 6.018] lots).








    Du mardi 13 au jeudi 15 juin 1899 : Catalogue of the extensive and valuable Library belonging to M. C. Coutelle, Paris, including the entire Library of the late Anatole de Montaiglon, professor of École des Chartes, celebrated Art Historian and Bibliographer. […]. Part III (Boston, C. F. Libbie & CO., 1899, in-8, [2]-160 [421 à 580] p., 1.936 [6.020 (sic) à 7.955] lots).


















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    Famille originaire du Ponthieu, où se trouvait la seigneurie de Caumartin, sur la commune de Crécy-en-Ponthieu [Somme], les Le Fèvre avaient pour armes : d’azur, à cinq trangles [fasces rétrécies qui n’ont que le tiers de la largeur ordinaire et qui sont en nombre impair] d’argent.





    Louis Le Fèvre, seigneur de Caumartin et de Boissy-le-Châtel [Seine-et-Marne], baron de Saint-Port [i.e. Seine-Port, Seine-et-Marne], vicomte de Rue [Somme], né en 1552, fut conseiller au Parlement de Paris en 1579, maître des requêtes en 1585, président au Grand Conseil en 1587, intendant de Poitou en 1588 et de Picardie en 1590, secrétaire du roi Henri IV en 1594. Bien que bègue, il n’avait pas « la langue empêchée » et déploya beaucoup d’habileté dans les négociations qui lui furent confiées. Il devint garde des sceaux en 1622, mais mourut le 21 janvier 1623. Il fut inhumé dans une chapelle de l’église Saint-Nicolas-des-Champs [IIIe]. Il avait épousé, en 1582, Marie Miron, morte le 4 juin 1645, fille de Marc Miron, seigneur de l’Hermitage, conseiller du Roi, et de Marie Gentien, d’une famille de l’échevinage de Paris. De cette union sont issus quatre fils et deux filles, dont : Louis, qui a continué la descendance ; Jacques, auteur de la branche des seigneurs de Saint-Port et de Cailly [Seine-Maritime], éteinte en 1729 ; François, évêque d’Amiens, qui hérita de sa bibliothèque.



    
    Château de Boissy (Seine-et-Marne)
    
    Louis Le Fèvre, deuxième du nom, seigneur de Caumartin et de Boissy, né le 12 mai 1586, fut d’abord abbé de Saint-Quentin-en-l’Isle [Aisne] en 1600, puis conseiller au Grand Conseil en 1608, maître des requêtes en 1614, intendant en Picardie et conseiller d’État. Il mourut d’apoplexie le 16 août 1624, alors qu’il se rendait à Venise, comme ambassadeur de France. Il avait épousé Marie Lhuillier, morte sans enfant, fille de Geoffroy Lhuillier, seigneur de Malmaison et d’Orgeval, et de Claire Faucon de Ris, puis, le 25 avril 1622, Madeleine de Choisy, morte le 18 septembre 1672, fille de Jean de Choisy, seigneur de Balleroy, et de Madeleine Le Charon. Il eut un fils unique de ce second mariage, Louis-François.



    
    Château de la fée d'Argouges (Calvados)
    

    Louis-François Le Fèvre, seigneur de Caumartin, de Boissy, d’Argouges [commune de Vaux-sur-Aure, Calvados], né le 16 juillet 1624, fut reçu conseiller au Parlement de Paris en 1644, puis maître des requêtes en 1653. Le Roi le nomma en 1665 commissaire pour la tenue des grands jours d’Auvergne à Clermont, puis intendant en Champagne et en Brie en 1667, conseiller d’État de semestre en 1672, conseiller d’État ordinaire en 1685. Ce fut sous sa direction que le généalogiste Charles-René d’Hozier (1640-1732) dressa et publia la Recherche de la noblesse de Champagne (Chaalons, Jacques Seneuze, 1673, 2 vol. in-fol.). Ami du cardinal de Retz, il fut son conseil et son agent pendant les troubles de la Fronde. Il mourut d’apoplexie le 3 mars 1687. Sa bibliothèque, héritée de son oncle François, alla à l’évêque de Blois, son fils. Il avait épousé : le 10 novembre 1652, Marie-Urbaine de Sainte-Marthe, morte le 15 janvier 1654, fille unique de Nicolas de Sainte-Marthe, seigneur du Fresne [commune de Authon, Loir-et-Cher] , lieutenant-général de Poitiers, et d’Urbaine de Launay, dame d’Onglée, sa seconde femme ; le 22 février 1664, Catherine-Madeleine de Verthamon, morte le 28 octobre 1722 et inhumée aux Minimes de la Place Royale à Paris, fille de François de Verthamon, baron de Bréau, conseiller d’État, et de Marie Boucher d’Orsay. Du premier lit, il eut Louis-Urbain. Du second lit, il eut 4 garçons et 5 filles, dont : Louis-François et Jean-François-Paul.





    Louis-Urbain Le Fèvre de Caumartin, dit « le Grand Caumartin », marquis de Saint-Ange  [commune de Villecerf, Seine-et-Marne], comte de Moret [Seine-et-Marne], est né à Châlons-en-Champagne [Marne] en 1653. Élevé par les soins du célèbre Fléchier, il fut nommé conseiller au Parlement en 1674, maître des requêtes en 1682, intendant des finances en 1690 et conseiller d’État en 1697.


    
    Château de Saint-Ange vers 1720
    



    
    Château de Saint-Ange aujourd'hui
    
    Il mourut en sa résidence de campagne, le château de Saint-Ange [appelé château de Challeau jusqu’en 1627], bâti à partir de 1540 par François Ier pour la duchesse d’Étampes, le 2 décembre 1720, après s’être acquis dans l’administration de la justice et des finances une haute réputation de savoir et d’intégrité ; la bibliothèque du château contenait alors 3.362 titres.

    On lui doit la conservation des Mémoires du cardinal de Retz et ceux de Guy Joly. Nicolas Boileau Despréaux (Satire XI) a dit de lui et de deux autres personnages, illustres par leur sévère probité :


    « Chacun de l’Équité ne fait pas son flambeau,

    Tout n’est pas Caumartin, Bignon, ni Daguesseau ; »

    (« Satire XI. À Mr. de Valincour, conseiller du Roy en ses Conseils, Secrétaire Général de la Marine, & des Commandemens de Monseigneur le Comte de Toulouze. » In Satires et œuvres diverses de M. Boileau Despréaux. Paris, Rollin, 1757, p. 90)






    Ce fut dans son château de Saint-Ange, où il avait rassemblé une riche bibliothèque et dont il avait transformé presque toutes les salles en une sorte de musée qui lui rendait toujours présents les souvenirs historiques dont sa mémoire était remplie, que Voltaire commença La Henriade ; le philosophe a dit du magistrat, qu’il eut tant de plaisir à écouter :


    « Caumartin porte en son cerveau

    De son temps l’histoire vivante ;

    Caumartin est toujours nouveau

    À mon oreille qu’il enchante ;

    Car dans sa tête sont écrits

    Et tous les faits et tous les dits

    Des grands hommes, des beaux esprits,

    Mille charmantes bagatelles,

    Des chansons vieilles et nouvelles,

    Et les annales immortelles

    Des ridicules de Paris. »

    (« Epitre XIII. À M. le prince de Vendôme, grand prieur de France » [1716]. In Œuvres complètes de Voltaire. S. l., Imprimerie de la Société littéraire-typographique, 1785, t. XIII, p. 33)


    Caumartin avait épousé, le 6 juin 1680, Marie-Jeanne Quentin de Richebourg, l’amie de Madame de Sévigné et de leurs voisins d’Époisses [Côte-d’Or], les Guitaut,décédée le 21 mai 1709, fille unique de Charles Quentin, seigneur de Richebourg, baron de Saint-Ange, maître des requêtes, et de Marie Feydeau de Brou. Il en eut quatre enfants morts jeunes.


    Louis-François Le Fèvre de Caumartin, deuxième du nom, seigneur de Boissy-le-Châtel, né le 3 mars 1665, fut reçu conseiller au Grand Conseil en 1686, et maître des requêtes en 1694. Le Roi le nomma intendant du commerce en 1708. Il mourut le 13 juillet 1722, et fut inhumé à Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris, en la chapelle de ses ancêtres. Il avait épousé, le 19 octobre 1695, Charlotte Bernard, morte le 28 août 1708, à l’âge de 28 ans. Ils eurent trois enfants, dont Antoine-Louis-François.





    Jean-François-Paul Le Fèvre de Caumartin, né à Châlons-en-Champagne le 16 décembre 1668, d’abord chevalier de Malte, pourvu ensuite, sur la demande du cardinal de Retz, son parrain, de l’abbaye de Buzay [Rouans, Loire-Atlantique]. Il fut docteur de Sorbonne et doyen de la cathédrale de Tours. Il fut reçu en 1694 l’un des quarante de l’Académie française. C’est lui qui fut chargé de la réponse au discours de réception de l’évêque de Noyon, M. de Clermont-Tonnerre, qui avait une si haute idée de son propre mérite et de sa naissance : le discours de Caumartin, modèle de persiflage déguisé sous une louange exagérée, déplut à Louis XIV. Puis il fut nommé membre honoraire de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Ce fut le Régent qui le nomma successivement à l’évêché de Vannes en 1717, et au siège épiscopal de Blois en 1719.


    Ex-libris avant 1719

    Ex-libris après 1719

    Fer de reliure de son demi-frère Louis-Urbain, modifié par l'ajout d'une mitre et d'une crosse

    Super ex-libris de l'évêque de Blois
    Il avait hérité de la bibliothèque de son père, Louis-François, premier du nom, l’avait enrichie et lui adjoignit la collection de son prédécesseur, David-Nicolas Berthier (1652-1719), premier évêque de Blois. Il mourut à Blois le 30 août 1733. Son éloge fut prononcé à l’Académie des inscriptions, par De Boze.





    Après avoir été conservée par quatre membres de la famille, la bibliothèque fut vendue, sur l’ordre de son héritière, sa sœur Madeleine-Charlotte-Émilie, veuve depuis 1725 de Jacques de La Cour, seigneur de Balleroy, maître des requêtes, à partir du lundi 10 janvier 1735, au couvent des Grands Augustins : Catalogue des livres de la bibliotheque [sic] de feu Monseigneur Jean-François-Paul le Febvre de Caumartin, Evéque [sic] de Blois, &c. (Paris, Jacques Guérin et Jacques Barois fils, 1734, in-12, xj-[1 bl.]-3-[1 bl.]-647-[1] p., 6.612 lots).


    « La Bibliothéque dont nous donnons le Catalogue, n’a pas besoin de recommandation : toutes les personnes de lettres en connoissent le mérite, & les grands hommes qui l’ont formée, font son éloge.

    Le premier qui en jetta les fondements, fut Louis le Févre de Caumartin. […]

    Cette Bibliothéque passa entre les mains de François le Févre de Caumartin son fils, qui fut Evêque d’Amiens. […]

    Louis François le Fevre de Caumartin fut le troisieme qui posseda cette Bibliothéque. […]

    Après sa mort cette Bibliothéque vint enfin à feu M. l’Evêque de Blois son second fils [du second lit], Jean François Paul le Fevre de Caumartin, né à Paris le 16. Decembre 1668. » [sic] (« Avertissement », p. 1-2)    




    Le catalogue comprend sept parties : théologie (lots 1-1.365), jurisprudence (lots 1.366-2.420 = 1.055 lots), sciences et arts (lots 2.421-3.048 = 628 lots), « humanitez » (lots 3.048* [l. e. doublé]-3.858 = 811 lots), histoire (lots 3.859-6.180 = 2.322 lots), « livres obmis » (lots 6.181-6.321 = 141 lots) et manuscrits (lots 6.322-6.612 = 291 lots). La vente produisit environ 30.000 livres.


    On doit y ajouter la vente des livres qui se trouvaient dans le palais épiscopal de Blois : Catalogus librorum qui extant in bibliotheca illustrissimi ecclesiae principis D. D. de Caumartin, episcopi Blesensis (Blesis, P.-J.Masson, 1734, in-8, 62 p., env. 1.400 lots).

      

    Antoine-Louis-François Le Fèvre de Caumartin, marquis de Saint-Ange, comte de Moret [en vertu de la substitution faite à son profit, et pour sa postérité de mâle en mâle, par Louis-Urbain, son oncle], naquit le 6 septembre 1696. Il fut reçu conseiller au Parlement de Paris en 1719, maître des requêtes en 1721, et conseiller au Grand Conseil en 1722 ; fut nommé ensuite rapporteur du point d’honneur au Tribunal des maréchaux de France, puis président au Grand Conseil en 1742, conseiller d’État en 1745, et premier président au Grand Conseil en 1747 ; il mourut le 14 avril 1748. Il avait hérité de la bibliothèque de son oncle, et avait épousé, le 18 août 1722, Élisabeth de Fieubet, dame de Cendré et de Ligny, morte le 29 août 1764, fille de Paul de Fieubet, seigneur de Cendré, de Laussac et de Beauregard, maître des requêtes, conseiller au Conseil de Régence, et d’Angélique-Marguerite de Fourcy, fille de Henri de Fourcy, conseiller d’État. Cinq enfants sont provenus de ce mariage, dont :




    Antoine-Louis-François Le Fèvre de Caumartin, deuxième du nom, marquis de Saint-Ange, comte de Moret, né le 30 juillet 1725, nommé conseiller au Grand Conseil en 1746, maître des requêtes en 1749, président au Grand conseil en 1751, intendant des Trois Evêchés en 1754,  de Flandre et d’Artois en 1756, conseiller d’État, chancelier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1771 et prévôt des marchands de 1778 à 1784.



    Il avait hérité de la bibliothèque de son père. Sentant la Révolution approcher, il avait donné une importante partie de ses biens à son fils Marc-Antoine.Il mourut en avril 1803. Il avait épousé, le 30 juin 1749, Geneviève-Anne-Marie Mouffle, morte le 25 janvier 1763, fille de Jean-Simon Mouffle, receveur-général des finances, et de Geneviève-Marie Brochet de Pontcharrot. De ce mariage est issu Marc-Antoine.


    Marc-Antoine Le Fèvre de Caumartin de Saint-Ange, né le 14 mars 1751, fut conseiller au Parlement en 1775, maître des requêtes en 1777 et intendant de Franche-Comté en 1783. Sorti de France en 1792 pour prendre les eaux à Bristol, la Révolution le décréta immigré et ses biens furent saisis – château de Saint-Ange, mobilier, collections et bibliothèque –, et vendus en 1797 ; le château tomba sous le marteau. Il mourut à Londres le 31 août 1803. Avec lui finit la descendance masculine des Le Fèvre, seigneurs de Caumartin, marquis de Saint-Ange, comtes de Moret, barons de Saint-Port.


















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    La Maison des Le Blanc, seigneurs de La Baume [commune de Le Veurdre, Allier], originaire du Bourbonnais, s’est établie en Touraine, quand Laurent Le Blanc, qui descendait par plusieurs degrés de Perrin Le Blanc et de Jeanne d’Autour, se maria en Touraine en 1536 avec Marie Testu, et acheta en


    
    Château de La Vallière en 1825
    
    Château de La Vallière aujourd'hui
    
    1542 les terres de La Vallière [commune de Reugny, Indre-et-Loire]. Son petit-fils, Jean Le Blanc (1582-1647), seigneur de La Gasserie, de La Vallière, de Reugny, de Boessay et d’Orfeuil, baron de La Papelardière, gouverneur des ville et château d’Amboise et du château de Tours, fut autorisé par le Roi, par lettres patentes du 31 mars 1635, à se faire appeler « de La Baume-Le Blanc ».


    Les armes de la Maison de La Vallière [La Baume-Le Blanc] sont : « coupé de gueules et d’or, au léopard lionné d’argent sur gueules, couronné d’or, et de sable sur or. »


    L’arrière-petit-fils de Jean de La Baume-Le Blanc, Charles-François de La Baume-Le Blanc, marquis, puis duc de La Vallière, pair de France, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur, lieutenant général et sénéchal de la province de Bourbonnais, naquit le 23 janvier 1670. Pendant 36 ans qu’il a servi, il s’est trouvé aux batailles de Staffarda (1690), de Stinkerque (1692), de Nerwinde (1693), de Spire (1703), d’ Höchstädt (1704), de Malplaquet (1709) et de Denain (1712), aux sièges de Namur (1692), de Charleroi (1693), d’Ath (1697), du fort de Kehl (1703), de Brisach (1703), au premier siège de Landau (1704), à celui de Douai (1710), de Bouchain (1711), du Quesnoy (1712) et au second siège de Landau (1713). La terre de La Vallière fut érigée en duché-pairie par Louis XIV en 1667 pour Françoise-Louise de La Baume-Le Blanc (1644-1710), duchesse de La Vallière, sa maîtresse, et pour sa fille Marie-Anne de Bourbon, dite « Mademoiselle de Blois », légitimée de France, mariée au prince de Conti. Institué héritier par cette princesse, sa cousine germaine, Charles-François de La Baume-Le Blanc obtint en 1723 de nouvelles lettres patentes de duché-pairie de la part du roi Louis XV. Il mourut le 22 août 1739. Il avait épousé le 16 juin 1698 Marie-Thérèse de Noailles, fille d’Anne-Jules duc de Noailles, pair et maréchal de France, et de Marie-Françoise de Bournonville, d’où sont issus Louis-César, né le 9 octobre 1708, et Louis-François, né le 5 octobre 1709 et mort sans alliance le 30 avril 1731.



    Petit-neveu de la duchesse de La Vallière, Louis-César de La Baume-Le Blanc, duc de La Vallière, annonça dès son enfance le goût des lettres. Son titre, purement honorifique, de grand fauconnier de France, lui permit de partager son temps entre les plaisirs de la campagne et la société des littérateurs les plus aimables et les plus spirituels.




    Il épousa le 19 février 1732, Anne-Julie-Françoise de Crussol, fille du duc Jean-Charles et de sa seconde femme, Anne-Marie-Marguerite de Bullion ; née le 11 décembre 1713, elle mourut le 2 janvier 1797, après avoir donné naissance à Charles-Marie en 1736 et Louis-César en 1738, morts tous deux en bas-âge, et Adrienne-Émilie-Félicité en 1740.




    Dans son château de Champs-sur-Marne [Seine-et-Marne], à partir de 1739, puis dans celui de



    Montrouge [Hauts-de-Seine, détruit en 1879 pour la construction de l’actuel hôtel de ville], qu’il fit construire vers 1750, il se plaisait à réunir souvent des hommes de lettres, dont François-Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770), de l’Académie française, et Claude-Henri de Fusée (1708-1775), abbé de Voisenon, que Voltaire appelait « Monseigneur de Montrouge ».


    Sa passion pour les livres, quelque peu ostentatoire, se manifesta de bonne heure, et il ne négligea ni soins ni dépenses pour en former une collection non moins remarquable par le choix que par le nombre des volumes : « Nous avons 20.000 livres à dépenser par an », écrivait son bibliothécaire, en 1769.

    Cherchant à satisfaire sa passion par tous les moyens, il acheta aux ventes les plus célèbres de son temps : Guyon de Sardière en 1760 [toute la bibliothèque pour 26.500 livres], Gaignat en 1769 [pour 86.000 livres], le comte de Lauraguais en 1770, Bonnemet en 1772 [toute la bibliothèque pour 18.000 livres].




    En 1775, il acheta à Prosper Jackson, pour la somme de 35.000 lires [sic], une des plus belles collections de livres italiens et latins des xve et xvie siècles, formée par son père George Jackson (1691-1763), négociant anglais établi à Livourne [Italie], époux de la belle Maria-Giovanna Riminaldi.



    La même année, il fit aussi acheter à Londres des ouvrages, pour 15.000 livres, à la vente du Dr. Anthony Askew (1722-1774) : « The catalogue, without any doubt, contains the best, rarest, and most valuable collection of Greek and Latin Books that was ever sold in England » (Thomas-Frognall Dibdin. Bibliomania ; or Book Madness. London, 1811, p. 516).Quelques précieux volumes furent acquis à la vente des livres de Paul-Hippolyte de Beauvilliers (1684-1776), duc de Saint-Aignan, en 1776, qui offrait de très belles heures manuscrites et des précieux volumes de la main de Jarry. La même année 1776, après la mort de Jeanne de La Rochefoucauld, dite « Madame d‘Urfé », La Vallière acheta tous les livres manuscrits et imprimés sur vélin qui restaient de la bibliothèque de Claude d’Urfé.


    Le duc de La Vallière ne craignit pas de recourir aux échanges, comme en 1752, avec Pierre Desmarais, bibliothécaire du Collège Mazarin, ou en 1755 avec le procureur général Joly de Fleury, ou encore en 1759 avec la Bibliothèque Saint-Victor. Il refusa même de rendre des livres qu’il avait empruntés à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, qui ne seront restitués que le 27 juin 1781 par son héritière : Tewrdancths ou les Aventures du chevalier Tewrdancths, en vers allemands, imprimés en 1517, in-fol., exemplaire sur vélin ; Anthologia graecae ex editione Joannis Lascaris, Florentiae, 1494, in-4, ex. sur vélin, mar. bleu ; l’An des sept Dames, rondeaux et ballades d’amour, et autres pièces, in-8 ; Le Mystère de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, joué par personnages l’an 1474, à Rouen, in-fol., goth., s. l., s. d. ; Dyonisii Areopagitae Opera, in-8, ex. sur vélin ; manuscrit sur papier contenant neuf mystères à 41 personnages, in-fol.  


    Son immense bibliothèque, faite de livres presque tous reliés en maroquin et dorés, était la plus belle et la plus riche qu’aucun particulier n’ait jamais eue en France. Elle devint le centre des réunions des savants bibliographes français et étrangers, durant lesquelles il prenait part aux discussions qui s’élevaient sur le degré du mérite ou de rareté des éditions qu’il était parvenu à se procurer. Il attacha momentanément à la garde de cette précieuse collection l’Abbé Pierre-Jean Boudot (1689-1771), censeur royal et attaché à la Bibliothèque du Roi, puis Louis-François-Claude Marin (1721-1809), censeur royal et secrétaire général de la Librairie.




    En 1766, La Vallière quitta Montrouge pour s’installer au bout de la rue du Bac [VIIe], au carrefour de Sèvres, dans l’hôtel de Lassay, qui devint alors l’hôtel de La Vallière, où s’installera en 1813 le couvent des Filles de la Charité. La même année, il avait consenti à céder à Louis XV plusieurs beaux manuscrits, qui devaient être transportés à Trianon, mais que Bignon put incorporer, vers 1775, dans les collections de la Bibliothèque du Roi : ce fut le cas du « Livre des tournois » du roi René, que La Vallière tenait de Louis-François de Bourbon, prince de Conti. En 1767, La Vallière avait vendu à Gaignat et à Randon de Boisset plusieurs de ses manuscrits et livres imprimés sur vélin.




    La première vente de livres, avec catalogue, de la bibliothèque du duc de La Vallière, fut une vente anonyme, constituée en grande partie, mais pas seulement, de ses doubles ; prévue « vers le mois de novembre 1767, après la S. Martin », elle eut lieu du 5 janvier au 7 mars 1768 : Catalogue des livres provenans de la bibliothèque de M.L.D.D.L.V. (Paris, Guillaume-François De Bure le jeune [1732-1782], 1767, 2 vol. in-8, 5.633 numéros). Enchères supérieures à 150 livres :


    3. Biblia Sacra Polyglotta. Lutet. Parisiorum, Vitré, 1645, 10 vol. in-fol., v. m. 191 liv.

    14. Biblia Sacra Latina. Moguntiae, per Joh. Fust & Petrum Schoiffher de Gernsheym clericum diocesis ejusdem, 1462, 2 tomes en 4 vol. in-fol., mar. r. 2.500 liv. à Girardot de Préfond.

    16. Biblia Sacra Latina. Nuremberga, 1475, 2 vol. in-fol., m. r. 160 liv.

    393. S. Joannis Chrysostomi Opera. Parisiis, Guérin, 1718 et seq., 13 vol. in-fol. v. f. 166 liv. 19 s.

    409. S. Aurelii Augustini de civitate Dei. Moguntiae, per Petrum Schoiffer de Gernsheym, 1473, 2 tomes en 1 vol. in-fol., mar. r. rare. 192 liv.

    418. S. Cyrilli, Alexandriae Episcopi, Opera omnia. Lutet. Parisiorum, Typis Regiis, 1638, 6 tomes en 7 vol. in-fol., v. br. 210 liv. 4 s.

    468. Theophili Raynaudi, Soc. Jesu, Opera omnia. Lugduni, Boissat, 1665 et seq., 20 vol. in-fol., v. br. 240 liv.

    469.Œuvres diverses de Messire Jacques Benigne Bossuet. Paris, J. Bapt. Coignard, 1748 et suiv., 20 vol. in-4, v. m. 178 liv. 10 s.

    994. Annotomia della Messa & del Messale. Stamp. l’anno 1552, in-4, v. m., rare. 470 liv.

    1.040. Les Très Merveilleuses Victoires des femmes du Nouveau Monde. Paris, Jeh. Ruelle, 1553, in-16, m. r. Ouvrage connu sous le nom de « La Mère Jeanne ». 220 liv.

    1.215. Teatro Jesuitico. En Cuimbra, Guillermo Cendrat, 1654, in-4, mar. r., rare. 529 liv. 19 s.

    1.366. Senecae utriusque Philosophi & Rhetoris Opera omnia. Neapoli, per Matthiam Moravum, 1475, in-fol. mar. r. rare. 240liv.

    1.853. Andreae Baccii de naturali Vinorum historia, de vinis Italiae, & de conviviis antiquorum libri VII. Romae, Nic. Mutius, 1596, in-fol. mar. bl. rare. 193 liv.

    2.289. Joannis de Janua, Ordr. Fratrum Praedicatorum Summa, quae vocatur Catholicon. Moguntiae (per Johannem Fust), 1460, in-fol., mar. r. 474 liv.

    2.356. M. Tullii Ciceronis Opera omnia. Venetiis, Lucas Ant. Junta, 1534-1537, 4 vol. in-fol. m. r. 350 liv.

    2.375. M. Tullii Ciceronis Epistolae ad familiars. Moguntiae, per Johannem Fust & Petrum Schoyffher de Gernshem, 1466, pet. in-fol., mar. r. 363 liv.

    2.433. Homeri Opera omnia graece. Florentiae, 1488, 2 vol. in-fol., mar. r. 150liv.

    2.434. Homeri Ilias & Odyssea, graece tantum. Glasguae, in Aedibus Academicis, excud. Rob. & Andr. Foulis, 1756, 4 vol. in-fol., mar. r. 151 liv. 10 s.

    2.529. Q. Horatii Flacci, Venusini, Opera omnia. Impensis Philippi de Lavagnia, civis Mediolanensis, 1476, in-fol., mar. r. 150 liv.

    3.308. Il Decamerone di M. Giovanni Boccaccio. In Firenze, per li Heredi di Philippo di Giunta, 1527, in-8, mar. r. E.O. rarissime. 630 liv.

    3.380. Le Reali di Franza. Mutinae, per Petrum Maufer, Gallicum, 1491, in-fol., mar. r. rare. 168 liv.

    3.809. Petri Delphini, Veneti, Prioris sacri Eremi, & Generalis totius Ordinis Camaldulensis, Epistolarum libri XII. Venetiis, arte & studio Bernardi Benalii, 1524, in-fol., mar. bl., rarissime. 600 liv.

    4.085. Dionysii Sammarrhani & aliorum Benedictinorum Gallia Christiana, in Provincias Ecclesiasticas distributa. Parisiis, ex Typ. Regia, 1716 & seq., 11 vol. in-fol. v. m. 174 liv.

    4.198. Bartholomaei de Pisis, Liber Conformitatum Vitae S. Francisci. Mediolani, Zanotus Castilioneus, 1513, in-fol., v. f. rare. 162 liv.

    4.213. Rogerii Dodsworth & Guill. Dugdale, Monasticon Anglicanum. Londini, Richard. Hodgkinsonne, 1655 & 1673, 3 vol. in-fol. mar. r. rare. 240 liv.

    4.235. Bonini Mombritii Acta &Vitae Sanctorum. Mediolani, per Antonium Zarotum Parmensem, 1480, 2 vol. in-fol. mar. bl. Rare. 200 liv.

    4.334. Caii Jul. Caesaris Commentatiorum. Londini, Typ. Jacobi Tonson, 1712, in-fol., fig. mar. r. 204 liv.

    4.430. Recueil des Historiens des Gaules & de la France, par Dom Martin Bouquet. Paris, 1738 & suiv., 10 vol. in-fol., v. m. 350 liv.

    4.456*. Recueil de Pièces fugitives & détachées, tant en prose qu’en vers, & en différentes langues, sur toutes sortes de matières & sur divers sujets, dont la plus grande partie concerne cependant l’Histoire de France. 884 portefeuilles avec des dos de mar., in-fol., in-4 et in-8. Retiré à 1.300 liv., le duc en voulait 1.500 liv.

    4.568. Les Conquestes de Louis XIV, par Sébastien Pontault. Paris, s. d., 2 vol. in-fol., v. f. 210 liv.

    4.730. Figures des Monnoyes de France, par J. Bapt. Haultin. Paris, 1619, in-4, mar. citron, dent. à compart., rare. 200 liv.




    4.856. Olavi Rudbeckii Atlantica. Upsalae, Henricus Curio, 1679, 1689, 1698 & 1699, 4 vol. in-fol. mar. bl. & v. f. 720 liv.

    5.075. Dialogos de Medallas, Inscriciones y otras antiguedades. En Tarragona, por Felipe Mey, 1587, in-4, fig., mar. r., rare. 180 liv.

    5.215. Journal des Savans, depuis l’année 1665, jusques & compris l’année 1764. Amsterdam, le Grand, 1684 & suiv., 253 vol. in-12, v. f. 230 liv. 1 s.

    5.536. Valerii Maximi Opus de Dictis & Factis memorabilibus antiquorum. Moguntiae, per Petrum Schoyffer de Gernshem, 1471, in-fol. relié en bois, rare. 180 liv. 1 s.


    À la fin de l’année 1768, La Vallière fit appel à l’Abbé Jean-Joseph Rive (1730-1791) pour lui servir de bibliothécaire.




    Rapidement, Rive se comporta comme le maître de cette bibliothèque ; les proches de La Vallière finirent par le détester, et le duc lui-même pensait qu’il « avait fait l’acquisition d’un dogue ». Mais c’est lui qui fut le véritable créateur de la dernière bibliothèque, courant les ventes, les librairies et autres dépôts de livres, reconstituant une bonne partie des collections dont le duc s’était séparé, rédigeant des dizaines de milliers de fiches et publiant de nombreuses notices sur les collections de la rue du Bac : « nous achetons les bibliothèques entières pour y choisir ce qu’il y a de plus curieux et nous nous débarrassons du reste. » À la fin de 1788 ou au début de 1789, Rive écrivit au Père Laire :


    « La vétusté des imprimés n’en fait aucunement le mérite, à moins qu’un bouquin du 15me. siecle ne contienne quelque trace remarquable touchant l’Art de l’Imprimerie, & les progrés de son invention, soit extensivement, soit intensivement, il ne doit jamais être recherché, & il est sans valeur quelconque. Ç’a été contre mon gré & contre mes représentations réitérées que la derniere Bibliothéque du Duc de la Valliere, que j’avois formée moi-même, a été inondée de tant de semblables bouquins. Comme le Duc, auquel cette Bibliothéque appartenoit, manquoit absolument d’esprit & de connoissances pour la Bibliothéque qu’il me faisoit former, il achetoit du Moine Maugerard [Jean-Baptiste Maugérard (1735-1815)], des caisses entieres de livres, & quand il les avoit reçues, au lieu d’en rejetter les bouquins qui y etoient contenus, il en faisoit ordinairement relier la totalité en maroquin. De là jugez du beau choix que L’ILLUSTRE GUILLAUME nous a donné des livres de cette derniere Bibliothéque. » [sic] (Chronique littéraire des ouvrages imprimés et manuscrits de l’Abbé Rive. Éleutheropolis, an II [1793], p. 201-202)    


    Grâce à l’Abbé Rive, la bibliothèque du duc était devenue une bibliothèque de grande curiosité, avec des manuscrits à enluminures, des incunables, des plaquettes gothiques, des éditions princeps grecques et latines, les principales Bibles imprimées, des pièces de théâtre, les grands livres d’histoire naturelle, des impressions sur vélin, des brochures de colportage.




    En janvier 1773, le duc fit une seconde vente, également anonyme, de doubles : Catalogue des livres de M*** (Paris, [Guillaume] De Bure fils aîné [1734-1820], 1772, in-8, 4-146 p., 2.812 lots).

    « Le Cabinet de Livres, dont nous donnons le Catalogue, a de quoi piquer la curiosité des Amateurs. Les Classes de la Théologie, de la Jurisprudence & des Sciences & Arts, contiennent quelques premieres Editions & plusieurs Livres rares. Celle des Belles-Lettres renferme une très belle suite de Poésie ancienne & moderne, de Piéces de théâtre & de Romans : elle avoit été formée anciennement par MM. de Bombarde [1698-1783] & Guyon de Sardiere. Une personne distinguée & très versée dans la connoissance de notre ancienne Poésie & des Romans, a bien voulu nous communiquer ses lumieres, & nous désigner, comme rares, les articles qui sont énoncés pour tels dans le Catalogue. Dans la partie de l’Histoire, ainsi que dans les autres Classes, on trouvera plusieurs articles en grand papier & en maroquin, qui viennent du Cabinet choisi de feu M. Bonnemet. » (« Avis », p. 3-4)

    52. Histoire du Vieux & du Nouveau Testament. Anvers, Pierre Mortier, 1700, 2 vol. in-fol., gr. pap., v. m., sans clous. 167 liv.
    53. Physique sacrée, ou Histoire naturelle de la Bible. Amsterdam, 1732, 8 vol. in-fol., m. r. 321 liv. 2 s.

    80. Sancti Augustini de Civitate Dei Libri XXII. Moguntiae, per Petrum Schoyffer de Gernszheym, 1473, in-fol. ch. mag. m. r. 79 liv. 19 s.

    130. Sermons de Bourdaloue. Paris, Rigaud, 1707, 16 vol. in-8, m. r. 167 liv. 1 s.

    220. Statuta Ordinis Carthusiensis. Basileae, Joan. Amorbachius, 1510, in-fol. relié en bois, rare. 80 liv.
    334. Histoire naturelle, par MM. Buffon & d’Aubenton. Paris, Imp. royale, 1749 et suiv., 17 vol. in-4, v. m. 223 liv. 10 s.
    351. Hortus sanitatis. Editio Primaria Rarissima. Moguntiae, 1491, in-fol. fig. m. r. 159 liv. 19 s.

    353. Elémens de Botanique, par Pitton de Tournefort. Paris, Imp. royale, 1694, 3 vol. in-8, v. m. rare. 100 liv.
    421. Méthode & invention nouvelle de dresser les chevaux, par le comte de Newcastle. Anvers, Jacques Van Meurs, 1658, in-fol., fig. m. r. rare. 174 liv. 1 s.
    438. Dictionnaire universel de Trévoux. Paris, 1743, 7 vol. in-fol., v. m. 61 liv. 10 s.

    445. M. Tullii Ciceronis opera omnia. Lug. Bat., Ex officina Elzeviriana, 1642, 10 vol. in-12, m. b. 72 liv. 1 s.

    527. Les Métamorphoses d’Ovide, avec des explications historiques par l’abbé Banier, avec des fig. de B. Picart. Amsterdam, 1732, 2 vol. in-fol., v. f. 137 liv. 15 s.
    621. Les Faits, Dits & Ballades de maître Allain Chartier. Paris, Pierre le Caron, in-fol. goth. v. b. Rare. 1 liv. 16 s. [gâté]
    631. La Penthaire de l’Esclave fortuné. Paris, Alain Lotrian & Denys Janot, 1530, in-8 goth., v. b., très rare. 4 liv. 11 s.
    644. Les Œuvres de Jean Marot. Paris, Pierre Roffet, in-8, non relié, rare. 1 liv. 12 s.
    646.Œuvres poétiques de Bonaventure des Periers. Lyon, 1544, in-12, v. f. 2 liv. 1 s.

    654. Les Œuvres de Hugues Salel. Paris, Etienne Roffet, dit le Faulcheur, in-8, v. b. 1 liv.
    703. Les Poëmes de Pierre de Brach. Bordeaux, 1576, in-4, parch. 1 liv.
    767. Les Premières Œuvres poétiques du capitaine Lasphrise. Paris, 1599, in-12, v. b.
    768. Les Loyales et Pudiques Amours de Scalion de Virbluneau. Paris, 1599, in-12, v. m. 2 liv. 15 s. avec le précédent.
    973. Fables choisies mises en vers, par de la Fontaine, avec les fig. de M. Oudry. Paris, 1755, 4 vol. in-fol., très grand pap., anciennes épreuves. 233 liv. 1 s.
    979. Les Œuvres de Nicolas Boileau Despreaux, enrichies de fig. gravées par B. Picart. Amsterdam, David Mortier, 1718, 2 vol. in-fol., v. m. 96 liv. 2 s.

    1.233.Œuvres de Molière. Paris, 1736 [i.e. 1734], 6 vol. in-4, fig., m. b. Première édition [i.e. premier tirage]. 132 liv.
    1.504. Le Temple des Muses, orné de 60 tableaux dessinés et gravés par B. Picart. Amsterdam, Chatelain, 1733, in-fol. m. r. 100 liv.
    1.580. Les Amours pastorales de Daphnis & Chloé, avec les fig. gravées par Audran sur les peintures de M. le duc d’Orléans, Régent de France. Paris, 1718, in-8, m. r. l. r. très rare. 99 liv. 19 s.
    1.659. Les Aventures de Télémaque, fils d’Ulysse, par François de Salignac de la Mothe Fénelon, enrichie de fig. en taille-douce. Amsterdam, 1734, in-fol. m. r. première édition. 429 liv. 19 s.
    2.101. Le Zombi du grand Pérou, ou la Comtesse de Cocagne. 1697, in-12, v. b.
    2.102. Le Roman de Merlin l’Enchanteur. Paris, Ant. Vérard, 1498, 3 vol. in-fol. goth. rare. Ex. de Bonnemet. 120 liv. 1 s. avec le précédent.
    2.125. Les Principales Aventures de Don Quichotte, représentées en figures. La Haye, 1746, in-fol. m. r. 130 liv. 7 s.
    2.428. Cérémonies & Coutumes religieuses de tous les peuples du monde. Amsterdam, 1723 et suiv., 11 vol. g. p. v. f. première édition. 799 liv. 18 s.
    2.440.C. Julii Caesaris Commentarii cum annotationibus Clarke. Londini, Tonson, 1712, in-fol., fig. m. r. 194 liv. 4 s.

    2.468. Histoire de France, par F. E. de Mezeray. Paris, Mathieu Guillemot, 1643, 3 vol. in-fol., gr. p. m. r. très rare. Ex.de Bonnemet. 350 liv. 1 s.
    2.514. Mémoires de Condé. Paris, Rollin fils, 1743, 6 vol. in-4, gr. pap. v. f. 109 liv. 19 s.

    2.595. Le Sacre de Louis XV dans l’église de Rheims, le 25 octobre 1722. Gr. in-fol., m. r. 63 liv.
    2.631. Recherches curieuses des Monnoies de France, par Claude Bouterouë. Paris, 1666, in-fol., gr. pap., m. r. Rare. 162 liv. 1 s.
        
    Une troisième vente anonyme commença le 10 mars 1777, rue Dauphine, à l’hôtel d’Espagne : Catalogue des livres provenans de la bibliothèque de M. L. D. D. L. V.  (Paris, [Guillaume] De Bure fils aîné [1734-1820], 1777, in-8, viij-116 p., 1.308 lots). On y relève : le Quintuplex Psalterium donné par H. Estienne en 1513, imprimé sur vélin fut vendu 330 liv. ; le Lactance de Rome, 1468, 154 liv. ; l’Editio primaria, perrara, de Caesar, de Rome, 1469, in-fol., 610 liv. ;  77 manuscrits sur 159, dont la plupart avaient été acquis en Italie et tirés de la bibliothèque de Jackson, passèrent dans la bibliothèque de Paulmy.


    La Vallière mourut à Paris, le 16 novembre 1780, ne laissant qu’une fille, la duchesse de Châtillon, en qui s’éteignit le nom de La Vallière.



    « 19 Novembre 1780. M. le Duc de la Valliere vient de mourir ; c’étoit un des Seigneurs les plus corrompus de la vieille cour, ami du feu Roi & voué à toutes ses maîtresses. Il mérite cependant qu’on conserve son nom à la postérité, comme amateur distingué, comme protecteur des lettres, & même comme faiseur. Il avoit vendu une fois sa bibliothèque très renommée alors pour les manuscrits. Il s’en étoit composé une autre d’un nouveau genre, fort précieuse encore : il avoit des tableaux, & moderne Lucullus, il possédoit des jardins délicieux, comme ce Romain. » (Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la république des lettres en France. Londres, John Adamson, 1781, t. XVI, p. 73)


    La duchesse de Châtillon chassa l’Abbé Rive et confia la rédaction du catalogue des livres de la bibliothèque du duc à Guillaume De Bure (1734-1820) et Joseph Van Praet (1754-1837), ce qui donna lieu à une terrible querelle entre De Bure et Rive. De Bure et Van Praet commencèrent à travailler en mai 1781 et le catalogue fut mis sous presse à la fin de janvier 1782.




    Après sa mort, la première grande vente de livres de la bibliothèque de La Vallière, prévue « dans les premiers jours du mois de Décembre 1783 », eut lieu du lundi 12 janvier au 5 mai 1784, en 81 vacations, dans la grande salle de l’hôtel de Bullion, rue Plâtrière : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de La Vallière. Première partie […]. Tome premier. (Paris, Guillaume De Bure fils aîné [1734-1820], 1783, 3 vol. in-8, [3]-[1 bl.]-lxiv-71-[1 bl.]-602 p., front. et 1 pl., 2.149 lots ; [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-758 p., 3 pl., lots 2.150-4.466 ; [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-388 p., 1 pl., lots 4.467-5.668). Le tome I, avec un portrait du duc en frontispice, dessiné et gravé par Cochin fils, est consacré aux ouvrages de théologie et de droit ; le tome II est consacré aux belles-lettres ; le tome III rassemble les ouvrages d’histoire. Les manuscrits ont été décrits par Joseph-Basile-Bernard Van Praet (1754-1837), qui entra à la Bibliothèque du Roi l’année suivante. On doit y ajouter une « Table des noms des auteurs, graveurs, peintres, écrivains, &c. et des titres de leurs ouvrages. » (376 p.), une « Seconde Table, contenant les titres des livres sans noms d’auteurs » (92 p.) et un Supplément à la première partie du catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de La Vallière (Paris, Guillaume De Bure fils aîné, 1783, in-8, x-90 p.), qui contient deux pages d’ « Errata » pour les trois tomes et les tables.  
    La vente produisit au total 464.677 livres et 8 sols : 98.324 liv. 17 s. (théologie) + 11.776 liv. 14 s. (jurisprudence) + 78.576 liv. 8 s. (sciences et arts) + 156.201 liv. 14 s. (belles-lettres) + 119.797 liv. 15 s. (histoire).
    De Bure acquit un très grand nombre d’articles, et des plus importants, pour la Bibliothèque du Roi [imprimés], Mac-Carthy, Montaran, l’abbé de Mayence [représentant l’Évêque-électeur], Lussaret, Montaynard, Paris de Meyzieu, le duc de Penthièvre, Perthuis, etc.
    Béjot, conservateur du département des manuscrits à la Bibliothèque du Roi, acheta un grand nombre de manuscrits.
    Le libraire Tilliard acheta pour Bolongaro-Crevenna, Carpenter, Collaert [libraire de Bruxelles], Laporte, etc.
    Son confrère Mérigot jeune acheta pour Charles-Émérance de Revissinye, comte de Rewiczky (1737-1793), célèbre bibliophile, ambassadeur d’Autriche.
    De Tune, libraire à La Haye, acheta pour la Bibliothèque de La Haye et quelques cabinets néerlandais.
    Le célèbre Chardin acheta pour d’Hangard, Méon et Firmin-Didot.
    L’Abbé Strattman, conservateur à la Bibliothèque impériale de Vienne, fut l’un des gros bordereaux de la vente.
    Molini, le grand libraire florentin, acheta quelques livres pour la Laurentiane et la Magliabecchiana.
    Payne, de Londres, fut chargé des commissions de Grenville, de lord Spencer et du duc de Roxburghe.
    Parmi les amateurs qui furent présents : le marquis de Méjanes, l’abbé de Prémontré, Niel de Saint-Céran, Neerman, le duc de Cossé, Née de La Rochelle, Bailly [futur maire de Paris], Naigeon, Sept-Chesnes, Saint-Cergues, le comte Durazzo, Paulmy, Lolliée, Laujon, Elmsly [libraire à Londres], Yzquierdo [représentant Le Camus de Limare], la duchesse de Châtillon, etc.

    Les enchères dépassant 1.000 livres le lot, concernent majoritairement des incunables et des manuscrits :

    28. Biblia sacra latina vulgatae editionis. Moguntiae, per Johannem Fust et Petrum Schoiffer de Gernsheym, 1462, 2 vol. in-fol. goth., m. viol., impr. sur vélin. Acheté 3.200 liv. chez Gaignat. 4.085 liv.
    84. La Sainte Bible traduite en françois. Lyon, Jean de Tournes, 1557, 3 vol. in-fol., m. r. Impr. sur vélin avec 337 miniatures. 1.002 liv.
    124. Speculum humanae salvationis. Pet. in-fol., m. r. dent. doub. de tabis. Vient de la bibliothèque des Célestins, à Paris. 1.260 liv.
    214. Guillelmi Durandi rationale divinorum officiorum. Moguntiae, per Johannem Fust et Petrum Schoyffer de Gernszheym, 1459, in-fol., m. r. dent. doub. de m. viol. Première édition, imprimée sur vélin. 2.700 liv.
    273. Breviarium secundum usum Sarum, sive Ecclesiae Sarisburiensis, in-4 fort épais, m. r. dent. tabis. Manuscrit sur vélin à l’usage de l’église de Salisbury du xve, 45 grandes miniatures, 4.300 petites. 5.000 liv.
    283. Praeces piae, cum calendario, in-fol., v. f. Manuscrit sur vélin du xive, 537 miniatures. 1.850 liv.
    285. Heures latines de René d’Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile, avec miniatures peintes par lui-même, in-fol., m. r. Manuscrit sur vélin du xve. 1.200 liv.
    303. Praeces piae, cum calendario, pet. in-4, m. r. dent. Manuscrit sur vélin du xvie, exécuté en Italie, 42 peintures. 1.499 liv. 19 s.
    318. Heures de nostre dame escrites à la main, 1647, par n. jarry parisien, in-8, chagrin noir, avec deux fermoirs d’or. Manuscrit sur vélin, 7 peintures. Acquis en 1776 pour 515 liv. 10 s. à la vente de Paul-Hippolyte de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan. 1.601 liv.
    324. Officium Beatae Mariae Virginis, cum calendario, in-4, m. r. dentelles. Manuscrit sur vélin des xvie et xviie, 12 peintures. 3.012 liv.
    413. Lactantii Firmiani opera. In monasterio Sublacensi, 1465, in-fol. m. r. Première edition. 1.830 liv. 19 s.
    591. Ars moriendi, opus, si structuram spectes, nullius momenti. Dressé et imprimé par P. J. Mariette, 1738, in-4, m. r., doub. de tabis, portrait de Laurent Coster. Acheté 1.070 liv. à la vente Mariette. 1.610 liv.
    913. Christianismi Restitutio. 1553, in-8, m. r. à compartiments. Ex. de Richard Mead, qui l’avait offert à De Boze. Acheté 3.810 liv. à la vente Gaignat en 1769. 4.120 liv.
    914. Michaelis Serveti Chistianismi Restitutio. 2 vol. in-4 v. f. Réimpression et copie exacte du précédent, faite sous les yeux de Mead. Acheté 425 liv à la vente Paris de Meyzieu. 1.700 liv.
    1.049. Decretum Gratiani cum glossis, ex recensione Bartholomoei Brixiensis. Moguntia, Petrus Schoiffer de Gernsheym, 1472, 2 vol. in-fol. goth. m. r. imprimé sur vélin. 1.150 liv. 19 s.
    1.445. Caii Plinii Secundi naturalis historiae libri XXXVII. Venetiis, Joannes de Spira, 1469, in-fol., m. r. dent. Première édition. 1.699 liv. 19 s.
    1.457. Caii Plinii Secundi naturalis historiae libri XXXVII. Parisiis, Antonius Urbanus Coustelier, 1723, 3 vol. in-fol., m. r. imprimé sur vélin. 1.190 liv.
    1.544. Plantes peintes en gouache par Claude Aubriet, in-fol. m. r. 30 plantes peintes sur vélin. 1.100 liv.
    1.556. Recueil de Fleurs & d’Insectes peints sur vélin par Daniel Rabel en 1624, in-fol. m. r. 233 fleurs, 7 papillons, 22 divers insectes et 1 reptile à 2 têtes qu’on a appelé « Amphisbena ». L’abbé Rive a donné une notice sur ce recueil. 7.400 liv.
    1.618. Recueil d’Oiseaux, peints par Claude Aubriet, in-fol. m. r. 92 oiseaux. Sur vélin.  2.400 liv.
    1.677. Papillons, Plantes & Fleurs, peints par Claude Aubriet, in-fol. m. r. Sur vélin. 3.000 liv. 10 s.
    1.686. Locupletissimi rerum naturalium Thesauri accurata descriptio, & iconibus artificiosissimis expressio, per universam Physices Historiam. Amstelodami, apud Janssonios Waesbergios, 1734, 4 vol. in-fol. m. r. Toutes les fig. sont coloriées. 1.550 liv.
    2.035. Les Chars de triomphe, 1517, 79 pièces. Ex. de Pierre-Jean Mariette (1 des 3 qui ont paru). 1.000 liv.
    2.125. Oppiani de Piscatu libri quinque. In Colle Oppido Municipio florentino, Gallus cognomine Bonus, 1478, in-4 goth. m. r. Première edition. 1.000 liv.
    2.199. Joannis (Balbi) de Janua summa quae vocatur Catholicon. Moguntia, Johannes Fust & Petrus Schoyffer de Gernszheym, 1460, 2 vol. in-fol. m. r. dent. Première edition, imprimé sur vélin. 2.001 liv.
    2.250. M. Tullii Ciceronis Opera omnia. Parisiis, Joannes Baptista Coignard, 1740, 9 vol. in-4, G. P., format petit in-fol. m. r. 1.179 liv. 19 s.
    2.275. M. T. Ciceronis Officiorum libri tres. Moguntiae, per Johannem Fust et Petrum Schoyffer de Gernsheym, 1465, pet. in-fol. goth. m. r. Première édition. Impr. sur vélin. 1.400 liv.
    2.327. M. T. Ciceronis Rhetoricorum libri quatuor emendati ab Omnibono Leoniceno. Venitiis, Nicolaus Jenson, 1470, in-4, m. bl. Première édition. Impr. sur vélin. 1.100 liv.
    2.432. Publii Virgilii Maronis Opera. Romae, Conradus Sweynheym & Arnoldus Pannartz, in domo Petri & Francisci de Maximis, [1469]. In-fol., m. bl., dent. Première édition rarissime. 4.101 liv.
    2.514. C. Calphurnii Eclogae XI. Romae, Conradus Sweynheym & Arnoldus Pannartz, in domo Petri & Francisci de Maximo, 1471, in-fol., m. r. Première édition. 1.160 liv.
    2.538. Valerii Martialis Epigrammata. Venetiis, Vindelinus de Spira, circa ann. 1470, in-4, m. r. Première édition très rare. 1.274 liv.
    2.701. Recueil de Poésies des Troubadours. Gd in-fol., m. r., dent. Manuscrit sur vélin du xive. Vient de la bibliothèque de Madame d’Urfé. 1.500 liv.
    2.811. Le Roman de très douce Mercy au Cuer d’Amours épris. In-fol., m. r. Manuscrit sur vélin du xve. Vient de la bibliothèque de Gaignat, à la vente duquel il a coûté 875 liv. 1.620 liv.




    3.247. La Guirlande de Julie. Pour Mademoiselle de Rambouillet. Julie Lucine-d’Angennes. Escript par N. Jarry. 1641. In-fol. m. r. doublé de m. Manuscrit sur vélin. 14.510 liv. à la duchesse de Châtillon.
    3.358. Le Mystère de la vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ.Paris, Antoine Vérard, 1493, in-fol., goth., m. r. Imprimé sur vélin, 28 miniatures. 1.500 liv.
    3.579. Opere di Francesco Petrarcha. Venetiis, Vindelinus de Spira, 1470, in-4, m. r. 1.330 liv.
    3.838. Lucii Apuleii Platonici Philosophi metamorphoseos liber. Romae, in domo Petri de Maximo, die ultima mensis februarii, 1469, in-fol., m. r. Première édition. 1.520 liv.
    4.097. La Très Elégante, Délicieuse, Melliflue & très Plaisante Histoire du très noble & victorieux roi Perceforest. Paris, Galliot du Pré, 1528, 6 vol. in-fol., goth., m. r. Imprimé sur vélin. 1.601 liv.
    4.199. Auli Gellii Noctes Atticae. Romae, in domo Petri de Maximis, 1469, die vero XI mensis aprilis. Première édition. Manque 1 f. de la Table. 1.130 liv.
    4.375. Recueil très précieux de pièces diverses qui traitent principalement de l’histoire de France. 500 portefeuilles in-8, avec des dos de m. r. 1.211 liv.
    4.527. Hac introgressus, lector, Magiae familiae arborem, seriem atque insignia Caroli deinde Magii equitis Hierosolymitani filiique imagines Postremo varios viri casus exitusque reperies anno dni 1578 in-fol. m. r. dent. tabis. Ce manuscrit a coûté 902 liv. à la vente Gaignat. 2.000 liv.
    4.717. Acta Sanctorum. Antverpiae, apud Joannem Meursium, 1643 et anno seq. 51 vol. in-fol. v. f. 1.799 liv. 19 s.

    4.844. Les Faictz & Gestes d’Alexandre le Grant. In-fol., m. bl. Manuscrit sur vélin du xve, 86 miniatures. 1.000 liv.
    4.905. Caii Julii Caesaris opera. Romae, in domo Petri de Maximis, die xii mensis Maii 1469, in-fol. m. r. Première édition. 1.260 liv.
    4.924. Caii Suetonii Tranquilli de vita & moribus XII. Romae, in Pinea regione via Papae (per Ulricum Han), anno 1740 [i.e. 1470], sextili mense. Pauli autem Veneti. II. Pont. Maximi anno sexto. 1.340 liv.
    5.056. Les Cronicques d’Anguerran de Monstrelet. 3 vol. in-fol. m. r. dent. Manuscrit sur vélin du xvie. 2.700 liv.
    5.070. Dialogues entre Pierre Salmon et Charles VI roi de France. Manuscrit sur vélin du xve, 27 miniatures. 1.299 liv. 19 s.
    5.235. Livre d’Heures du comte de Bussy-Rabutin. Vol. in-16, mar. citr. dent. double de mar. r. Marques de fermoirs. 2.400 liv.
    5.295. Ces sunt les chapitres faites et trouees pour le tres excellent prince Monseignour le roy loys pour la grace de Dieu roy de Jerusalem et de Secille. In-fol. m. r. dent. Manuscrit sur vélin des statuts de l’Ordre des chevaliers du Saint-Esprit. 1.510 liv.
    5.335.Pompa introitus Ferdinandi Austriaci, Hispaniarum Infantis, Belgarum & Burgundionum Gubernatoris, in urbem Antverpiam XV Kal Maii anno 1635. Antverpiae, veneunt exemplaria apud Theod. a Tulden, qui iconum tabulas ex Archetypis Rubenianis delineavit & sculpsit, 1641, in-fol. m. r. Imprimé sur vélin. Acheté 920 florins [1.994 liv.] à la vente Verdussen, en 1776, à Anvers. 1.700 liv.
    5.371.Olavi Rudbeckii Atlantica, 1675-1679-1689, 6 vol. in-fol., fig., m. r. 1.351 liv.

    5.418. Nobiliaire de Picardie. 4 vol. in-fol. v. m. Impr. sur vélin. 1.210 liv.
    5.420. Recherche de la noblesse de Champagne, par M. de Caumartin. Chalons, Jacques Seneuze, 1673, 2 vol. in-fol., m. r. Imprimé sur vélin avec les armoiries coloriées. 7.601 liv.
    5.527.Museum Florentinum exhibens insigniora vetustatis monumenta quae Florentiae sunt. Florentiae, ex typ. Mich. Nesteni, 1731 & seq., 11 vol. in-fol., fig. m. r. dent. 1.199 liv. 19 s.
    5.643. Valerii Maximi de Dictis Factisque memorabilibus veterum libri IX. Moguntiae, per Petrum Schoyffer de Gernshem, 1471, in-fol. goth., m. bl. Impr. sur vélin. 1.500 liv. 15 s.
        


    Les livres de la seconde grande vente, prévue « dans les premiers jours du mois de Décembre 1784 », furent achetés en bloc par Antoine-René de Voyer d’Argenson (1722-1787), marquis de Paulmy, le 4 mars 1786, pour la somme de 80.000 livres, puis rachetés, dès le 23 juin 1786, par le comte d’Artois,


    pour le même prix, et sont aujourd’hui à la bibliothèque de l’Arsenal : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de la Vallière. Seconde partie, […]. Tome premier. (Paris, [Jean-Luc] Nyon l’aîné, 1784, 6 vol. in-8, lxiv [i.e. lxvj]-561-[1 bl.] p., 3.442 lots ; xij-538 p., lots 3.441 [sic]-7.399 ; xij-464 p., lots 7.400-12.255 ; xij-488 p., lots 12.256-16.999 ; xij-608 p., lots 17.000-21.399 ; xiv-663-[1 bl.] p., lots 21.400-26.537). La classification est beaucoup éloignée du système bibliographique suivi alors en France : le tome I, consacré aux livres de théologie et de jurisprudence, contient un feuillet portant au recto deux bons pour un exemplaire gratis de la « Table des matières et des auteurs » et pour un exemplaire des « Prix imprimés » de la seconde partie du catalogue de la bibliothèque ; le tome II est consacré aux sciences et arts, le tome III aux belles-lettres, le tome IV à la poésie, le tome V à la poésie dramatique et à l’histoire, le tome VI à l’histoire particulière de l’Europe.
    L’Abbé Rive n’avait pas tout à fait tort quand il accusait son rival, « le Gros Guillaume », de manquer de goût, de savoir et de connaissances spéciales : il y a dans les catalogues de cette deuxième vente des trésors de rareté et d’élégance, d’une condition et d’une fraîcheur de reliure exceptionnelles, qui auraient dû remplacer nombre d’articles qui figurent dans la collection dispersée en 1784.      



    Le catalogue de la seconde partie de la bibliothèque du duc de La Vallière a été réédité en 1788, Jean-Luc Nyon, associé à son fils Marie-Jean-Luc Nyon, se contentant d’enlever sur le titre les mots « dont la Vente se fera dans les premiers jours du mois de Décembre 1784 », d’y changer la date de 1784 par celle de 1788 et de mettre en tête un « Avertissement » dont la fin fut modifiée, compte tenu de l’achat en bloc par le marquis de Paulmy, et qui est contenu dans les pages V-X [sic], ce qui donne lieu à une lacune [feuillet xj-xij manquant] entre les pages x et xiij.

    Le duc de La Vallière avait été l’auteur de quelques pièces de vers et de deux romances : Les Amours infortunés de Gabrielle de Vergy et de Raoul de Coucy, et Les Infortunés Amours de Comminges. On lui attribue : Ballets, opéra, et autres ouvrages lyriques, par ordre chronologique depuis leur origine (Paris, Cl.-J.-Baptiste Bauche, 1760) et Bibliothèque du théatre [sic] françois, depuis son origine (Dresde [i.e. Paris], Michel Groell [i.e. J. B. Bauche], 1768, 3 vol.), « contenant un extrait de tous les ouvrages composés pour ce théâtre, depuis les Mystères jusqu’aux Pièces de Pierre Corneille » et rédigée avec un groupe d’érudits, dont Barthélemy Mercier (1734-1799), abbé de Saint-Léger de Soissons et aumônier de la Grande fauconnerie de France, qui écrivit sur le faux titre du tome I de son exemplaire :

    « Le duc de La Vallière, qui se croyait auteur de cette bibliothèque, faite par Marin, Capperonier, moy et d’autres gens de lettres, vendit le manuscrit au libraire Jean-Baptiste-Claude Bauche, qui le fit imprimer à ses frais avec une permission tacite. »
     

    En souvenir de La Vallière, on appelle « maroquin lavallière » le maroquin de couleur feuille morte, tandis qu’en souvenir de sa grand-tante, la cravate [d’homme ou de femme] formée d’un large nœud flottant est appelée une « lavallière ».








































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  • 08/30/15--09:36: Choix des illustrations


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