Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Channel Catalog


Channel Description:

« Toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi » est un délit de contrefaçon, en vertu de l’article L335-3 du Code de la propriété intellectuelle.

older | 1 | .... | 14 | 15 | (Page 16)

    0 0

    Jean-Paul Fontaine

    Les Gardiens de Bibliopolis


    (Paris, L’Hexaèdre, 2015, t. I)



    ERRATA & CORRIGENDA



    -          Dans l’ordre alphabétique, « De Boze » est avant « De Bure »


    -          Frontispice, légende : « Rève »

    -          p. 33, 5e§ : « cimetière duMontparnasse »

    -          p. 71, 2e§, 3e ligne : supprimer l’astérisque à « 3 706* »

    -          p. 71, 3e§, 4e ligne : supprimer l’astérisque à « 242* »

    -          p. 89, 2e§ : « Thoré »

    -       p. 99, dernier §, dernière ligne : après « Londres », ajouter « et dont une partie fut achetée par Alfred Chenest (1816-1880), pour constituer la presque totalité de sa collection. »

    -      p. 103, 2e§, dernière ligne : ajouter « Pour cette vente, le Bibliophile Jacob servit de prête-nom à Guglielmo Libri. »

    -          p. 130, dernier §, 9e ligne : « [-1889»

    -          p. 131, 4e§, dernière ligne : « Remy », au lieu de « Henry »

    -      p. 180, 5e§ : remplacer « dont la plupart sont doubles et triples » par « auxquels il faut ajouter 78 doubles ».

    -          p. 190, 10e ligne : « décéda à Paris en juillet 1642 »

    -          p. 191, 7e ligne : « -542 [i.e. 544]p. »

    -          p. 196, 2e ligne : « Maurice »

    -          p. 204, 5e ligne : après « Bientôt », ajouter « au printemps 1838, »

    -         p. 212, 8e ligne : au lieu de « vendue aux enchères le 22 août 1838 », mettre « dont la vente, prévue du 22 au 24 août, eut lieu du 8 au 10 août 1838. »

    -          p. 242, 2e§, dernière ligne : « Guillaume Libri (1802-1869) »

    -          p. 243 : les reliures des lots 389, 390 et 391 sont des reliures de Théodore Hagué

    -          p. 245, 3e§, 3e ligne : mettre un crochet après « SuccRS »

    -          p. 269, 5e§, 1ère ligne : à la suite de « 22 février 1876 », ajouter « et son inhumation à Sorel-Moussel »

    -          p. 280, 6e ligne : « Roudiez »

    -          p. 312, 2e§, 2e ligne : « dans », au lieu de « avec »

    -          p. 312, 2e§, 3e ligne : « [Aisne, 5 rue Principale] »

    -          p. 315, 4e ligne : à la suite de « rue Cassette [VIe] », ajouter « démoli en 1909 »

    -          p. 315, 5e§, dernière ligne : au lieu de « 4785 lots] », mettre « 4785 + 31 doubles [*] = 4816 lots) », avec une parenthèse au lieu du crochet

    -          p. 315, 6e§ : les pourcentages sont calculés hors doubles

    -          p. 360, 3e§, 4e ligne : au lieu de « [XI]-XV-190 p. », mettre « [6]-XV-[1b l.]-190 p. »

    -          p. 452, 2e§, 12e ligne : « safortune »

    -        p. 487, 6e§, dernière ligne : au lieu de « dépassa 82 000 francs », mettre « atteignit 74 956 francs et 65 centimes. »

    -          p. 518, 2e§, 1ère et 2e lignes : « 55 passage des Panoramas [IIe»

    -          p 619, 4e§, 6e ligne : « revendus 425 000 francs, le 15 février suivant »




    0 0



    Fils de Marie-Julie Leclerc, couturière célibataire demeurant à Paris, 200 rue Saint-Denis [IIe], Henri-Fernand Leclerc est né le 9 janvier 1862, à 2 heures du matin, chez Anne-Marie Pissard, sage-femme, 7 rue Sainte-Apolline [IIIe]. 
    Henri Leclerc entra, le 1er mars 1881, chez le libraire-éditeur Léon Techener (1832-1888), qui avait succédé à son père en 1865, 52 rue de l’Arbre-Sec [Ier].

    Au début de 1886, Léon Techener ayant eu une seconde attaque de paralysie, Leclerc dirigea sa librairie jusqu’à sa mort, puis pour le compte de sa veuve, Joséphine-Rosalie Péré. Entre-temps, en 1887, la librairie avait déménagé au 219 rue Saint-Honoré [Ier], au coin de la rue d’Alger.


    Le 1er janvier 1890, la librairie et le Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire furent cédés à Leclerc et son associé, Paul Cornuau (1863-1924). Cette association, sous la firme « Librairie Techener », dura jusqu’au 1er janvier 1900. La direction du Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire fut confiée à Georges Vicaire (1853-1921), qui succéda au baron Alfred-Auguste Ernouf (1816-1889). 


    Le catalogue périodique de livres anciens rares et curieux, en vente aux prix marqués, intitulé Bibliopoliana, devint bimestriel et continua à être envoyé gratuitement à tous les abonnés du Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire.


    Dans la librairie en 1906.
    De gauche à droite : Paul Lacombe (1848-1921), Maurice Tourneux (1849-1917), Georges Vicaire (1853-1921), François Courboin (1865-1926), Léon Gruel (1841-1923), Henri Leclerc. 



    De 1900 à 1922, Leclerc géra seul la « Librairie Henri Leclerc ».

    Le 15 décembre 1908, à Paris [XVIIe], il épousa Céleste-Marie-Josèphe Groniez, née à Saint-Quentin [Aisne] le 14 novembre 1868, fille de Marie-Henriette-Joséphine Groniez, couturière célibataire : Paul Gruel (1864-1954), relieur-éditeur, 418 rue Saint-Honoré [VIIIe], fut son témoin.

    Le 1er février 1919, Louis Giraud (1876-1960) entra à la « Librairie Henri Leclerc ».

    En 1921, Leclerc fut nommé libraire de la Bibliothèque nationale.

    Le 1er janvier 1923, il céda sa librairie à Louis Giraud, avec le Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, dont la direction avait été confiée l’année précédente à Fernand Vandérem (1864-1939).



    En 1924, il quitta son domicile parisien du 16 villa Dupont [XVIe], pour vivre sa retraite à La Baule [Loire-Atlantique], dans sa villa baptisée « Gazonette » [rebaptisée aujourd’hui « Romance »], située au 14 avenue de la Concorde : villa « Art nouveau » à trois niveaux, au milieu d’un jardin, à l’angle de l’avenue des Pélicans ; escalier au nord, menant à l’entrée du rez-de-chaussée ; véranda vitrée à l’ouest, au rez-de-chaussée, supportée par trois poteaux en béton, surmontée d’un balcon et pourvue d’un escalier au sud menant au jardin ; tour à l’angle nord-est ; les murs sont en moellons, avec enduit au rez-de-jardin ; la couverture est en tuile plate écaille.


    Chevalier de la Légion d’honneur en 1927, Henri Leclerc, veuf, mourut dans sa villa de La Baule, le 12 mai 1941. En 1928, Louis Giraud avait quitté les locaux de la rue Saint-Honoré, pour installer la « Librairie Giraud-Badin » au 128 boulevard Saint-Germain [VIe].


    Henri Leclerc a dirigé, comme expert, plus de 250 ventes aux enchères de livres anciens et modernes, faites sur catalogues raisonnés :


    Catalogue de beaux livres anciens & modernes. Livres à figures du XVIIIe siècle, livres illustrés du XIXe siècle, livres modernes avec aquarelles originales, éditions originales d’auteurs contemporains, publications de luxe, composant la bibliothèque de feu M. Paul Bellon de Lyon. Première partie (1896).



    Catalogue de livres modernes. Beaux-arts, éditions originales d’auteurs contemporains, bibliographie, composant la bibliothèque de feu M. Paul Bellon de Lyon. Deuxième partie (1896).


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. le baron Jérôme Pichon, président honoraire de la Société des Bibliophiles françoisPremière partie [Deuxième partie] [Troisième partie] (1897-1898).


    In Le Figaro, 17 mars 1898, p. 6

    Catalogue des livres modernes composant la bibliothèque particulière de feu M. L. Conquet, éditeur, libraire de la Société des Amis des Livres (1898).


    Catalogue de beaux livres anciens et modernes[…] composant la bibliothèque de feu M. le docteur Abel Giraudeau(1898).


    Catalogue des livres anciens et modernes, manuscrits et imprimés, [estampes et dessins,] composant la librairie de feu M. Edmond Lortic. Première partie [Deuxième partie] (1900-1901).


    Catalogue des livres modernes et anciens composant la bibliothèque de feu M. Louis Énault (1901).


    Catalogue de livres modernes composant la bibliothèque de feu M. Devy (1902).


    Catalogue de livres modernes et de livres anciens provenant de la bibliothèque de feu M. José-Maria de Heredia, de l’Académie française, administrateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. Première partie [Deuxième partie] (1906).


    Catalogue de livres modernes, aquarelles, dessins originaux, eaux-fortes et suites de figures provenant de la bibliothèque de feu M. Adolphe Lalauze(1907).


    Catalogue de livres modernes et de livres anciens provenant de la bibliothèque de feu M. Léon Sapin. Première partie [Deuxième partie] (1906-1907). 


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. le comte A*** W*** [Alfred Werlé]. Première partie [Deuxième partie] [Troisième partie] [Quatrième partie] [Cinquième partie](1908).


    Catalogue d’une jolie petite collection d’almanachs illustrés et de petits livres du commencement du XIXe siècle, avec figures en noir et en couleurs, provenant du cabinet de M. le baron de Fleury (1908).


    Catalogue de livres modernes ornés de reliures artistiques exécutées par Charles Meunier et provenant de sa bibliothèque particulière (1908).


    Manuscrits du VIIe au XVe siècle provenant de la bibliothèque du château de Troussures (1909).


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. le vicomte F. de Janzé, de la Société des Bibliophiles françois (1909).


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. Victorien Sardou, de l’Académie française. Première partie [Deuxième partie] (1909-1910).




    Catalogue de livres et estampes relatifs à l’architecture, à l’ornementation, à la décoration intérieure, cérémonies, orfèvrerie, bijouterie, dentelles, manuscrits, livres illustrés […] provenant de la bibliothèque de M. A. Polovtsoff (1910).


    Bibliothèque de feu M. Léon Manchon (1911).


    Catalogue de livres anciens et modernes […] provenant de la bibliothèque de feu M. J. Coudre de Mulhouse (1912).


    Catalogue de livres anciens et modernes […] provenant de la bibliothèque de feu M. Lenfant (1913).


    Catalogue de très beaux livres anciens et modernes provenant de la bibliothèque de feu M. le marquis de Piolenc(1913).


    Catalogue de livres anciens[…] provenant de la bibliothèque de feu Alphonse Willems (1914).




    Bibliothèque de feu M. Pierre Dauze (1914).


    Catalogue de livres anciens[…] provenant de la bibliothèque de feu M. Ernest Courbet (1917).




    Catalogue de livres modernes, publications de luxe, livres illustrés dans tous les genres, provenant de la bibliothèque de feu M. le DrEmile Goubert (1917).


    Catalogue de livres modernes[…] provenant de la bibliothèque de M. J. L. P. [Jules Le Petit]. Première partie [Deuxième partie] [Troisième partie] (1917-1918).




    Catalogue de livres modernes, manuscrits & autographes, provenant de la bibliothèque de feu M. Pierre Dauze (1917-1918).


    Catalogue de livres anciens et modernes, dépendant de la succession de madame la princesse de Faucigny-Lucinge, née de Choisel-Gouffier (1918).




    Catalogues de livres modernes et de livres anciens provenant de la bibliothèque de feu M. Ernest Courbet (1918).


    Catalogue de livres modernes[…] provenant de la bibliothèque de feu M. H**** M****[Henri Maistre] (1918).

    Catalogue de livres modernes […] provenant de la bibliothèque de feu M. P. Porel (1918-1919).



    Catalogue de la bibliothèque de feu M. Jules Claretie. Première partie[Deuxième partie] [Troisième partie] [Quatrième partie] [Cinquième partie] [Sixième partie] (1918-1920).



    Catalogue de livres anciens & modernes provenant de la bibliothèque de M. Jules Charles-Roux(1919).



    Catalogue de livres anciens, rares et précieux, provenant de la bibliothèque de M. Louis Loviot (1919).


    Bibliothèque de Octave Mirbeau. Première partie [Deuxième partie] (1919).




    Jolie collection de livres anciens rares et précieux, ouvrages de provenances célèbres […] composant le cabinet de M. A. L*** - D*** [A. De La Vigne de Tours ?] (1920).



    Catalogue de beaux livres illustrés […] provenant de la bibliothèque de feu M. W. Chabrol (1920). 



    Catalogue d’une jolie collection d’almanachs illustrés des XVIIIe& XIXe siècles […] provenant du cabinet de feu M. Félix Meunié (1920).


    Catalogue de livres anciens classiques, livres illustrés, ouvrages relatifs à l’Amérique, et de livres modernes, livres illustrés, éditions originales d’auteurs contemporains, provenant de la bibliothèque de feu M. Texcier, de Rouen (1920).

    Bibliothèque de M. le Dr Stilling, de Lausanne (1920).


    Catalogue de la bibliothèque de M. Raymond Aubert, de Reims(1920).


    Catalogue de livres anciens et modernes, d’ouvrages et estampes relatifs à l’histoire de Paris et de ses environs, provenant de la bibliothèque de feu M. Lucien Hoche (1920).




    Catalogue de livres modernes. Éditions originales d’auteurs du XIXe siècle et contemporains. Beaux livres illustrés de l’époque romantique et beaux livres contemporains illustrés. Provenant de la bibliothèque de feu M. Jules Brivois, membre fondateur de la Société des Amis des livres, vice-président des Cent Bibliophiles (1920).


    Catalogue des bibliothèques de MM. Achille Fould et Léon Rattier. Première partie [Deuxième partie] (1920-1922).


    Catalogue de livres anciens et modernes, d’ouvrages relatifs à l’histoire de Paris, provenant de la bibliothèque de feu M. Félix Herbet (1921).



    Catalogue de costumes (recueils, suites, estampes détachées), de portraits de Napoléon Ier et de la famille impériale, estampes provenant de la collection de madame la princesse Eugène Murat (1921).


    Catalogue d’ouvrages d’auteurs du
    XIXesiècle et contemporains, en éditions originales […] provenant de la bibliothèque de M. Pierre Gombel (1921).


    Catalogue des beaux manuscrits français, flamands et italiens des XIVeet XVesiècles, incunables, riches reliures des XVeet XVIesiècles[…] provenant de la collection Engel-Gros (1921).


    Catalogue de livres modernes […] provenant de la bibliothèque de M. Eug. Richtenberger (1921).




    Catalogue de livres modernes […] provenant de la bibliothèque de feu M. Parran (1921).




    Catalogue de livres anciens et modernes […] provenant de la bibliothèque de M. Victor Déséglise (1921). 



    Catalogue de livres anciens […] et de livres modernes […] provenant de la bibliothèque de feu M. Auguste Michot (1921).




    Catalogue d’ouvrages d’auteurs du XIXe siècle et contemporains en éditions originales et quelques livres anciens provenant de la bibliothèque de M. Fernand V*** [Vandérem] (1921). 

      

    Bibliothèque de feu M. Georges Vicaire. Première partie [Deuxième partie] (1922-1923).


    Catalogue de la bibliothèque de feu M. Paul Lacombe […]. Première partie[Deuxième partie] (1922-1923).


    Bibliothèque de Mme Sarah Bernhardt. Première partie [Deuxième partie] (1923).


    Bibliothèque de M. Édouard Pelay, président de la Société rouennaise de bibliophiles. Première partie [Deuxième partie] [Troisième partie] (1923-1924).


    En outre, Leclerc fut chargé d’inventorier quatre bibliothèques importantes, destinées, par leurs possesseurs, à revenir à des établissements publics : celles de Henri-Émile Perrin, du comte Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau et du vicomte René-Jean-Baptiste de Savigny de Moncorps léguées au Musée des Arts décoratifs ; celle de Louis-Stanislas Bernier léguée au Musée Condé à Chantilly.


    En dehors de ses affaires de librairie et d’expertise, Leclerc a édité de nombreux ouvrages :


    Coup d’œil sur les almanachs illustrés du XVIIIe siècle (Paris, Techener [H. Leclerc & P. Cornuau], 1891, in-8, 27-[1 bl.] p.), par le vicomte de Savigny de Moncorps, de la Société des Bibliophiles françois ; 


    la deuxième édition (Paris, Techener [H. Leclerc & P. Cornuau], 1891, in-8, [2]-82 p.) est augmentée de la description des vingt plus jolis d’entre eux et d’un frontispice, gravé par Gaucher d’après Cochin.


    Le Viandier de Guillaume Tirel, dit Taillevent (Paris, Techener, 1892, in-8, [8]-LXVIII-178-[2] p., front. et 8 pl., 350 exemplaires), par le baron Jérôme Pichon et Georges Vicaire.



    Le Livre d’or de Jeanne d’Arc. Bibliographie raisonnée et analytique des ouvrages relatifs à Jeanne d’Arc (Paris, Techener, Henri Leclerc et Cornuau successeurs, 1894, in-8, XXVIII-1.007-[1] p.), par Pierre Lanéry d’Arc.



    Documents pour servir à l’histoire des libraires de Paris 1486-1600 (Paris, Techener [H. Leclerc et P. Cornuau, Srs], 1895, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-VII-[1 bl.]-294-[1bl.]-[1] p., 9 fac-similés et 2 pl.),par le baron Jérôme Pichon et Georges Vicaire.


    Marie-Antoinette devant l’histoire. Essai bibliographique (Paris, Techener [H. Leclerc et P. Cornuau, Srs], 1895, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-VII-[1 bl.]-87-[1] p.), par Maurice Tourneux.


    Les Petits Romantiques(Paris, Henri Leclerc, 1900, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-341-[1 bl.] p.), par Eugène Asse.


    Histoire de l’empereur racontée dans une grange par un vieux soldat (Paris, Henri Leclerc, 1904, in-8, [2]-[1 bl.]-[2]-[1 bl.]-VIII-59-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 300 exemplaires), par Honoré de Balzac. Eaux-fortes en couleurs gravées par Adolphe Lalauze d’après les aquarelles originales de son fils Alphonse Lalauze.



    Bernard de Requeleyne, baron de Longepierre (1659-1721) (Paris, Henri Leclerc, 1905, in-8, [1]-[2 bl.]-[2]-[1 bl.]-VIII-216-[1]-[1 bl.] p.), par le baron Roger Portalis.



    Le Président de Thou et ses descendants (Paris, Henri Leclerc, 1905, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-274-[2] p., 6 pl.), par Henry Harrisse.



    La Comtesse d’Houdetot, sa famille, ses amis (Paris, Henri Leclerc, 1905, in-8, [1 bl.]-[1]-VIII-314-[1]-[1 bl.] p., 9 pl.), par Hippolyte Buffenoir.


    Les Livres à figures vénitiens de la fin du XVe siècle et du commencement du XVIe (Florence, Léo S. Olschki, et Paris, Henri Leclerc, 1907-1914, 6 vol. in-fol.), par le prince d’Essling.



    Comptes de Louis XVI(Paris, Henri Leclerc, 1909, in-8, [2]-VIII-XXVIII-347-[1] p.), par le comte de Beauchamp.


    Essai bibliographique sur les œuvres d’Alain-René Lesage (Paris, Henri Leclerc, 1910, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-348-[1]-[1 bl.] p., 205 exemplaires), par Henri Cordier.


    Louis XIII et Richelieu. Lettres et pièces diplomatiques (Paris, Henri Leclerc, 1911, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-425-[1 bl.]- [1]-[1 bl.] p.), par Eugène Griselle.



    Un ministre des modes sous Louis XVI. Mademoiselle Bertin, marchande de modes de la Reine, 1747-1813 (Paris, Henri Leclerc, 1911, in-8, [5]-[1 bl.]-223-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 400 exemplaires), par Pierre de Nouvion et Émile Liez. Frontispice et 11 planches gravées en couleurs par G. Ripart.


    George Sand. Étude bibliographique sur ses œuvres (Paris, Henri Leclerc, 1914, in-8, 118-[1]-[1 bl.] p., 120 exemplaires), par le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul.



    Au Maroc (Paris, Henri Leclerc, 1922, in-8 en feuilles, 4 p. de texte et 36 pl. en couleurs rehaussées à la gouache), par Marcel Vicaire (1893-1976), peintre orientaliste, fondateur de l’Association des peintres et sculpteurs français au Maroc. Album d’une insigne rareté.























    0 0


    Saint-Hippolyte-du-Fort et son viaduc
    D’une famille de protestants cévenols, Jean-Antoine-Alphonse Parran est né le 26 juillet 1826, à Saint-Hippolyte-du-Fort [Gard], porte des Cévennes, fils de Jean-Paul Parran et de Célina-Louise-Françoise Lacombe de Mandiargues. Orphelin de père le 21 février 1827, sa mère vint à Montpellier [Hérault] pour élever ses deux enfants. Sur les conseils d’un cousin parisien, Charles Combes (1801-1872), alors professeur à l’École des Mines de Paris, Alphonse Parran fut envoyé dans la capitale au collège Sainte-Barbe, rue Valette [Ve], puis entra à l’École polytechnique, rue Descartes [Ve], en octobre 1846.


    Ecole des Mines de Saint-Etienne
    Le 7 décembre 1852, ingénieur ordinaire des Mines, il devint professeur de géologie et de minéralogie à l’École des Mines de Saint-Étienne [Loire]. Passant ses vacances à Alès [Gard], il y épousa, le 28 mars 1853, Jeanne-Théonie Serre, née à Alès le 17 février 1830, fille du docteur Auguste Serre, ancien maire.
    En janvier 1857, il fut chargé du sous-arrondissement minéralogique d’Alès. 

    L'Illustration, 2 novembre 1861, p. 284
    À la suite de l’inondation et du sauvetage aux houillères du hameau de Lalle [Bordezac, puis, à partir de 1864, Bessèges, Gard], il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 20 octobre 1862.


    Le 2 juin 1865, il quitta le service de l’État pour entrer dans l’industrie privée et prit la direction de la Compagnie des minerais de fer magnétique de Mokta-el-Hadid [Algérie].

    Avec le chimiste et minéralogiste Charles Friedel (1832-1899), alors conservateur des collections de l’École des Mines de Paris, il fut des fondateurs en 1873 d’une école libre, l’École alsacienne, dont il présida le Conseil d’administration pendant trente ans.

    En 1879, il participa à la création du port de Béni Saf [Algérie] et des exploitations des minerais de fer à la Tafna [Algérie]. Le 1er janvier 1881, il fut nommé ingénieur en chef des Mines. La même année 1881, il organisa la Société des minerais de fer de Krivoï-Rog [Ukraine]. En 1897, après avoir étudié l’année précédente les gisements de phosphate de chaux de la région de Gafsa [Tunisie], il coopéra à la fondation de la Société des phosphates et du chemin de fer de Gafsa.


    Dès 1865, Parran habita définitivement Paris. 


    En 1882, il déménagea du 3 rue du Regard [VIe], pour l’hôtel de Cossé, dit « de La Meilleraye », 56 rue des Saints-Pères [VIIe, occupé par l’E.N.A. de 1946 à 1978, depuis par Sciences Po]. En province, il préféra séjourner dans la grande maison où il était né, près du viaduc, à Saint-Hippolyte-du-Fort ; il rassembla le surplus de ses collections dans la maison d’Alès, rue d’Avéjan, et des meubles anciens dans le domaine de la Liquière [Servas, Gard], deux propriétés héritées de son beau-père.

    Membre depuis 1855 de la Société géologique de France, qu’il présida en 1884, et de la Société de géographie depuis 1875, Parran fut membre de la Société des Amis des livres à partir de 1880, année de sa fondation, et son vice-président à partir de 1883.


    Alphonse Parran
    In Revue cévenole. Alais, Imprimerie J. Brabo, 1906, VIII, p. 159

    Homme de science et d’érudition, Parran eut pour but de collectionner les livres anciens dans leurs reliures anciennes, et les provenances. Érudit et fin lettré, il se créa une seconde bibliothèque, moins importante, de romantiques et de littérature contemporaine.


    En 1900, il vendit sa collection de livres anciens à Édouard Rahir (1862-1924), successeur de Damascène Morgand (1840-1898), 55 passage des Panoramas [IIe] : le n° 54 – décembre 1901 du Bulletin mensuel de la Librairie Damascène Morgand est le catalogue des 681 articles [chiffrés 4.1191 à 4.1871], à prix marqués, composant cette bibliothèque ; la valeur de l’ensemble de ces articles est de 389.755 francs.


    « Pour représenter le livre manuscrit, la Vie de Jésus-Christ, morceau admirable exécuté pour Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Dans le XVIe siècle, par exemple, le Perionii de linguæ gallicæ origine, exemplaire d’Henri II. Dans le XVIIIesiècle, le Daphnis et Chloé de 1757, aux armes de Mme de Pompadour, et dans une flamboyante reliure à dentelle rendue ultra-célèbre vers 1875 par une description ultra-flamboyante de Quentin-Bauchart (ah ! quel temps !).

    Les livres à figures du XVIIIe, Décaméron de Gravelot, Baiserset Fables de Dorat, Chansons de La Borde, Molière de Bret, Origine des Grâces, Zélis au bain, etc., etc., forment une série remarquable en condition ancienne.

    Puis – nous citons dans ce désordre qui est l’aspect vrai des bibliothèques – Parran accumule les provenances piquantes ou savoureuses. Sa Muse Chresthienne est d’Henri III, son Livre contre Luther par Henri VIII est l’exemplaire de Marguerite de Valois femme d’Henri IV, son Apocalypse de Bossuet appartint à Julie d’Angennes et au Duc de Montausier, et sa Conférence avec le ministre Claude, du même, est l’exemplaire de Mme de Maintenon, et voisine avec un Bréviaire romain de Mazarin, le Commines du Cardinal Dubois, les Commentaires de César du Prince Eugène et le Corneille de Mme de Chamillart. Son Denys Aréopagite est de Marie de Médicis. Il possède les Psaumes de David de Mme de Montespan et la Semaine Sainte de Mme de Pompadour, près de l’Éloge de la Foliede la Du Barry. Ses Fables de l’abbé Aubert et son Déserteur sont de Marie-Antoinette, ses Mémoires de Mmede Motteville sont de la Comtesse de Provence, son Narcisse dans l’Ile de Vénus de la Comtesse d’Artois, ses Quatres [sic] heures de la Toilette des Dames, de la Duchesse d’Orléans … »

    (Henri Beraldi. « Alphonse Parran ». In Société des Amis des livres. Annuaire. XXVe année. Paris, 1904, p. 40-43)



    4.1216. Aubert. Fables et œuvres diverses de M. l’Abbé Aubert. Nouvelle édition. Paris, Moutard, 1774, 2 vol. in-8, front., mar. rouge, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de la reine Marie-Antoinette. 3.000 fr.



    4.1260. Boucher (N.). Caroli Lotharingi card. et Francisci ducis Guysii, literæ et arma, in funebri oratione habita Nancij a N. Bocherio theologo, & ab eodem postea latine plenius explicata. Lutetiæ, Federici Morelli, 1577, in-4, réglé, portr. et pl., vélin blanc, dos orné, fil., ornements aux angles des plats, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Charles de Lorraine. 2.500 fr.



    4.1309. Cérémonies et prières de divers sacrements : baptême, communion, extrême-onction et mariage. S. l. n. d., in-8, mar. rouge, riches dorures, tr. dor. (Rel. anc.). Manuscrit du XVIIe siècle sur vélin. Rel. de Le Gascon. Aux initiales de Claire Clémentine de Maillé, femme du Grand Condé. De la bibliothèque de R. S. Turner. 2.500 fr.

    4.1342. Corneille (P. et Th.). Le Théâtre de P. Corneille. – Poemes dramatiques de T. Corneille. Paris, G. Cavelier, 1706, 10 vol. in-12, réglés, mar. vert, dent., doublés de mar. rouge, dent. tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de madame de Chamillart. Des bibliothèques de Soleinne, J.-Ch. Brunet, comte Roger du Nord et comte de Lignerolles. 6.000 fr.



    4.1356. Pseaumes de David, traduis [sic] en françois selon l’hebreu. Loudun, René Billault, imprimeur du Roy et de la Ville, par l’ordre de madame de Montespan, 1697, un tome en 7 vol. pet. in-8, mar. rouge, fil. à froid, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de madame de Montespan. De la bibliothèque du comte de La Béraudière [1883, n° 4 : 3.000 fr. à Parran]. 5.000 fr.



    4.1358. Denys Areopagite (St). Les Œuvres du divin St Denys Areopagite evesque d’Athènes et du depuis apostre de France et premier evesque de Paris. Traduites du grec en françois par Fr. Jean de St-François. Avec une Apologie pour les œuvres du mesme auteur. Paris, Jean de Heuqueville, 1608, 2 part. en 1 vol. pet. in-8, réglé, titre gravé par L. Gaultier, mar. rouge, dos et plats fleurdelisés, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de la reine Marie de Médicis. De la bibliothèque du comte de Lignerolles. 2.500 fr.

    4.1372. Dorat. Les Baisers, précédés du Mois de Mai, poëme. La Haye et Paris, Lambert et Delalain, 1770, in-8, front. et fig. d’Eisen, mar. rouge, dent., tabis, tr. dor. (Rel. anc.). Grand papier. Armoiries au centre. Des bibliothèques de Sieurin et Delbergue-Cormont. 6.000 fr.

    4.1373. Dorat. Fables nouvelles. La Haye et Paris, Delalain, 1773, 2 tomes en 1 vol. in-8, fig. de Marillier, mar. rouge, fil. et dent., tr. dor. (Rel. anc.). Premier tirage en grand papier. 4.000 fr.



    4.1398. Erasme. Eloge de la folie, traduit du latin par M. Gueudeville. S. l. [Paris], 1751, in-4, front. et fig., mar. rouge, fil. tr. dor. (Rel. anc.). Grand papier aux armes de la comtesse Du Barry. 3.500 fr.



    4.1423. Fêtes publiques données par la ville de Paris, à l’occasion du mariage de Mgr. le Dauphin [avec Marie-Thérèse infante d’Espagne], les 23 et 26 février 1745. S. l. [Paris], 1745, in-fol., mar. rouge, large dent., tabis, tr. dor. (Padeloup). Aux armes en mosaïque de madame Victoire de France, fille du roi Louis XV. 3.500 fr.

    4.1440. Garnier (Cl.). Les Royales Couches ou les Naissances de monsieur le Dauphin et de madame. Composées en vers françois par Claude Garnier Parisien. Paris, Abel l’Angelier, 1604, pet. in-8, réglé, portr., vélin, semis de fleurs de lis sur le dos et les plats, coins ornés de feuillages, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du roi Henri IV. 3.500 fr.

    4.1476. Hénault (le président). Nouvel abrégé chronologique de l’histoire de France, contenant les événemens de notre histoire, depuis Clovis jusqu’à la mort de Louis XIV. Paris, Prault, 1768, in-8, vignettes en têtes, mar. rouge, large dent., tabis, tr. dor. (Rel. anc.). Rel. molle aux armes de Marie-Antoinette, Dauphine. De la bibliothèque du comte de La Béraudière. 2.500 fr.

    4.1478. Henri VIII. Assertio septem sacramentorum adversus Mart. Lutherum, Henrico VIII Angliæ rege auctore. Parisiis, Gulielmum Desboys, 1562, pet. in-12, réglé, mar. rouge, comp. de feuillages et d’arabesques, tr. dor. (Rel. anc.). Devise et insignes de Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, sur le dos et les plats. 2.500 fr.

    4.1481. Heures de Tournay. Faictes pour Symon Vostre. S. d. [calendrier 1502-1520], in-8 goth., fig., mar. vert, semis de fleurs de lis, coins et milieux de feuillages, tr. dor. (Rel. anc.). Marque de Pigouchet sur le titre. Armoiries sur les plats. De la bibliothèque de La Roche Lacarelle. 3.000 fr.

    4.1482. Horæ Beatæ Marie Virginis secundum usum Rothomagensis. S. l. n. d. [XVIe], in-8, velours vert, milieux et fermoirs argentés, tr. dor. (Rel. anc.). Manuscrit. 3.500 fr.



    4.1513. La Borde (J. B. de). Choix de chansons, mises en musique par M. de La Borde, ornées d’estampes par J. M. Moreau. Paris, de Lormel, 1773, 4 tomes en 2 vol. in-8, front., fig., texte et musique gravés, mar. rouge, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Rel. signée Derome le Jeune. Ex-libris de madame de La Borde. 7.500 fr.

    4.1527. Contes et nouvelles en vers. Amsterdam [Paris, Barbou], 1762, 2 vol. in-8, portr. de Ficquet, fig. d’Eisen et culs-de-lampe de Choffard, mar. vert, dos orné de lyres, de colombes et de feuillages, dent., doublés de tabis, tr. dor. (Rel. anc.). Rel. dite « de présent », exécutée par Derome. 3.000 fr.



    4.1532. Fables choisies, mises en vers par J. de La Fontaine. Paris, Desaint, Saillant et Durand, 1755-1759, 4 vol. in-fol., front. et fig. de J.-B. Oudry, mar. rouge, dos orné, larges dent., tr. dor. (Rel. anc.). Premier tirage sur grand papier de Hollande. 10.000 fr.



    4.1572. Lesfargues. David, poëme héroïque. Paris, P. Lamy, 1660, in-12, réglé, front. et fig., mar. rouge, fil., tr. dor., ciselée et peinte (Rel. anc.). Armoiries et chiffres de Marie-Anne-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, dite « la Grande Mademoiselle », sur les plats, le dos et les tranches. De la bibliothèque du comte de La Béraudière. 3.500 fr.



    4.1585. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, par Longus. Double traduction du grec en françois, par M. Amiot et d’un Anonime [sic], mises en parallèle. Paris, imprimées pour les curieux, 1757, in-4, front. et fig., mar. rouge, dos orné, larges dent., tabis, tr. dor. (Rel. anc.). Édition dite « des Curieux », ornée de fig. dessinées par le Régent, gravées par Audran. Aux armes de madame de Pompadour. Étiquette du relieur Dubuisson. Des bibliothèques de Quentin-Bauchart et de La Roche Lacarelle. 12.000 fr.



    4.1602. M. Manilii astronomicon libri quinque. Jos. Scaliger Jul. Cæs. F. recensuit, ac pristino ordini suo restituit. Ejusdem Jos. Scaligeri commentarius in eosdem libros, et castigationem explicationes. Lutetiæ, apud Mamertum Patissonium, 1579, 2 part. en 1 vol. pet. in-8, vélin blanc à recouvrements, fil., semis de fleurs de lis sur le dos et les plats, tr. dor (Rel. anc.). Aux armes du roi Henri III. De la bibliothèque du docteur Desbarreaux-Bernard. 2.500 fr.

    4.1618. Maximi (S.) scholia in eos B. Dionysii libros qui extant. Michælis Syngeli laudatio ejusdem (græce). Parisiis, apud Guil. Morelium, 1562, in-8, mar. vert, dos orné, comp. de fil. et semis de fleurs de lis, tr. dor. et ciselée (Rel. anc.). Aux armes et chiffre du roi Charles IX. 2.500 fr.

    4.1646. Montaigne. Les Essais de Michel seigneur de Montaigne. Édition nouvelle trouvée après le deceds de l’autheur, reveue et augmentée par luy d’un tiers plus, qu’aux precedentes impressions. Paris, Abel L’Angelier, 1595, in-fol., mar. brun, dos et plats richement ornés de branches de feuillages, doublé de mar. rouge, dent., garde de moire rouge, tr. dor. et ciselée, étui (Lortic). 2.500 fr.





    4.1652. Montesquieu. Le Temple de Gnide. Nouvelle édition avec fig. gravées par N. Le Mire, d’après les dessins de Ch. Eisen, en double état, avec et avant la lettre. Paris, Le Mire, 1772, in-8, front. et fig., texte gravé, mar. orange, comp. en mosaïque de mar. bleu et vert avec dorures au pointillé, alternant avec d’autres comp. renfermant des roses en mosaïque de mar. rouge et citron et feuillage en mar. vert, doublé de mar. bleu, larges dent. et milieux, gardes en soie, tr. dor. et mosaïquée, étui (Lortic). Reliure exécutée pour l’Exposition de Vienne en 1873, dont un trautzolâtre dira : « Ce n’est pas de la reliure, c’est le foyer du nouvel Opéra ! ». 5.000 fr.

    4.1662. La Muse chrestienne, ou Recueil de poésies chrestiennes tirées des principaux poëtes françois. Paris, G. Malot, 1582, in-12, réglé, mar. vert, riches comp. de fil. entrelacés sur le dos et les plats, tr. dor. (Rel. anc.). Armes du roi Henri III, sa devise « Spes mea Deus » et tête de mort sur le dos, Crucifixion au centre des plats. De la bibliothèque de La Roche Lacarelle. 3.000 fr.



    4.1678. Ovide. Les Métamorphoses d’Ovide en latin et en français, de la traduction de l’abbé Banier, avec des explications historiques. Paris, Le Clerc, 1767-1771, 4 vol. in-4, front., fig. et vign., mar. vert, dos orné à la grotesque, petite dent., tr. dor. (Rel. anc.). Rel. de Padeloup. De la bibliothèque de Le Normand du Coudray. 6.000 fr.

    4.1696. Perionii (Joachimi) dialogorum de linguæ gallicæ origine, ejusque cum græca cognatione, libri quatuor. Parisiis, apud Séb. Nivellium, 1554, pet. in-8, réglé, mar. fauve, dos et plats recouverts de fil. droits et courbes entrelacés avec fleurons, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du roi Henri II. Des bibliothèques de Anquetil-Duperron, Caussin de Perceval, Larcher de Saint-Vincent, J.-Ch. Brunet et La Roche Lacarelle. 12.000 fr.



    4.1766. Rossant (A. de). Remonstrance au peuple de Flandres, de se tenir sous la puissance et authorité de Monsieur, fils, et frère du Roy, duc de Brabant, etc. Tirée d’un admirable et fatal anagramme du nom de Son Altesse, qui est, Fransoys de Valoys. Par André de Rossant, lyonnoys. Paris, P. Chevillot, 1582, in-4, réglé, portr., vélin blanc, plats recouverts de comp. d’arabesques et de feuillages, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de François de Valois, duc de Brabant. Des bibliothèques de L. Double et de Lignerolles. 2.500 fr.

    4.1856. Vie (La) de Jésus-Christ traduite du latin en françois. S. l., 1461, in-fol., veau, tr. rouge (Rel. anc.). Manuscrit sur vélin provenant de la bibliothèque de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. 30.000 fr.

    4.1871. Zacharie. Les Quatre Parties du jour. Poëme en vers libres, imité de l’allemand de M. Zacharie, par M. l’abbé Aleaume. Paris, imprimerie de P. Alex. Le Prieur, 1773, in-8, front. et fig., mar. rouge, large dent., tabis, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du comte de Provence. 5.000 fr.


    Le 30 mars 1903, après être rentré chez lui, Parran fut brutalement frappé d’une attaque d’apoplexie. Il mourut le 1eravril 1903, sans avoir repris connaissance.


    « Parran n’avait pas seulement une culture scientifique. C’était un esprit délicat en toutes choses, un fin connaisseur en matière artistique. De bonne heure il s’était plu à recueillir, avec un goût très sûr, les vieilles faïences de Moustiers et de Marseille et les beaux meubles anciens dont il avait garni sa campagne de la Liquière et son domicile à Paris. Ces meubles rares et si purs, ces gravures délicieuses, en état si merveilleux, n’étaient que l’ornement et le charme de son domicile. Sa vraie passion, c’étaient les livres, qui avaient fait de lui un bibliophile de marque. Il avait d’abord réuni des raretés classiques, spécialement avec reliure ancienne ; puis il avait été des premiers à former une collection des éditions originale de nos romantiques, dont la vogue, un instant si poussée, mais déjà un peu tombée, ne cadre pas toujours avec la beauté des caractères ou la qualité du papier. Lorsque sa collection lui parut avoir atteint un assez grand développement, il songea, comme tout bibliophile qui se respecte, à procéder à une vente pour entreprendre une autre série. Fuyant toujours le bruit et l’éclat, il ne voulut pas d’une de ces ventes publiques, qui classe cependant un amateur dans la grande notoriété, toujours avec profit pour lui ; il se défit simplement à l’amiable de ces premières richesses en les cédant à leurs prix d’achat. Il se mit à former une nouvelle collection avec un programme original et intéressant. Il recherchait les livres postérieurs à 1830, qui se distinguaient par quelque particularité faisant d’eux des exemplaires uniques, qu’il conservait précieusement dans l’état, dans la reliure, même si elle était négligée, de leurs créateurs ou détenteurs originaires. Et ce lui était une joie, le soir, après sa journée industrielle terminée, de montrer à quelques intimes ses trouvailles, d’en faire valoir les particularités et de conter comment il les avait acquises : tels cette Manette Salomon, en grand papier, sur les plats de laquelle les de Goncourt avaient fait insérer deux émaux originaux de Claudius Popelin, représentant Manette, en sa superbe nudité, dans deux poses différentes sur la table à modèle ; et ces Fleurs du mal que l’éditeur Poulet-Malassis avait eu l’ingénieuse idée de constituer avec les “ bons à tirer ” encore remplis de corrections et de variantes curieuses de la main de Baudelaire ; et ces volumes ayant dans leurs feuillets de garde des dédicaces avec pièces d’envoi de Victor Hugo et de tant d’autres. Il n’aimait pas ses livres en simple collectionneur que la valeur commerciale du jour pique souvent plus que l’intérêt littéraire ; il les aimait en lettré et il savait les utiliser. Toujours rempli de sollicitude pour les choses du Gard, de sa “ petite patrie ”, il s’était plu à enrichir le Bulletin de la Société scientifique et littéraire d’Alais de Notes bibliographiques sur une collection de livres relatifs à cette localité et à ses environs [Bulletin, t. VI, 1874 ; t. VIII, 1876]. Il y publia des Études biographiques sur plusieurs des romantiques [Victor Hugo, Bulletin, t. III, 1875 ; Pétrus Borel, Alexandre Dumas, Bulletin, t. XII, 1880], au moment où il s’occupait plus spécialement de réunir leurs œuvres. Il avait complété ces essais par deux plaquettes, d’une érudition très complète et très sûre, sur la bibliographie de Victor Hugo et de Balzac [Romantiques. Éditions originales, vignettes, documents inédits ou peu connus. Victor Hugo, par un bibliophile cévenol. Alais, Imprimerie J. Martin, 1880, in-8 ; Romantiques.Éditions originales, vignettes, documents inédits ou peu connus, avec une figure de Tony Johannot, gravée par Porret. Honoré de Balzac.Paris, P. Rouquette, 1881, gr. in-8]. »

    (L. Aguillon. « Notice sur M. A. Parran, ingénieur en chef des Mines ». In Annales des Mines. Paris, Vve Ch. Dunod, 1904, Dixième série, Mémoires-Tome V, p. 255-257)


    Il y avait longtemps que Parran était mort quand sa collection de livres modernes, conservée par sa fille, fut dispersée à l’hôtel Drouot, salle 8, du 22 au 26 novembre 1921 : Catalogue de livres modernes et quelques livres anciens provenant de la bibliothèque de feu M. Parran (Paris, Henri Leclerc, 1921, in-8, 995 lots). La vente produisit 361.400 francs.


    8. Brumoy (Le P.). Le Théâtre des Grecs. Paris, Vve Cussac, 1820-1825, 16 vol. gr. in-8, cuir de Russie La Vallière (Purgold). 4.000 fr.



    36. Monument du costume physique et moral de la fin du dix-huitième siècle (texte de N. E. Rétif de la Bretonne), fig. dessinées et gravées par Moreau le Jeune. A Neuwied sur le Rhin, 1789, rel. ancienne. 7.500 fr.



    43. Rétif de la Bretonne. Le Paysan perverti ou les Dangers de la ville. Paris, 1776, 8 parties en 4 vol., 8 front. et 74 fig. par Binet, gravés par Berthet et Le Roy ; La Paysanne pervertie. Paris, 1784, 8 part. en 4 vol., 8 front. et 30 fig. de Binet ; les Figures du Paysan et de la Paysanne perverti. S. l. n. d. [1784-1785]. Ensemble 9 vol. in-12, veau marb., rel. ancienne, édition originale de La Paysanne pervertie. 2.400 fr.

    73. Balzac (H. de). Physiologie du mariage. Paris, Levavasseur et Urbain Canel, 1830, 2 vol. gr. in-8, demi-veau rouge, édition originale. Exemplaire de Balzac, sur papier jonquille, annoté de corrections autographes. 7.020 fr.

    80. Balzac (H. de). Les Cent Contes drolatiques. Paris, Gosselin, 1832-1833, et Werdet, 1837, 3 vol. in-8, mar. rouge (Cuzin), édition originale. 4.000 fr.

    90. Balzac (H. de). Le Père Goriot. Paris, Werdet et Spachmann, 1835, 2 vol. in-8, demi-rel. de l’époque. 2.450 fr.

    113. Banville (Théodore de). Odes funambulesques, avec un front. gravé à l’eau-forte par Bracquemond, d’après un dessin de Voillemot. Alençon, Poulet-Malassis et De Broise, 1857, in-12, mar. vert foncé (Lortic), édition originale. 1.900 fr.



    137. Baudelaire (Charles). Les Fleurs du mal. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1857, in-12, mar. rouge (Amand). Très précieux exemplaire d’épreuves dont les feuilles portent le bon à tirer et la signature de Charles Baudelaire. 35.950 fr. Adjugé à Henri Leclerc. [250 fr. à la vente Poulet-Malassis].

    138. Baudelaire (Charles). Les Fleurs du mal. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1857, in-12, demi-rel. mar. citron (Lortic). Edition originale. Précieux exemplaire sur Hollande ayant appartenu à Poulet-Malassis. 10.100 fr.

    139. Baudelaire (Charles). Les Fleurs du mal. Seconde édition. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1861, in-12, mar. La Vallière foncé (Capé, Masson-Debonnelle, successeur). Un des 4 exemplaires sur Chine. 3.600 fr. [37 fr. à la vente Asselineau].

    140. Baudelaire (Charles). Les Epaves (avec une eau-forte frontispice de Félicien Rops). Amsterdam [Bruxelles, Poulet-Malassis], 1866, in-8, demi-mar. rouge (Amand). Edition en partie originale. Exemplaire d’épreuves des Epaves formé par A. Poulet-Malassis. 9.850 fr.

    141. Baudelaire (Charles). Les Epaves (avec une eau-forte front. de Félicien Rops). Amsterdam [Bruxelles, Poulet-Malassis], 1866, in-12, papier vergé, demi-rel. mar. rouge (Amand). Edition originale. Avec le dessin de l’eau-forte de Rops ajouté. 3.000 fr.

    154. Borel (Petrus). Madame Putiphar. Paris, Ollivier, 1839, 2 vol. in-8, vignettes-frontispices tirées sur Chine, mar. bleu (Marius-Michel). Edition originale. Portr. par Célestin Nanteuil ajouté. Envoi autographe « à la vicomtesse Hugo ». 1.400 fr. [350 fr. vente Noilly].

    211. Madame Desbordes-Valmore. Les Pleurs, poésies nouvelles. Paris, Charpentier, 1833, in-8, front. d’Alfred Johannot, demi-rel. veau rouge de l’époque. Edition originale. Exemplaire de Balzac. 3.060 fr.

    254. Dumas (Alexandre). Le Comte de Monte-Christo [sic]. Paris, Baudry et Pétion, 1845, 18 tomes en 9 vol. in-8, cartonnage. Edition originale. 1.600 fr.

    316. Flaubert (Gustave). Madame Bovary. Paris, Michel Lévy Frères, 1857, 2 vol. in-18, dos et coins de mar. brun de l’époque. Edition originale. Envoi à Alfred de Vigny. 7.700 fr.

    317. Flaubert (Gustave). Salammbô. Paris, Michel Lévy Frères, 1863, gr. in-8, papier cuir japonais brun gaufré de dessins à froid. Edition originale. Note autographe d’Edmond de Goncourt. 6.180 fr.

    318. Flaubert (Gustave). Salammbô. Paris, Michel Lévy Frères, 1863, gr. in-8, dos et coins de mar. vert (R. Petit). Edition originale. 5.005 fr.

    320. Flaubert (Gustave). La Tentation de Saint Antoine. Paris, Charpentier et Cie, 1874, in-8, broché. Edition originale. 1.855 fr.

    321. Flaubert (Gustave). Trois contes. Un cœur simple. La Légende de Saint-Julien l’Hospitalier. Herodias. Paris, G. Charpentier, 1877, in-18, cartonnage vélin blanc (Henry-Joseph). Edition originale. 2.065 fr.

    332. Gaillardet (Frédéric). La Tour de Nesle, drame en cinq actes et en neuf tableaux. Paris, J. N. Barba, 1832, in-8, mar. violet. Edition originale. 1.510 fr.

    359. Goncourt (Edmond et Jules de). Germinie Lacerteux. Paris, Charpentier, 1864, in-18, mar. rouge (Capé). Edition originale. 1.400 fr.

    361. Goncourt (Edmond et Jules de). Manette Salomon. Paris, Librairie internationale, 1867, 2 tomes en 1 vol. in-12, mar. grenat avec deux émaux encastrés dans la reliure (R. Petit). Edition originale. Exemplaire des frères de Goncourt imprimé sur papier de Hollande, avec une note autographe. 5.800 fr.

    373. Goncourt (Edmond et Jules de). Journal des Goncourt. Mémoires de la vie littéraire, première, deuxième et troisième séries. Paris, G. Charpentier et Cie, 1887-1896, 9 vol. in-12, brochés. Edition originale. 1.500 fr.

    410. Hugo (Victor). Notre-Dame de Paris. Huitième édition. Paris, Renduel, 1832, 3 vol. in-8, dos et coins de mar. orange. Exemplaire unique sur Chine. Envoi à mademoiselle Bertin. 6.000 fr.

    412.Hugo (Victor). Les Feuilles d’Automne. Paris, Renduel, 1832, in-8, demi-rel. mar. brun (Thouvenin). Edition originale. Exemplaire unique sur Chine. Envoi autographe de Victor Hugo « à son ami Jules Janin ». 7.650 fr.

    413.Hugo (Victor). Les Feuilles d’Automne. Paris, Renduel, 1832, in-8 (Pagnant). Edition originale. Porte l’envoi autographe « A mon frère Charles Nodier, Victor Hugo ». 5.350 fr.

    421. Hugo (Victor). Les Voix intérieures. Paris, 1837, in-8, veau La Vallière d’époque. Edition originale. 1.915 fr.

    434. Hugo (Victor). Les Contemplations. Paris, Michel Lévy et Pagnerre, 1856, 2 vol. in-18, mar. vert mousse (Duru). Edition originale. Exemplaire de Jules Janin. 5.000 fr.

    435. Hugo (Victor). La Légende des siècles. Première série. Histoire. Les Petites Epopées. Paris, Michel Lévy et Hetzel, 1859, 2 vol. in-8, mar. rouge (Duru). Edition originale. Envoi autographe à Jules Janin et une aquarelle par Victor Hugo. 7.850 fr.

    587. Musset (Alfred de). Un spectacle dans un fauteuil. Paris, Renduel, 1833, 1 vol. Un spectacle dans un fauteuil. Prose. Paris et Londres, 1834, 2 vol. Ensemble 3 vol. in-8, demi-rel. cuir de Russie rouge de l’époque. Editions originales. 3.050 fr.



    690. Vigny (Alfred de). La Maréchale d’Ancre, drame. Paris, Gosselin et Barba, 1831, in-8, mar. vert d’époque. Edition originale ornée d’un frontispice de Tony Johannot. 1.920 fr.

    695. Vigny (Alfred de). Servitude et grandeur militaires. Paris, Bonnaire et Magen, 1835, in-8, dos et coins de cuir de Russie rouge (Champs). Edition originale. Envoi autographe « A ma Lydia ». 7.510 fr.



    746. Balzac (Honoré de). Les Contes drolatiques. Cinquiesme édition illustrée de 425 dessins par Gustave Doré. Paris, Société générale de librairie, 1855, in-8 (Petit, successeur de Simier). Premier tirage des illustrations de Gustave Doré. 12.105 fr.



    750. Baudelaire (Charles). Quinze histoires d’Edgar Poe. Illustrations de Louis Legrand. Paris, Chamerot et Renouard pour les Amis des livres, 1897, gr. in-8, 15 pl. hors-texte, broché. 2.720 fr.

    752. Béranger (P.-J. de). Œuvres complètes. Ensemble 8 vol. in-8, mar. rouge (Cuzin). 2.000 fr.



    886. Voltaire. Zadig, ou la Destinée, histoire orientale. Paris, Imprimé pour les Amis des livres, 1893, gr. in-8, fig. en couleurs, broché. 2.300 fr.    



     

        



    0 0




    Barthélemy Faujas, dit « de Saint-Fond », naquit à Montélimar [Drôme], le 19 mai 1741, aîné des quatre fils de Barthélemy Faujas (° 1702), greffier en l’élection de la ville, et de Marie Boisset (1710-1789), mariés à Montélimar le 27 novembre 1736. Sa maison natale était située dans la Grande-Rue [rue Pierre Julien], en face du couvent des Récollets [ancien collège, détruit et remplacé par la Poste]. Il fut envoyé au collège des Jésuites de Lyon [Rhône], où il manifesta un goût très vif pour la poésie, puis, à Grenoble [Isère], où il fut reçu avocat en Parlement. Son goût pour la géologie se développa tandis qu’il explorait les montagnes environnantes et qu’il recherchait les ouvrages relatifs aux sciences, aux antiquités et aux belles-lettres.

    Il fut rappelé en 1765 à Montélimar, par ses parents qui avaient acquis pour lui l’office de « conseiller du Roi, visénéchal, lieutenant général civil et criminel, commissaire enquêteur et examinateur en la sénéchaussée royale et ducale de Montélimar », et épousa une riche héritière de Taulignan [Drôme], Marguerite Richon. 

    Paris, Sotheby's, 5 octobre 2016 : 3.250 €

    Consacrant tous ses instants de loisir à l’étude de la nature, son Mémoire sur des bois de cerfs fossiles, trouvés en creusant un puits, dans les environs de Montélimar en Dauphiné (Grenoble, J. Cuchet, et Paris, Ruault, 1776, in-4, viij-24-[1]-[1 bl.] p., 3 vignettes in-texte et 1 pl. h.-t.) le mit en relations épistolaires avec le comte de Buffon (1707-1788). Il finit par revendre sa charge, pour aller à Paris occuper l’emploi d’adjoint aux travaux du Jardin royal des plantes, ou Jardin du Roi, que son ami Buffon lui avait obtenu le 8 novembre 1778.



    Il partagea alors son temps entre son habitation de Paris, 25 rue de Seine-Saint-Victor [rue Cuvier, Ve], 


    et sa maison de campagne de Saint-Fond, sur la commune de Loriol-sur-Drôme [Drôme], héritée d’un oncle paternel qui l’avait acquise en 1762 et dont il ajouta le nom à son nom patronymique.



    Il fit graver son ex-libris [72 x 45 mm] par Jacques Demeuve de Villeparc, professeur de dessin à Grenoble, montrant un écu aux armes « D’azur au chevron d’or, accompagné de trois étoiles d’argent, 2 en chef, 1 en pointe », surmonté d’une couronne de marquis et placé sur un socle portant « Ex BibliothecâB. FAUJAS. ».


    Pour payer les frais d’impression de ses ouvrages et ceux de ses voyages, il dressa en 1782 le catalogue des livres de sa bibliothèque qu’il voulut vendre et l’adressa à ses amis de Grenoble et au libraire lyonnais François de Los-Rios.



    Coll. BnF

    Pour l’expérience des frères Montgolfier du 27 août 1783, Faujas ouvrit une souscription nationale, qui donna lieu à l’émission d’une médaille et provoqua l’édition d’une caricature, « Le Volomaniste », où il est représenté avec deux ballons à son cou et portant sur le dos son ouvrage sur les volcans éteints du Vivarais, attaqué par un rat.

    Le 1er mai 1785, Faujas ajouta à son emploi celui de commissaire du Roi pour les mines.


     « Buffon étant mort au Jardin du Roi, dans la nuit du 15 au 16 avril 1788, à une heure du matin, les chirurgiens Portal, Betz et Girardeau procédèrent à l’ouverture du corps et à son embaumement dans la matinée du 16. Buffon, qui avait trouvé, dans les dernières années de sa vie, près du géologue Faujas de Saint-Fond, une amitié vraie et un dévouement sans bornes, avait, en mourant, manifesté le désir que son cœur lui fût remis ; mais le fils de Buffon ne voulut jamais consentir à se séparer de cette chère dépouille, et offrit à Faujas le cerveau de son père que celui-ci accepta. Le cœur de Buffon a disparu dans la tourmente révolutionnaire. Il est probable qu’il fut compris, sans qu’on ait pris la peine de s’enquérir de son contenu, dans la vente publique faite à Montbard et à Paris au profit de la nation, au mois d’août 1791, après la fin tragique de son fils unique. Mais si on a perdu aujourd’hui toute trace du cœur de Buffon, son cerveau du moins a été pieusement conservé par les descendants de Faujas de Saint-Fond. Toutefois, en 1829, le fils du géologue fut sur le point de se voir dépouillé du legs fait à son père. En effet, sur la demande d’un sieur du Barroux, qui se piquait à la fois de science et de littérature, il avait laissé entre ses mains, à Paris, le cerveau de Buffon que du Barroux “ considérait comme un moyen utile pour entrer en liaison et faire connaissance avec des savants. ” Du Barroux étant mort, son frère, qui se trouvait être son seul héritier, manifesta l’intention de conserver le cerveau de Buffon qu’il avait trouvé dans la bibliothèque du défunt ; mais Faujas de Saint-Fond insista pour rentrer en possession de ce précieux reste, et, après bien des retards, sa juste réclamation finit par être écoutée. Lorsque la caisse qui renfermait le cerveau de notre grand naturaliste arriva en Provence [sic], à Taulignan, dans la famille de Faujas, les autorités de la ville, ainsi que les notables des environs, furent convoqués pour dresser procès-verbal de son ouverture. Vers 1820, Cuvier avait vainement demandé que le cerveau de Buffon lui fût remis pour être placé au Muséum d’histoire naturelle, au pied de la statue de ce grand homme. Depuis ce jour, des sommes importantes furent, à différentes fois, offertes, mais sans succès, à M. de Faujas, pour l’engager à se dessaisir du cerveau de Buffon. En 1866, l’administration du nouveau Musée parisien, oubliant que les restes d’un grand homme doivent être une sorte de relique et non un objet de curiosité, s’adressa à M. de Faujas pour acquérir le cerveau de Buffon qu’elle destinait à ses collections. Vers la même époque, la Russie se mit, de son côté, sur les rangs ; mais, à la sollicitation de M. Henri Nadault de Buffon, éditeur et annotateur de la correspondance inédite de Buffon, lequel a le culte de la mémoire de son arrière-grand-oncle, M. de Faujas, désireux, de son côté, de soustraire le cerveau de Buffon aux incertitudes de l’avenir et aux hasards d’un partage, finit par consentir à en faire la remise à l’Etat. […]

    Le cerveau de Buffon, que les chirurgiens chargés de l’autopsie ont trouvé d’une capacité plus grande que les cerveaux ordinaires, est renfermé dans une petite urne de cristal, à couvercle mobile fixé par un ruban de soie noire. Sur une des faces, on lit gravé en creux : Cervelet de Buffon préparé à la manière égyptienne. Le cerveau, entièrement desséché, a la couleur du parchemin. Ce n’en est, à vrai dire, que l’enveloppe, dont la matière cérébrale a été retirée. »

    (Pierre Larousse. Grand dictionnaire universel du XIXe siècle. Paris, 1869, t. IV, p. 542)         



    Le cervelet de Buffon sera déposé, le 17 octobre 1870, dans le socle de la statue en marbre de Buffon, réalisée par Augustin Pajou (1730-1809) et conservée dans la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum national d’histoire naturelle, 57 rue Cuvier, à Paris.


    Faujas entra dans le mouvement révolutionnaire à Loriol-sur-Drôme et son influence s’étendit rapidement dans les villages voisins : il fut nommé inspecteur des Gardes nationales de Loriol-sur-Drôme, Livron-sur-Drôme et Cliousclat.

    Le 10 juin 1793, la Convention vota la réorganisation du Jardin des plantes et la création du Muséum d’histoire naturelle : le poste d’intendant, qui avait été tenu par Buffon de 1739 à 1788, fut remplacé par la fonction de directeur ; douze postes de professeurs assurèrent l’administration du Muséum. Faujas fut nommé professeur de géologie. Il s’attacha à augmenter les collections, et c’est pour l’indemniser que le Conseil des Cinq-Cents lui vota, le 17 octobre 1797, une somme de 25.000 francs.

    Devenu veuf, il épousa sa cousine, Valériane Boisset.



    Il vendit, anonymement, sa bibliothèque parisienne, du lundi 1er au jeudi 11 juin 1812, en 10 vacations, 30 rue des Bons-Enfants : Catalogue d’un cabinet de livres, plus particulièrement sur les sciences naturelles et sur les arts, les belles-lettres, les voyages, l’histoire, les antiquités, etc. (Paris, Tilliard frères, avril 1812, in-8, [1]-[1 bl.]-iij-[3]-80 p., 783 lots), dont Théologie-Jurisprudence [8 lots = 1,02 %], Sciences et Arts [511 lots = 65,26 %], Belles-Lettres [50 lots = 6,38 %], Histoire [214 lots = 27,33 %].


    « DEPUIS la vente de la bibliothèque des livres d’histoire naturelle de feu M. Ventenat, en avril 1809, et celle de feu M. le Comte de Fourcroy, en novembre 1810, il n’a point paru de catalogue réunissant un aussi grand nombre de livres de choix, dans ce même genre, que celui que nous présentons au public.

    M. Ventenat, en formant sa bibliothèque, donna toujours la préférence aux ouvrages qui traitaient des plantes, parce que la botanique était l’objet de son étude favorite.

    M. de Fourcroy avait principalement enrichi la sienne des livres qui avaient rapport à la chimie et à la médecine.

    La nomenclature de ce catalogue offre une plus grande variété de livres relatifs aux diverses branches des connaissances humaines.

    On y trouvera une collection suivie et méthodique de bons ouvrages anciens et modernes, tant français qu’étrangers, sur ce qui a rapport à la physique, à la chimie, à la métallurgie, à la connaissance des minéraux, des fossiles, à celle des corps organisés ou pétrifiés, à la géologie et aux divers systèmes sur l’organisation et la théorie du globe ;

    Divers voyages modernes, choisis parmi ceux qui ont eu pour objet la recherche des nombreuses productions de la nature, tant dans les pays lointains que dans les diverses contrées de l’Europe, ainsi que ceux qui appartiennent aux voyages de long cours ; c’est-à-dire, à la navigation autour du monde.

    Pour ajouter à l’intérêt que présentait déjà cet ensemble, on y avait réuni aussi divers grands ouvrages d’histoire naturelle, sur les plus beaux papiers, avec des figures coloriées, représentant les plantes et les animaux, particulièrement les quadrupèdes, les amphibies, les oiseaux, les poissons, cétacées, insectes, mollusques et autres productions marines. Plusieurs de ces ouvrages sont exemplaires d’amateur, et reliés avec soin et élégance par Bozerian, aîné.

    Ce catalogue eut été bien plus considérable et volumineux, si le propriétaire de cette collection y avait joint une seconde bibliothèque du même genre, qu’il a à sa campagne, mais qu’il conserve pour ses études particulières, ne se séparant qu’à regret des livres qui, dans son habitation à Paris, occupaient un appartement auquel il donne une autre destination.

    C’est ce motif qui a déterminé la vente dont nous annonçons le catalogue, dans lequel on remarquera, à chaque classe, d’excellens [sic] ouvrages et généralement d’une condition satisfaisante. »

    (« Avertissement », p. i-iij)



    Chevalier de la Légion d’honneur depuis l’Empire, il s’éteignit le 18 juillet 1819, dans sa maison de campagne de Saint-Fond. C’est là qu’il repose, conformément au désir qu’il en avait manifesté avant de mourir.

    Il avait parcouru le Dauphiné, la Bourgogne, la Provence, l’Auvergne, le Bourbonnais, et aussi l’Italie, le Piémont, la Carinthie, la Bohême, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre, les îles Hébrides [Écosse] : 

    Pic de Chenavari (507 m)

    au cours de ces voyages d’exploration, il découvrit une mine de pouzzolane sur le pic de Chenavari [Rochemaure, Ardèche], la mine de fer de La Voulte-sur-Rhône [Ardèche] et les basaltes et la grotte de Fingal, de l’île déserte de Staffa, une des Hébrides. 

    Il a fourni 36 mémoires aux Annales du Muséum d’histoire naturelle et aux Mémoires du Muséum d’histoire naturelle, et a publié 48 ouvrages, dont les principaux sont :


    Œuvres de Bernard Palissy, revues sur les exemplaires de la Bibliothèque du Roi, avec des notes ; par M. Faujas de Saint Fond, et des additions par M. Gobet (Paris, Ruault, 1777, in-4, lxxvj-734 p.).



    Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velay (Grenoble, Joseph Cuchet ; Paris, Nyon Aîné, Née et Masquelier, 1778, in-fol., [1]-[1 bl.]-[6]-xviij-[2]-460 p., 3 vignettes, 20 pl. h.-t. dont 1 double).


    Aux armes d'Antoine de Sartine

    Recherches sur la pouzzolane, sur la théorie de la chaux et sur la cause de la dureté du mortier (Grenoble, J. Cuchet, et Paris, Nyon l’Aîné, 1778, in-8, [3]-[1 bl.]-[4]-x-125-[1 bl.] p.). Traité extrait du précédent ouvrage.


    Mémoire sur la manière de reconnoitre les différentes espèces de pouzzolane, et de les employer dans les constructions sous l’eau et hors de l’eau ; pour servir de suite & de supplément aux Recherches sur la pouzzolane de M. Faujas de Saint-Fond (Amsterdam, et se trouve à Paris, Nyon, 1780, in-8, 52-[3]-[1 bl.]-[2] p., 2 pl. h.-t.).


    Histoire naturelle de la province de Dauphiné (Grenoble, Veuve Giroud, et Paris, Nyon et J. Cuchet, 1781, in-8, [1]-[1 bl.]-lxviij-[2]-464-[2] p., 6 pl. h.-t.). Tome Ierseul paru.



    Description des expériences de la machine aérostatique de MM. de Montgolfier, et de celles auxquelles cette découverte a donné lieu (Paris, Cuchet, 1783, in-8, xl-299-[7] p., 9 pl. h.-t.).


    Première suite de la Description des expériences aérostatiques de MM. de Montgolfier, et de celles auxquelles cette découverte a donné lieu […]. Tome second (Paris, Cuchet, 1784, in-8, [2]-366-[1]-[1 bl.] p., 5 pl. h.-t.).


    Minéralogie des volcans, ou Description de toutes les substances produites ou rejetées par les feux souterrains (Paris, Cuchet, 1784, in-8, 18 [i.e. xviij]-511-[1 bl.] p., 3 pl. h.-t.).


    Essai sur l’histoire naturelle des roches de trapp, contenant leur analyse, & des recherches sur leurs caractères distinctifs (Paris, s. n., 1788, in-12, [3]-[1 bl.]-159-[1] p.).


    Essai sur le goudron du charbon de terre ; sur la manière de l’employer pour caréner les vaisseaux, & celle d’en faire usage dans plusieurs arts (Paris, Imprimerie royale, 1790, in-8, [1]-[1 bl.]-[2]-134 p.).




    Voyage en Angleterre, en Écosse et aux îles Hébrides ; ayant pour objet les sciences, les arts, l’histoire naturelle et les mœurs (Paris, H. J. Jansen, 1797, 2 vol. in-8, 430-[1]-[1 bl.] et 434-[1]-[1 bl.] p., 7 pl. h.-t.).


    Histoire naturelle de la montagne de Saint-Pierre de Maestricht (Paris, H. J. Jansen, An 7 [1799], in-4, 263-[1 bl.] p., 1 plan et 54 pl. h.-t.).


    Voyages dans les Deux Siciles et dans quelques parties des Apennins, par Spallanzani […]. Traduits de l’italien par G. Toscan […] avec des notes du cit. Faujas-de-St.-Fond (Paris, Maradan, An VIII, 6 vol. in-8, 7 pl. h.-t.).



    Essai de géologie, ou Mémoires pour servir à l’histoire naturelle du globe […]. Tome premier(Paris, C. F. Patris, 1803-An XI, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-493-[1], 17 pl. h.-t.) et (Paris, Levrault, Schoell et Compagnie, 1805, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-493-[1], 17 pl. h.-t.).



    Essai de géologie, ou Mémoires pour servir à l’histoire naturelle du globe […]. Tome second, première partie […]. Minéraux (Paris, Gabriel Dufour et Compagnie, 1809, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-400-[2] p., 5 pl. h.-t. en couleurs [chiffrées XVIII-XIX-XX-XXbis-XXI]).



    Essai de géologie, ou Mémoires pour servir à l’histoire naturelle du globe […]. Tome second, seconde partie […]. Volcans (Paris, Gabriel Dufour et Compagnie, 1809, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-331 [chiffrées 401-731]-[1 bl.]-[2] p., 8 pl. h.-t. [chiffrées XXII à XXIX]).



    Sa bibliothèque dauphinoise fut vendue du mardi 7 au samedi 11 mars 1820, en 5 vacations, à l’hôtel Bullion, salle vitrée, 3 rue Jean-Jacques Rousseau : Catalogue des livres de feu M. B. Faujas de Saint-Fond, professeur, administrateur du Jardin du Roi, du Musée d’histoire naturelle, et chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’honneur (Paris, Tilliard frères, janvier 1820, in-8, [1]-[1 bl.]-30 p., 255 lots et « Ouvrages divers de M. Faujas, en nombre »), dont Théologie-Sciences et Arts [153 lots], Belles-Lettres [31 lots], Histoire [71 lots], Ouvrages divers de M. Faujas [15 lots].


    « LA majeure partie des Livres de feu M. FAUJASétant à sa Terre de Saint-Fond, il nous a fallu, pour accélérer sa vente, rédiger le Catalogue, sans avoir les Livres sous les yeux. D’après la communication de l’inventaire, nous en avons extrait quelques titres de Livres ; le surplus se compose d’un bon choix sur les Sciences, la Littérature et l’Histoire ; mais, faute des dates et des conditions, etc. suffisamment énoncées, nous n’avons pu insérer ces Livres au Catalogue. On vendra chaque article à sa classe, dans le cours des vacations. » (p. 1)


    Ses biens furent vendus judiciairement et le domaine de Saint-Fond fut acquis en 1822, pour le prix de 70.500 francs, par le capitaine Henri-Alexandre de Fontbonne (1788-1850).








    0 0

    Certains libraires d'ancien auraient bien besoin d'une formation continue ....

    Lu dans le dernier catalogue (juin 2018) d'une librairie du sud de la France :




    Le Cohen date un peu, pas seulement sur les éditions de Cazin : cela n'a rien d'extraordinaire, certains ont travaillé depuis 1913 !



    0 0
  • 07/02/18--03:47: La Librairie du Progrès







  • La Librairie du Progrès, 3 rue des Grands-Augustins, Paris VIe : librairie de Maurice Lachâtre, premier éditeur du Capital de Karl Marx, qu'il confia en 1882 à son gendre, Henri Oriol.

    0 0



    Cathédrale d'Apt

    D’une famille originaire d’Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône], Joseph-Jean Rive est né le 19 mai 1730, à Apt [Vaucluse], où il fut baptisé le même jour en l’église cathédrale Sainte-Anne, fils de Jean-Pierre Rive (° 1698), maître orfèvre, et de Marguerite Jean, mariés à Apt le 22 septembre 1726.

    On raconte qu’il était doué d’une mémoire prodigieuse et qu’une immense lecture alimenta ses connaissances bibliographiques :


    « J’ai puisé tant et tant de grandes idées dans environ 200000 volumes, qui depuis l’âge de 15 ans me sont passés par les mains dans les grandes Bibliothéques [sic], que j’ai ou fréquentées ou formées, jusques à celui de 60, où je me trouve actuellement. »

    (Lettres purpuracées. Dicaiopolis, Agatton Eleuthère, 1789, p. 113).


    Portail d'entrée du Séminaire, 4 rue Saint-Charles, Avignon

    Ayant embrassé l’état ecclésiastique, l’abbé Rive professa d’abord la philosophie et la physique au séminaire de Saint-Charles-de-la-Croix, à Avignon [Vaucluse] : Louis-Mayeul Chaudon (1737-1817), auteur du Nouveau dictionnaire historique-portatif(Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1766, 4 vol. in-8), fut son élève en 1753 et 1754.


    En 1764, l’abbé Rive devint curé de Mollégès [Bouches-du-Rhône]. Des difficultés suscitées par son caractère provoquèrent son départ, le 31 juillet 1766. Il vendit sa bibliothèque à son seul ami, Joseph David (1730-1784), libraire à Aix-en-Provence, avec lequel il correspondra jusqu’en 1784.



    L’abbé Rive tenta sa chance à Paris. Il arriva dans la capitale le 4 janvier 1767 et choisit de vivre dans le quartier des libraires, rue des Grands-Augustins [VIe], dans un appartement de l’hôtel Saint-Louis. Ambitionnant surtout une place à la Bibliothèque du Roi, il demanda à l’abbé Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795), né à Cassis [Bouches-du-Rhône] et intimement lié avec Jean-Augustin Capperonnier (1745-1820), garde des livres imprimés de la Bibliothèque du Roi, de le présenter au philologue Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye (1697-1781), qui avait appris seul la langue provençale, à l’érudit Étienne Lauréault de Foncemagne (1694-1779), qui venait de soutenir contre Voltaire l’authenticité du Testament politique du cardinal de Richelieu, et à Charles-Robert Boutin (1722-1810), intendant des Finances. L’abbé Barthélemy Mercier de Saint-Léger (1734-1799) essaya de le placer auprès du marquis de Paulmy (1722-1787). La place de bibliothécaire du duc de Charost (1738-1800), qui venait d’acheter la bibliothèque de l’abbé Claude-Pierre Goujet (1697-1767), lui échappa également.


    Enfin, au mois d’avril 1768, le duc de La Vallière (1708-1780) le fit appeler pour lui demander le catalogue manuscrit d’une bibliothèque célèbre qu’il y avait alors à vendre en Provence, avant de l’y envoyer pour obtenir quelques-uns des livres de cette bibliothèque. 


    Le duc s’attacha définitivement l’abbé Rive comme bibliothécaire, au mois de décembre, pour former une nouvelle bibliothèque dans son hôtel de la rue du Bac [136-140 rue du Bac, VIIe]. Le duc venait de se défaire, anonymement, de presque toute sa bibliothèque du château de Montrouge [détruit en 1879, Hauts-de-Seine], du 5 janvier au 7 mars 1768 : Catalogue des livres provenans de la bibliothèque de M. L. D. D. L. V. (Paris, Guill.-François De Bure le jeune, 1767, 2 vol. in-8, 3.858 + 1.775 = 5.633 lots), avec une « Table des auteurs ».


    Musée Calvet, Avignon (inv. 838.7.5)

    L’abbé Rive fut le véritable créateur de la dernière bibliothèque du duc de La Vallière. Courant les ventes, les librairies et autres dépôts de livres, il reconstitua une bonne partie des collections dont le duc s’était séparé, rédigea des dizaines de milliers de fiches et publia de nombreuses notices sur les collections.

    A la vente de Gaignat, en 1769, le duc fit racheter par Guillaume-François De Bure « le Jeune » la plus grande partie des articles précieux qu’il avait vendus à cet amateur en 1767, et beaucoup d’autres livres très rares, pour 86.000 livres, dont l’unique exemplaire de la Christianismi restitutio (S. l. [Vienne, Isère], s. n. [Balthazar Arnoullet], 1553, in-8), par Michel Servet (1511-1553), sauvé des flammes du bûcher, qui se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France. Le duc acheta les bibliothèques entières de Bonnemet, en 1772, pour 18.000 livres, et de Prosper Jackson, en 1775, pour 35.000 lires [sic]. Le duc chargea aussi Guillaume De Bure « fils Aîné » de lui acheter des ouvrages à Londres, à la vente du Docteur Askew, en 1775, pour 12 à 15.000 livres. En 1777, le duc se rendit acquéreur de tout ce qui restait de la bibliothèque de la famille d’Urfé.

    Quand il achetait des bibliothèques entières, l’abbé Rive choisissait ce qu’il y avait de plus curieux et se débarrassait du reste, toujours anonymement : Catalogue des livres de M*** (Paris, Debure fils aîné, 1772, in-8, 4-146 p., 2.812 – 13 manquants = 2.799 lots), dont Théologie [204 lots = 7,28 %], Jurisprudence [36 lots = 1,28 %], Sciences et Arts [181 lots = 6,46 %], Belles Lettres [1.892 lots = 67,59 %], Histoire [486 lots = 17,36 %] ; Catalogue des livres provenans de la bibliothèque de M. L. D. D. L. V. (Paris, Guillaume De Bure fils aîné, 1777, in-8, viij-116 p., 1.308 lots), avec une « Table alphabétique des auteurs », dont Théologie [151 lots = 11,54 %], Jurisprudence [29 lots = 2,21 %], Sciences et Arts [213 lots = 16,28 %], Belles Lettres [434 lots = 33,18 %], Histoire [481 lots = 36,77 %].

    Grâce à l’abbé Rive, la bibliothèque du duc était devenue une bibliothèque de « grande curiosité », avec des manuscrits à enluminures, des incunables, des éditions princeps grecques et latines, les principales Bibles imprimées, les grands livres d’histoire naturelle, des impressions sur vélin.


     In A bibliographical antiquarian and picturesque tour in France and Germany
    (London, Shakspeare Press, 1821, vol. 2, p.384)

    L’abbé Rive s’occupa aussi de travaux et de discussions littéraires, mais avec une irritabilité toujours excessive. Thomas-Frognall Dibdin (1776-1847) dit de lui « the very Ajax flagellifer of the bibliographical tribe, and at the same time the vainest and most self-sufficient » [le redoutable Ajax flagelliferde la gent bibliographique, et en même temps l’être le plus vaniteux et le plus suffisant] (A bibliographical antiquarian and picturesque tour in France and Germany. London, Shakspeare Press, 1821, vol. II, p. 381). Se comportant comme le maître de la bibliothèque, les proches du duc finirent par le détester, et le duc lui-même disait qu’il « avait fait l’acquisition d’un dogue ».


    L’abbé Rive écrivait beaucoup. La plupart de ses ouvrages imprimés, tirés à un petit nombre d’exemplaires, sont devenus introuvables, et plusieurs d’entre eux sont inconnus des bibliographes ou inexactement cités. Leur lecture, décevante, révèle un esprit souvent désordonné et velléitaire, et une bibliognosie parfois défaillante. De nombreux ouvrages, souvent annoncés, comme Le Réveil-Matin littéraire, « pour exciter les auteurs paresseux ou trop confiants, aux recherches & aux vérifications, en forme de lettres adressées aux MM. du Journal de Paris, pour servir de correction ou de supplément à un nombre infini de pièces de leur Journal », n’ont pas été publiés.


    « Conformément à la méthode préconisée et pratiquée par ce grand critique [Sainte-Beuve], notre premier historien littéraire, je me suis gardé tant que j’ai pu de l’à peu près, et appliqué, de toutes mes forces aussi, à être exact : l’exactitude, même dans “ notre France invérificatrice” [La Chasse aux bibliographes et antiquaires mal-advisés. Londres, N. Aphobe, 1789, t. I, p. 235, n. 1], devant être et devant rester “ la première vertu du bibliographe ”, comme se plaisait si bien à répéter le consciencieux érudit et habile imprimeur Crapelet [Th. Frognall Dibdin. Voyage bibliographique, archéologique et pittoresque en France. Paris, Crapelet, 1825, t. IV, p. 124, n. a]. »

    (Albert Cim. Le Livre. Paris, Ernest Flammarion, 1905, t. I, p. V-VI)



    -          « Lettres philosophiques contre le Système de la nature ». Parues dans Le Porte-feuille hebdomadaire, ouvrage periodique, Qui paroît toutes les Semaines ; Par M. d’Açarq(Imprimé à Bruxelles, chez De Boubers. L’on Souscrit à Paris, pour toute la France, Chez Valade, 1770-1771, in-8, t. 3 et t. 4).



    -          Éloge à l’Allemande, des réflexions sur les sermons nouveaux de M. Bossuet. Par M. l’Abbé Maury, Vicaire-Général, Chanoine & Official de Lombez. A Avignon, chez François Merende[sic], libraire, & se trouve A Paris, chez Antoine Boudet, 1772 Par M*** (Eleutheropolis [Paris], Chez N. Aléthophile ; l’an des Préjugés Littéraires, 1773, in-8, 95-[1 bl.] p.). Pamphlet dirigé contre la première édition des Réflexions sur les Sermons nouveaux de M. Bossuet(Avignon, François Mérande, et se trouve à Paris, Antoine Boudet, 1772, in-12), par l’abbé Maury. L’identification de N. Aléthophile [« Ami de la vérité »] avec Jacques-Simon Merlin (1765-1835), par l’abbé Rive lui-même (Chronique littéraire. Éleutheropolis, [1790], p. 5), n’est pas défendable.



    -          Notices historiques & critiques de deux manuscrits, uniques & très précieux, de la bibliothèque de M. le Duc de La Valliere[sic], dont l’un a pour titre : La Guirlande de Julie, & l’autre, Recueil de Fleurs et Insectes, peints par Daniel Rabel en 1624. Par M. l’Abbé Rive (Paris, Imprimerie de Didot l’Aîné, 1779, in-4, [1]-[1 bl.]-20 p.). Tiré à 100 exemplaires et 2 exemplaires sur papier in-fol.



    -          Notices historiques & critiques de deux manuscrits de la bibliotheque [sic] de M. le Duc de La Valliere [sic], dont l’un a pour titre : Le Roman d’Artus Comte de Bretaigne, & l’autre, Le Rommant de Pertenay ou de Lusignen. Par M. l’Abbé Rive.[…](Paris, Imprimerie de Didot l’Aîné, 1779, in-4, 36 p.).



    -          Recueil d’estampes, Représentant les Grades, les Rangs & les Dignités, suivant le costume de toutes les Nations existantes ; avec des Explications historiques, & la Vie abrégée des grands Hommes qui ont illustré les dignités dont ils étoient décorés : Ouvrage dédié au Roi, et divisé en cinq classes. […](Paris, chez Duflos, le jeune, 1779, in-fol., 264 pl. h.-t.). Paru à partir de 1779, en 44 livraisons de 6 planches, soit en noir, soit coloriées. Portraits exécutés par Pierre Duflos (1742-1816), pour la gravure, et par l’abbé Rive pour le texte : celui-ci cessa sa participation après les 11 premières livraisons.



    -          Notice D’un Manuscrit de la Bibliothèque de M. le Duc de la[sic] Vallière, contenant les Poésies de Guillaume de Machau, accompagnée de Recherches historiques & critiques, pour servir à la vie de ce Poëte, par M. l’Abbé Rive (Paris, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, et se vend chez Eugène Onfroy, 1780, in-4, 27-[1 bl.] p.). Se trouve à la fin de l’Essai sur la musique ancienne et moderne (Paris, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, et se vend chez Eugène Onfroy, 1780, in-4, t. IV), par Jean-Benjamin de La Borde, dont on a tiré séparément 24 exemplaires sur papier de Hollande.



    -          Lettre De M. l’Abbé Rive à M. de Laborde, sur la Formule Nos Dei Gratia [Par la grâce de Dieu] (Paris, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, et se vend chez Eugène Onfroy, 1780, in-4, 8 p.).Se trouve, à la suite de la notice précédente, dans l’Essai sur la musique ancienne et moderne (Paris, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, et se vend chez Eugène Onfroy, 1780, in-4, t. IV), par Jean-Benjamin de La Borde, dont on a tiré séparément 50 exemplaires sur papier de Hollande.



    -          Éclaircissements historiques et critiques sur l’invention des cartes à jouer, Par M. l’Abbé Rive ; Tirés de sa Notice d’un MS. de la Bibliotheque [sic] de M. le Duc de La Valliere[sic], intitulé le Roman d’Artus, Comte de Bretaigne ; imprimée à Paris, chez Didot l’aîné, en 1779, in-4° (Paris, Imprimerie de Fr. Ambr. Didot, 1780, in-8, 48 p.). Tiré à 100 exemplaires sur grand papier fort, 500 exemplaires sur papier simple, 4 exemplaires sur vélin, dont l’un vendu à Le Camus de Limare (1736-1794), un au baron Joseph-Louis d’Heiss et un à Mathieu-Robert Gouttard (1726-1780). Le faux titre porte « Étrennes aux joueurs de cartes ».


    Fréquemment malade depuis le début de l’année 1779, le duc de La Vallière mourut en son hôtel, le 16 novembre 1780, sans avoir jamais tenu ses promesses concernant les émoluments de son bibliothécaire, ce qui n’avait pourtant pas empêché l’abbé Rive de refuser, en 1773, par fidélité ou par peur des représailles, de devenir le bibliothécaire de la comtesse du Barry (1743-1793).

    Le duc de La Vallière ne laissait qu’une fille, la duchesse de Châtillon (1740-1812), qui congédia l’abbé Rive le soir même de la mort de son père et qui confia la rédaction du catalogue de ses livres à Guillaume De Bure « fils Aîné » (1734-1820), quai des Augustins [quai des Grands-Augustins, VIe], Jean-Luc Nyon « l’Aîné » (1739-1799), rue du Jardinet [VIe], et Joseph Van Praet (1754-1837), de Bruges [Belgique], pour les manuscrits. L’abbé Rive en fut, évidemment, très irrité.


    B.n.F., Paris

    « Tu as appris, cher ami, la mort du duc de La Vallière par les papiers publics, mais tu n’y as pas lu mon sort. On se seroit bien gardé de l’y faire insérer.

    Tu sçais que lorsque j’entrai chez lui, en 1768, nous convînmes qu’il me feroit un sort de 3,000 l. ; je passai depuis 1768 jusqu’en 1775 avec un défrayement annuel de 900 l. : je ne quittançai jamais qu’en forme de défrayement et non de gages et émoluments.

    Le duc de La Vallière, me voyant résolu en 1775 à le quitter, m’offrit en juin de cette même année une rente viagère de 1,200 l., avec promesse d’avoir après lui une rente de même valeur et un legs en argent pour mes meubles. Je ne voulois pas y acquiescer, je fus huit jours entiers sans donner réponse décisive. Il me menaça de barrer tous les passages dans Paris, disons mieux de me perdre. Tels furent ses mots. Cela ne coûte pas à certains grands. Quand vous les quittez pour raison d’ingratitude à votre égard, ils disent qu’ils vous chassent pour raison de friponnerie. La menace m’arrêta : je souscrivis.

    Il est mort ; il me laisse un simple legs de 6,000 l., une fois payées. […]

    Mon avoir se réduit actuellement à 1,100 l. de rente viagère et à un intérêt de 300 l. que me rendront mes 6,000 l.

    Vit-on à Paris avec 1,500 l. !

    J’ai 30,000 l. de livres ou d’estampes. Je dois environ 26,000 l. que j’ai dépensées en calques d’anciennes écritures, en frais de gravures, en frais de peintures pour mon histoire critique des mss. et des éditions du XVesiècle de la bibliothèque que j’ai formée. Il me faut supporter 1,300 l. d’intérêt pour cette dette jusqu’à ce que mes fonds me rentrent, ou il faut que je vende mes livres.

    Si je ne les vends pas, j’ai 200 l. de rente ; si je les vends, je reste sans outils et je suis par conséquent réduit à la plus dure de toutes les afflictions, puisque je me dépouille du seul plaisir que je puisse ressentir dans la vie. […]

    Mais voici qui va te surprendre bien davantage.

    J’avois par bonheur enlevé mon ouvrage de chez le duc depuis deux ans. A sa mort, sa fille a fait faire trois verbaux contre moi pour me le disputer :

    Le 1erverbal, le jour de la mort de son père, 16 novembre, au sortir du dîner ;

    Le 2e, le 28 du même mois, sous prétexte de faire inventorier les meubles de son père qui pourroient être dans ma chambre ;

    Le 3e, le 1erdécembre, jour de la levée du scellé de la bibliothèque.

    Tous ces verbaux se sont faits avec la plus grande dureté. La bibliothèque étoit inondée de laquais et de gens d’affaires. Comme l’exécuteur testamentaire est maître Boudot, fils d’un libraire, cet homme avide a inspiré lui seul à la duchesse de Châtillon de me disputer mon ouvrage, afin de mieux vendre la bibliothèque du duc et d’en faire imprimer le catalogue par deux libraires qu’il a choisis à cet effet et qui sont, l’un ton ami Nyon, et l’autre Debure, fils aîné.

    Ils sont aussi mes deux amis. Mais quelles gens avides ! Je n’en connois pas de semblables !

    Seroit-il le propre des libraires de Paris d’être de vrais vautours !

    Ce qui est sûr, c’est que les deux que je te nomme ont fait tous leurs efforts pour se faire nommer libraires priseurs à la mort du duc, comme s’il falloit d’autres priseurs que moi, et qu’ils ont concouru à me dépouiller de ma propriété. » [sic]

    (Lettre de l’abbé Rive à Joseph David, 22 décembre 1780)


    Hôtel Coste, 42 rue du Cherche-Midi


    Ayant quitté sa chambre à l’hôtel du duc de La Vallière, l’abbé Rive devint locataire, à partir du 1er décembre 1780, dans la maison du Docteur César Coste (1732-1793), natif d’Arles [Bouches-du-Rhône], 42 rue du Cherche-Midi, paroisse Saint-Sulpice [VIe].



    -          « Ode sur la naissance du Messie, par M. l’Abbé Rive ».  Parue dans le Journal de Paris (Numéro 360, lundi 25 décembre 1780, p. 1.465-1.466).




    -          Ode sur l’abolition récente de l’esclavage en France, suivie de notes critiques par M**. Pièce composée en Juin de 1780, pour l’Académie des Cosmopolites (Londres [Bruxelles], s. n., 1781, in-8, 16 p.). Tirée à 20 exemplaires sur papier de Hollande.




    -          Prospectus d’un ouvrage proposé par souscription par M. l’abbé Rive(S. l. [Paris], s. n. [Didot l’Aîné], s. d. [1782], in-12, 70-[1]-[1 bl.] p. et 26 pl. h.-t.). Tiré à 300 exemplaires. L’abbé Rive n’a pas publié l’explication qui devait accompagner les 26 tableaux copiés dans les plus beaux manuscrits du duc de La Vallière. Il n’a paru que ce prospectus de l’ouvrage, qui devait avoir pour titre Essai sur l’art de vérifier l’âge des miniatures peintes dans des manuscrits depuis le quatorzième jusqu’au dix-septième siècle inclusivement, de comparer leurs différents styles & degrés de beauté, & de déterminer une partie de la valeur des manuscrits qu’elles enrichissent et qui devait être tiré à 80 exemplaires, numérotés et signés par l’abbé Rive.





    Ne laissant échapper aucune occasion de faire part à l’Europe de son érudition et de ses connaissances bibliographiques, l’abbé Rive fit part de son projet de faire un commentaire critique sur le catalogue de livres du duc de La Vallière, au journal anglais de Henry Mathy, intitulé A New Review ; with literary curiosities, and literary intelligence, for the year 1783(London, Printed for the author, 1783, vol. III, p. 160-161). On en trouve la traduction française dans le Supplément à la première partie du catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de La Vallière (Paris, Guillaume De Bure fils aîné, 1783) :

    « L’avis suivant, relatif au Catalogue de M. le Duc de la Valliere, m’a été communiqué par M. L’ABBÉRIVE, QUI M’AUTORISE A LE RENDRE PUBLIC.

    Le Catalogue aura deux parties rédigées par deux différents Libraires. Celui des livres les plus curieux & les plus rares, par M. De Bure le jeune, (il faut lire l’aîné) & celui des livres ordinaires par M. Nyon l’aîné.

    La partie de M. De Bure, qui contiendra deux ou trois volumes in 8, devoit être publiée dans le mois de Janvier, c’est pourquoi elle ne tardera pas à paroître. L’autre sera mise au jour dans quelque temps.

    Aussitôt que les deux parties seront publiées, M. l’Abbé Rive, qui croit avoir de grands sujets de se plaindre des Libraires, se propose de faire un Commentaire critique sur chacun de leurs Catalogues ; cet ouvrage formera plusieurs volumes in 8. En même temps il me prie d’informer le public que, s’il eût fait le Catalogue (comme effectivement il sembloit en avoir le droit, ayant été le GARDE de la Bibliotheque) il avoit intention de l’exécuter sur le plan suivant.

    Il auroit donné un modele de l’écriture de chaque manuscrit, & du type de chaque livre imprimé, avec le nombre des pages de chacun, le nombre des lignes de chaque page, la forme des caracteres des livres imprimés & manuscrits, & s’ils sont sur une ou sur deux colonnes. Il nous auroit dit quels sont les chiffres, les signatures, les dates, les noms des Ecrivains & des Imprimeurs que chaque livre contient ; & dans le cas où les livres auroient été sans aucunes de ces marques, il auroit copié les deux premieres lignes.

    En rendant compte de chaque manuscrit, il seroit entré dans des détails sur les manuscrits semblables qui existent ; & sur chaque livre imprimé, il auroit donné une liste des éditions & le nombre des exemplaires que l’on a tirés de chacune.

    En outre il y auroit eu une critique concise de chaque ouvrage qui l’auroit mérité, & un examen des notices qui en auroient été faites par les Savants qui ont écrit sur la Bibliographie & la Typographie.

    Cet ouvrage, qui est une continuation de ce qui avoit été commencé d’abord, & ensuite abandonné par les héritiers de M. le Duc de la Valliere, existe ; & dans le cas où l’on trouvera des Souscripteurs, cet ouvrage sera imprimé. En même temps M. L. R. DESIRE QU’ON SACHE QUE LA BIBLIOTHEQUE ABONDE EN EXEMPLAIRES DE LIVRES IMPARFAITS (achetés suivant l’usage ordinaire dans le dessein de faire de deux ou trois mauvais exemplaires un bon.) Quoique l’on doive s’attendre que les livres seront collationnés par les Libraires, il convient que les acheteurs y regardent de près. » [sic]


    La querelle de l’abbé Rive avec De Bure fournit presque tout le sujet de l’« Avertissement » du catalogue de la vente La Vallière : Catalogue des livres de la bibliotheque de feu M. le duc de La Valliere. Premiere partie[…]. Par Guillaume De Bure, fils aîné. Tome premier (Paris, Guillaume De Bure fils aîné, 1783, p. i-xxxiij).



    -          « Galeotti Martii Narniensis Liber excellentium sive de excellentibus, in-4° » (S. l. [Paris], s. n. [Veuve Valade], s. d. [1785], in-8, 16 p.). Première et seule notice calligraphique des Diverses notices calligraphiques, et typographiques, par M. l’Abbé Rive. Pour servir d’Essai à la Collection Alphabétique de Notices Calligraphiques de Mss. de différens siècles, et de Notices Typographiques de Livres du XVe. qu’il doit publier incessamment en XII ou XV vol. in-8°, qui n’ont pas été données. Tirée à 100 exemplaires sur papier de Hollande et 1 exemplaire in-4 sur vélin.


    Bibliothèque Méjanes, Hôtel de Ville, Aix
    Bibliothèque Méjanes, Hôtel de Ville, salle de lecture, Aix

    Une attaque d’apoplexie frappa l’abbé Rive d’une hémiplégie droite, le 19 août 1786. Le 26 octobre suivant, l’archevêque d’Aix-en-Provence, Jean de Dieu de Boisgelin (1732-1804), vint à Paris pour l’inviter à prendre la direction de la bibliothèque que le marquis de Méjanes (1729-1786) avait léguée aux États de Provence, à la condition qu’elle soit ouverte au public dans la ville d’Aix-en-Provence.

    L’abbé Rive vint à Aix en 1787, mais ses espérances n’ayant pas été satisfaites, il se déchaîna contre l’administration. Contrairement à ce qu’assurent plusieurs écrits, il ne renonça pas à son poste de bibliothécaire en 1788. La décision prise par les États de Provence le 28 avril 1789 de suspendre ses appointements provoqua d’incessantes récriminations pendant trois ans, tandis qu’il ne faisait rien pour la bibliothèque.



    -          Histoire critique de la pyramide de Caïus Cestius, avec une Dissertation sur le sacerdoce des VII. virs épulons, et des Notes pour servir à l’éclaircissement du texte ; Par M. l’Abbé Rive (Paris, Imprimerie de Didot l’Aîné, Aux dépens de Molini et Lamy, 1787, in-fol., [1]-[1 bl.]-90 p. et 7 pl. h.-t.).



    Librairie Jonathan Hill, New York : 5.500 $ 

    -          La Chasse aux bibliographes et antiquaires mal-advisés, […], par un des Eleves que M. l’Abbé Rive a laissés dans Paris (Londres [Aix], Chez N. Aphobe [Veuve d’André Adibert, décédé en 1788], &c., 1789, 2 tomes en 2 vol. in-8, [1]-[1 bl.]-557-[1 bl.] p. et [1]-[1 bl.]-lvj-[3]-[1 bl.]-112 p.). Tiré à 300 exemplaires [250 sur papier ordinaire, 50 sur papier de Hollande]. Le tome I est divisé en trois lettres « A Monsieur le Comte de*** » ; le tome II contient l’introduction, des errata et des additions et la table générale des matières.

    L’abbé Rive y prétend être l’inventeur des mots « bibliognosie », « bibliognostique », « bibliologie », « catalogographe » et « catalogographie ». Il y traite des bévues, fausses conjectures, omissions et plagiats de Guillaume De Bure « l’Aîné » (1734-1820), qu’il surnomme « le Gros Guillaume ».



    -          Lettre de Monseigneur l’archevêque d’Aix, à Monseigneur l’archevêque de Narbonne(S. l., s. n., 1789, in-8, 48 p.).

    -          Le Robin de l’Hellespont aux pieds du trône(S. l., s. n., 1789, in-8, 5-[1 bl.] p.).


    -        Le Repentir ou Confession d’un Robin de l’Hellespont à un ex-Jésuite du Japon (S. l., s. n., 1789, in-8, 7-[1 bl.] p.).

    -          Lettre de M. le chevalier de saint P., auteur du Repentir ou Confession d’un Robin (S. l., s. n., 1789, in-8, 3-[1 bl.] p.).




    -          Ode sur la liberté naturelle et politique, pour servir à la déclaration des droits de l’homme. Seconde édition, Adaptée au temps présent. Par M. l’Abbé Rive (Eleutheropolis [Nîmes], Chez Agathophile, 1789, in-8, 16 p.). Seconde édition de l’Ode sur l’abolition récente de l’esclavage en France (Londres [Bruxelles], s. n., 1781, in-8).

    -          Lettres violettes et noires ou anti-épiscopales et anti-grandvicariales, pour servir de supplément aux deux histoires modernes de Provence, par l’ex-oratorien Papon, et par le jurisconsulte Bouche, touchant les administrations de Jean de Dieu de Bois-Gelin, archevêque d’Aix, et d’Emmanuel-François de Bausset de Roquefort, évêque de Fréjus (Dicaiopolis [Nîmes], Chez Agathon Eleuthère, 1789, in-8, 96-[2] p.). Tirées à 240 exemplaires sur papier ordinaire et 10 exemplaires sur papier de Hollande.

    -            Lettres purpuracées, ou Lettres consulaires et provinciales, Écrites contre les Consuls d’Aix et Procureurs du pays de Provence (Dicaiopolis [Nîmes], Chez Agatton Eleuthère [Coste-Belle], 1789, in-8, 117-[1 bl.]-[2] p.). Tirées à 240 exemplaires sur papier ordinaire et 10 exemplaires sur papier de Hollande.


    Exemplaire de Gustave Mouravit (1840-1920), avec son cachet humide

    -          L’Accomplissement de la prophétie politique, Faite en 1772 ; ou les Vrais Principes de gouvernement dans les corps politiques, contre les erreurs et la bassesse des nomoclastes ou briseurs des lois, Composés en Février de 1772, et imprimés, pour la première fois, en Octobre de 1789. Par M.  L. R. (Nomopolis [Nîmes], Chez Aristotechne [Coste-Belle], 1789, in-8, 24 p.).

    -          L’Astrologue du Tiers-Etat ou les Prédictions pour l’année 1790, seconde de la liberté française, par un Robinocrate (Paris, Imprimé dans les décombres de l’Aristocratie, Robinocratie et Clericocratie, s. d. [1790], in-8, 14 p.).

    -          Les Trois Dupes, dialogue entre l’Antiquaille ou la Noblesse, la Mitraille ou le Clergé, la Robinaille ou les Parlemens, ou les reproches amers des uns et des autres, pour servir de suite à L’Astrologue du Tiers-Etat, par un Justicrate (Paris, Imprimé dans les débris de l’Antiquaille, de la Mitraille et de la Robinaille, et se trouve chez tous les Justicrates, 1790, in-8, 16 p.).

    -          Le Despotisme anéanti ou la France régénérée, par l’abbé Volaire, bon patriote (Marseille, Imprimerie de P. A. Favet, 1790, in-8, 24 p.).

    -          Confession pascale des sieurs Bournissac, Thulis, Durand, La Flèche, Verdillon, Chomel et autres sang-sues, déposée dans le sein du R. P. Olivier, curé de Saint-Martin, directeur zélé des Aristocrates, par M. Aristo (S. l. [Marseille], Imprimé au fort Saint-Jean, 1790, in-8, 26 p.). 




    -          Lettre vraiment philosophique, à Monseigneur l’Évêque de Clermont ; Sur les différentes Motions qu’il a faites dans notre auguste Assemblée Nationale, depuis la fin de Septembre dernier jusqu’à présent : Dans laquelle on trouvera la discussion critique de plusieurs autres Motions de divers autres honorables Membres ; & le cura ut valeas du Sacerdotisme présent. Par l’Abbé Rive (Nomopolis [Aix], chez le compere [sic] Eleuthere, 1790, in-8, 447-[1 bl.]-159-[1 bl.] p.). Tirée à 250 exemplaires [200 sur grand papier bâtard de Dauphiné, 50 sur très beau papier d’Annonay façon d’Hollande]. Il existe un second tirage, avec « Avis au lecteur » et suppléments d’errata ([2]-448-159-[1 bl.] p.).




    -          Lettre au célébre [sic] Camille Des-Moulins : Sur l’inscription en faux qu’il a glissée, à la pag. 483 de son N°. XXIV., contre une assertion de Pline le Nat. touchant le changement de sexe, suivie d’un Post scriptum. Sur deux Décrets très-peu pressants de la séance du 8 Mai au soir, dans notre auguste Assemblée Nationale. Par M. l’Abbé Rive(S. l. [Aix], s. n., 1790, in-8, 15-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p.). Tirée à 200 exemplaires [100 sur grand papier bâtard de Dauphiné, 100 sur beau papier d’Annonay façon d’Hollande].

    -          Opuscule de l’abbé Rive, intitulé : la Ligue monacale, anti-éléemosynaire. Vers les premiers jours de septembre 1790 (A Charitopolis, chez Jehan le Compâtissant [Paris, 1790], in-8°, 74 p.).




    -          La Chasse Aux anti-Bayard, anti-Alphane & aux Mitrophore [sic]. Par M. le Chev. de St. Prés-Verprés (Imprimé à Verprés [Aix], Chez Nicolas Aphobe & Compagnie, 1790, in-8, 16 p.).

    -          Dissertation sur un Recueil de lettres originales, au nombre de 74, écrites de la propre main de Henri IV, roy de France et de Navarre, à M. de Bellyevre, chancelier de France, par l’abbé Rive, bibliothécaire de la ville d’Aix, en Provence (S. l. [Paris], s. n., s. d. [1790], in-8, 15-[1 bl.] p., avec fac-similé).




    -          Mémoire Présenté en manuscrit par l’Abbé Rive Bibliothécaire en chef des anciens Etats de Provence, le 30 Juillet de l’an 1790, aux Messieurs du Directoire du Département des Bouches du Rhône, imprimé aujourd’hui avec une légère correction d’environ trois mots peu essentiels, & avec addition de différentes Notes, & présenté de nouveau par le même à tous les honorables Membres du même Département (Aix, Chez les Freres [sic] Mouret, ce 4 Décembre 1790, in-8, 19-[1 bl.] p.).




    -          Chronique littéraire Des Ouvrages imprimés et Manuscrits de l’abbé Rive, des secours dans les Lettres, que cet Abbé a fournis à tant de Littérateurs François ou Etrangers, de quelque rang & profession que ce soit, de la confiance dont divers illustres Amateurs l’ont honoré en lui remettant divers ouvrages très-savans à faire imprimer avec ses corrections & ses notes, et des jugemens que divers journaux François aussi, ou Etrangers ont portés sur ses ouvrages (Éleutheropolis [Aix]. De l’Imprimerie des Anti-Copet, des Anti-Jean-de-Dieu, des Anti-Pascalis, ces anti-redoutables fléaux de la régénération Françoise, & de la vraie liberté Nationale, l’an 2ond du nouveau Siecle [sic] François [1790], in-8, 235-[1 bl.]-ij p.). L’An II de la République correspond aux années 1793 et 1794, mais 1790 était considérée à l’époque comme la « seconde année de la Liberté française » ; les publications postérieures à 1790 ne sont pas citées.


    L’abbé Rive ne dissimula bientôt plus ses nouvelles opinions et, le ressentiment aidant, il fonda à Aix, le 31 octobre 1790, dans l’ancienne église des Bernardines, au quartier de Villeverte, le club des « Vénérables Frères anti-politiques », qui sema l’agitation contre les anciens administrateurs de la province.




    Le malheureux auquel l’abbé Rive en voulait le plus était Jean-Joseph-Pierre Pascalis (1732-1790), assesseur d’Aix et procureur de Provence, contre lequel il avait déjà fait paraître la Protestation Des Hommes de Loi, Membres de la Société des Amis de la Constitution, séante à Aix, Département des Bouches du Rhônes [sic]. Contre le discours anti-constitutionnel du sieur Pascalis, prononcé par devant la chambre des Vacations le 27 Septembre 1790 (Aix, Veuve d’André Adibert, 1790, in-8, 2 p.). Le 12 décembre 1790, Pascalis fut enlevé au château de la Mignarde, quartier des Pinchinats, et incarcéré. Dans sa Lettre des vénérables Frères anti-politiques, c’est-à-dire des hommes vrais, justes et utiles à la patrie, à M. le président du département des Bouches-du-Rhône, appelé Martin fils d’André, antérieure à l’incarcération du scélérat Pascalis, suivie d’un post-scriptum qui a été écrit après cette incarcération (Aix, Imprimerie des Vénérables Frères Anti-politiques, vrais foudres des Pascalis et de tous les Anti-nationaux, 13 décembre 1790, in-8, 13-[1 bl.] p.), l’abbé Rive écrivit : « Tout homme, quel qu’il soit, par quelques grands travaux qu’il puisse s’être distingué, s’il devient un jour l’ennemi de la patrie, il doit lui faire le sacrifice de sa vie sous une lanterne ». 


    Pendaison de Pascalis, La Roquette et Guiramand sur le cours Mirabeau.

    Le lendemain, Pascalis fut pendu par la populace au réverbère placé en face de la maison qu’il habitait, 34 cours Mirabeau !



    -          Lettre des Vénérables Freres [sic] Anti-Politiques et de l’Abbé Rive, Présentée à MM. les Commissaires du Roi, dans le Département des Bouches-du-Rhône, le 13 Janvier 1791, avec une autre Lettre du même Abbé Rive, aux mêmes Commissaires (Nosopolis [Aix], Chez les Freres [sic] de la Miséricorde [Frères Mouret], s. d. [1791], in-8, 44 p.).




    -          Lettre de l’Abbé Rive aux vrais amis de la Constitution, établis à Aix, Imprimée le 3 Février de l’an 1791, & suivie de l’Extrait de Des-moulins, qui est dans les trois dernieres [sic] Lettres de cet Abbé(S. l. [Aix], Chez les Freres Anti-politiques, ces vrais amateurs de la Vérité, de la Justice & de l’Utilité patriotiques [Mouret], s. d. [1791], in-8, 16 p.).




    -          Lettres de l’Abbé Rive, à MM. les Commissaires des Trois Départemens [sic] de l’Ancienne Province de Provence, depuis le 26 Janvier 1791, jusqu’au 18 Février de la même année(Philadelphie, Chez les Freres [sic] Philanthropes, en Février de 1791, in-8, 76 p.).




    -          Lettre de l’Abbé Rive à son trés-cher[sic] et trés-illustre [sic] ami Camille Des-Moulins, Sur l’extirpation du Fanatisme créé par les Despotes, depuis que le despotisme s’est perché sur les Thrônes (Eleutheropolis [Aix], Chez N. Aphobe, ce Jeudi 31 Mars 1791, in-8, 27-[1 bl.] p.).

    -          Défense de la commune, du maire, de l’officier municipal et du greffier de Velaux, contre les surprises des plus insignes malévoles faites au district administrationnel d’Aix, et, par celui-ci, au directoire du département des Bouches du Rhône, suivie des pièces justificatives, par les vénérables frères Anti-Politiques et leur chef de la même ville (Aix, Frères Mouret, 1791, in-8, 15 p.).

    -          Lettre de l’Abbé Rive à son très-cher ami et très-vénérable vice-président des Anti-Politiques, pour servir de préliminaire justificatif à la défense précédente, suivie des pièces justificatives de la commune et des officiers municipaux de Velaux (Aix, Frères Mouret, 1791, in-8, 32 p.).


    Les autorités le dénoncèrent enfin le 21 avril 1791 comme perturbateur du repos public ; décrété de prise de corps le 21 mai, il s’enfuit à Marseille [Bouches-du-Rhône].



    -          Les Décuirassés, ou les Trois Corps administratifs d’Aix, prétendant faussement et très-mal à propos ne pouvoir être attaqués devant les tribunaux, sans un décret préalable du Corps législatif (Marseille, F. Brébion, 1791, in-8).




    -          Au très-intègre et au très-respectable tribunal judiciaire de Marseille. L’Abbé Rive, Martyr de la Liberté Nationale & des nouvelles Lois de l’Empire Français(Marseille, Imprimerie de F. Brebion, 1791, in-8, 55-[1 bl.] p.).


    Frappé par une apoplexie foudroyante, l’abbé Rive mourut à Marseille, rue de la Guirlande, sur la rive nord du Vieux-Port, le 20 octobre 1791. 



    Il fut enseveli le lendemain dans le cimetière de l’église Notre-Dame des Accoules.



    Sa bibliothèque fut vendue en bloc par son neveu et héritier, l’orientaliste Joseph-Elzéar Morénas (1778-1830), au libraire marseillais Denis Chauffard et au juré-priseur Nicolas-Étienne Colomby ; cataloguée par Claude-François Achard (1751-1809), docteur en médecine, secrétaire de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, bibliothécaire de la ville de Marseille, elle fut dispersée lors d’une vente publique, le 6 mars 1793 : Catalogue de la bibliothèque des livres de feu l’abbé Rive, acquise par les citoyens Chauffard et Colomby, mise en ordre par C. F. Achard, M. D. M. (Marseille, Imprimerie de Rochebrun et Mazet, 1793, An 2e de la République française, in-8, xvj-159-[1 bl.]-128-64-[2] p., 2.553 + 5 doubles [*] – 1 manquant = 2.557 lots), dont Théologie [335 lots = 13,10 %], Jurisprudence [162 lots = 6,33 %], Sciences et Arts [462 lots = 18,06 %], Belles Lettre [383 lots = 14,97 %], Histoire [623 lots = 24,36 %], Bibliographie [313 lots = 12,24 %], Vies des hommes illustres [98 lots = 3,83 %], Livres omis [181 lots = 7,07 %].


    Pour hâter l’impression du catalogue, on avait fait appel à deux imprimeurs différents et, pour faire suivre les signatures, on divisa le catalogue en trois parties. Plusieurs articles de ce catalogue sont sortis des bibliothèques Gaignat, Rothelin, Hoym et La Vallière.



    Pour De Bure, il s'agit du n° 25. Pour De Boze, il s'agit bien du n° 18.
    Bibliographie instructiveVolume de Théologie.  Paris, Guillaume-François De Bure le Jeune 1763, p. 32-40.
    Catalogue des livres du cabinet de M. De Boze. Paris, G. Martin, H. L. Guérin & L. F. Delatour, 1753, p. 4.




    La Bible de Gutenberg, exemplaire de l'abbé Rive, à la Bibliothèque publique de New York

    Le lot n° 4, une Bible de Gutenberg (2 vol. papier, exemplaire incomplet des quatre premiers feuillets, reliure en veau brun), acquise par l’abbé Rive on ne sait où, probablement entre 1789 et 1791, ne fut adjugé que 60 francs à la librairie David, à Aix-en-Provence. Le fonds de cette librairie fut vendu, du 28 germinal au 14 floréal An XI [18 avril au 4 mai 1803], 12 rue des Bons-Enfants :  Catalogue de livres choisis, provenants[sic] d’une partie du fonds d’ancienne librairie de MM. David, libraires à Aix (Paris, Guillaume De Bure et fils, 1803, in-8, [2]-102-[2] p., 1.307 lots) ; la Bible [n° 4] fut adjugée 400 francs à l’imprimeur parisien Firmin Didot (1764-1836), qui fit mettre des fac-similés à la place des feuillets manquants et qui remplaça la reliure en veau brun par une reliure en maroquin bleu. A la vente Didot, du 5 au 29 avril 1811, 30 rue des Bons-Enfants, la Bible [n° 6] fut retirée à 1.000 francs : Catalogue des livres raresprécieuxet très-bien conditionnésdu cabinet de M. Firmin Didot (Paris, De Bure père et fils, 1810, in-8, [2]-xvj-184 p., 1.018 lots).

    On retrouve cette Bible de Gutenberg de l’abbé Rive dans un catalogue du libraire londonien Thomas-Norton Longman (1771-1842) : A catalogue of an extensive collection of old books, generally in unexceptionable condition (London, Longman, Hurst, Rees, Orme and Brown, 1816, in-8, [1]-[1 bl.]-605-[1 bl.] p., 7.832 articles, n° 2.200) ; le prix n’est pas indiqué. En 1818, la Bible entra dans la bibliothèque du marchand et homme politique George Hibbert (1757-1837), puis fut adjugée £ 215 au libraire londonien John Cochran pour le politicien John Wilks (1776-1854) : A catalogue of the library of George Hibbert, esq. of Portland Place(London, W. Nicol, 1829, in-8, [12]-484 p., 8.726 lots, n° 8725). L’année suivant la mort de sa femme et de son fils, John Wilks dispersa sa bibliothèque le 12 mars 1847 et les dix jours suivants : Catalogue of the valuable library of an eminent collector, giving up his present residence (London, Sotheby & Co, 1847, in-8, 163 p., n° 423). La Bible fut adjugée £ 500 au libraire George-Palmer Putnam, pour le philanthrope new yorkais James Lenox (1800-1880), et fut la première qui arriva en Amérique, à New York, le 21 juin 1847.

    En 1895, la bibliothèque de James Lenox et la bibliothèque de John-Jacob Astor (1763-1848) furent réunies à celle de Samuel-Jones Tilden (1814-1886), afin de créer la Bibliothèque publique de New York. En 1922, trois feuillets d’un exemplaire mutilé de la Bible de Gutenberg remplacèrent trois des quatre fac-similés : seul le premier feuillet reste donc manquant.


    Le conseil d'administration de la Bibliothèque publique de New York célébrant le centenaire de l'arrivée de la première Bible de Gutenberg en Amérique, le 7 novembre 1947

    La Notice des ouvrages imprimés et manuscrits de l’abbé Rive (Paris, Imprimerie de P. Gueffier, s.d. [1817], in-8, 23-[1 bl.] p.), anonyme, qui est de Joseph-Elzéar Morenas, est fautive : elle porte le nombre des ouvrages de l’abbé Rive à 14 imprimés, 39 qu’il se proposait de publier, 7 manuscrits prêts à être livrés à l’impression et un très grand nombre de notes écrites sur des cartes. La plus grande partie des 35.000 cartes sur lesquelles l’abbé Rive avait déposé les preuves de son érudition ont été acquises en 1837 par la Bibliothèque royale. Après avoir été proposés en vain à Achard, à Dibdin et à la ville de Marseille, les manuscrits de l’abbé Rive furent dispersés en diverses mains.



















    0 0




    Le comté de Charost [département du Cher ; prononcer « Charô »] fut érigé en duché-pairie, sous le nom de Béthune-Charost, en faveur de Louis de Béthune (1605-1681), comte de Charost, en mars 1672, par lettres du roi Louis XIV, enregistrées au Parlement le 11 août 1690.




    Hippolyte de Béthune

    Le frère aîné de Louis de Béthune, Hippolyte de Béthune (1603-1665), comte de Selles [Selles-sur-Cher, Loir-et-Cher], gouverneur des villes et châteaux de Romorantin [Romorantin-Lanthenay, Loir-et-Cher] et de Millançay [Loir-et-Cher], avait été fait conseiller d’État d’épée en 1657, puis chevalier des Ordres du Roi et d’honneur de la reine Marie-Thérèse d’Autriche en 1661. Né à Rome [Italie] le 19 septembre 1603, il mourut à Paris le 24 septembre 1665. Son cabinet renfermait une incomparable collection de lettres originales, dans lesquelles on suit tous les grands événements de l’histoire de France, depuis l’avènement de Louis XI jusqu’à la mort de Louis XIII, commencée par son père, Philippe de Béthune (1561-1649), baron puis comte de Selles, de Charost, marquis de Chabris [Indre], bailli de Mantes et de Meulan [Yvelines], ambassadeur en Écosse, à Rome, en Savoie et en Allemagne. À ces précieux documents historiques, ils avaient joint d’anciens volumes tirés de bibliothèques seigneuriales ou monastiques : ils s’étaient ainsi approprié les manuscrits de l’abbaye de Beaupré [Achy, Oise, détruite en grande partie], qui datent généralement du XIIeet du XIIIe siècle. 


    Tout ce qu’ils avaient recueilli fut uniformément relié en maroquin rouge, avec des doubles PP couronnés [Philippe] et les armes de Béthune : écu chargé d’une fasce et d’un lambel. Ce que Hippolyte de Béthune avait refusé de vendre à la reine Christine de Suède, il l’offrit à Louis XIV en 1662 : manuscrits originaux, tableaux originaux et crayons des plus excellents peintres d’Italie et de France, anciens et modernes, statues et bustes de marbre, bronzes antiques.

    Le nombre exact des manuscrits donnés s’élevait à 1.923 volumes, dont plus de la moitié était remplis de lettres originales : ils forment à la Bibliothèque nationale le « fonds de Béthune ». On ignore pourquoi un catalogue de la collection, rédigé par Nicolas Clément, avant l’année 1682, ne contient que la description de 1.567 volumes. A ce catalogue fut ajoutée plus tard une table alphabétique des lettres originales, en deux volumes in-folio.


    Le petit-neveu d’Hippolyte de Béthune, Louis-Basile de Béthune (1674-1742), chevalier de Charost, était le 3e fils de Louis-Armand de Béthune (1640-1717) et de Marie Fouquet (1640-1716), fille unique de Nicolas Fouquet (1615-1680), ministre d’État et surintendant des Finances, et de Louise Fourché, dame de Quéhillac [Bouvron, Loire-Atlantique], mariés en l’église Saint-Nicolas-des-Champs de Paris [IIIe] le 12 février 1657. Capitaine de vaisseau en 1696, chevalier de l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte [Ordre de Malte], Louis-Basile de Béthune mourut à Paris, le 31 mars 1742.



    Sa bibliothèque fut vendue à partir du 7 janvier 1743, dans une salle du Couvent des Grands Augustins, par Jacques Barrois (1704-1769), libraire quai des Augustins, sous l’enseigne « A la Ville de Nevers » : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu monsieur le chevalier de Charost (Paris, Jacques Barois [sic], 1742, in-8, [1]-[1 bl.]-xij-500 p., 5.103 + 4 doubles [*] – 1 absent = 5.106 lots), avec une « Table des auteurs », dont Théologie [512 lots = 10,02 %], Jurisprudence [102 lots = 1,99 %], Sciences et Arts [321 lots = 6,28 %], Belles Lettres [1.220 lots = 23,89 %], Histoire [2.950 lots = 57,77 %].


    « J’ai marqué à chaque article la condition des livres, & j’y ai ajouté une Table alphabétique des Auteurs telle que j’en ai mis aux Catalogues des Bibliotheques de Mrs de Longuerue, Couet, & Pelletier des Forts. La vente s’en fera en la maniere accoutumé. J’indiquerai par des Listes ce que je vendrai chaque jour. » [sic]

    (« Avertissement », p. iv)



    817. Andreae Baccii De naturali vinorum historia, de vinis Italiae & de conviviis antiquorum libri septem. Roma, Nic. Muthius,1596, in-fol., v. 110 l.



    881. La Gallerie du Palais du Luxembourg peinte par Rubens, dessinée par les Sieurs Natier, & gravée par les plus illustres graveurs du tems. Paris, Duchange, 1710, in-fol. magno, v. 100 l. 10.

    2.200. Atlas ou Recueil des cartes géographiques de Guillaume Delisle (au nombre de 85). Paris, in-fol. magno, v. 100 l. 8.

    2.403. Histoire ecclésiastique par Claude Fleury avec la continuation, par le P. Cl. Favre. Paris, P. Aubouin, 1691 & suiv., 36 vol. in-4, v.

    2.786. Histoire romaine depuis la fondation de Rome avec des notes, des cartes géographiques & plusieurs médailles par les PP. Catrou & Rouillé. Paris, Jacques Rolin, 1725 & suiv., 20 vol. in-4, v. 110 l.

    4.406. Description géographique, historique, chronologique, politique & physique de l’Empire de la Chine & de la Tartarie chinoise par le P. J. B. du Halde. Paris, P. G. Le Mercier, 1735, 4 vol. in-fol., v. 100 l.


    Armand-Joseph de Béthune

    Arrière-petit-neveu de Louis-Basile de Béthune, Armand-Joseph de Béthune est né à Versailles [Yvelines] le 1er juillet 1738 et a été baptisé le 5 juillet en l’église Notre-Dame de Versailles : fils unique de François-Joseph de Béthune (1717-1739), dit « le Marquis d’Ancenis » [Loire-Atlantique], capitaine d’une Compagnie des Gardes-du-Corps du Roi, et de Marthe-Élisabeth de La Rochefoucauld de Roye (1720-1784), dame du Palais de la Reine, mariés le 4 mars 1737.


    Porte-document aux armes du duc de Charost
    (Galerie Pellat de Villedon, Versailles)

    D’abord appelé « marquis de Charost », puis à la mort de son père « duc d’Ancenis » et en 1747 « duc de Charost », Armand-Joseph de Béthune se distingua dans la carrière militaire, a été mousquetaire en 1754, lieutenant-général pour Sa Majesté dans les provinces de Picardie et Boulonnais, gouverneur des ville et citadelle de Calais [Pas-de-Calais], Fort Nieulay et Pays reconquis en janvier 1756 ; colonel dans le Corps des Grenadiers de France le 1er avril 1756 ; le 4 mars 1757, mestre-de-camp d’un Régiment de cavalerie de son nom, qui a été incorporé en 1762 dans le Régiment Royal-Étranger ; mestre-de-camp-lieutenant du Régiment de cavalerie du Roi, le 1erdécembre 1762 ;  brigadier des Armées de Sa Majesté, le 4 novembre 1766 ; maréchal de ses Camps et Armées, le 3 janvier 1770.


    Louise-Suzanne-Edmée Martel

    Le 19 février 1760, en l’église de Saint-Sulpice de Paris [VIe], Armand-Joseph de Béthune a épousé Louise-Suzanne-Edmée Martel (1745-1779), fille unique de Charles Martel (1683-1760), comte de Fontaine-Martel [Bolbec, Seine-Maritime], maréchal des Camps et Armées du Roi, et de sa cousine Françoise Martel de Clères (1721-1773), qui lui apporta en dot la terre de Beaumesnil [Eure], puis, en 1776, le château de Chamilly [Saône-et-Loire]. De ce mariage sont nés : Armand-Maximilien-Paul-François-Edme de Béthune, marquis de Charost, né à Paris le 4 avril 1764, mort au château de Villebouzin [Longpont-sur-Orge, Essonne] le 1er octobre 1765 ; Armand-Louis-François-Edme de Béthune, comte de Charost, né à Paris le 5 août 1770, guillotiné à Paris le 9 floréal An II [28 avril 1794]. Louise-Suzanne-Edmée Martel décéda le mercredi 6 octobre 1779, à 34 ans, au château de Beaumesnil et fut inhumée le 9 octobre dans le chœur de l’église Saint-Nicolas [ruinée au début du XIXe siècle], du côté de l’Évangile.


    (Musée Carnavalet)

    Veuf, Armand-Joseph de Béthune épousa, le 17 février 1783, en l’église de Saint-Sulpice de Paris, Henriette-Adelaïde-Joséphine du Bouchet de Sourches (1765-1837), dont il n’eut pas d’enfant, fille de Louis-François du Bouchet de Sourches (1744-1786), marquis de Tourzel, et de Louise-Elisabeth de Croÿ d’Havré (1749-1832), dernière gouvernante des enfants de Louis XVI.


    Hôtel de Seignelay
    (Source René-Jacques,  BHVP,  Roger-Viollet)

    En 1785, Armand-Joseph de Béthune, qui habitait depuis cinq ans l’hôtel de Seignelay, rue de Bourbon [80 rue de Lille, VIIe, ministère de l’Industrie et du Commerce], loua à son cousin le comte de La Marck, 

    Hôtel 39 rue du Faubourg Saint Honoré (1901)
    Bibliothèque, 39 rue du Faubourg Saint Honoré

    son autre hôtel du 39 rue du Faubourg Saint-Honoré [VIIIe, propriété de Pauline Bonaparte en 1803, puis résidence de l’ambassadeur de Grande-Bretagne depuis 1814], édifié en 1723 par l’architecte Antoine Mazin (1679-1740) pour son arrière-grand-père, Armand de Béthune (1663-1747), duc de Charost.



    Cette même année 1785, il fit démolir l’ancien château de Roucy [Aisne], qu’il tenait de sa mère, et reconstruire celui qui sera détruit lors de la Première Guerre Mondiale :


    « Il fit aménager dans l’aile gauche du château, à côté de sa chapelle, une vaste bibliothèque où se trouvaient les livres les plus rares et les plus singuliers, surtout en économie politique. Un grand nombre de ces volumes étaient richement reliés à ses armes, surmontées d’une couronne ducale, dans un manteau de pair de France.

    Il se servait aussi de deux ex-libris, finement gravés par Tardieu d’après les dessins de Tharsis. »

    (Bulletin de la Société académique de Laon. ST-Quentin, Imp. D. Antoine, 1910, t. XXXIII, p. 133-134)



    Son premier ex-libris [60 x 84 mm] est seul signé. Le blason de Béthune, « D’argent, à la fasce de gueules, accompagnée en chef d’un lambel à trois pendants de même », est surmonté d’une couronne ducale, de laquelle émerge un casque de face, aux lambrequins fleurdelysés et ayant pour cimier un phénix essorant ; abrités dans les plis du manteau de pair, deux sauvages, dont l’un est debout et l’autre assis le dos tourné, soutiennent cet écu.



    Son second ex-libris [31 x 42 mm] rappelle le premier par sa disposition ; une guirlande de feuillage remplace les tenants de chaque côté de l’écu.


    Armand-Joseph de Béthune s’attacha à développer autour de lui le progrès agricole. Il encouragea par ses dons l’ouverture de nombreuses routes, le desséchement des marais, la culture des plantes fourragères et de la garance, la lutte contre les épizooties, la substitution de la charrue à l’araire. 

    Château de Meillant (1850)

    Château de Meillant (aujourd'hui)

    Il fonda à Meillant [Cher], qu’il possédait depuis 1755, une société d’agriculture et améliora la race ovine berrichonne par des croisements avec les moutons mérinos. Louis XV disait de lui : « Vous voyez bien cet homme tout simple, eh bien ! il vivifie trois de mes provinces » : la Picardie, dont il était gouverneur, la Bretagne, où il avait des propriétés, et le Berry qui était son pays de prédilection. Devançant la Révolution, il abolit sur ses terres les droits seigneuriaux et fit, avant le décret du 6 octobre 1789 sur la contribution patriotique, un don volontaire de 100.000 livres.

    Très aimé en Berry pour sa grande bienfaisance, le duc de Charost vécut à Meillant pendant la Terreur, mais y fut arrêté le 8 avril 1794 et transféré à Paris, à la prison de La Force, rue Pavée [IVe]. Les pétitions qui affluèrent en sa faveur firent différer sa mise en jugement et le 9 thermidor le sauva, tandis que son seul fils survivant du premier lit était guillotiné.


    Armand-Joseph de Béthune fut nommé maire du Xe arrondissement de Paris après le 18 brumaire An VIII [9 novembre 1799], mais mourut, le 5 brumaire An IX [27 octobre 1800], victime de la variole, dont il fut pris en visitant l’Institution des Sourds-Muets, dont il était administrateur ; il fut inhumé le 7 brumaire dans la chapelle du château de Meillant. Il avait été surnommé le « Père de l’humanité souffrante ». 



    Une souscription fut ouverte pour lui élever un obélisque en pierre, dans le jardin de l’archevêché, à Bourges [Cher].

    Par testament du 3 juin 1798, il avait légué tous ses biens à sa seconde femme. Elle s’occupa peu du château de Meillant et le donna, en 1857, à sa nièce Virginie de Sainte-Aldegonde (1792-1878), duchesse de Mortemart. Son autre nièce Joséphine de Sainte-Aldegonde (1789-1843), comtesse d’Imecourt, hérita du château de Roucy : ses petits-enfants vendirent le château en 1908 et dispersèrent les derniers vestiges de la bibliothèque du duc de Charost qui s’y trouvaient ; le chartrier de Roucy fut heureusement acquis par les Archives départementales.



    La plus grande partie des livres du duc de Charost, ceux provenant de ses bibliothèques de Paris installées 80 rue de Lille et 12 rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice [VIe, partie de la rue Bonaparte, entre la rue Saint-Sulpice et la rue de Vaugirard], furent vendus Salle Silvestre, 12 rue des Bons-Enfants, du mercredi 20 prairial [9 juin] au lundi 7 thermidor [26 juillet] An X [1802], en 40 vacations : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. de Béthune-Charost(Paris, Méquignon l’aîné, An X-1802, in-8, viij-188 p., 2.600 + 1 double [bis] = 2.601 lots), dont Théologie [200 lots = 7,68 %], Jurisprudence [73 lots = 2,80 %], Sciences et Arts [526 lots = 20,22 %], Belles Lettres [447 lots = 17,18 %], Histoire [1.296 lots = 49,82 %], Supplément [57 lots = 2,19 %].


    « La Bibliotheque dont nous publions le Catalogue, offre des Livres importans dans tous les genres ; elle présente aussi des Manuscrits précieux dans les différentes classes, et particulièrement dans l’Histoire.

    On trouvera dans les Sciences et Arts de bons livres sur l’Histoire naturelle, beaucoup de livres à figures, tels que la Science des Galeres, manuscrit in-fol. avec dessins de la plus grande beauté, l’Encyclopédie, la Galerie du Palais-Royal, celle de Dusseldorff, &c. Divers Ouvrages de prix, sur l’Architecture, l’Art militaire, &c., &c.

    Dans les Belles-Lettres, les Auteurs latins les plus estimés, éditions des Elzevirs& autres, dont le Cicéron Elzevir, celui publié par d’Olivet ; Horace, Virgile, &c.

    L’Histoire, qui fait la plus riche partie de cette bibliotheque, réunit des Collections très-précieuses d’ouvrages sur la Géographie & les Voyages, dont quelques-uns manuscrits avec plans dessinés & lavés ; un superbe exemplaire des Costumes religieux & militaires, par Charles Bar, 6 vol. in-fol. ; une suite d’Historiens grecs et latins, des meilleures éditions. L’Histoire de France, complette dans toutes ses parties, offre encore quelques Manuscrits intéressans. L’Histoire étrangère et l’Histoire littéraire contiennent également d’excellens livres ; dans cette dernière partie se trouvent des Collections très-complettes d’anciens Journaux de littérature française et étrangère.

    En général les Livres sont bien conditionnés ; on pourra les voir à la Salle de vente, le matin de chaque Vacation, depuis onze heures jusqu’à deux. » [sic]

    (« Avertissement », p. iij-iv)


    Dans l’exemplaire de la Bibliothèque Astor de ce catalogue, conservé aujourd’hui à la Bibliothèque publique de New York, une note manuscrite contemporaine a été ajoutée, après avoir remplacé « bien » par « très mal » pour qualifier la condition des livres :    


    « mensonge imprimé qu’on ne devoit pas attendre d’un Libraire Dévot, et qu’on ne peut excuser que par son ignorance.

    La majeure Partie de cette Bibliotheque provenoit de celle de L’abbé Goujet : Elle présentoit Conséquemment des Livres qu’un homme de Lettres peu fortuné et devenu aveugle vers le milieu de sa Carriere avoit pu réunir pour le Genre de travail auquel il avoit Consacré toutes ses Etudes (L’histoire Littéraire) L’ancienne Bibliotheque de la maison Bethune Charost dans laquelle elle se trouve incorporée étoit à ce qu’il Paroit possédée par des Propriétaires peu Curieux et Sans Goût. Le tems ayant vieilli ces deux Bibliotheques mal rajeunies ne nous a plus offert qu’une masse effrayante de Bouquins. Les Sequestres Revolutionnaires en ont achevé la détérioration ayant donné le tems aux mîtes et à la Pourriture d’entâcher une grande quantité d’articles principalement les grands formats : ajoutez à cela la dégradation des Reliures de Livres déjà mal conditionnés, beaucoup d’ouvrages défectueux et incomplets et vous aurez [illisible] de cette Bibliotheque. » [sic]


    Une grande partie des ouvrages provenait effectivement de la bibliothèque de l’abbé Claude-Pierre Goujet (1697-1767), chanoine de l’église Saint-Jacques-de l’Hôpital [détruite en 1829], rue Mauconseil à Paris [Ier], que le duc avait acquise en 1767 et qui passait pour l’une des plus remarquables de son temps.



    517. La Botanique mise à la portée de tout le monde, ou Collection des Plantes d’usage dans la Médecine, dans les Alimens & dans les Arts, par Regnault. Paris, 1774, in-fol., fig. color. 120 l. 05.


    (Musée national de la Marine)

    631. La Science des Galères, qui renferme tout ce qui regarde la construction, l’armement, la manœuvre, le combat & la navigation des Galères, par le chev. de Barras de Lapenne. Marseille, 1697, gr. in-fol., fig., m. r., dent., d. s. tr. Manuscrit. 144 l. 10.



    708. Description des projets & de la construction des ponts de Neuilly, de Mantes, d’Orléans, & autres, &c. par Perronnet. Paris, Impr. royale, 2 vol. gr. in-fol., fig. 85 l. 95.



    789. Cours d’Hippiatrique, ou Traité complet de la Médecine des Chevaux, par Lafosse. Paris, 1772, in-fol., fig. color., gr. pap., br. en cart. 139 l. 95.



    873.M. Tullii Ciceronis Opera. Lugd. Bat. Elzevir, 1642, 10 vol. in-12. Très mauvais état. 33 l. 95.

    875. M. Tullii Ciceronis Opera, cum delectu commentariorum Jos. Oliveti. Parisiis, Coignard, 1740, 9 vol. in-4, v. m. 186 l. 05.



    1.323. Voyage pittoresque, ou Description des royaumes de Naples & de Sicile, par de Saint-Non. Paris, 1781, 5 vol. in-fol., fig., rel. en cart. 471 l.



    1.422. Recueil de tous les Costumes religieux & militaires, avec un abrégé historique & chronologique, enrichi de notes & de planches coloriées, par Jacq. Charles Bar. Paris, 1788, 6 vol. in-fol., rel. en carton. Exemplaire de choix et parfaitement complet. 339 l. 95.



    1.598. L’Europe illustre, par Dreux du Radier, ouvrage enrichi de portraits gravés par les soins du sieur Odieuvre. Paris, 1755, 6 vol. in-4, v. éc., fil., d. s. tr. 73 l. 50.



    1.871. Histoire militaire du duc de Luxembourg en Flandre. La Haye, 1756, 5 vol. in-4, fig., v. f., fil. 62 l. 05.



    2.063. Tableaux de la Suisse, ou Voyage pittoresque fait dans les XIII Cantons & Etats alliés du Corps helvétique. Paris, 1780, 5 vol. in-fol., fig., rel. en cart. 351 l.



    2.316. Les Ruines de Palmyre, autrement dite Tedmor au désert. Londres, 1753, in-fol., fig. 71 l. 95.

    2.453. Catalogue raisonné des Livres de la Bibliothèque de M. l’abbé Goujet, 6 vol. in-fol. Manuscrit écrit par lui-même. 72 l. 50. à Barbier. 


    Collection complette des portraits de MM. les députés de l'Assemblée nationale de 1789
    (Paris, Dejabin, 1789, 3 vol. in-4, 601 portraits)
    Sotheby's, Paris, 6 novembre 2014 :  5.250 €


























    0 0



    0 0



    Portrait par Pierre-Roch Vigneron (Vosnon, Aube, 1789 - Paris V, 1872)

    Les origines du comte de Saint-Albin, une partie de sa vie, et jusqu’aux noms qu’il a portés, sont restés longtemps environnés d’une sorte de mystère qu’il fallait bien un jour éclaircir. Ce ne fut pas grâce à son fils aîné, qui avait été chargé de publier ses écrits inédits et qui n’hésita pas à rejoindre les « biographes accoutumés plutôt aux exagérations passionnées du pamphlet qu’au langage impartial de l’histoire », selon sa propre expression dans la « Notice biographique » des Documents relatifs à la Révolution françaiseextraits des œuvres inédites de A. R. C. [Alexandre Rousselin Corbeau] de Saint-Albin (Paris, E. Dentu, 1873).


    Alexandre Rousselin et Rousselin Corbeau de Saint-Albin sont une seule et même personne. Tout, ou presque, se trouve dans les actes de ses deux mariages :


    « Le vingt sept juillet mil huit cent sept devant nous maire officier de l’état civil de la commune de Champsegré [i. e. Champsecret] canton de Domfront dépt de l’Orne ont comparu pour contracter mariage M. Alexandre Charles Rousselin rentier domicilié aux forges de Varennes [i. e. Varenne] en cette commune […] né à Paris le douze mars mil sept cent soixante douze majeur fils de François Rousselin absent depuis plus de 15. ans sans nouvelles […] et de dame Nicole Antoinette Marchand épouse en secondes noces de Pierre Laurent Anne Corbeau de St. Albin [i. e. Pierre-Laurent-Antoine Corbeau de Saint-Albin] commandant d’artillerie décédée en cette qualité le sept thermidor an 4eme à Paris sur la division des Thuileries [i. e. Tuileries] d’une part, et demoiselle Marie Clémentine Espérance de Montpezat [i. e. Marie-Gaspardine-Justine-Clémentine de Montpezat] née à Avignon le vingt sept avril mil sept cent soixante quatorze domiciliée audit Varennes [i. e. Varenne] fille majeure de feu Jacques Thimothée de Montpezat Tremoletty de Bucelly [i. e. Jacques-Timothée Trémolet de Montpezat] décédé à Lyon en l’an deuxième […] et de dame Marie Françoise Espérance Justine de Montpezat [i. e. Marie-Françoise-Joséphine de Montpezat] […] déclarons au nom de la loi qu’Alexandre Charles Rousselin et Marie Clémentine Espérance de Montpezat sont unis par le mariage et les conjoints nous ayant aussitot déclaré qu’ils reconnoissent pour leur enfant naturel et légitime Marie Philibert Hortensius de Montpezat du sexe masculin ainsy nommé à Lyon le dix huit frimaire an quatorze département du Rhône où il est né commune de Ste. Foy lès Lyon […] De tout ce que dessus avons dressé acte en présence de […] M. Jean Sigismond Ehrenreich comte de Rédern de Bernsdorf natif de Berlin propriétaire du domaine de Flers et des forges de Varennes [i. e. Varenne] y demeurant âgé de quarante cinq ans […] et en présence des susdittes dames de Rougeville [i. e. Marie-Justine-Éléonore de Montpezat] et de Malijac [i. e. Marie-Gaspardine-Henriette de Montpezat] qui ont signé … » [sic]


    « L’an mil huit cent vingt un, le jeudi quatre janvier à neuf heures du matin, par devant nous, Blaise François Gambien, maire de la commune de Montrouge, arrondissement de Sceaux, département de la Seine, officier public de l’état civil de la dite commune, sont comparus Mr Alexandre Charles Rousselin de Corbeau de St Albin, ancien secrétaire général au département de la Guerre, consul de France, membre de la Légion d’honneur, propriétaire à Montrouge, y demeurant, né le douze mars mil sept cent soixante quinze [i. e. douze] à Paris, département de la Seine, fils majeur de Nicole Antoinette Marchand, femme divorcée de François Charles Rousselin décédé à St Domingue et mariée en secondes noces à Antoine Pierre Laurent de Corbeau de St Aubin [i. e. Albin] ancien colonel d’artillerie, aussi décédé et père adoptif du dit sr de Corbeau de St Albin, ce dernier veuf en premières noces de Anne Marie Espérance Clémentine de Montpezat [i. e. Marie-Gaspardine-Justine-Clémentine de Montpezat] ; et Delle Sophie Eléonore Marc née à Gentilly, département de la Seine le vingt un brumaire an huit, fille majeure de Charles Chrétien Henry Marc, docteur en la Faculté de Paris, médecin ordinaire de son altesse sérénissime monseigneur le duc d’Orléans, membre du Conseil de salubrité de Paris, y demeurant, et de Claudine Eléonore Moreau, son épouse […] ;

    vu l’acte en date du vingt mai mil huit cent treize constatant la naissance dudit sr Alexandre Charles Rousselin et son adoption par le sr Antoine Pierre Laurent de Corbeau de St Albin sus qualifié, la dite adoption admise par jugement du tribunal civil de première instance du département de la Seine en date du vingt avril même année et confirmée par jugement de la Cour impériale de Paris en date du huit mai suivant, dont la grosse, dûment enregistrée, a été déposée à la mairie du quatrième arrondissement de Paris, comme aussi celle du jugement du tribunal civil de première instance du département de la Seine ;

    vu l’acte de décès du sr Antoine Pierre Laurent de Corbeau de St Albin, constatant qu’il est décédé à Paris le seize octobre 1813, le dit acte délivré à la mairie du quatrième arrondissement de Paris le douze juillet mil huit cent vingt ;

    vu l’acte mortuaire délivré le vingt six décembre mil huit cent douze à Paris au greffe du palais de justice et constatant le décès de Nicole Antoinette Marchand, femme dudit sr de Corbeau de St Albin, ledit décès survenu le sept thermidor an quatre ;

    vu l’acte de notoriété passé les vingt neuf et trente un mars mil huit cent treize devant Me François Marie Etienne et son confrère notaires à Paris, suivant lequel acte il est constaté que le sr François Charles Rousselin époux de De Nicole Antoinette Marchand est mort à l’Isle Saint Domingue par suite des troubles qui ont eu lieu dans le cours de l’année mil sept cent quatre vingt quinze, le dit acte délivré par les notaires sus désignés sur la réquisition des quatre témoins y dénommés, lesquels ont signé avec les notaires sus dits le même acte qui a été enregistré à Paris le trente un mars mil huit cent treize ;

    vu l’acte délivré le dix neuf mars mil huit cent vingt à la mairie du premier arrondissement de Paris, constatant le décès de De Anne Marie Espérance Clémentine de Montpezat [i. e. Marie-Gaspardine-Justine-Clémentine de Montpezat]  décédée en la même ville le deux mai mil huit cent seize, époux dudit sieur Alexandre de Corbeau de Saint Albin ;

    vu l’acte de naissance de la future épouse née à Gentilly département de la Seine, le vingt un brumaire an huit ; […] » [sic]


    Intérieur de l'église Saint-Médard
      

    Alexandre-Charles Rousselin est né à Paris, sur la paroisse de Saint-Médard [Ve], le 12 mars 1772, fils de François-Charles Rousselin († 1795), époux, en secondes noces, en l’église Saint-Étienne-du-Mont [Ve], le 25 novembre 1767, de Nicole-Antoinette Marchand (1747-1796).


    Certains ont prétendu que son père, teinturier, était né en 1731, à Gancourt-Saint-Étienne [Seine-Maritime], et était décédé à l’Hôtel-Dieu le 24 juin 1796 (L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 20 août 1896, 204-206) : mais il n’y a ni naissance, ni mariage, ni décès d’un Rousselin dans les archives de l’état civil de Gancourt-Saint-Étienne, entre 1715 et 1743.   


    Alexandre Rousselin fit ses études à Paris, au collège d’Harcourt [rue de la Harpe, Ve, fermé en 1793 et détruit en 1795].

    Il adopta très jeune les principes de la Révolution et eut très tôt des relations avec Danton (1759-1794) et Camille Desmoulins (1760-1794). 


    Il fonda et rédigea une feuille révolutionnaire intitulée Feuille du salut public, qui parut du 13 messidor an I [1er juillet 1793] au 20 ventôse an III [10 mars 1795].

    Dès octobre 1793, il fut envoyé, par le comité de salut public de la Convention nationale, avec des pouvoirs illimités, comme commissaire civil national, à Provins [Seine-et-Marne], puis, en novembre, à Troyes [Aube], où il fit régner la terreur.


    Revenu à Paris, il fut traduit, avec quinze autres accusés, le 1erthermidor an II [19 juillet 1794], devant le tribunal criminel révolutionnaire, à cause de faits graves d’abus de pouvoirs pour lesquels il avait été dénoncé et fut acquitté.



    Pourtant, un ordre de Rousselin du 28 brumaire an II [18 novembre 1793], les trois dénonciations successives des habitants de Troyes et la terreur que son nom inspirait encore dans cette ville longtemps après les événements laissent peu de doutes sur la véridicité d’un « libelle » intitulé Histoire du terrorisme exercé à Troyes par Alexandre Rousselin et son comité révolutionnaire, pendant la tyrannie de l’ancien comité de salut public ; suivie de la Réfutation du rapport de la mission dudit Rousselin, avec les pièces justificatives (Troyes, Sainton, an III, in-8, 90 p.). Mais les loups ne se mangent pas entre eux …


    Séparée de son mari depuis plusieurs années et sans nouvelles de lui – il mourut en 1795 à Saint-Domingue [Haïti] -, Antoinette Marchand obtint le divorce le 26 frimaire an III [16 décembre 1794] et épousa, le 2 février 1795, Pierre-Laurent-Antoine Corbeau de Saint-Albin (1750-1813), alors commandant d’artillerie. Elle mourut prématurément, à Paris, le 7 thermidor an IV [25 juillet 1796].


    Dans ses loisirs, Plutarque et Tacite étaient ses lectures de prédilection. Il s’occupa d’études historiques et publia :


    - Vie de Lazare Hoche, général des armées de la République. Par A. Rousselin (Paris, Desene [sic] et Théophile Barrois, An VI, 2 vol. in-8, portr.).

    - Notice historique sur Marbot, général divisionnaire. Par Alexandre Rousselin (Paris, Desenne, An VIII, in-8).


    Nommé consul en Egypte en 1804, il ne voulut pas s’y rendre. Dès lors il resta dans un état de suspicion et de disgrâce qui attira sur lui la surveillance de la police impériale et le fit même envoyer sous surveillance dans le département de l’Orne.

    Le 27 juillet 1807, à Champsecret [Orne], Alexandre Rousselin épousa Marie-Gaspardine-Justine-Clémentine de Montpezat (1774-1816) : ils légitimèrent, par leur mariage, leur fils Marie-Philibert-Hortensius, né à Sainte-Foy-lès-Lyon [Rhône], rue Nérard, le 18 frimaire an XIV [9 décembre 1805].



    Avant de mourir, à Paris, le 16 octobre 1813, Laurent Corbeau de Saint-Albin avait adopté Alexandre Rousselin, par acte du 23 décembre 1812, admis par jugement du tribunal civil de première instance du département de la Seine le 20 avril 1813.


    En 1815, Alexandre Rousselin Corbeau de Saint-Albin, devenu secrétaire général de Lazare Carnot, ministre de l’Intérieur, chargé de la partie de l’instruction publique, se joignit aux actionnaires et aux rédacteurs de L’Indépendant, journal général, politique, littéraire et militaire, fondé le 1ermai, qui devint, en 1819, Le Constitutionnel, journal du commerce, politique et littéraire.

    Le 2 mai 1816, Alexandre Rousselin Corbeau de Saint-Albin eut la douleur de perdre sa femme, morte à Paris, au 9 rue d’Anjou-Saint-Honoré [rue d’Anjou, VIIIe].

    Il se réfugia dans ses études, ses livres et sa collection de tableaux et de portraits révolutionnaires : 

    Crâne de Charlotte Corday
    (Coll. prince Roland Bonaparte)

    il possédait le crâne de Charlotte Corday (1768-1793), que Danton lui avait offert, ne sachant que faire de ce cadeau du bourreau Charles-Henri Sanson (1739-1806).


    Le 4 janvier 1821, à Montrouge [Hauts-de-Seine], il épousa Sophie-Eléonore Marc, née à Gentilly [Val-de-Marne], le 29 brumaire an VIII [20 novembre 1799], fille de Charles-Chrétien-Henry Marc (1771-1840), ancien fabricant d’acides minéraux, médecin ordinaire du duc d’Orléans, membre du Conseil de salubrité de Paris, et de Claudine-Eléonore Moreau. Ils eurent de leur mariage : 

    - Louis-Philippe de Saint-Albin, né le 9 juin 1822 et décédé le 14 novembre 1879 [8 rue Boudreau, IXe], qui resta célibataire et fut bibliothécaire du Sénat, puis, en 1853, de l’impératrice Eugénie ; fondateur de la Société des Amis des livres, avec Ernest Gallien (1818-1876) et Charles Truelle (1817-1902).  

    - Alexandrine-Catherine-Hortense de Saint-Albin, née le 4 mai 1824 et décédée le 27 octobre 1885 [8 rue Boudreau, IXe], qui épousa en 1855 Achille Jubinal (1810-1875), député des Hautes-Pyrénées en 1852, un des défenseurs de Guillaume Libri (1802-1869) en 1849.

    Sous le règne de Louis-Philippe Ier, le révolutionnaire de jadis devint un modéré, protégé par le roi lui-même. Il chercha à faire oublier son passé. Il obtint même de Joseph-Marie Quérard (1796-1865) la suppression de l’article qui lui était consacré dans La France littéraire (Paris, Firmin Didot frères, 1836, t. VIII, p. 240-241) et la rédaction d’un carton qui se trouve dans presque tous les exemplaires.  


    Le 12 mars 1838, par suite de mésintelligence avec certains actionnaires du Constitutionnel, Alexandre Rousselin Corbeau de Saint-Albin vendit ses deux actions, pour 270.000 francs, au journaliste Louis Véron (1798-1867).

    Après une longue et cruelle maladie, pendant laquelle son ami le docteur Louis-Benoît Guersant (1777-1848), beau-frère de l’auteur dramatique Louis-Benoît Picard (1769-1828), lui prodigua ses soins, jusqu’au dernier jour, Alexandre Rousselin Corbeau de Saint-Albin mourut à Paris, en son hôtel du 122 rue Vieille-du-Temple [IIIe], le 15 juin 1847, à 6 heures du matin. 


    Il fut inhumé dans le caveau familial du château de Le Chevain [Sarthe].

    Il avait, dans son testament, chargé son fils aîné de publier ses ouvrages : le premier fut Championnet, général des armées de la République française, ou les Campagnes de Hollande, de Rome et de Naples, par Rousselin de Saint-Albin (Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1860). 



    Sa veuve, qui lui survécut jusqu’au 4 février 1864 [6 rue Boudreau, IXe], organisa la vente de sa bibliothèque, en son domicile, 122 rue Vieille-du-Temple, au Marais, du lundi 20 mai au samedi 29 juin 1850, en 36 vacations : Catalogue des livres et des manuscrits composant la bibliothèque de feu M. le comte de Saint-Albin (Paris, J.-F. Delion, successeur de R. Merlin, 1850, in-8, XII-292 p., 3.501 + 5 doubles [bis] = 3.506 lots), dont Philosophie [45 lots = 1,28 %], Théologie [568 lots = 16,20 %], Sciences mathématiques, physiques et naturelles [184 lots = 5,24 %], Sciences morales et intellectuelles [1.084 lots = 30,91 %], Sciences sociales [1.443 lots = 41,15 %], Polygraphie [133 lots = 3,79 %], Livres annotés [8 lots = 0,22 %], Manuscrits et autographes [71 lots = 2,02 %].


    « APRÈS la bibliothèque de M. Boulard, peu de collections particulières peuvent être comparées à celle qu’avait formée M. de Saint-Albin. Cet infatigable et dévoué bibliophile avait rassemblé environ soixante mille volumes, et l’on verra, en parcourant les nombreuses séries de ce Catalogue, qu’il avait su choisir, et que les ouvrages qui peuvent convenir aux curieux, aux hommes de goût ou d’étude, ne manquent pas. » (p. V)


    La quantité considérable de livres non catalogués fut vendue par lots, les samedi 25 mai [environ 3.000 vol. de théologie, de philosophie et de morale], samedi 1erjuin [environ 3.000 vol. de sciences naturelles, médicales, etc. ; politique, économie politique, jurisprudence, etc.], samedi 8 juin [environ 3.000 vol. de romans français, anciens ou contemporains], samedi 15 juin [environ 3.000 vol. de littérature ancienne grecque et latine ; linguistique, etc.], samedi 22 juin [environ 3.000 vol. de littérature française, poésie ou théâtre], vendredi 28 juin [environ 3.000 vol. d’histoire, de voyages, etc.], samedi 29 juin [environ 3.000 vol. d’histoire de France, sur la Révolution, etc.], et les jours suivants.




    Beaucoup de ces livres furent rachetés par son fils Louis-Philippe de Saint-Albin, notamment ceux qui concernaient la période révolutionnaire.



    Alexandre Rousselin Corbeau de Saint-Albin utilisait un ex-libris [60 x 68 mm] aux armes « D’or, à trois fasces de sable », couronne de marquis, supports deux corbeaux, devise « Nil nisi virtute » [Rien sans courage].


    Oeuvres de Molière
    Exemplaire de Rousselin Corbeau de Saint-Albin


     












    0 0

    Château de Montguyon (XIIe s.)
    Ruines du donjon à 4 étages, qui jadis avait 50 m d'élévation,
    et dont la flèche fut incendiée par la foudre en 1793.



    D’une famille originaire de Montguyon [Charente-Maritime], déplacée à Baignes-Sainte-Radegonde [Charente] au milieu du XVIIIe siècle, puis à Paris au siècle suivant, Alfred Piet est né dans la capitale, 18 rue Neuve-des-Petits-Champs [rue des Petits-Champs, IIe], le 25 janvier 1829, fils de Pierre-Charles-Mathieu Piet (1783-1856), notaire, et d’Anne-Germaine-Félicité Guenée (1794-1855), mariés à Dourdan [Essonne], le 9 septembre 1816.


    Alfred Piet en 1878
    par Marcellin-Gilbert Desboutin (1823-1902)

    Devenu avocat et demeurant à Paris [VIIIe], 41 rue de Londres, Alfred Piet épousa, le 5 octobre 1857, à Compiègne [Oise], Marguerite-Angéline Dupuis (1839-1867), fille de Étienne-Louis-Théophile Dupuis, ancien « marchand de charbon de terre », adjoint au maire et président du Tribunal de commerce, et de Catherine Leconte.

    Marguerite-Angéline Dupuis étant décédée prématurément le 18 novembre 1867, à Paris, 4 rue de Castellane [VIIIe], Alfred Piet, qui habitait toujours 4 rue de Castellane, épousa, en secondes noces, le 7 février 1872, Marie-Henriette-Hélène Carbonnier, née à Aulnoy [Seine-et-Marne], au château du Rû, le 15 septembre 1854, fille de Georges-Augustin Carbonnier, juge d’instruction à Coulommiers [Seine-et-Marne], et de Augustine-Adélaïde Carbonnier.


    Après avoir déménagé 19 rue de Tivoli [rue d’Athènes à partir de 1881, IXe], Alfred Piet devint membre de la Société des Amis des livres : il en fut l’archiviste-trésorier de 1880 à 1889 inclus.


    « Les Amis des Livres doivent se réunir le mardi 14 janvier en vue de procéder à la nomination du bureau et au compte rendu de l’exercice 1889.

    Ce ne sera pas sans quelque stupeur que l’on verra l’honorable Archiviste-Trésorier, Alfred Piet, apparaître au dessert comme Banco pour rendre ses comptes, donner sa démission et se retirer dans un manteau de froide dignité doublé de la chaude fourrure, en ventre de petit-gris, des devoirs accomplis. Alfred Piet, biblioiconophile très fervent, homme de méthode jusqu’à la science des détails la plus crispante pour les nerveux, fils de notaire et d’un esprit nourri des minutes paternelles, a donné son temps, ses soins et le gage constant de sa fidélité à la Société depuis sa fondation. Il a été le gardien vigilant du magot social qu’il ne voulut jamais laisser entamer, le recruteur des cotisations, le signataire à nobles parafes de mandats à toucher chez Rouquette par les artistes illustrateurs et graveurs ; un conflit est survenu à propos de Zadig que la Société des amis des Livres doit publier.

    Remplacera-t-on Piet, cet homme intègre qui ne buvait que de l’eau et qui n’était, comme Cerbère, sensible qu’aux Orphées de l’Opéra-Comique ? – Non, Piet ne sera pas remplacé. Ce Don Pedro du trésor social ne méritait point la révolution de palais qui le met hors comité et le rend tout entier, mais pas en Premier État, croyez-le, à la catalographie nocturne de ses chères estampes. » [sic]

    (Le Livre moderne. Paris, Maison Quantin, 1890, 1er vol., p. 58-59)



    En 1884, il déménagea au 17 boulevard de la Madeleine [Ier, immeuble détruit].



    Il composa lui-même son ex-libris [60 x 52 mm], à partir d’éléments calqués sur des gravures du XVIIIe siècle et agencés avec habileté : une Minerve casquée, armée d’une pique, debout derrière un cartouche entouré de lauriers et d’attributs de musique, de peinture, de sculpture ; au milieu du cartouche est écrit « EX LIBRIS ALFRED PIET ». Son dessin fut gravé par Eugène Gaujean (1850-1900). Deux tirages furent exécutés, l’un en rouge, réservé aux livres du XVIIIe siècle, l’autre en bistre [couleur brun jaunâtre], pour les ouvrages du XIXe siècle ; une eau-forte pure a été tirée à 6 exemplaires ; une épreuve avant la lettre a été tirée à 8 exemplaires.


    Du 31 mars au 2 avril 1890, Alfred Piet offrit à la salle des ventes du 28 rue des Bons-Enfants la majeure partie de ses livres, sous la modestie d’un anonyme Catalogue de bons livres bien conditionnés. Beaux-arts et littérature (Paris, Porquet, 1890, in-8, 39-[1] p., 333 lots) :


    « - Je puis y relever l’Eugénie Grandet, publiée par cette société en 1883, qui a été adjugée 235 francs, - ce qui n’est pas étourdissant.

    - Le Bérangeren 2 vol. in-8°, de chez Baudoin frères, 1828, avec le supplément de 1833 de Perrotin, très bel exemplaire contenant les premières épreuves avant la lettre, tirées sur papier blanc, et une lettre autographe du chansonnier ; vendu 495 francs.

    - Une suite de lithographies d’Henry Monnier, in-4°, faites pour les Chansons de Béranger au nombre de 24 pièces coloriées, publiées S. D. par Bernard et Delarue, et qui sont devenues rares, a atteint la somme de 216 francs.

    - Aline de Golconde, plaquette des Amis des livres parue en 1887 ; vendue 184 francs.

    - Le Manuel de Brunet, avec les deux volumes de supplément, se maintient toujours dans les environs de 250 francs.

    - Les Chants et chansons populaires de la France, Paris, Delloye, 1843, trois volumes adjugés à 319 francs. – Pas excessif en vérité, car il s’agit ici d’un admirable ouvrage.

    - Jacques le fatalistede Diderot, publié par les Amis des livres en 1884 ; vendu 235 francs – c’est faiblot. Ce livre, cependant très réussi, ne s’enlève pas. – Je sais bien que Maurice Leloir a fait mieux… Cependant !

    - Le Fond du sac, 2 vol., Cazin [sic], 1780, bel exemplaire en maroquin rouge ancien ; cédé au prix rond de 150 francs, - maigre, n’est-il pas vrai ? – Il y a quinze ans, pour le Fond du sac, il fallait vider le fond du gousset. Quantum mutatus !

    - L’Eldorado ou Fortuniode Théophile Gautier, publié en 1880 par les Amis des livres, in-8°, avec eaux-fortes de Milius et vignettes de Paul Avril ; laissé sur table au prix de 335 francs. – Rien à dire !

    - Les Orientalesde Hugo, éditées par la même société, sur japon, 180 francs.

    - Imitation de Jésus-Christde Curmer, 1856-1858, 2 vol. in-4°, 299 francs.

    - La Chronique de Charles IX, illustrée par Ed. Morin, - première publication de la Société, dont le misanthrope Alfred Piet a liquidé tous les livres, - a été vendue 455 francs.

    A mentionner principalement les Contemporaines de Restif de La Bretonne [sic], 42 vol. in-12, 1781-1785. Bel exemplaire dans une reliure de Belz-Niédrée [sic], dans lequel on avait inséré 45 dessins originaux de Binet ; le tout vendu 730 francs. – Mais c’est donné ! – Quelle binette eût fait Binet de se voir adjugé à si bas prix, pas même un louis par dessin original ! – O temps ! O mœurs ! – O Piet, volage iconophile qui devenez iconobazardeur, dans quel Waterloo sinistre et morne avez-vous poussé les colonnes de vos livres chéris !!! » [sic]

    (In Le Livre moderne. Paris, Maison Quantin, 1890, p. 360-361)


    La vente du mercredi 6 au samedi 9 mai 1891, à l’hôtel Drouot - Catalogue de livres illustrés des XVIIIe et XIXe siècles, provenant de la bibliothèque de M. Alf. P***[Alfred Piet] (Paris, Charles Porquet, 1891, in-8, 96 p., 441 lots) - ne fit que 48.000 francs : le vendeur y a perdu, de son propre aveu, plus de 30.000 francs.


    Alfred Piet fut aussi membre de la Société des Bibliophiles contemporains, fondée en 1889, et de la Société des Cent bibliophiles, fondée en 1895.


    Malade depuis plusieurs années, Alfred Piet mourut en son domicile parisien, le 10 juillet 1901, moins de trois mois après la mort de son ancien et fidèle ami, Eugène Paillet (1829-1901).


    « S’il est un grand nombre de gens auprès desquels on passe sans avoir remarqué leur physionomie, sans avoir même soupçonné leur existence, il en est d’autres, au contraire, dont le contact, même éphémère, force l’attention et laisse son empreinte. Alfred Piet était de ces derniers. Sa personnalité, qu’il semblait avoir érigé à plaisir et de propos délibéré en originalité, appelait la remarque – je dirais volontiers la discussion. Ceci d’ailleurs n’était pas pour lui déplaire, car, de cette originalité voulue, il tirait une sorte de fierté qu’il ne dissimulait pas ; quant à la discussion, loin de la redouter, il la sollicitait et l’entretenait volontiers.

    D’une correction de manières parfaite, courtois et galant homme, il savait contenir l’impatience naturelle à son caractère et dissimuler l’irréductibilité de ses opinions sous un calme et une froideur plus apparents que réels. Mais, lorsque son tour de parole était venu, il entendait user largement de son droit de réponse ; il y mettait une sorte de solennité qui n’admettait ni l’interruption ni l’espoir de modifier désormais l’opinion qu’il avait exprimée.

    Son esprit curieux et cultivé le porta dans sa jeunesse, en l’absence de tout travail spécial ou professionnel, à étudier de tout un peu : le droit, la médecine, la pharmacie, voire même la musique. Puis, plus tard le goût des collections éclectiques et diverses s’empara de lui et il se mit à colliger de tout en abondance : des livres, des meubles, des vignettes et des bibelots.

    Comme bibliophile et vignettiste, il nous a appartenu sans conteste, et s’il n’a pas mérité – peut-être – la qualification rare d’amateur de premier ordre, tout au moins ne peut-on lui refuser celle de collectionneur intrépide et convaincu.

    Alfred Piet était ce que l’on appelle un homme tout d’une pièce et ne savait rien faire à demi. Il se donnait tout entier ou se refusait obstinément. Son amitié était inébranlable, comme son hostilité restait irréductible. Or, ce fut vers 1878 que la passion du livre et surtout de la vignette s’empara de lui à l’état aigu. Il ne lui résista pas et, pendant plus de dix années, il demeura son esclave ; il lui sacrifia tout : ses jours, ses nuits, ses heures de repas, ses aises et, en outre, des sommes considérables.

    Il s’astreignit à suivre toutes les ventes publiques, même les plus indifférentes, même celles du soir à la salle Sylvestre [sic]. Et il semblait vraiment que ce fut pour lui un devoir auquel il n’eût pu se dérober sans forfaire, que de venir occuper la chaise réservée à son intention près du bureau du commissaire-priseur, en face de celle destinée à son habituel antagoniste, Alfred Piat.

    Il remplit ainsi sans faiblir, pendant plus de dix ans, cette sorte de sacerdoce auquel il s’était impitoyablement voué. En retira-t-il d’autre satisfaction que celle, quelque peu platonique, du devoir accompli ? Il serait permis d’en douter, si l’on ne se souvenait que de la plainte sacramentelle par laquelle il répondait aux étonnements qu’une semblable rigueur envers lui-même éveillait chez les amateurs moins zélés. “ Si vous croyez que cela m’amuse ! ” ripostait-il d’une voix presqu’acerbe, où ceux qui le connaissaient démêlaient aisément la pointe de fierté de sa personnalité affirmée.

    Cependant, Alfred Piet rentrait rarement au logis sans avoir trouvé l’occasion de bourrer ses poches nombreuses et “ faites exprès ” d’acquisitions diverses. Il savait tirer parti de tout, grâce à ses connaissances acquises. Une pièce de valeur remarquée dans un carton de figures dépareillées, une suite intéressante mais incomplète, dont il savait trouver le complément dans ses abondantes réserves, avaient-elles frappé son regard ? C’en était assez pour qu’il fît emplette du lot. Ainsi s’entassaient les paquets de vignettes dans ses cartonniers, tandis qu’il s’en remettait à l’avenir du soin de lui fournir le temps et le loisir nécessaires au dépouillement, à la réunion et au classement de tous ces matériaux épars.

    Mais les années apportent-elles jamais avec elles ce temps et ces loisirs qui ont fait défaut à la jeunesse ? Combien il est rare l’homme qui, s’étant réservé pour le soir de sa vie quelque tâche laborieuse et longue, n’a pas vu venir trop tôt la fin de sa journée ! Après tant d’autres, notre collègue a dû laisser là sa besogne inachevée, car la mort l’a frappé devant le labeur à peine entrepris.

    Travail énorme pour qui voudrait y mettre toute la minutie et toute l’intransigeance qu’il se promettait d’y consacrer lui-même !

    D’ici quelques mois, conformément à sa volonté, formellement exprimée, ses diverses collections seront dispersées de nouveau sous les coups des marteaux d’ivoire et dans chacune on trouvera, auprès d’objets de valeur modeste, des numéros de premier ordre qui signalent le collectionneur érudit et sagace.

    Alfred Piet, était depuis longtemps, un oublié, un disparu et, sans doute, la plupart des derniers venus au milieu de nous entendront-ils parler de lui, aujourd’hui, pour la première fois. Cependant notre ancien collègue a tenu pendant dix ans une place importante dans le Conseil des “ Amis des Livres ”. Archiviste-trésorier de la fondation (1880) jusqu’en 1890, il fut, pendant tout ce temps, le sociétaire le plus assidu et le plus fidèle de la jeune Société. Il semblait même que son affection pour elle allât jusqu’à la jalousie. Mais, n’ai-je pas dit qu’Alfred Piet ne savait pas aimer à demi ! Son administration, qui put paraître revêche à force de ponctualité et de minutie, contribua dans une mesure appréciable à la prospérité de nos finances, et il serait aussi injuste de l’oublier que de ne pas lui en rester reconnaissant.

    Pendant de longues années, comme un amant pour sa maîtresse, Alfred Piet n’eut d’affection et de pensées que pour la Société.

    Mais un jour arriva où….. L’amant fut-il trop sévère ou jaloux à l’excès ? La maîtresse fut-elle inconstante et ingrate ?..... Qu’importe ! De consentement mutuel, le divorce fut consommé, et, depuis lors, dans le cœur du vieux trésorier, quelque chose fut brisé.

    De ce jour également prirent fin les longues stations à l’hôtel des ventes, les interminables causeries dans les librairies, jusqu’à l’heure où “ l’on ferme ”, et les visites tardives chez les collègues en mal de bibliophilie.

    Alfred Piet alors s’isola, et seul ou presque seul, le président de la Société [Eugène Paillet], auquel il avait voué une amitié qui ne se démentit jamais, continua de recevoir sa visite hebdomadaire et dominicale. Encore n’arrivait-il, systématiquement sans doute, qu’à l’heure où, d’habitude, la faim fait sortir….. les visiteurs attardés.

    Puis vint la maladie et bientôt après l’impotence. Cloué dans son fauteuil, dont il ne sortait plus guère, il vécut plusieurs années sans autre distraction, sans autre joie, que ses collections qu’il avait mis tant d’ardeur à réunir. Quelques amis – combien rares, hélas ! – avaient pitié de sa misère et venaient de temps à autre lui faire oublier pendant quelques instants sa navrante solitude.

    La mort de son ancien président lui porta le dernier coup, le coup au cœur ; deux mois après, il s’éteignit à son tour sans une plainte, sans un regret.

    Il laissera à ceux qui l’ont connu et qui ont su pénétrer au-delà de l’originalité dont il se cuirassait, le souvenir d’une personnalité étrange, doublée d’un cœur singulièrement fidèle et dévoué à ses affections. » [sic]

    (Jean Paillet. In Société des Amis des livres. Annuaire. XXIIIe année. Paris, 1902, p. 73-80)


    Les ventes de ses collections se succédèrent pendant les six premiers mois de l’année 1902.  



    Vente du jeudi 13 au samedi 15 février 1902, à l’Hôtel Drouot, salle n° 6 : Catalogue des objets d’art et de curiosité […] par suite du décès de M. Alfred Piet (Paris, P. Chevallier et A. Foucault, Mannheim et A. Bloche experts, 1902, in-8, 26 p., 170 lots).



    Vente du lundi 14 au mercredi 16 avril 1902, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, rue Drouot, salle n° 8 : Catalogue de vignettes pour illustrations, la plupart du XVIIIe siècle […] composant la collection de M. feu Alfred Piet,ancien archiviste-trésorier de la Société des Amis des livres (Première partie) (Paris, Maurice Delestre et A. Foucault, Dupont aîné expert, 1902, in-8, 87-[1 bl.] p., 409 + 1 double [bis] = 410 lots). Le montant de l’adjudication a été d’environ 22.000 francs.


    Vente des vendredi 25 et samedi 26 avril 1902, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, rue Drouot, salle n° 8 : Catalogue d’estampes anciennes, portraits […] composant la collection de feu M. Alfred Piet, ancien archiviste-trésorier de la Société des Amis des livres (Deuxième partie) (Paris, Maurice Delestre et A. Foucault, Dupont aîné expert, 1902, in-8). Le montant de l’adjudication a été d’environ 11.855 fr. 50 c. 



    Vente le mercredi 7 mai 1902, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, rue Drouot, salle n° 8 : Catalogue de dessins anciens, principalement de vignettes et portraits[…] composant la bibliothèque de feu M. Alfred Piet, ancien archiviste-trésorier de la Société des Amis des livres (Troisième partie) (Paris, Maurice Delestre et Louis Navoit, Dupont aîné expert, 1902, in-8, 27-[1 bl.] p., 125 lots). Le montant de l’adjudication a été d’environ 7.689 francs.



    Vente du lundi 12 au mercredi 14 mai 1902, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, rue Drouot, salle n° 8 : Catalogue devignettes des XVIIIe et XIXe sièclespour illustrations, estampes anciennes, portraits […] planches gravées, gravures diverses, vignettes et portraits en lots, composant lacollection de feu M. Alfred Piet, ancien archiviste-trésorier de la Société des Amis des livres (Quatrième et dernière partie) (Paris, Maurice Delestre et Louis Navoit, Dupont aîné expert, 1902, in-8, 88 p., 494 lots). Le montant de l’adjudication a été d’environ 9.060 francs.



    Vente du jeudi 12 au samedi 14 juin 1902, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 7 : Catalogue de la bibliothèque de feu M. Alfred Piet, ancien trésorier de la Société des Amis des livres. Première partie (Paris, Em. Paul et fils et Guillemin, 1902, in-8, VIII-96 p., 398 lots), dont Théologie [19 lots = 4,77 %], Sciences [12 lots = 3,01 %], Beaux-Arts [181 lots = 45,47 %], Belles Lettres [131 lots = 32,91 %], Histoire [24 lots = 6,03 %], Ouvrages sur Paris – Mélanges [16 lots = 4,02 %], Publications de Sociétés de bibliophiles [15 lots = 3,76 %]. Le montant de l’adjudication a été d’environ 46.943 fr. 50 c.



    La marque reproduite sur la couverture du catalogue de vente est une copie de l’ex-libris d’Alfred Piet, avec quelques variantes : « AP » en lettres anglaises entrelacées figurent sur le cartouche ; la signature de Gaujean a été remplacée par « ALF. PIET. INVENT ET DELINT » et « HUYOT. SCULPT ».

    Cette vente fut la 1.000e de Em. Paul et fils et Guillemin.



    2. Histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament. Paris, Plon, 1838, 2 vol. gr. in-8 à 2 col., pap. vélin, fig., veau fauve, dos orné, large dent. sur les plats, tr. dor. De la bibliothèque de Jules Janin. 20 fr.

    7. La Passion de N. Seigneur Jésus-Christ et les Actions du prêtre à la Sainte Messe. Paris, F. Chereau et J. Gosse, 1729, in-12, fig., mar. rouge, dos orné, large dent., tr. dor. (Rel. anc.). 35 fig. de Sébastien Le Clerc. De la bibliothèque de Édouard Meaume. Ex-libris ancien gravé et armorié de Coquereau. 40 fr.

    8. Horæ. In-8, ais de bois couverts de velours cramoisi, tr. dor. Manuscrit parisien du XVe siècle sur vélin, 23 grandes miniatures. 2.300 fr.

    9. Preces piæ. In-8, mar. r., entrelacs en mosaïque de mar. grenat avec fil. et ornem. dorés sur le dos et les plats, doublé et gardes de moire cerise, dent. int., tr. dor. (Capé). Manuscrit parisien sur vélin, 58 miniatures. 1.100 fr.

    10. Livres d’heures (en latin et en français). Pet. in-4, mar. r., dos et plats couverts de riches comp. à petits fers et au pointillé, dent. int., tr. peinte en or et couleur (Le Gascon). Manuscrit sur vélin, fin XVe siècle, ouest de la France, 64 miniatures. 2.035 fr.

    11. Incipiunt evangelia totius anni tă de tempore qz de sanctis. Scdm usū romanū. In-fol., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Derome). Manuscrit parisien écrit en 1545 par le moine Jean Holand, 157 miniatures ou grandes lettres majuscules ornées, ayant appartenu au duc de La Vallière. 1.610 fr.




    26. Les Caractères de Théophraste, traduits du grec. Huitième édition. Paris, Michallet, 1694, in-12, mar. vert, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Thibaron Joly). Ex. de Gustave Chartener. 16 fr.

    30. La Magie naturelle, qui est les Secrets et Miracles de nature, mise en quatre livres, par Jean Baptiste Porta, Neapolitain. Lyon, Jean Martin, 1565, in-8, mar. rouge, fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Capé). Première édition. Exemplaire de Jules Janin. 27 fr.



    31. Pratique de Chymie, divisée en quatre parties, par S. Matte La Faveur, distillateur et démonstrateur ordinaire de la chymie en la faculté de médecine de Montpellier. Montpellier, Daniel Pech, 1671, pet. in-8, pl. gr. sur cuivre et pliées, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de J.-B. Colbert. 91 fr.



    32. Iconologie, ou la Science des emblèmes, devises, etc. Amsterdam, Adrian Braakman, 1698, 2 tomes en 1 vol. pet. in-8, pl. gr. en taille-douce, cuir de Russie, dos orné, fil. dor., dent. et milieu à froid, dent. int., non rog. (Ginain). Exemplaire de Yemeniz. 21 fr. 


    34. Almanach iconologique. Année 1771. Septième suite. Les XII Mois de l’année, par M. Gravelot. Paris, Lattré, s. d. [1771], in-18, texte grav., front. et 12 fig. par Gravelot, mar. grenat, dos orné, fil., dent., tr. dor. (Noulhac). Avec les 12 dessins originaux de Gravelot, exécutés à la sépia. 1.000 fr.

    51. Huot. Suite de 24 dessins in-8, à l’encre de Chine, pour Gil Blas de Le Sage, reliés en 1 vol. in-8, demi-rel. mar. grenat avec coins, dos orné, fil. (Noulhac). Cette suite n’a jamais été gravée. Elle provient de la vente Sieurin, où elle fut adjugée 1.400 fr. 1.230 fr.

    62. 1872-1884. Mes estampes (par Henri Beraldi). Lille, Danel, 1884, pet. in-8, demi-rel. mar. r. avec coins, dos orné, fil., tête dor., couverture, non rog. (Lafon). Exemplaire n° 12, avec envoi de l’auteur à Alfred Piet, portrait et lettre autographe de Beraldi. 16 fr.


    Photographie Scriptorium d'Albi, Montolieu

    71. Chronologie des souverains pontifes, empereurs, roys, princes, grands seigneurs et hommes illustres dès le commencement du monde jusqu’en l’an 1622. Paris, Abdias Buizard, 1622, in-fol., portraits, mar. r., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, tr. dor. (Rel. anc.). Connu sous le nom de « Chronologie collée ». Aux armes et au chiffre de Balathier-Lantage. 190 fr.



    74. Les Arts somptuaires. Histoire du costume et de l’ameublement et des arts industriels. Paris, Hangard-Maugé, 1857-1858, 4 vol. in-4, pl. en chromolithographie, demi-rel. mar. r. avec coins, tête dor., non rog. Exemplaire de L. Curmer. 93 fr.



    97. Un an à Rome et dans ses environs. Recueil de dessins lithographiés. Paris, Impr. de Firmin Didot, 1823, in-fol., 72 pl. lithographiées et coloriées, demi-rel. mar. vert, dos orné, non rog. Exemplaire de Renouard. 53 fr.   

    208. Album musical contenant 188 morceaux de musique (dont 32 inédits), écrits et signés par des compositeurs, des instrumentistes et des chanteurs. In-fol. oblong, mar. violet, dos orné de comp. de fil., large encadrement de 22 fil. sur les plats, chiffre au centre, tr. dor., dans un étui (Capé). Recueil formé par Alfred de Beauchesne, ancien secrétaire du Conservatoire de musique. Avec une aquarelle originale allégorique du peintre N. Gosse. 1.670 fr.

    212. Souvenir de l’Orphéon. Séance royale du 21 mars 1847. In-8 rel. en velours vert, coins et fermoirs en métal doré, tr. dor. (Gruel). Ex-libris de Jules Janin. 5 fr.


    216. Les Œuvres de Virgile, traduites en françois, le texte vis-à-vis la traduction. Ornées de fig. en taille-douce, avec des Remarques par l’abbé des Fontaines. Paris, Quillau père, 1743, 4 vol. in-8, portrait d’après Toqué, front. et 17 fig. de Cochin, mar. vert foncé, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Noulhac). Avec les dessins originaux au lavis de Cochin, du front. et de 16 fig. sur 17. 1.100 fr.

    223. Contes et nouvelles en vers, par M. de La Fontaine. Amsterdam (Paris), 1762, 2 vol. in-8, portr. gravés par Ficquet, fig. d’Eisen, vign. et culs-de-lampe par Choffard, mar. r., dos orné, fil. et comp., doublé et gardes de moire verte, dent., tr. dor. (Derome). Edition des Fermiers généraux. Exemplaire de Monmerqué, qui y a ajouté 46 pièces. 980 fr.



    242. La Pucelle d’Orléans, poëme divisé en vingt-un chants (par Voltaire). Londres, 1775, in-8, front. et 21 fig. non signées, mar. r., dos orné, large dent., doublé et gardes de moire bleue, tr. dor. (Rel. anc.). Figures coloriées. Ex-libris Hilaire Grésy. 450 fr.



    246. Fables nouvelles (par Dorat). La Haye et Paris, Delalain, 1773, 2 tomes en 1 vol. in-8, front. et fig. de Marillier, mar. vert, dos orné, fil., coins dorés, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Sur pap. de Hollande, avec un portr. de Dorat gravé par St-Aubin d’après Denon, et le tirage à part en eau-forte pure du cul-de-lampe de la page 299. Ex-libris Ambroise Firmin-Didot. 500 fr.



    257.Œuvres de M. Palissot. Tome troisième contenant la Dunciade. Liège, Plomteux, 1777, in-8, 10 fig. de Monnet, v. ant. jaspé, dos orné. Aux armes de la reine Marie-Antoinette. 255 fr.

    264. Jérusalem délivrée, poëme traduit de l’italien (du Tasse, par C. F. Lebrun). Paris, Bossange et Masson, 1813, 2 vol. gr. in-8, portr. et fig., demi-rel. mar. bleu avec coins, dos orné, fil., tête dor., non rog. (Capé). De la bibliothèque Emmanuel Martin. 125 fr.

    276.Œuvres complètes de J. Racine, avec les notes de tous les commentateurs. Quatrième édition publiée par L. Aimé-Martin. Paris, Lefèvre, 1825, 7 tomes en 10 vol. gr. in-8, mar. bleu, fil., tête dor., ébarbés. Exemplaire sur grand papier vélin, contenant env. 1.000 dessins, vignettes et portraits. 810 fr.



    278. Théâtre des boulevards, ou Recueil de parades. Mahon (Paris), Impr. de Gilles Langlois, 1756, 3 vol. in-12, front. attribué à Eisen, mar. r., dos ornés, fil. avec fleurons aux angles, doublé et gardes de moire verte, dent., tr. dor. (Rel. anc., sauf celle du premier vol.). Exemplaire de H. Bordes. 50 fr.



    280.Œuvres de Crébillon. Paris, Stéréotype d’Herhan, 1802, 3 vol. in-12, pap. vélin, portr. et fig., demi-rel. mar. r. avec coins, dos orné, fil., tête dor., non rog. (Cuzin). Exemplaire d’Ant.-Augustin Renouard, relié à nouveau depuis la vente de cet amateur. 35 fr.


    Librairie Camille Sourget (35.000 €)


    299. Les Aventures de Télémaque, par Fénelon. Paris, Imprimerie de Monsieur [futur Louis XVIII], 1785, 2 tomes en 1 vol. [sic] [ ?] gr. in-4, pap. vélin, fig., mar. r., fil. et compart., dent. int., tr. dor. (Rel. anc. de l’anglais Christian Kalthoeber). Avec la suite du front. et des 24 fig. par Moitte gravées par Parisot et gouachées. 720 fr.



    308. Galatée, roman pastoral, imité de Cervantes, par M. de Florian. Paris Defer de Maisonneuve, 1793, gr. in-4, pap. vélin, 4 fig. gr. en couleur d’après Monsiau, v. r., dos orné, dent. sur les plats, tr. dor. Aux armes du marquis de Villeneuve-Trans. 60 fr.



    334.Paradoxes, ce sont propos contre la commune opinion, debatuz, en forme de déclamations forēses : pour exciter les jeunes esprits, en causes difficiles (par Charles Estienne). Paris, Charles Estienne, 1554, pet. in-8, caract. italiques, mar. vert foncé, fil. à froid, dent. int., tr. dor. (Capé). Timbre de la bibliothèque de Édouard-Thomas Simon, de Troyes. 18 fr.

    336. Bonne responce à tous propos. Paris, veuve Jean Bonfons, s. d., in-16, mar. bleu, fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Duru). Des bibliothèques de G. Duplessis et P. Desq. 55 fr.



    339. Essay des merveilles de nature et des plus nobles artifices. Rouen, J. Osmont, 1632, in-8, fig. sur bois, mar. r., fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Duru). Des bibliothèques P. Desq et Potier. 21 fr.
    344. (Platina. Vitae pontificum). (En tête du second f. :) Prohemium platine in vitas pōtificū ad Sixtum iiij. pontificem maximū. Nuremberg, Anton Koberger, 1481, in-fol. goth. à 2 col., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Derome). Exemplaire du duc de La Vallière. 120 fr.


    345. Histoire des flagellans, où l’on fait voir le bon et le mauvais usage des flagellations parmi les chrétiens. Amsterdam, F. Vander Plaats, 1701, in-12, mar. bleu, dos orné, dent. sur les plats et dent. int., tr. dor. (Padeloup). Aux armes du marquis Adrien de La Vieuville. De la bibliothèque de Guyon de Sardière, qui a signé sur la page de titre. 52 fr.
    348. Histoire de France, depuis Pharamond jusqu’à maintenant (1598). Paris, Guillemot, 1643-1651, 3 vol. in-fol., front., portr. et fig., mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Exemplaire de Longepierre. 70 fr.

    365. Bibliotheca scatologica. Scatopolis (Paris), 5850 (1850), gr. in-8, mar. citron, ornements « ad hoc » sur le dos et les plats, dent. int., tr. dor. (Duru). Un des deux exemplaires tirés sur pap. de différentes couleurs. Exemplaire Armand Cigongne. 19 fr.  



    385. Aline, reine de Golconde. Conte par le chevalier Stanislas de Boufflers. Paris, Société des Amis des livres, 1887, gr. in-8, fig., mar. bleu, dos orné, trois filets, doublé de mar. citron, dent., ornements aux angles, gardes de soie brochée, non rog., étui doublé de peau (Noulhac). Exemplaire au nom de A. Piet, avec les tirages à part des quinze figures en double état sur Japon, dont un à l’état d’eau-forte pure et 7 épreuves d’essai non terminées de diverses figures. 1.300 fr.

    387. Zadig, ou la destinée. Histoire orientale, par Voltaire. Paris, Société des Amis des livres, 1893, gr. in-8, fig. en couleur, br. Exemplaire n° 40, au nom de A. Piet, avec les 29 planches des tirages successifs des illustrations.



    393. Féminies, huit chapitres inédits dévoués à la femme, à l’amour, à la beauté. Frontispices en couleurs d’après Félicien Rops, encadrements et vignettes de Rudnicki. Paris, Imprimé pour les Bibliophiles contemporains, Académie des Beaux livres, 1896, gr. in-8, pl. noires et en couleur, br., couverture illustrée. Exemplaire n° 118 tiré pour Alfred Piet. 245 fr.



    397. Charles Baudelaire. Les Fleurs du mal. Illustrations de A. Rassenfosse. Paris, pour les Cent bibliophiles, 1899, in-4, front. et fig. en couleur. Exemplaire n° 88 au nom d’Alfred Piet. 470 fr.       



    Vente du lundi 23 au mercredi 25 juin 1902, dans les salles de ventes aux enchères de la Librairie Ém. Paul et fils et Guillemin, 28 rue des Bons-Enfants (ancienne Maison Silvestre et Labitte), salle n° 1 : Catalogue de la bibliothèque de feu M. Alfred Piet, ancien trésorier de la Société des Amis des livres. Deuxième partie (Paris, Em. Paul et fils et Guillemin, 1902, in-8, [2]-92 p., 461 [chiffrés 399 à 859] + 1 double [bis] = 462 lots), dont Théologie – Jurisprudence [13 lots = 2,81 %], Sciences et Arts [28 lots = 6,06 %], Beaux-Arts [161 lots = 34,84 %], Belles Lettres [116 lots = 25,10 %], Histoire [117 lots = 25,32 %], Documents manuscrits et autographes [27 lots = 5,84 %]. Le montant de l’adjudication a été d’environ 7.000 francs.



    407. Le Tableau de la Croix représenté dans les cérémonies de la Ste Messe. Paris, F. Mazot, 1651, in-8, portr. et fig., mar. r., dos et plats ornés de riches comp. au pointillé et à petits fers, tr. dor. (Le Gascon). 55 fr.



    414. Réflexions, ou Sentences et maximes morales (par de La Rochefoucauld). Cinquième édition. Paris, Claude Barbin, 1678, in-12, v. brun ant. 95 fr.
    454. Les Graveurs du XVIIIe siècle, par MM. le baron Roger Portalis et Henri Beraldi. Paris, Morgand et Fatout, 1880-1882, 3 vol. in-8, pap. de Hollande, br. 54 fr.

    515. La Fontaine. Suite de 80 fig. in-8, par Eisen, gravées par Baquoy, Choffard, Lemire, etc., pour les Contes et nouvelles, édition des Fermiers généraux. 61 fr.

    523. Chronologie des souverains pontifes, empereurs, roys, princes, etc. S. l. n. d. (Paris, 1619), in-fol., portr. gr. sur cuivre, v. ant. marb., dos orné. « Chronologie collée ». 70 fr.



    551. Histoire générale des cérémonies, mœurs et coutumes de tous les peuples du monde, représentées en 243 figures dessinées de la main de Bernard Picard. Paris, Rollin fils, 1741, 7 vol. in-fol., pl., v. ant. marb., dos orné. 58 fr.



    552. Le Costume, les armes, ustensiles, outils des peuples anciens et modernes, dessinés et décrits par Frédéric Hottenroth. Paris, Guérinet, s. d., 2 vol. gr. in-4, 1 de texte et 1 renfermant 240 pl. en chromolithographie, demi-rel. mar. r., dos orné, non rog., couvertures (Noulhac). 54 fr.



    612. Fables choisies de La Fontaine, ornées de figures lithographiques de MM. Carle Vernet, Horace Vernet et Hippolyte Lecomte. Paris, Lithographie d’Engelmann, 1818, 2 vol. in-fol. oblong, 121 pl. litho., demi-rel. bas. r., ébarbé. 120 fr.



    619.Œuvres complètes de Dorat. Paris, 1764-1777, 22 vol. in-8, fig., vign. et culs-de-lampe d’Eisen, Marillier et Quéverdo, v. ant. raciné, dos orné, dent., tr. marb. Ex-libris du baron Martineau des Chenez. 125 fr.

    621. Fables de M. Dorat. La Haye et Paris, Delalain, 1773, in-8, front., 49 fleurons et 49 culs-de-lampe par Marillier, br., non rog. Tome II seul. Grand pap. de Hollande. 200 fr.



    634.Le Parnasse satyrique du XIXesiècle. Rome, à l’enseigne des Sept péchés capitaux (Bruxelles), s. d. [1864], 2 vol. - Le Nouveau Parnasse satyrique du XIXe siècle. Eleutheropolis, aux devantures des libraires (Bruxelles, Malassis), 1866, 1 vol. Ensemble 3 vol. pet. in-8, pap. vergé, demi-rel mar. r. avec coins, tête dor., non rog. (A. Bertrand). 60 fr.



    678. Les Amours du chevalier de Faublas, par J.-B. Louvet. Troisième édition. Paris, chez l’auteur, an VI (1798), 4 vol. in-8, 27 fig., demi-rel. mar. orange avec coins, dos orné, fil. tête dor., non rog. (Allô). 61 fr.



    681. Le Temple de Gnide (par Montesquieu). Paris, Le Mire, 1772, in-4, titre gr., front. et 10 fig. par Eisen, v. ant. écaille, fil. 55 fr.



    696. Hypnerotomachie, ou Discours du songe de Poliphile. Nouvellement traduict de langage italien (de Fr. Colonna) en françois (par J. Martin). Paris, Jacques Kerver, 1546, in-fol., fig. sur bois, mar. olive à long grain, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Lafon). Première édition française. 96 fr.



    797. Musée de sculpture antique et moderne, ou Description historique et graphique du Louvre. Paris, Imprimerie royale, 1841-1850, 6 vol. gr. in-8 de texte et 6 atlas in-fol. oblong de pl. gr. au trait, demi-rel. mar. r. avec coins, tête dor. non rog. 190 fr.



    799. Musée royal de Naples. Paris, Abel Ledoux, 1836, in-4, pap. vélin, front. en noir et 60 pl. gr. et coloriées, br. non rog. 64 fr.  

    810. Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, par Henry Cohen. Cinquième édition. Paris, Rouquette, 1887, gr. in-8 à 2 col., cart. Bradel perc. verte, non rog., couverture (Lemardeley). 53 fr.

    833. Réunion de 196 lettres autographes, datant de 1813 à 1856, adressées au comte Amédée de Pastoret, conseiller d’Etat, membre de l’Institut. Album in-4, demi-rel. mar. r., aux armes de Pastoret. 56 fr.

    853. Sainte-Beuve, de l’Académie française. Composition autographe de 4 p., in-4, intitulée « Le Tasse à Clément VIII », faite en 1822, au collège Bourbon. 55 fr.









    0 0



    0 0




    0 0


    Certains rédacteurs du Comité des travaux historiques et scientifiques (C. T. H. S.), rattaché à l’École nationale des chartes et chargé « de contribuer à la diffusion et à la valorisation des connaissances historiques et scientifiques », manquant de rigueur et ne prenant pas la peine de remonter aux sources, se couvrent de ridicule. Et les moutons de Panurge suivent ...

    Cette fois, c’est Alfred Piat, notaire, né à Paris en 1826, qui est la victime : il a été confondu avec un illustre inconnu, presque homonyme, Louis-Alfred Piat, né à Paris en 1830.



    Alfred Patissier est né à Paris [IVe], le 25 avril 1826, fils de Jean-Jacques Patissier et de Aimée-Félicité Piat (1800-1885). Un jugement en date du 16 juillet 1856 – plusieurs années après la mort de son père -, l’autorisa à substituer à son nom patronymique de Patissier celui de Piat et ordonna que son acte de naissance soit rectifié.


    Alfred Piat fut notaire du 3 avril 1856 au 5 août 1874. Il épousa Marie-Sophie Hensel, née le 5 septembre 1835 à Friedrichsdorf [Allemagne], fille de Gaspard Hensel (1807-1864), cordonnier, et de Catherine Stemler (1804-1839) ; elle décéda prématurément en gare de Lyon-Perrache [Rhône], le 24 novembre 1867.


    Vue de la rade et de Saint-Denis en 1843

    Veuf, et demeurant alors 1 rue de Turbigo [Ier], Alfred Piat épousa, le 23 juin 1870, Joséphine-Marie-Estelle O’Toole, d’une famille irlandaise arrivée vers 1770 à Saint-Denis [La Réunion], où elle était née le 18 mars 1846, fille de Joseph-Laurent O’Toole (1809-1868), négociant, et de Marie-Julia Bédier (1820-1854). Le couple eut quatre enfants : Marie-Joséphine-Hélène naquit à Cabourg [Calvados], le 3 septembre 1872 ; Charles-Marie-Marcel, Marie-Loïsa-Marthe et Marie-Henri-Emmanuel, naquirent à Paris [VIIIe], respectivement le 29 avril 1875 [54 rue de Rome], le 13 mai 1880 [10 rue Washington] et le 26 mai 1882 [10 rue Washington]. 



    CABINET de Mr Alfred PIAT 

    Eau-forte (41,8 x 30,3 cm) par Emile Vaucanu (1864-1894). 
    Musée des beaux arts de Bernay (Eure) 
    Assis à une table, Alfred Piat tient dans sa main droite une plume et dans sa main gauche une lettre où on lit : « Leurs lettres me sont parvenues comme s’ils m’avaient écrit ». Au-dessus de lui, des portraits de personnages célèbres et une collection de lettres portant leurs noms.  



    Ayant quitté la carrière du notariat en août 1874, Alfred Piat consacra ses loisirs et sa fortune à la collection des bibelots précieux, des estampes introuvables, des tableaux et surtout des livres. 

    Il fut admis à faire partie de la Société de géographie de Paris le 6 juin 1877.

    Devenu un des fondateurs de la Société des Bibliophiles contemporains en 1889, il y remplit les fonctions de secrétaire. Quand cette association décida de se dissoudre, le 10 novembre 1894, ce fut lui qui présida à sa dissolution et, désespéré de cette désagrégation volontaire, il institua en 1895 la Société des Cent bibliophiles, dont il fut le président.

    Le 8 janvier 1895, il devint membre de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France.



    Il s’était composé lui-même un ex-libris [115 x 50 mm], qu’il avait fait graver par Moïse Stern (1826-1915), graveur en médailles, 47 passage des Panoramas [IIe], et tirer sur différents papiers : son monogramme est sur la page d’un livre ouvert, surmonté d’un soleil rayonnant et d’une étoile ; au-dessous, un ruban se déroule avec l’inscription « LIBRO LIBER » ; à côté, gisent brisées, une colonne corinthienne, une chaîne et une roue dentée, avec une tête et un os de mort, une gerbe de blé et une faucille ; plus bas se trouve un sonnet.



    Primitivement, le cul-de-lampe placé au-dessous du sonnet représentait une gerbe de blé et une faux : une faute dans le 11evers du sonnet – « Et l’instruit à vivre mourir », au lieu de « Et l’instruit à vivre et mourir » -, fit modifier la planche et remplacer le cul-de-lampe par deux livres superposés.



    Pour les livres de petit format, Alfred Piat n’employa que le haut de la composition, sans le sonnet [55 x 50 mm], tiré sur un papier légèrement teinté.


    Un autre ex-libris [140 x 120 mm], qui a peu servi, a été gravé, en taille-douce et en couleurs, par les graveurs Paul Vigna et Vigneron : au centre d’un fond d’azur, éclairé par trois rayons de soleil sortant d’un nuage, un cartouche rougeâtre, accosté de trois épis de blé et limité par une feuille d’acanthe contournée, renferme le monogramme d’Alfred Piat ; un aigle au naturel, les ailes étendues et la tête contournée, retient dans ses serres une draperie flottante, qui se développe en une bannière portant le sonnet et la devise « LIBRO LIBER » ; au-dessous, une colonne corinthienne brisée, deux livres posés l’un sur l’autre, reliés en bleu et en rouge, une chaîne rompue et une guirlande de roses.  


    Dans la séance du 17 février 1888, Alfred Piat adressa à la Société de géographie une communication intitulée « Projet de création d’un port de guerre et de commerce à Cabourg (Calvados) ». La situation critique du Havre et de Cherbourg, les avantages manifestes de Cabourg - qu’il connaissait bien pour y avoir une résidence d’été depuis 1862 -, et l’intérêt national avaient déterminé Alfred Piat à appeler l’attention publique sur son idée d’un port dans l’intérieur des terres. Ce projet, qui reçut plusieurs avis favorables, fut mis en différé, faute de crédits, mais ne fut jamais repris.


      

    Alfred Piat mourut presque subitement le 20 mai 1896, en son domicile, 68 avenue d’Iéna [XVIe], immeuble de six étages, bâti en 1880.

    Tous ses trésors furent livrés au feu des enchères publiques.

    Dès le lundi 23 novembre 1896, environ 6.000 volumes anciens et modernes de sa bibliothèque furent vendus salle Silvestre n° 3, 28 rue des Bons-Enfants. Sa collection de 200.000 estampes fut dispersée en lots, du 15 au 19 décembre 1896.


    Le reste de sa bibliothèque fut dispersé en quatre ventes. Bien que la réputation de bibliophile, un peu discutée, du défunt ait éveillé la défiance, le catalogue de la collection a été trouvé plus intéressant que prévu, et les prix d’adjudication furent satisfaisants.



    Vente à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 8, du lundi 31 janvier au samedi 5 février 1898, en 6 vacations : Catalogue de la bibliothèque de feu M. Alfred Piat, ancien notaire à Paris. Première partie. Livres anciens manuscrits et imprimés, précieux, rares et curieux. Belles reliures anciennes et modernes (Paris, Charles Porquet et Em. Paul et fils et Guillemin, 1898, in-8, [3]-[1 bl.]-IV-211-[1] p., 910 lots), dont Théologie [99 lots = 10,87 %], Jurisprudence [8 lots = 0,87 %], Sciences et Arts [109 lots = 11,97 %], Belles Lettres [507 lots = 55,71 %], Histoire [169 lots = 18,57 %], Manuscrits orientaux [8 lots = 0,87 %], Reliures – Portefeuilles [10 lots = 1,09 %]. Cette première partie, de beaucoup la plus riche, a donné 69.364 francs. 



    3. La Sainte Bible traduite en françois sur la Vulgate, avec de courtes notes pour l’intelligence de la lettre, par M. de Sacy. Brusselles, Fr. Foppens, 1702, 8 vol. in-12, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du maréchal duc de Richelieu.



    7. Le Psaultier de David, torné en prose mesurée, ou vers libres, par Blaise de Vigenere, Bourbonnois. Paris, Abel l’Angelier, 1588, in-8 réglé, fig. gr., mar. r., dos orné à petits fers, fil., comp., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du marquis de Villeneuve-Trans.



    16. Biblia Ectypa (Histoire de la Bible en figures, par Christ. Weigel). Augsbourg, 1695, gr. in-fol., fig., mar. r., dos orné, riches comp. de fil. entrelacés et de fers azurés, dent. int., non rog. (Chambolle-Duru). Des bibliothèques Renouard et Van der Helle et relié depuis.

    34. Officia. In-16, velours cramoisi, tr. dor. Manuscrit sur vélin du XVe siècle, 59 miniatures et 36 grandes lettres majuscules en couleur avec ornements sur fond d’or. 3.555 fr.



    52. L’Office de la Semaine Sainte, en latin et en françois, à l’usage de Rome et de Paris, imprimé par ordre de madame Marie-Adélaïde de France. Paris, Despez, 1752, in-8, mar. r., dos et plats ornés de riches comp. d’arabesques de rocailles et de fleurs, tr. dor. (Vente). Aux armes de Marie-Adélaïde de France.



    79. Sermons prêchés devant le Roi, pendant le Carême de 1764, par M. l’abbé Torné, chanoine de l’Église d’Orléans. Paris, Saillant, 1765, 3 vol. in-12, mar. r., dos orné, fil., large dent., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du chancelier de Maupéou. 480 fr.



    84. Abrégé du traité de l’amour de Dieu, de S. François de Sales (par le Père Fellon). Paris, H. L. Guérin & L. F. Delatour, 1756, in-12, mar. r., dos orné, fil., doublé de moire rose, dent., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de madame de Pompadour.




    102. Le Corps du droict françois, contenant un recueil de tous les edicts, ordonnances, stil & pratique observée tant aux cours souveraines qu’és justices inférieures & subalternes du royaume de France. S. l. (Genève), pour Jean de Laon, 1600, in-4 à 2 col., mar. r., dos orné à petits fers, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Dominique de Vic, archevêque d’Auch, fils de Méry de Vic.



    117. Les Morales d’Épictète, de Socrate, de Plutarque et de Sénèque. Au chasteau de Richelieu, impr. Estienne Migon, 1653, pet. in-8, mar. r., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, tr. dor. (Rel. anc.). Caractères microscopiques provenant de la fonderie de Jean Jannon, à Sedan. Exemplaire de Viollet-le-Duc et A. Firmin-Didot.

    135. L’Art de connoitre les hommes. Par Mr. L’Abbé de Bellegarde. Amsterdam, Estienne Roger, 1710, 3eédition, in-12, front., mar. vert, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Allô). Ex-libris J. Noilly.



    142.Éducation des filles. Par Monsieur l’abbé de Fénelon. Paris, Aubouin, Émery et Clousier, 1687, in-12, titre noir et rouge, mar. brun jans., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). Ex-libris P. Guy Pellion.



    157. Caspari Bauhini. De hermaphroditorum monstrosorumq. Oppenheimii, Hieronymi Galleri, 1614, in-8, titre encadré, portrait 1 pl. pliée et 6 fig., v. f. ant. Aux 3e armes de J.-A. De Thou. Des bibliothèques Huzard, Nodier et Morante.


    Paris, Drouot, 31 mai 2013 : 1.000 €

    161. Traité des affections vaporeuses du sexe, avec l’exposition de leurs symptômes, de leurs différentes causes, et la méthode de les guérir, par Joseph Raulin, médecin ordinaire du Roi. Paris, 1758, in-12, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Le Riche de La Popelinière.


    Photographie Bibliothèque Mazarine

    170. De laniis et phitonicis (sic) mulieribus teutonice unholden vel heren. S. l. n. d. – Artis memorative Matheoli Perusini medicine doctoris praestantissimi : tractatus utilissimus ; cum nõnullis Plinij et Gordani documentis. (A la fin :) Impressus a Martino Schotto cive Argen, 1498. Ensemble 2 ouvrages en 1 vol. in-4 goth., fig. sur bois, mar. vert, fil., dent. int., tr. dor. (Padeloup). Premières représentations figurées du démon. Ex-libris de Girardot de Préfond, puis bibliothèque de Mac-Carthy. 265 fr.



    181. Le Pastissier françois, où est enseignée la manière de faire toute sorte de patisserie très utile à toute sorte de personnes. Amsterdam, Louys et Daniel Elzevier, 1655, in-12, front., mar. vert, dos orné aux petits fers et au pointillé, comp. dor. sur les plats, centre mosaïqué de mar. r., dent.int., tr. dor. (Claessens). 415 fr.




    211. Représentation des fêtes données par la ville de Strasbourg pour la convalescence du Roi (Louis XV) à l’arrivée et pendant le séjour de Sa Majesté en cette ville. Paris, Laurent Aubert, s. d. (1745), gr. in-fol., titre-front., portr. et pl., mar. r., dos orné, large dent. sur les plats, tr. dor. (Padeloup). Aux armes royales au centre des plats, et celles de Strasbourg aux angles. 605 fr.

    [Cet ouvrage est toujours donné avec la date de 1745. Cependant, Padeloup, qui fut chargé d’habiller ce livre, créa cinq séries de reliures. La première comprenait six exemplaires pour la famille royale, dont deux en maroquin mosaïqué pour le Dauphin et la Dauphine, dont le mariage n’eut lieu qu’en 1747. La date de publication de 1748 doit donc être préférée].



    241. Quinti Calabri derelictorum ab Homero libri quatuordecim. Iodoco Valaraeo interprete. Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1541, in-8, mar. noir, riches compart., tr. dor. (Rel. anc.). Exemplaire de Canevarius, médecin du pape Urbain VIII, avec sa devise et son médaillon représentant Apollon sur son char, gravissant le Parnasse. Rel. restaurée. 241 fr.

    [On sait depuis 1972 que le bibliophile n’est pas Demetrius Canevarius, mais Giovanni-Battista Grimaldi (1524-1612), prince de Monaco].



    252. L’Eneide di Virgilio del commandatore Annibal Caro. In Parigi, Presso la Vedova Quillau, 1760, 2 vol. gr. in-8, titres gravés, portr. gravés par Ficquet et par Zocchi, mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Gr. pap., avec 34 dessins originaux. De la vente Emmanuel Martin. 750 fr.



    262.La Métamorphose d’Ovide figurée. Lyon, Jean de Tournes, 1583, pet. in-8, fig., mar. vert foncé, milieu dor., dent. int., tr. dor. (Capé). Des bibliothèques P. Desq [1866, n° 341] et Dr Danyau.



    275. La Nef des folz du monde. Paris, Geoffroy de Marnef, 1497, in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. vert, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Koehler). 275 fr.



    281. L’Eslite des bouts-rimez de ce temps. Première partie. Paris, au Palais, 1649, pet. in-8, v. f., fil., dent. int., tr. dor. Aux armes et à l’ex-libris du comte de Lagondie.


    Morgan Library & Museum, New York

    287. Le Roman de la rose, par Guillaume de Lorris et Jean de Meung. Pt. in-fol., mar. vert, dos orné, fil., tr. dor. (Padeloup). Manuscrit de la seconde moitié du XIVe siècle sur vélin, avec 35 miniatures. 2.500 fr.



    297. Les Poésies de Guillaume Coquillart official de l’Église de Reims. Paris, Coustelier, 1723, 1 tome en 2 vol. pet. in-8, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Sur peau de vélin, aux armes de Louis XV. Des bibliothèques Renouard et Desq. 505 fr.



    299. Les Poésies de Guillaume Cretin. Paris, Coustelier, 1723, 1 tome en 2 vol. pet. in-8, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Sur peau de vélin, aux armes de Louis XV. Des bibliothèques Renouard et marquis de Ganay. 510 fr.



    308. Les Amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, et commentées par Marc Antoine de Muret. Paris, Veuve Maurice de la Porte, 1553, in-8, 3 portraits gravés sur bois, mar. vert, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Niedrée). Aux armes du marquis de Villeneuve-Trans et avec l’ex-libris Yemeniz.



    329. Les Poésies de Jules de La Mesnardière, de l’Académie françoise. Paris, A. de Sommaville, 1656, pet. in-fol., v. f., dos orné à petits fers, fil., dent. int., tr. dor. (Niedrée). Des bibliothèques Armand Bertin et Solar.



    351. Le Vade Mecum en françois et en vers libres, dédié et présenté à S. A. S. monseigneur le duc de Penthièvre, amiral de France, pour le jour de l’an 1780, par M. Boissel. S. l. n. d. (Paris, 1780), in-16, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de la princesse de Lamballe. Provenance des plus rares.



    362. La Pucelle, ou la France délivrée, poème héroïque. Par M. Chapelain. Seconde édition. Paris, Courbé, 1656, in-12, front. et fig. gr. sur cuivre par Campion et Humbelot, v. olive, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. Au chiffre de Amédée Rigaud.



    366. La Ligue, ou Henry le Grand, poëme épique, par M. de Voltaire. Genève, Jean Mokpap (Rouen, Viret), 1723, in-8, mar. vert, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Duru). Autographes et portraits ajoutés. Des bibliothèques Cailhava, Turquety et Renard. 271 fr.



    375. Les Bienfaits du sommeil ou les Quatre Rêves accomplis (attribué à Imbert). Paris, Brunet, 1776, pet. in-8, titre-front., 4 fig. de Moreau gr. par Delaunay, mar. citr. jans., doubl. de mar. brun, fil. et comp. aux angles, armes du comte Berthier au centre de la doublure, tête dor., non rog. (Gruel). 260 fr.



    383. Les Baisers, précédés du Mois de mai, poème (par Dorat). La Haye et Paris, Lambert et Delalain, 1770, in-8, titre rouge et noir, fig., vign. et culs-de-lampe par Eisen et Marillier, mar. r., dos orné, large dent. à l’oiseau sur les plats, dent. int., tr. dor. (Belz-Niedrée). Grand papier de Hollande. 400 fr.



    398. Fables nouvelles (par Dorat). La Haye et Paris, Delalain, 1773, 2 vol. gr. in-8, front., fig., vign. et culs-de-lampe par Marillier, cart. non rog. Grand papier. 750 fr.



    407. Contes et nouvelles en vers, par M. de La Fontaine. Amsterdam (Paris), 1762, 2 vol. in-8, portr. d’après Rigaud, fig. d’Eisen, vign. et culs-de-lampe par Choffard, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Derome). Éd. des Fermiers généraux. De la bibliothèque Danyau. 435 fr.



    440. Choix de chansons mises en musique, par M. de La Borde. Paris, de Lormel, 1773, 4 vol. in-8, front., fig. et musique gr., mar. r. doublé de mar. vert, dos orné, comp. sur les plats et à l’int., tr. dor. (Borén, doreur). Titre et dédicace gravée du tome I remmargés. 704 fr.



    451. Les Cantiques du sieur de Maisonfleur, gentilhomme françois. Paris, Jean Houzé, 1586, in-12, réglé, mar. brun, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Exemplaire du roi Henri III. Plats ornés de branches de feuillage, au centre desquelles se voit le monogramme H. M. D. C. (Henry, Marie de Clèves). Des larmes, une tête de mort et la devise « Mort m’est vie » sur le dos. De la bibliothèque E.-M. Bancel. 380 fr.




    453. Le Terze Rime di Dante. Venetiis, in aedibus Aldi, 1502, in-8, caract. ital., mar. brun, dos orné, fil. à froid, comp. à la Du Seuil, ancre aldine sur les plats, dent. int., tr. dor. (Capé). Première édition aldine et aussi la première tirée dans le format in-8. Ancre des Alde employée dans ce livre pourla première fois au verso du dernier feuillet. La première initiale de chaque partie est peinte en rouge et or.



    456. Roland l’amoureux, composé en italien par Mre Matheo Maria Bayardo (sic), comte de Scandian et traduit fidelemt de nouveau par F. de Rosset. Paris, Robert Foüet, 1619, in-8, titre-front. gr. et fig., v. f., dos orné à petits fers, fil., tr. dor. (Padeloup). Aux armes du comte d’Hoym et provenant de la bibliothèque Double.

    458. Rime del Torquato Tasso. In-4, mar. r., dorure au pointillé sur le dos, dent. sur les plats et ornements aux angles, tr. dor. (Rel. anc.). Manuscrit autographe du Tasse, ayant appartenu au cardinal Camille Cibo (1681-1743), qui l’a fait relier à ses armes. 2.900 fr.

    474. Pub. Sex. Terentii Afri comici (Comoediae sex). Paris, Simon de Colines et François Estienne, (1538-1539), 6 parties en 1 vol. in-4, mar. r., dos et plats ornés de comp. de fil. entrelacés sur un fond sablé d’or, dent. int., tr. dor. (Capé). Exemplaire de Solar.




    527. Euphémie, ou le Triomphe de la religion, drame par d’Arnaud. Paris, Le Jay, 1768, in-8, fig. de Restout, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Derome). Pap. de Hollande. Reliure dite « à la toile d’araignée » [fer de forme dodécagonale, frappé sur le dos, au milieu du cadre entre les nerfs : au centre est un petit cercle, d’où partent des traits fort minces allant retrouver chaque angle du dodécagone].



    558. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé (traduit du grec de Longus par J. Amyot). S. l., Paris, 1745, pet. in-8, front. et fig., mar. r., dos orné, large dent. à petits fers sur les plats, tr. dor. (Derome). Reprend les fig. de l’édition de 1718. Ex-libris du baron Roger Portalis. 250 fr.



    565. Les Avantures de Télémaque, fils d’Ulysse (par Fénelon). Nouvelle édition, divisée en dix livres. Bruxelles, Fr. Foppens, 1699, 2 tomes en 1 vol. in-12, mar. bleu, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Joly). Première édition dans laquelle le texte est divisé en dix livres. Au chiffre du comte Roger (du Nord).



    568. Les Aventures de Télémaque, par Fénelon. S. l. (Paris), de l’imprimerie de Monsieur, 1785, 2 tomes en 4 vol. in-4, portr. et fig., mar. r. à long grain, dos orné à petits fers et au pointillé et mosaïqué de mar. vert, large dent., doublé de tabis bleu, dent., tr. dor. (Bozerian). Un des quatre sur peau de vélin. 1.865 fr.



    576. La Pariséïde, ou Pâris dans les Gaules (par Godard d’Aucourt). Paris, Pissot, 1773, 2 vol. in-8, 2 fig. par Pierre, mar. r., dos orné, fil., doublé et gardes de moire bleue, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Charles X, alors comte d’Artois. 360 fr.



    638. Les Nouvelles de Marguerite, reine de Navarre. Berne, Nouvelle Société typographique, 1780-1781, 3 vol. in-8, front., vign. et culs-de-lampe par Dunker, fig. par Freudenberg, mar. bleu, dos orné, fil., armes de Marguerite sur les plats, dent. int. tr. dor. (Chambolle-Duru). 280 fr.



    651. Le Prince de Bretagne, par M. d’Arnaud. S. l. n. d. (Paris, 1777), in-8, fig., vign. et cul-de-lampe par Marillier, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de la reine Marie-Antoinette. 580 fr.



    655. Le Décaméron de Jean Boccace (traduit par Le Maçon). Londres (Paris), 1757, 5 vol. in-8, portr., front., fig. et culs-de-lampe par Gravelot, Boucher, Cochin et Eisen, v. f. ant., dos orné, fil., tr. dor. 505 fr.


    Paris, Drouot, 21 juin 2007 : 1.500 €

    667. Nourjahad, histoire orientale, traduite de l’anglais (de Mme Sheridan, par Mme de Sérionne). Paris, Monory, 1776, in-12, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de la comtesse de Gisors, dite mademoiselle de Nevers (Hélène-Julie-Rosalie Mancini-Mazarini, veuve de Louis-Marie Fouquet, comte de Gisors). Provenance fort rare.



    673. Les Fantaisies de Bruscambille (par le sieur des Lauriers). Paris, Millot, 1615, in-8, front. gr., cuir de Russie, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Thouvenin). Ex-libris du Dr Desbarreaux-Bernard.

    782. Histoire de François II, roi de France et d’Écosse (par madame Thiroux-d’Arconville). Paris, Belin, 1783, 2 vol. in-8, mar. vert, dos orné à l’oiseau, large dent. à petits fers sur les plats, doublé et gardes de moire rose, dent., tr. dor. (Derome). Grand papier de Hollande. Aux armes de Louis Angran de Fonspertuis. 955 fr.



    783. Recueil de diverses pièces servans à l’Histoire de Henry III. Cologne, Pierre du Marteau, 1663, pet. in-12, mar. r., fil. à froid, dent. int., tr. dor. (VveNiedrée). Seconde édition elzevirienne. Ex-libris Rigaud et Marigues de Champrepus.



    799. Les Héros de la France, sortans de la barque de Caron, s’entretenans avec messieurs de Louvois, Colbert & Seignelai. Collogne [sic], Pierre Marteau, 1693, pet. in-12, front. et fig., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Hardy-Mennil). Exemplaire de Lebeuf de Montgermont.

    806. Almanach royal. Année bissextile MDCCLXXII. Paris, Le Breton, 1772, pet. in-12, mar. bleu foncé, dos orné, dent., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Marie-Antoinette Dauphine. 400 fr.



    813. Vues pittoresques des principaux édifices de Paris. Paris, Lamy, 1792, in-4, pl. en couleur, demi-rel. v. ant. marb., dos orné. 1 front. et 111 vues, de forme ronde. 400 fr.



    848.Le Livre des statuts et ordonnances de l’Ordre Sainct Michel. S. l. n. d. (Paris, vers 1550), in-4, v. f., fil. et comp. fleurs de lys sur le dos et les plats, tr. dor. (Rel. du temps). Exemplaire sur vélin, aux armes et au chiffre de Henri II, avec le croissant de Diane de Poitiers, qui entoure le médaillon du collier de l’Ordre. Des bibliothèques A.-A. Renouard et Chartener. 1.500 fr.



    Vente à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 8, du lundi 14 au samedi 19 février 1898, en 6 vacations : Catalogue de la bibliothèque de feu M. Alfred Piat, ancien notaire à Paris. Deuxième partie. Livres illustrés duXIXe siècle. Réimpressions modernes d’auteurs anciens. Romantiques et auteurs contemporains. Exemplaires ornés de dessins et d’aquarelles(Paris, Charles Porquet et Em. Paul et fils et Guillemin, 1898, in-8, [3]-[1 bl.]-IV-164 p., 822 lots [chiffrés 911-1.732]), dont Réimpressions modernes d’auteurs anciens [218 lots = 26,52 %], Romantiques – Auteurs contemporains [552 lots = 67,15 %], Divers – Supplément [52 lots = 6,32 %]. La deuxième partie a donné 51.083 francs.


    912. Odes d’Anacréon […]. Édition polyglotte, publiée sous la direction de J. B. Monfalcon, M. D. Paris, Crozet, Firmin Didot, Cormon et Blanc, 1835, très grand in-8 à 2 col., mar. bleu, dos orné, encadr. de 6 fil. sur les plats, comp. dorés, doublé et gardes de moire blanche, large encadr. int. de mar. bleu avec comp., non rog., dans un étui (Simier). Un des deux exemplaires tirés sur peau de vélin, pour Monfalcon, qui y a ajouté des fig. et des dessins. 255 fr.

    932. La Chanson de Roland, ou de Roncevaux, du XIIe siècle, publiée pour la première fois d’après le manuscrit de la Bibliothèque Bodléienne à Oxford, par Francisque Michel. Paris, Silvestre, 1837, gr. in-8, mar. r., dos orné, fil., doublé de mar. r., dent., non rog. (Niedrée). Exemplaire unique sur peau de vélin, chiffre du marquis de Coislin sur les plats et ses armes à l’intérieur. De la bibliothèque de Chartener. 206 fr.

    948. Diderot. Jacques le Fataliste et son maître. 12 dessins de Maurice Leloir. Paris, Impr. pour les Amis des livres par G. Chamerot, 1884, gr. in-8, portr., fig. et pl., br., couv. Un des 138 ex. sur pap. du Japon H. C. (n° 78). Ex. au nom de Georges Badillé. 245 fr.



    972. Goethe. Faust, tragédie, traduite en Français par M. Albert Stapfer, ornée d’un portrait de l’auteur et de 17 dessins exécutés sur pierre par M. Eugène Delacroix. Paris, Motte et Sautelet, 1828, in-fol., portr. et 17 pl. lith., chag. vert, dos orné, comp. de fil. entrelacés sur les plats, fil. int., tr. dor. Premier tirage sur gr. pap. de Hollande. 175 fr.

    1.009. La Fontaine. Fables, ornées de 12 dessins originaux. Paris, Librairie des bibliophiles, 1873, 2 vol. gr. in-8, portr. et fig., br., couvertures. Édition dite « des douze peintres ». Un des 10 ex. sur gr. pap. Whatman (n° 7), avec 59 dessins à la plume, au lavis ou à l’aquarelle par Evert Van Muyden. 495 fr.



    1.087. Roman de la Violette, ou de Gérard de Nevers, en vers, du XIIIe siècle, par Gibert de Montreuil ; publié pour la première fois, d’après deux manuscrits de la Bibliothèque royale, par Francisque Michel. Paris, Silvestre, 1834, gr. in-8, fig., mar. r., dos orné, fil., doublé de mar. r., dent., non rog. (Niedrée). Exemplaire unique sur peau de vélin, avec deux suites des fig. dont une peinte, chiffre du marquis de Coislin sur les plats et ses armes à l’intérieur. De la bibliothèque de Chartener. 305 fr.



    1.145. Balades dans Paris. Paris, Impr. pour les Bibliophiles contemporains, 1894, in-4, fig. et pl., br., couv. ill. N° 121 (sur 160) H. C., au nom de Piat. 161 fr.

    1.146. Balzac (H. de). Les Contes drolatiques. 2 vol. in-4, mar. r. à grain long, dos et plats ornés de comp. dorés et à froid, et de mosaïques de mar. vert et bleu, chiffre H. L. sur les plats. Manuscrit autographe des deux premiers dizains couverts de corrections. 2.000 fr.



    1.148.Balzac (H. de). Les Contes drolatiques. Cinquiesme édition, illustrée de 425 dessins par Gustave Doré. Paris, Société générale de la librairie, 1855, 1 tome en 2 vol. in-8, fig., mar. r., dos orné et mosaïqué de mar. bleu, milieu des plats dor. et mosaïqué, dent. int., tête dor., ébarbé (Triouillier, succ. de Petit-Simier). Avec dessins originaux ajoutés. 185 fr.

    1.149. Balzac (H. de). Les Contes drolatiques. Sixiesme édition illustrée de 425 dessins par Gustave Doré. Paris, Caen, 1861, in-8, front. et fig. sur bois, mar. orange, dos orné, fil., dent. int. tr. dor. (Hardy-Mennil). Un des 25 ex. sur pap. de Chine. 150 fr.

    1.153. Balzac (H. de). Physiologie du mariage. Deuxième édition. Paris, Ollivier, 1834, 2 vol. in-8, en feuilles. Avec 1 portr. et 103 dessins originaux à la plume et au lavis par Chauvet. 305 fr.

    1.156. Barbey d’Aurevilly (J.). Le Chevalier Des Touches. Dessins de Julien Le Blant, gravés par Champollion. Paris, Librairie des bibliophiles, 1886, gr. in-8, portr. et fig. à l’eau-forte, br., couvertures. De la Bibliothèque artistique moderne. Ex. numéroté sur gr. pap. vélin de Hollande, illustré de 40 aquarelles originales par A. Bligny. 251 fr.

    1.169. Béranger (P. J. de). Œuvres complètes. Édition unique ornée de 104 vign. en taille-douce. Paris, Perrotin, 1834, 4 tomes en 7 vol. – Chansons de Béranger. Supplément. Paris, 1866. Ensemble 8 vol. in-8, portr. et fig., fac-similé, demi-rel. mar. brun avec coins, dos orné et mosaïqué de mar. r., fil., tête dor., non rog. (Thierry, succ. de Petit-Simier). Avec 7 suites différentes ajoutées. 155 fr.

    1.195. Burty (Ph.). Maîtres et petits maîtres. Paris, G. Charpentier, 1877, in-12, mar. grenat, fil. à froid, dent. int. formée du monogramme et de la devise de M. Burty, doublure et gardes en moire grenat, tête dor., non rog., couv. (R. Petit). Ex. de l’auteur sur pap. de Hollande. Le premier plat porte le titre en lettres d’or et un émail en relief représentant l’emblème de Burty : une cigogne tenant dans son bec une banderole portant la devise « Libre et fidèle ». 150 fr.

    1.226. Claretie (Jules). Le Drapeau. Paris, Calmann Lévy, 1886, gr. in-16 carré, br., couv. 1 des 25 ex. numérotés sur gr. pap. du Japon (n° 14), avec 33 aquarelles originales par A. Bligny. 205 fr.



    1.233. Combe (William). The Life of Napoléon. London, Tegg, 1815, in-8, titre front. et pl. en coul., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). Trente estampes en couleur de George Cruikshank. 250 fr. 

    1.243.Daudet (Alphonse). Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon. Paris, Dentu, 1887, in-8, fig. et pl., couv. illustrée. Premier tirage. 1 des 50 ex. sur pap. de Hollande, avec 122 dessins originaux à la plume par Jeanniot. 225 fr.

    1.246. Daudet (Alphonse). Fromont Jeune et Risler Aîné. Illustrations par Edmond Morin. Paris, Charpentier, 1880, in-4, portr. et fig., br., couv. 1 des 50 ex. sur gr. pap. de Hollande, avec 65 dessins originaux à la plume par Morin. 142 fr.



    1.254. Déroulède (Paul). Monsieur le Hulan et les trois couleurs. Conte de Noël. Gr. in-4, ais de bois couverts de cuir noir, grande médaille de la Ligue des patriotes en argent sur le premier plat, doublé de moire verte, tr. verte, étui-boîte couvert de chag. noir avec un drapeau français en mosaïque sur le couvercle, l’intérieur doublé de satin tricolore avec larges bandes brodées en fil. d’or séparant les couleurs. Suite de 16 aquarelles originales exécutées par Kauffmann en 1884, avec le texte manuscrit du conte réparti sur chacune et la signature autographe de Déroulède à la fin. Aquarelles reproduites, sauf une, dans l’édition donnée par Lahure en 1884. 950 fr.



    1.282. Féminies. Front. en couleurs d’après Félicien Rops, encadrements et vignettes de Rudnicki. Paris, Impr. pour les Bibliophiles contemporains, Académie des beaux livres, 1896, gr. in-8, pl. noires et en couleur, br., couv. ill. Ex. tiré pour Piat. 219 fr.  



    1.289. Flaubert (Gustave). Hérodias. Compositions de Georges Rochegrosse, gravées à l’eau-forte par Champollion. Paris, Ferroud, 1892, gr. in-8, pl. et vign., br., couv. ill. H. C. sur pap. Whatman, réservé pour Piat, avec une double suite des planches hors-texte. 151 fr.

    1.291. Flaubert (Gustave). Un cœur simple, illustré de 23 compositions par Émile Adan, gravées à l’eau-forte par Champollion. Paris, Ferroud, 1894, gr. in-8, fig., vign. et culs-de-lampe, br., couv. H. C. sur gr. pap. Whatman, avec triple suite des pl. et des tirages à part des vign. et culs-de-lampe. 150 fr.

    1.298. Gautier (Théophile). L’Eldorado, ou Fortunio. Paris, Impr. pour les Amis des livres par Motteroz, 1880, gr. in-8, pl. et vign., mar. bleu, dos et plats avec encadrements de fil. et ornem. aux angles, dent. int., ébarbé, tr. dor., couv. conservée, étui (Meunier). Ex. n° 70 (sur 115) portant le nom du baron Roger Portalis, avec 35 dessins originaux de Paul Avril. 801 fr.

    1.301. Gautier (Théophile). Mademoiselle de Maupin, double amour. Paris, Conquet et Charpentier, 1883, 2 vol. gr. in-8, 18 compositions de Toudouze gravées par Champollion, mar. La Vallière genre Bradel, non rog., couv. (Lemardeley). Un des 150 ex. numérotés sur gr. pap. du Japon (n° 78), avec les fig. en double état et dessins ajoutés. 480 fr.



    1.305. Gautier (Théophile). Le Petit Chien de la marquise. Paris, Conquet, 1893, gr. in-16, 21 dessins de Louis Morin, mar. olive, dos orné, fil. et comp. à l’oiseau, dent. int., tr. dor., couv. ill. (Ruban). Un des 150 numérotés sur pap. vélin blanc. 140 fr.

    1.307. Gautier (Théophile). Une nuit de Cléopâtre. Paris, Ferroud, 1894, gr. in-8, 21 compositions par Paul Avril, br., couv. ill. H. C. sur pap. Whatman, avec une triple suite des pl. h.-t. et 22 dessins originaux au crayon et au lavis par Paul Avril. 492 fr.



    1.325. Halévy (Lud.). L’Abbé Constantin, illustré par madame Madeleine Lemaire. Paris, Boussod, Valadon, 1887, in-4, fig. et pl., br., couv. Un des 200 ex. numérotés sur gr. pap. du Japon (n° 58), avec deux suites d’épreuves avant toute lettre. 167 fr.

    1.328. Halévy (Ludovic). La Famille Cardinal. Paris, Calmann Lévy, 1883, in-12 carré, mar. brun genre Bradel, chiffre, non rog., couv. Édition originale. Un des 50 ex. numérotés sur pap. du Japon (n° 41), avec 18 aquarelles de F. Coindre. 180 fr.



    1.333. Haraucort (Edmond). L’Effort. Paris, publié pour les sociétaires de l’Académie des beaux livres, Bibliophiles contemporains, 1894, in-4, fig. en couleur, br., couv. ill. N° 115 (sur 160 H. C.), au nom de Piat. 235 fr.



    1.340. Histoires débraillées, par l’auteur de Pommes d’Eve [Édouard Monnier]. Paris, Monnier, 1884, gr. in-8, fig. à la sanguine, mar. bleu, dos et angles mosaïqués de mar. r., fil., comp. et milieu dor., dent. int., tête dor., non rog., couv. ill., étui (Smeers-Engel). Un des 30 numérotés sur gr. pap. du Japon (n° 1), avec 13 dessins originaux. 200 fr.



    1.364. Hugo (Victor). Les Orientales. Paris, Impr. pour les Amis des livres par Georges Chamerot, 1882, gr. in-4, pl., mar. r., dos orné, encadrement de 9 fil. sur les plats et de 9 fil. int., tr. dor. couv. (Chambolle-Duru). N° 106 (sur 135 ex.), sur pap. du Japon, au nom de Chevereau. 245 fr. 

    1.370. Hugo (Victor). Le Roi s’amuse. Paris, Société de publications périodiques, 1883, in-4, pl. et vign., fac-similés, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, fil., milieu et angles ornés de riches comp., d’arabesques et feuillage dor. à petits fers, non rog., étui doublé de peau de chamois (Pagnant). Ex. unique imprimé sur peau de vélin pour Fortuné Méaulle, graveur. Avec dédicace autographe et 31 dessins originaux. 1.600 fr.



    1.383. Joliet (Charles). Roman incohérent. Paris, Jules Lévy, 1887, in-12, portr. et fig. de Steinlen, br., couv. illustrée. Édition originale. Avec 108 dessins originaux à la plume par Steinlen. 136 fr.

    1.403. Lamartine (A. de). Méditations poétiques. Paris, au Dépôt de la librairie, 1820. – Nouvelles méditations poétiques. Paris, Urbain Canel, 1823. Ensemble 2 vol. in-8, mar. bleu, dos orné, encadrement de 8 fil. sur les plats, dent. int., tr. dor. (Belz-Niedrée). Grav. ajoutées. 191 fr.


    Photographie Bertrand Hugonnard-Roche

    1.447. Maupassant (Guy de). Contes choisis. Le Loup, histoire de chasse. Illustrations de Evert Van Muyden. Paris, impr. en taille-douce pour l’Académie des beaux livres, Société des Bibliophiles contemporains, novembre 1891, gr. in-8, texte et vign. gravés, mar. r. genre Bradel, un loup frappé en or sur le premier plat, doublé de mar. brun, large dent., gardes en soie brochée, tête dor., non rog., couv. étui (Nolhac). Avec 12 aquarelles originales et 3 dessins de Muyden ajoutés. 695 fr.



    1.463. Mérimée (Prosper). Chronique du règne de Charles IX. Ornée de 110 compositions par Édouard Toudouze. Paris, Testard, 1889, gr. in-8, fig. sur bois, br., couv. ill. Un des 75 ex. numérotés sur gr. pap. du Japon (n° 53). 169 fr.



    1.472. Michaud. Histoire des croisades. 100 compositions par Gustave Doré. Paris, Furne, 1877, 2 vol. in-fol. Un des 25 ex. numérotés sur gr. pap. de Chine (n° 14). 120 fr.



    1.501. Musset (Alfred de). La Mouche. 30 compositions par Adolphe Lalauze. Paris, Ferroud, 1892, gr. in-8, portr., pl. vign. et culs-de-lampe grav. à l’eau-forte, br., couv. Ex. numéroté sur gr. pap. du Japon (n° 97), avec une double suite des planches. 110 fr.

    1.504. Musset (Alfred de). Œuvres complètes. 28 dessins de Bida et un portrait. Paris, Charpentier, 1866, 10 vol. gr. in-8, portr. et pl., demi-rel. mar. bleu avec coins, tête dor., ébarbé (R. Petit). Ex. de souscription sur gr. pap. de Hollande au nom de Théophile Gide et à son chiffre. 205 fr.  



    1.506. Musset (Alfred de). Poésies (1828-1832 et 1833-1852). Paris, Lemerre, 1884-1885, 2 vol. in-4, br., couvertures. Ex. numéroté sur gr. pap. de Hollande, avec 98 dessins originaux au lavis et à la plume par Evert Van Muyden. 250 fr.



    1.521. Journal de l’Expédition des Portes de fer, rédigé par Charles Nodier. Paris, Impr. royale, 1844, gr. in-8, fig. et pl. gravés sur bois, carte, mar. r. jans., dent. int., tr. dor., étui recouvert de velours r. Tiré à petit nombre à offrir en présent. Ex dono imprimé au nom de Paul Berthier, officier d’ordonnance du Roi, reliure à ses armes. 304 fr.



    1.522. Nolhac (Pierre de). La Reine Marie-Antoinette. Paris, Boussod, Valadon et Cie, 1890, in-4, pap. vélin, portr. en héliogravure en coul., pl. en photogravure, br., couv. 201 fr.

    1.531. Le Panthéon de Montjoyeux (Jules Poignand). Apologie en vers d’un groupe d’hommes supérieurs. Paris, Moncousin (Monnier), s. d., in-8 carré, fig., mar. vert, dos orné, fil. et comp. mosaïqués de mar. rouge, violet, brun, citron, orange, blanc et grenat, dent. int., tête dor., non rog., couv., étui doublé de peau de chamois (Ruban). Sur le premier plat, le Panthéon de Montjoyeux, copié sur celui de la montagne Sainte-Geneviève ; sur le second, un lapin battant du tambour. H. C. tiré à petit nombre. Ex. sur gr. pap. du Japon, avec 14 dessins originaux par Joseph Roy et Galice. 153 fr.


    Photographie Librairie Le Feu follet

    1.540. Marquis de Valognes (Joséphin Péladan). Femmes honnêtes ! Paris, Ed. Monnier & Cie, 1885, gr. in-8, front. de Félicien Rops et 12 pl. à la sanguine de Bac, mar. vert, dos orné, fil., dent. int., tête dor., non rog., couv. ill., étui (Canape-Belz). Ex. sur gr. pap. du Japon, avec 15 dessins originaux à la plume rehaussés de couleur. 252 fr.


    Photographie Librairie Merolle, Villeurbanne

    1.566. Richepin (Jean). La Chanson des gueux. Paris, Dreyfous, 1885, in-4, br., couv. Un des 100 ex. numérotés sur Hollande, avec 1 front. et 262 dessins originaux de Jean Coulon, à la manière des ombres chinoises. 180 fr.



    1.567. Richepin (Jean). Les Débuts de César Borgia. Paris, publié pour la Société des Bibliophiles contemporains, 1890, in-8, fig. de Georges Rochegrosse, fac-similé, br., couv. ill. H. C. Ex. de Piat (n° 118 sur 186). 170 fr.



    1.582. Sand (George). Les Beaux Messieurs de Bois-Doré. Ill. par Adrien Moreau. Paris, Testard, 1892, 2 vol. gr. in-8, fig., br., couv. ill. Un des 50 ex. numérotés sur gr. pap. vélin à la cuve, tirés pour la Librairie des amateurs [Ferroud]. 109 fr.

    1.593. Sonnets et eaux-fortes. Paris, Lemerre, 1869, gr. in-4, 42 pl. grav. à l’eau-forte par Courtry, Doré, Gérôme, etc., en feuilles dans un carton. Un des ex. sur gr. pap. Whatman, H. C. 121 fr.


    Photographie Bertrand Hugonnard-Roche

    1.596. Stendhal (Henri Beyle). L’Abbesse de Castro. Illustrations de Eugène Courboin. Paris, publié pour les sociétaires de l’Académie des beaux livres, 1890, gr. in-8, texte encadré, fig., br., couv. ill., non rog. 170 fr.



    1.597. Stendhal (Henri Beyle). La Chartreuse de Parme. 32 eaux-fortes par V. Foulquier. Paris, Conquet, 1883, 2 vol. in-8, front., vign. et culs-de-lampe à l’eau-forte, br., couv. Un des 350 ex. numérotés sur pap. vélin à la cuve (n° 171). 118 fr.



    1.609. Theuriet (André). Sous Bois. 78 compositions de H. Giacomelli. Paris, L. Conquet et Charpentier, 1883, in-8, fig., mar. brun genre Bradel, chiffre, couv. illustrée en couleur, non rog. Un des 150 ex. sur pap. du Japon (n° 122). 150 fr.



    1.621. Uzanne (Octave).Bouquinistes et bouquineurs. Physiologie des quais de Paris. Illustrations d’Émile Mas. Eau-forte frontispice de Manesse. Paris, Quantin, 1887 [Devait paraître en 1887, mais n’est paru qu’en 1893], gr. in-8, mar. bleu genre Bradel, mosaïque de mar. grenat, blanc, vert, orange, rose, etc., sur les plats représentant un étalage du quai, dent. int., non rog. (Ch. Meunier). Ex. de l’auteur, un des 75 sur gr. pap. du Japon (n° XXII), 18 dessins originaux et autres pièces jointes. 265 fr.



    1.627. Uzanne (Octave).L’Éventail.Recueil des illustrations de Paul Avril.Paris, Quantin, 1882, env. 250 pièces en 1 vol. gr. in-8, cart. cuir japonais, milieu représentant un écran, non rog. Ex. unique. Ex-libris d’Uzanne. 430 fr. 

    1.652. Viel-Castel (comte Horace de). Poésies. Paris, Impr. J. Claye, 1854, gr. in-8, demi-rel. chag. bleu, plats toile. Sur pap. de Hollande, illustré à presque toutes les pages de dessins à la plume ou à la sépia et d’aquarelles. 210 fr.



    1.659. Vigny (Alfred de). Servitude et grandeur militaires. Paris, Impr. pour les Amis des livres par A. Lahure, 1885, gr. in-8, front. et pl., br., couv. N° 101 des 121 ex. numérotés sur pap. du Japon.



    1.696. Les Évangiles des dimanches et fêtes de l’année. Paris, Curmer, 1864, 3 vol. in-4, pl. en chromolith., mar. bleu, fil. à froid, doublé et gardes de moire grise, dent., tr. dor. (Meuthey). Au chiffre couronné et mosaïqué de Marie-Christine de Bourbon, reine d’Espagne. 255 fr.



    1.697. Foucquet (Jehan). Heures de maistre Estienne Chevalier. Paris, Curmer, 1866, 2 vol. in-4, pl. en chromolith., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Raparlier). 195 fr.


    Photographie Librairie Camille Sourget

    1.707. Livre d’Heures de la reine Anne de Bretagne. Paris, Curmer, 1841 [i. e. 1861], 2 vol. gr. in-4, encadrements et pl. en couleur, mar. r., armes en mosaïque, chiffre de la reine aux angles des plats, dent. int., doublé et gardes de moire verte, tr. dor., étuis. 335 fr.


    Jean Petitot (1607-1691)

    1.712. Petitot. Les Émaux du Musée impérial du Louvre. Paris, Blaisot, 1862-1864, 2 vol. in-4, 50 portr., mar. r., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, dent. int., tr. dor. (Bertrand). 166 fr.



    1.714. Rochas (Albert de). Le Livre de demain. Blois, Raoul Marchand, 1884, in-8, fig. en feuilles dans un carton. Un des 250 ex. numérotés (n° 176). 100 fr.

    1.717. Silhouettes et portraits, par Théodore Agrippa d’Aubigné et un autre (Léon Curmer). Paris, 1863, in-16, mar. r. jans., doublé de mar. vert, comp. dorés à petits fers et au pointillé, chiffre et armes de L. Curmer, étui en chag. r. (Hardy-Mennil, dorure de Marius Michel). Manuscrit orné d’environ 60 aquarelles. 950 fr. [Collection Fred Feinsilber, Sotheby’s, Paris, 11 octobre 2006 : 3.360 €].



    Vente dans les salles de ventes aux enchères de la Librairie Em. Paul & fils & Guillemin, 28 rue des Bons-Enfants (anciennes Maisons Silvestre et Labitte), du lundi 28 mars au mardi 3 mai 1898, en 28 vacations : Catalogue de la bibliothèque de feu M. Alfred Piat, ancien notaire à Paris. Troisième partie. Livres anciens et modernes dans tous les genres, manuscrits et imprimés (Paris, Charles Porquet et Em. Paul et fils et Guillemin, 1898, in-8, [3]-[1 bl.]-690 p., 5.362 + 1 double [bis] = 5.363 lots [chiffrés 1.733-7.094]), dont Théologie [197 lots = 3,67 %], Jurisprudence [29 lots = 0,54 %], Sciences et Arts [466 lots = 8,68 %], Beaux-Arts [412 lots = 7,68 %], Belles Lettres [2.709 lots = 50,51 %], Histoire [1.550 lots = 28,90 %]. La troisième partie a donné 52.000 francs. 


    Vente à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 8, du lundi 16 au samedi 21 janvier 1899, en 6 vacations : Catalogue de la bibliothèque de feu M. Alfred Piat, ancien notaire à Paris. Quatrième partie. Livres anciens et modernes sur les beaux-arts. Dessins originaux, estampes, vignettes, portraits, costumes, caricatures, voyages, fêtes, dessins, peintures et estampes japonais, chinois, etc., ouvrages divers, autographes (Paris, Charles Porquet et Em. Paul et fils et Guillemin, 1899, in-8, 160-[4] p., 857 lots [chiffrés 7.095-7.951]). La quatrième partie a donné environ 30.000 francs. 



     








    0 0


    Empurany (Ardèche)


    D’une famille originaire d’Empurany [Ardèche], Jean-Pierre Bancel y est né le 22 décembre 1766, fils de Jean Bancel (1708-1789), conseiller du Roi, et de Jeanne-Marie Mure († 1794).

    Il fit ses études au collège de Valence [Drôme], où il rencontra Bonaparte, qui était en garnison à Valence, dans la librairie de Marc Aurel (1775-1834).


    Machine Jacquard à Saint-Chamond

    Jean-Pierre Bancel souhaitait devenir manufacturier. La ville de Saint-Chamond [Loire] était alors la métropole de la fabrique de rubanerie française : en 1789, il entra dans la maison Dugas en qualité de commis. Bientôt distingué par ses chefs, il fut associé à la maison en 1794. En 1805, il fonda, sous le nom de « Bancel et Cie », une maison qui s’acquit un renom mérité pour la qualité et la distinction de ses produits.  

    Le 27 mai 1807, Jean-Pierre Bancel épousa Marie-Antoinette-Françoise Rozet (1780-1846), dite « Fanny Rozet », fille d’Étienne Rozet, rubanier, et de Magdelaine Pelletier. De ce mariage naquirent, à Saint-Chamond : Marie-Magdelaine-Antoinette-Étiennette, le 11 juin 1808 ; Jean-Étienne-Marie, le 24 septembre 1809 ; Marie-Madelaine-Jeanne-Antoinette, le 21 octobre 1810 ; Jean-Étienne-Camille, le 28 mars 1815.

    Le beau-père et le gendre s’associèrent et la maison de commerce progressa dans des proportions énormes : la fabrique et les magasins étaient à l’angle des places Dorian et de la Liberté.

    La fin de la guerre continentale et la diminution graduelle du prix de la soie imprimèrent à la fabrication des rubans une nouvelle activité, favorisée par l’application des métiers à tisser Jacquard au tissage des rubans et l’invention d’un ruban en gaze dit « ruban marabout » par Jean-Pierre Bancel en 1817. Cette invention fit sa réputation et sa fortune, et lui valut la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1831. Ses concitoyens l’appelèrent à diverses fonctions municipales, dans l’attente de la liquidation de ses affaires en 1833.

    Il mourut dans son jardin, frappé d’une apoplexie foudroyante, le 20 août 1842.


    Etienne-Marie Bancel

    Son fils Jean-Étienne-Marie Bancel voulut être manufacturier comme son père.

    Il fit son apprentissage du commerce et de l’industrie à Londres, puis à Lyon, chez François-Barthélemy Arlès-Dufour (1797-1872), le futur fondateur du Crédit Lyonnais. Il devint l’associé d’Arlès-Dufour en 1840, dirigeant la succursale de Saint-Étienne [Loire].

    Étienne-Marie Bancel aimait la littérature, la bibliographie et les beaux-arts. À côté des toiles de grands maîtres, il avait une bibliothèque dont il s’occupait avec passion :


    « On y voyait les reliures des artistes les plus vantés : Nicolas et Clovis Eve, Boyet, du Seuil, Pasdeloup, Derome. Parmi les modernes : Trautz, Bauzonnet, Niedrée, Duru, Capé, Cazin, et, avec les éditions rares ou splendides, les livres ayant appartenu à des personnages célèbres, à Claude de Lorraine, Claude d’Urfé, Olivier de Magny, Bossuet, Huet, au prince Galitzin, à Labédoyère, Nodier, Brunet, Yemeniz ; ajoutons-y surtout les manuscrits ornés de miniatures originales. Parmi ces derniers, on remarquait : Les Abus du monde, par Gringoire, ornés de quatorze miniatures ; volume qui avait appartenu à Marie de Lorraine, reine d’Ecosse, et à sa fille, l’infortunée Marie Stuart. Les Sept psaumes de la pénitence, de Melle de La Vallière, écrits pour la princesse de Soubise ; manuscrit sur vélin, orné de quatorze miniatures d’un incomparable éclat, et cet Office de la Vierge Marie, en latin, qui avait appartenu à Catherine de Médicis et qu’illustraient soixante-sept vignettes dignes des plus illustres enlumineurs. » [sic]

    (Aimé Vingtrinier. « Les Deux Bancel ». In La Revue du siècle. Lyon, 1890, t. IV, p. 745)


    En 1865, riche et honoré, Bancel quitta les affaires et alla se fixer à Paris.



    Le 7 juin 1880, il envoya à la ville de Lyon un exemplaire des Études sur la formation de la langue et sur la littérature françaises au Moyen Age, par F.-D. Bancel, ancien représentant du peuple et député au Corps législatif, précédées d’une notice historique sur sa vie, de son portrait, gravé par A. Lalauze, et d’un fac-simile de son écriture (Paris, A. Claudin, 1878, in-8), tiré à petit nombre, qu’il avait fait imprimer après la mort de son parent, député du Rhône et de la Drôme, François-Désiré Bancel (1822-1871)  : papier de Hollande, maroquin rouge, ébarbé, tête dorée, janséniste, dentelles intérieures (Thibaron-Joly).

    Bancel utilisait trois ex-libris :

    -          un ex-libris héraldique ovale [25 x 18 mm], aux armes « De gueules à 3 flèches d’argent posées 1 en pal et 2 en sautoir, au chef d’azur chargé de 3 étoiles d’or » et portant « BIBLIOTHEQUE E. M. BANCEL », doré à la manière d’un fer et fixé sur papier maroquiné rouge ou noir.

    -          un ex-libris [74 x 55 mm] aux armes « D’azur au faucon d’argent longeté du même ».Cimier : un bras armé tenant une rose tigée. Supports : deux faucons. Devise : « FORTIS ET FIDELIS ».

    -          un ex-libris [63 x 43 mm] portant d’azur à la lettre B d’argent [à l’intérieur du ceinturon].



    Bancel mit en vente sa bibliothèque, du lundi 8 au samedi 13 mai 1882, en 6 vacations, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, rue Drouot, salle n° 3 : Catalogue des livres précieux et des manuscrits avec miniatures composant la bibliothèque de M. E. M. B. [Étienne-Marie Bancel](Paris, Adolphe Labitte, 1882, in-8, XXXII-303-[1 bl.] p., 2 pl. h.-t. en noir, 882 + 2 doubles [bis] = 884 lots), dont Théologie [49 lots = 5,54 %], Jurisprudence [20 lots = 2,26 %], Sciences [60 lots = 6,78 %], Beaux-Arts [68 lots = 7,69 %], Arts industriels [24 lots = 2,71 %], Exercices gymnastiques [10 lots = 1,13 %], Belles Lettres [480 lots = 54,29 %], Histoire [173 lots = 19,57 %].


    « Le catalogue que nous présentons aujourd’hui aux amateurs et aux libraires se recommande à toutes les personnes qui aiment les beaux livres, les livres rares, les livres curieux et les belles reliures.

    Il contient la partie la plus précieuse d’une bibliothèque commencée il y a plus de trente ans, et, quoiqu’elle soit séparée de la partie où se trouvent les livres d’étude, elle représente assez bien le cabinet d’un homme du monde à notre époque.

    On y voit réunis de beaux et précieux volumes provenant des rois, des reines de France, des princes et des princesses de leur famille.

    On y voit aussi des livres ayant appartenu soit à des personnages célèbres […], soit enfin aux amateurs les plus renommés […]. » (p. IX)   


    On doit ajouter au catalogue la Table alphabétique des noms d’auteurs et des ouvrages anonymes du Catalogue de la bibliothèque de M. E. M. B. (Paris, VveAdolphe Labitte, 1882, in-8, 31-[1 bl.] p.), qui contient la « Liste des prix d’adjudication ».



    1. Psalterium Davidis ad exemplar Vaticanum, anni 1592. Lugduni (Batav.), apud Joh. et Dan. Elzevirios, 1653, pet. in-12, titre gravé, mar. vert à compart. de couleurs, doublé de papier doré, tr. dor. (Padeloup). 1.100 fr.



    2. Les Pseaumes mis en ryme françoise, par Cl. Marot, & Théodore de Bèze. Lyon, par Jan de Tournes, pour Antoine Vincent, 1563, in-8, fig. sur bois et musique imprimée, mar. La Vallière, compart., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Provient de la vente Yemeniz et a été recouvert depuis d’une belle reliure de Trautz. 1.000 fr.



    4. Historiarum veteris instrumenti icones ad vivum expressæ. Lugduni, sub scuto Coloniensi, 1538. (Melchior et Gaspar Trechsel), pet. in-4, fig., mar. brun, dos orné, fil. et compart. genre Du Seuil, milieu avec mosaïque de mar. vert, dent. int., tr. dor. (Lortic). 92 gravures de Hans Holbein. Exemplaire de John Bidwell. 1.060 fr.




    11. Horæ Beatissimæ Mariæ Virginis, horæ de sancta cruce, cum calendario. In-8, mar. bleu, riches compart. avec armes sur les plats, doublé de vélin blanc, tr. dor., fermoirs en argent doré. (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur vélin du XVe siècle, 43 miniatures dont plusieurs de J. Memling. A appartenu à D. Huet, évêque d’Avranches ; la reliure a été remplacée par Trautz. 16.000 fr. 

    12. Horæ cum calendario. Pet. in-4, mar. bleu, dos orné, riches compart., doublé de vélin blanc, dent. int. et compart., tr. dor., fermoirs en vermeil (Simier, dorure de Debèse). Manuscrit sur vélin, seconde moitié du XVe siècle, 18 grandes miniatures. 5.000 fr.

    13. Horæ Beatissimæ Mariæ Virginis, cum calendario. Pet. in-8, mar. La Vallière, dos orné, très riches compart., doublé de vélin blanc, tr. dor. (Thibaron-Échaubard). Manuscrit sur vélin, seconde moitié du XVe siècle, exécuté pour Anne de Graville, mariée à Pierre de Balzac., 15 miniatures. 5.100 fr. 


    Photographie BnF


    Photographie BnF

    19.
    Officium Virginis Mariæ, secundum usum Romanum. In-12, ais de bois couverts de velours cramoisi, doublés de tabis bleu, enrichis d’écoinçons, de fermoirs et de médaillons en vermeil finement gravés, tr. dor. et ciselée. Les médaillons présentent au centre une fleur de lis surmontée de la couronne royale de France. Manuscrit sur vélin de la première moitié du XVIesiècle, 67 miniatures. Aurait appartenu à la reine Catherine de Médicis. 11.000 fr.

    20. Livre d’Heures de François II. In-8, mar. bleu jans., doublé de vélin blanc, tr. dor., fermoirs (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur vélin du milieu du XVIe siècle, 23 miniatures. A appartenu à D. Le Tellier, marquis de Courtanvaux. Acheté au libraire Bohn, à Londres, et revêtu d’une reliure de Trautz. 5.000 fr.



    23. Prières de la messe, écrites par Rousselet. Paris, 1725, in-8, mar. citron, compart. en mosaïque de mar. noir et rouge dorés à petits fers et au pointillé, doublé de mar. noir, large dent., tr. dor. (Padeloup). Manuscrit au chiffre de la reine Marie Leczinska. 3.500 fr. [Paris, Sotheby’s, 2 décembre 2004, 321.600 €].



    24. Heures imprimées par Antoine Vérard : A la louenge de Dieu, de sa tressaincte et glorieuse meree et à ledification de tous bōs catholiques. Pet. in-4 goth., bordures à compart. à chaque page, fig. sur bois, mar. La Vallière, fil. à froid et large bordure dorée au centre, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Almanach de 1488 à 1508. 1.900 fr.



    25. Ces presentes heures à lusaige de Romme furent achevees le XVII. jour de Avril Lan mil CCCC.IIII.XX. et XVII. (1497) pour Simon Vostre libraire, in-8 goth., mar. brun, compart. à froid, doublé de vélin blanc, fil., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Sur vélin, 14 grandes planches et nombreuses vignettes. 1.350 fr.


    Photographie Librairie Jonathan A. Hill

    28. Horæ in laudē Beatiss. Virginis Mariæ, ad usum romanum. Paris, Geofroy Tory, 1531, gr. in-8, réglé, lettres rondes, v. f. ant., compart. de mosaïque de v. noir, tr. dor. et ciselée (Rel. XVIe siècle). 17 planches. Exemplaire rempli de témoins et le plus grand connu (205 mm de hauteur). Les plats de la reliure sont ornés de compartiments à la Grolier et portent le nom de Humberte Favre. Des bibliothèques de W. D. Conybear, doyen de Landolf, qui l’avait acheté en 1815 à Chambéry, puis de Sir W. Tite, qui l’avait acheté en 1857, vendu 1.800 fr. à sa vente. 2.905 fr.




    100. Les Roses, par P.-J. Redouté. Paris, Firmin-Didot, 1817-1824, 3 vol. gr. in-4, pap. vélin, cart., ébarbé. Exemplaire de De Bure l’Aîné, 1843. Deux suites de fig., l’une en noir sur papier de couleur [pap. chamois], l’autre coloriée sur pap. vélin blanc : il n’a été tiré que 5 ex. ornés de cette manière. 350 fr. [Paris, Alde, 2 octobre 2015 : 55.000 €].



    116. La Decoration dhumaine nature et aornement des dames. Paris, Jehan Sainct-Denis et Jehan Longis, 1530, in-8 goth., mar. La Vallière jans., dent. int., tr. dor. (Hardy-Mennil). Des bibliothèques Charles Nodier [ex-libris ; 1844, n° 130] et Nicolas Yemeniz [ex-libris ; 1867, n° 896). Note manuscrite contrecollée sur une garde indique que l’exemplaire fut relié trois fois : Nodier avait fait relier le volume en maroquin rouge par Thouvenin ; Yemeniz fit casser la reliure et la remplaça par un autre maroquin rouge de Niedrée ; Bancel fit de nouveau casser la reliure pour confier le volume à Hardy-Mennil. 180 fr. [Drouot, 6 mars 2015, 7.000 €].



    176. Lentree de la Royne en sa ville & Cite de Paris, Imprimée par le Commādemēt du Roy nostre Sire. Paris, Geofroy Tory, 1531, pet. in-4, encadr. sur bois, mar. bleu semé de fleurs de lis, doublé de mar. grenat, large dent., tr. dor. (Masson-Debonnelle). De la vente Ruggieri. 1.810 fr. 



    180. C’est l’ordre qui a este tenu à la nouvelle et joyeuse entrée, que treshault, tresexcellent, & trespuissant Prince, le Roy treschrestien Henry deuzieme de ce nom, à faicte en sa bonne ville & cité de Paris, capitale de son Royaume, le sezieme jour de Juin M. D. XLIX. Paris, Jehan Dallier, s. d. [1549], in-4, 11 fig. sur bois, mar. r., fil. et compart. genre Du Seuil, dent. int., tr. dor., armes de France (Thibaron). 3.000 fr.  



    203. Esemplario di lavori, dove le tenere fanciulle & altre donne nobile potranno facilmente imparare il modo & ordine di lavorare, cusire, raccamare, & finalmēte far tutte quelle gentilezze & lodevoli opere, lequali puo fare una dõna virtuosa cõ l’aco in mano, cõ li suoi compassi, & misure. Stampato in Vinegia per Nicolo d’Aristotile detto Zoppino, 1530, in-4, titre gravé et pl., mar. La Vallière, riches compart., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 1.500 fr.


    Photographie Petit Palais, Paris
    Photographie Petit Palais, Paris

    205. La Gloria et l’Honore di Ponti tagliati a fogliami (le plus riche et le plus compliqué de tous les points). Venetia, Mathio Pagan, 1556, in-4, mar. La Vallière, compart. avec la lettre B au centre et la lettre E en bordure, à froid, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 1.000 fr.


    Photographie Petit Palais, Paris

    208. Nouveaux pourtraicts de point coupé et dantelles (sic) en petite, moyenne & grande forme. Nouvellement inventez & mis en lumière. Montbéliard, Jaques Foillet, 1598, pet. in-4, mar. La Vallière, compart., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 83 planches de modèles. 1.300 fr.

    214. Le Pastissier françois. Amsterdam, Louys et Daniel Elzevier, 1655, pet. in-12, mar. vert, front. gravé, riches compart. à mosaïque de mar. citron et rouge, dorure à petits fers couvrant le dos et les plats, doublé de mar. citron, dent., tr. dor. (Thibaron ; dorure de Marius Michel). Des bibliothèques du cardinal de Brienne et de la duchesse douairière de Manchester, revêtu depuis de la reliure de Thibaron. 1.000 fr.



    238. Sensuit le romant du duc Guillaume lequel en son vivant fut roy dēgleterre et aussi duc de normēdie dont il tint paisiblement son peuple. Paris, s. d., mar. citron, compart. formés de branches de feuillage et d’un semé d’anneaux, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul exemplaire connu complet. De la vente Morel, à Lyon. 3.070 fr.

    248.Les Abus du monde (par Pierre Gringore). Pet. in-4, mar. bleu jans., doublé de vélin blanc à riches compart., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur vélin du commencement du XVIe siècle, portant les armes d’Écosse sur le titre, orné de 14 grandes miniatures, dont la première représente le poète Gringore présentant l’exemplaire au sire Jacques d’Estouteville, qui en fit don, non pas au duc de Lorraine comme le croyait Charles Nodier, mais à sa petite-fille Marie de Lorraine, épouse du roi d’Écosse, qui le transmit à sa fille Marie Stuart. Des bibliothèques Morel de Vindé [1823, n° 1.400], Nodier [1844, n° 344, 620 fr.], Yemeniz [1867, n° 1.723, 4.100 fr.]. 8.820 fr.



    257. Les Œuvres de Clément Marot, de Cahors, valet de chambre du Roy. Lyon, Etienne Dolet, 1543, 2 parties en 1 vol. in-8, mar. r., dos orné, fil., doublé de mar. vert, orné d’une guirlande de fleurs (Trautz-Bauzonnet). 1.900 fr.

    259. L’Aventurier rendu a dāgier conduit par advis, traictat des guerres de bourgongne. Paris, s. d. (1510), pet. in-4 goth. à 2 col., 15 fig. sur bois, mar. r., dos orné, compart., dent. int., tr. dor. (Niedrée). Exemplaire de De Bock. Des bibliothèques des barons Pichon [1869, n° 475, 1.050 fr.] et Paradis [1879, n° 237, 1.500 fr.]. 1.250 fr.

    263. Lesperit trouble. Joyeulx devis recreatif de lesprit trouble, contenant plusieurs ballades epistres chansons cōplainctes rescriptz dizains huyctains epitaphes rōdeaulx. Lyon, Olivier Arnoullet, s. d. (vers 1536), pet. in-8 goth., mar. bleu, couronne de feuillage, riches compart., doublé de mar. citron, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul connu. De la vente Potier (1.400 fr.), relié depuis. 1.950 fr.



    270. Le Tombeau de Marguerite de Valois, royne de Navarre. Paris, Michel Fezandat et Robert Granjon, 1551, in-8, portr. mar. bleu milieu, doublé de mar. orange avec guirlande de feuillage, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 1.900 fr. 



    276.Élégies de la belle fille lamentant sa virginité perdue. Besançon, Antoine Ludin, 1557, in-8, fig. sur bois, mar. bleu, couronne de feuillage, doublé de mar. orange avec un semé de roses et de soucis, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul exemplaire connu complet. Des bibliothèques Nodier, Baudelocque et Yemeniz, depuis relié par Trautz. 1.460 fr.



    284. Les Odes d’Olivier de Magny, de Cahors en Quercy. Paris, André Wechel, 1559, in-8, réglé, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, riches compart. avec armoiries au centre, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la bibliothèque de Turquety, relié depuis. 1.010 fr.


    Photographie Librairie Eric Zink

    296. Les Œuvres et Mélanges poétiques d’Estienne Jodelle, sieur du Lymodin.Lyon, Benoist Rigaud, 1597, in-12, mar. r., fil., tr. dor. (Bauzonnet). 195 fr. [Drouot, 15 mars 2013 : 1.600 €].

    355. Les Diverses Poésies du sieur de la Fresnaie Vauquelin. Caen, Charles Macé, 1612, in-8, mar. r. jans., doubl. de mar. bleu, riches compart. à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 2.360 fr.



    523.Œuvres de Corneille, première partie. Paris, Antoine de Sommaville et Augustin Courbé, 1644, front. et portr. – Œuvres de Corneille, tome II. Paris, Aug. Courbé, 1647, portr. Ensemble 2 vol. pet. in-12, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, riches compart. à petits fers, armoiries au centre, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale du théâtre de P. Corneille, dont on ne connaît que 2 ou 3 exemplaires. De la bibliothèque Casimir Delavigne, relié depuis. 4.510 fr.

    524.Œuvres de Corneille, première partie. Paris, Augustin Courbé, 1648, front. et portr. – Œuvres de Corneille, seconde partie. Paris, Toussainct Quinet, 1648. 2 vol. pet. in-12, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, riches compart., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Première édition avec pagination suivie dans les deux vol. et la seconde sous le titre d’Œuvres. On n’en connaît que 4 ou 5 exemplaires. 4.000 fr. 



    550.Œuvres de Molière, avec des remarques grammaticales, des avertissements et des observations sur chaque pièce, par M. Bret. Paris, Libraires associés, 1773, 6 vol. in-8, portr. et fig., mar. r., dos orné, large dent. sur les plats, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Enrichi de portraits et de diverses suites de fig. (172 pièces au total). 1.290 fr.



    554.Œuvres complètes de Jean Racine. Paris, Deterville, impr. Didot Jeune, 1796, 4 vol. in-8, fig., mar. r. doublé de tabis bleu, dos orné, dent., tr. dor. (Bozerian). Gr. pap. vélin avec suite des fig. avant la lettre et les eaux-fortes. 1.205 fr.   

    559. Les Œuvres de M. D*** R. (J.-F. Regnard). Paris, Pierre Ribou, 1698, in-12, mar. bleu, dos orné, fil. et compart. à la Du Seuil, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Première édition sous le titre d’œuvres : on n’en connaît qu’un très petit nombre d’exemplaires. Recueil factice de pièces en éditions originales. 3.800 fr.



    591. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé. S. l. (Paris), 1718, pet. in-8, fig. du Régent gravées par Audran, mar. citron à compart. de couleurs, doublé de mar. bleu, large dent., tr. dor. (Thibaron-Joly). 1.530 fr.



    607. Le Roman comique, par Scarron. Paris, Impr. de Didot Jeune, chez Janet, an IV (1796), 3 vol. in-8, portr. et fig., mar. bleu, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Gr. pap. vélin, portr. par Le Mire, suite des 15 fig. de Le Barbier avant la lettre et rares épreuves à l’état d’eaux-fortes. 1.720 fr.

    629. Julie ou la Nouvelle Héloïse (par J.-J. Rousseau). Paris, Didot, 1824, 3 vol. in-8, portr. et fig., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Avec suites et lettre autographe de Rousseau. 395 fr. [12.500 $ Ars libri, Boston].

    706. Recueil de pièces curieuses et nouvelles, tant en prose qu’en vers. La Haye, Adrien Moetjens, 1694-1701, 30 parties en 5 vol. pet. in-12, mar. bleu, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Contient la véritable édition originale des Histoires ou contes du temps passé de Charles Perrault. 1.070 fr.



    714. (Christophori Colombi epistola). De insulis nuper in mari indico repertis. S. l., 1494, in-4, mar. La Vallière, riches compart. dorés, chiffre à froid au centre, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 4 fig. en bois. Première lettre du célèbre navigateur. 3.300 fr.



    733. Les Gestes ensemble la Vie du preux chevalier Bayard avec sa genealogie. Paris, Jehan Trepperel, s. d. [v. 1525], in-4 goth., fig. en bois, mar. r., compart., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la vente Yemeniz, relié depuis dans le genre Grolier. 1.550 fr.


    Librairie Camille Sourget : 4.500 €

    780. La Magicienne estrangère, tragédie. Rouen, David Geoffroy et Jacques Besongne, 1618. – La Victoire du Phébus françois contre le Pithon de ce temps, tragédie. Paris et Rouen, Thomas Mallart, s. d. Deux pièces en 1 vol. pet. in-8, mar. orange jans., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 145 fr.  


    Les Fiançailles de Charles VIII et d’Anne de Bretagne

    En 1884, il offrit au Musée du Louvre le chef-d’œuvre d’un peintre lyonnais : « Les Fiançailles de Charles VIII et d’Anne de Bretagne », par Jehan Perréal, tableau peint en 1491. En 1885, il offrit à la Bibliothèque nationale une lettre autographe de ce même peintre, datée de Lyon, 8 août 1511, et une autre de Lemaire de Belges, datée de Bourg, 22 novembre 1510, qui recommande Perréal à Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas.



    Bancel avait étudié la vie de Jehan Perréal :  Jehan Perreal, dit Jehan de Paris, peintre et valet de chambre des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier. Recherches sur sa vie et son œuvre par E.-M. Bancel. Ouvrage orné de nombreuses gravures et une lettre de J. Perreal en fac-similé (Paris, H. Launette, 1885, in-4), tiré à 120 exemplaires numérotés.

    En 1891, Bancel légua ses collections à la ville de Saint-Étienne. 


    Il mourut, célibataire, le 21 mars 1893, à son domicile du 13 bis rue des Mathurins, à Paris [IXe], à l’angle de cette rue et de la rue Godot de Mauroy.







    0 0




    Descendant d’une famille originaire de La Tour-de-Salvagny [Rhône] et souvent confondu avec son père par les échotiers lyonnais, Joseph Renard est né à Lyon [Rhône], le 27 juin 1822, fils de Joseph-Marie Renard (1778-1860), teinturier en soie, 27 quai Bon-Rencontre [quai Jules Courmont, IIe], et de Catherine Ginod (1784-1862), fille d’un négociant de la rue du Griffon [Ier], mariés à Lyon le 5 août 1809.



    En 1854, Joseph Renard épousa Rosine-Henriette Oswald (1834-1912), fille de Karl-Theodor Oswald (1806-1838), teinturier en soie à Bâle [Suisse], et de Louise-Henriette Linder (1811-1882). L’année suivante, son frère aîné, François-Marie, dit « Francisque », Renard (1811-1900) épousa Marie-Joséphine-Adélaïde-Nellie, dite « Nelly », Teste-Lebeau (1828-1911), fille de Justinien-Joseph Teste-Lebeau (1797-1876), avocat, et de Adèle Farnaud. Les deux frères succédèrent alors à leur père, à la tête de l’entreprise de teinturerie.



    En 1858, à Londres, le chimiste allemand August-Wilhelm von Hofmann (1818-1892) fit la découverte « scientifique » d’une matière colorante rouge extraite de l’aniline, substance produite par le goudron de houille. L’année suivante, le chimiste lyonnais François-Emmanuel Verguin (1814-1864) fit la découverte « industrielle » de ce rouge d’aniline : malade, il céda son procédé, pour la somme de 100.000 francs, aux frères Renard, qui le firent breveter le 8 avril 1859. Les frères Renard donnèrent au nouveau produit le nom de « fuchsine », pour rappeler la similitude de sa couleur avec la fleur du fuchsia, qui devait son nom à Léonhart Fuchs (1501-1566), médecin allemand. La coïncidence de « Renard », traduit en allemand « Fuchs », est tout à fait accidentelle.


    « c’est M. Francisque Renard qui, d’après la loi, est le véritable inventeur de la teinture au rouge d’aniline, et cependant, ce bon Francisque, décoré pour cette découverte [chevalier de la Légion d’honneur, par décret du 24 janvier 1863], est bien l’homme le moins chimiste de tout le département du Rhône. »

    (In Le Moniteur scientifique. Paris, Quesneville, 1er janvier 1865, 193elivraison, p. 42)


    Associés à Hippolyte-Paul-Émile Franc (1825-1898), les frères Renard créèrent en 1863, avec l’aide financière du Crédit lyonnais, la Société « La Fuchsine », pour fabriquer le colorant ; mais ils ne parvinrent pas à la rentabiliser, la plus grande partie des bénéfices disparaissant dans des procès en contrefaçon : ils en arrêtèrent la fabrication en 1868 et vendirent le brevet à Alcide Poirrier (1832-1917), industriel à Saint-Denis [Seine-Saint-Denis].


    Joseph Renard était devenu maire d’Écully [Rhône] du 9 novembre 1867 au 8 septembre 1870 et le fut encore du 14 mai 1871 au 15 juin 1873.


    Joseph Renard avait formé une bibliothèque qui, dès 1862, pouvait prendre rang parmi les plus célèbres collections lyonnaises. 


    Il utilisait un ex-libris gravé de forme octogonale [42 x 34 mm], signé « JMB », portant le chiffre « JR » autour duquel s’enroule une banderole portant la mention « BIBLIOTHÈQUE DE M.R J. RENARD. »


    « Depuis douze ans environ, M. Renard s’est appliqué, avec une rare persévérance, aidée par une belle fortune, à former une collection remarquable d’un grand nombre de livres, - généralement en belle condition – et dont beaucoup sont vraiment précieux. C’est une Bibliothéque et non un Cabinet qu’il s’est proposé de créer, et elle a été commencée, - comme beaucoup d’autres – après que M. Renard ne se fut occupé, pendant longtemps, à ne réunir que des ouvrages en conditions ordinaires. C’est en les comparant que, peu à peu, il est parvenu à rassembler les livres d’amateurs, et qu’au goût de l’étude et de la lecture est venu se joindre celui de la curiosité. […]

    Moins favorisé par les circonstances que MM. Coste, Yéméniz, Cailhava et Coulon qui vivaient au bon temps, au temps de Lyon la riche, comme disait Pétrus Borel, M. Renard a dû se contenter souvent d’acheter les livres amassés par ces grands collectionneurs, ou ceux d’autres amateurs célèbres de Paris. Les siens sortent aussi, pour la plupart, des bibliothèques plus ou moins célèbres mises en vente dans ces derniers temps. On peut citer celles de M. de Chaponnay, de M. P. Desq, de Lyon ; de M. Chedeau, de Saumur ; du prince Radziwill, de M. Yéméniz, de J.-C. Brunet, du baron J. Pichon. Les catalogues des libraires et notamment ceux de Potier ont permis à M. Renard de rencontrer un grand nombre d’ouvrages dont la belle condition a été faite ensuite à ses frais et par ses soins éclairés, et il a pu ajouter à beaucoup des portraits et des autographes qui en ont singulièrement augmenté l’intérêt et la valeur.

    Dans la pensée de former une Bibliothèque réunissant la formeet le fond, comprenant tout ce qui est nécessaire aux études sérieuses, en même temps que ce qui peut plaire à l’homme de goût, il a donné à sa bibliothèque plus de variété que d’éclat. Il n’a pas négligé les classiques, ni rejeté les grands formats, imitant en cela les anciens amateurs, et, sous d’autres rapports, se rapprochant du goût actuel pour les raretés bibliographiques à la mode, car la mode exerce aussi son empire dans les bibliothèques. […]

    La perfection et l’élégance de l’impression étant un des mérites que M. Renard apprécie le plus dans les livres, il a recherché surtout beaucoup d’éditions Aldines et Elzéviriennes dont les exemplaires sont, pour la plupart, dans les plus belles conditions. En fait de classiques latins, il possède quelques riches éditions anglaises, et a réuni un certain nombre de magnifiques impressions des Didot sur papier de choix et sur velin. Il a rassemblé aussi certains ouvrages, en grands formats, un peu démodés, - car où cette folle qu’on appelle la mode ne se glisse-t-elle pas ? – mais ces ouvrages, heureusement, auront toujours raison de figurer dans une collection de choix, à meilleur titre que bien des livres ignorés hier et aujourd’hui fort recherchés. […]

    En fait de reliures du XVIe siècle, il possède un Grolier et un Maioli ; il en a de tout aussi belles et d’aussi parfaites de Le Gascon, Du Seuil, Boyet, Derome, Padeloup, célébrités de la reliure au XVIIe et au XVIIIe siècle, - des Trautz-Bauzonnet en assez grand nombre, des Duru, en quantité, des Capé dans les plus riches conditions, ainsi que des Lortic. Du reste, presque tous les livres de M. Renard sont en reliure pleine ; ses demi-reliurescouvrent des ouvrages non rognés. On ne saurait faire mieux.

    En donnant plus haut la nomenclature des plus grandes raretés de M. Renard, j’ai cité quelques ouvrages dont les reliures portent les armes de de Thou, de Colbert, du Cted’Hoym, de Mme de Pompadour qui se connaissait aussi en livres ; il me restait encore à en nommer bien d’autres, car, en ne cherchant qu’au hasard, on met la main sur des volumes aux armes de Longepierre, de Fouquet, du comte de Toulouse, de la malheureuse reine Marie-Antoinette, qui aimait aussi à se consoler des ennuis de la royauté par le culte des beaux livres, de Bossuet, et de Richelieu ; plus de 70 de ces ouvrages ont appartenu à Charles Nodier, le plus savant de nos collectionneurs modernes ; d’autres riches reliures proviennent des bibliothèques de MM. de Coislin, Audenet et de La Bédoyère. Plusieurs volumes ont été annotés par Racine, un grand nombre des plus belles réimpressions sont sur vélin.

    Tant de perles et de bijoux sont aussi dans un écrin des plus riches et du meilleur goût. Des meubles aux formes les plus élégantes renferment tous ces trésors. On ne pouvait leur donner une plus belle hospitalité. » [sic]

    (Léopold Niepce. Les Bibliothèques anciennes & modernes de Lyon. Lyon, Librairie générale Henri Georg, s. d. [1875], p. 480-495).   


    À l’Exposition rétrospective de Lyon, en 1877, Joseph Renard fournit, à lui seul, presque tous les ouvrages que renfermaient les vitrines de la section « librairie ». Dans la grande salle du Palais, une même vitrine réunissait huit admirables reliures : le Trogue-Pompée de Maioli, le Cicéron de Grolier, le Psautier de Henri III et le Rabelais de Louis XIII (les deux de Le Gascon).



    Une première vente se déroula en 9 vacations, du lundi 21 au mercredi 30 mars 1881, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 3, au premier : Catalogue de livres rares et précieux, imprimés et manuscrits, la plupart français et latins, de la bibliothèque de M. J. Renard (de Lyon) (Paris, Adolphe Labitte, 1881, in-8, XV-[1 bl.]-302 p., 1.587 + 11 doubles [bis] = 1.598 lots), dont Théologie [189 lots = 11,82 %], Jurisprudence [31 lots = 1,93 %], Sciences et Arts [169 lots = 10,57 %], Belles Lettres [690 lots = 43,17 %], Histoire [518 lots = 32,41 %].


    « Dix jours de vente pour la bibliothèque Renard, qui ne comprenait pas moins de 1,587 numéros. Chaque jour, à deux heures, Maurice Delestre montait à son pupitre et prenait son bâton de chef d’orchestre.

    Collectionneur de la vieille roche, M. Renard ne s’abandonnait pas à l’iconographie des livres du XIXe siècle. Ce n’est pas lui qui aurait fait des folies pour les éditions Princeps des Romantiques, et payé 1,000 francs la première édition introuvable de Notre-Dame de Paris. Il n’aurait certainement pas mis dans sa bibliothèque, le Napoléon, de Raffet, ou celui d’Horace Vernet ; les Mystères de Paris, avec les paysages parisiens de Daubigny, ou le Juif Errant, de Gavarni ; les Animaux et le Gulliver, de Grandville ; le Gil Blas, de Jean Gigoux, tous ces livres illustrés de notre époque sur lesquels les coulissiers de la librairie cherchent à faire la hausse. »

    (Paul Eudel. L’Hôtel Drouot en 1881. Paris, G. Charpentier, 1882, p. 92-93)


    8. Psalterium Davidis, ad exemplar Vaticanum anni 1592. Lugduni, apud Joh. et Dan. Elzevirios, anno 1653, pet. in-12, réglé, mar. bl., fil., tr. dor. (Boyet). Aux armes du comte d’Hoym. Exemplaire de J.-Ch. Brunet. 1.829 fr.

    29. Histoire du Vieux et du Nouveau Testament. Paris, P. le Petit, 1670, gr. in-4, fig., mar. r., fil., compart., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Colbert. Exemplaire de Renouard. Retiré à 1.000 fr.

    52. Hore Christifere Virginis Marie secundum usum Romanum. Marque de Simon Vostre. Almanach de 1508 à 1528. Gr. in-8 goth., réglé, fig. et bordures sur bois, mar. r., fil., compart. sur le dos et les plats à mosaïque noir et blanc, doublé de mar. olive, tr. ciselée, étui de mar. noir doublé de peau (Capé, dorure de Marius Michel). 1.795 fr.

    104. Lieux communs et discours spirituels extraits des sermons du père Louis de Grenade, et mis en françois par N. Colin. Paris, G. Chaudière, 1580, in-8, mar. br., ornements argentés, tr. dor. Aux armes de Henri III, avec sa devise « Spes mea Deus ». 600 fr.

    134. Méditations sur l’Évangile, ouvrage posthume de messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, J. Mariette, 1730-1731, 4 vol. in-12, mar. r. jans., doublé de mar. cit., dent., tr. dor. (Rel. anc. de l’époque). 1.000 fr.




    269. La Nef des princes et des batailles de noblesse. Lyon, Guillaume Balsarin, 1502, gr. in-4 goth., fig. sur bois, mar. rouge, riches compart., doublé de mar. bl. semé de fleurs de lis, tr. dor. ciselée aux armes royales (Lortic). 4 gravures sur métal déjà employées par Neumeister à Mayence (1479) et à Albi (1481). Première édition. 1.000 fr.



    337. Les Simulachres & historiées faces de la mort. Lyon, Melchior et Gaspar Trechsel frères, 1538, in-4, réglé, fig. sur bois, dos orné, mar. r., fil., tr. dor. (Lortic). Première édition de la Danse des morts de Holbein. Ex. de Chedeau, de Saumur. 1.220 fr.



    393. Incipit summa que vocat Catholicon, edita a fratre Johanne de Janua. Mayence, 1460, in-fol. goth., mar. r., fers à froid, tr. dor. Première édition. Des bibliothèques Ch. Giraud (1.950 fr.), F. Solar (1.010 fr.) et Techener (1.520 fr.). 1.600 fr.

    432. Homeri Opera (græce). Florentiæ, sumpt. Bernardi et Nerii Nerliorum, 1488, 2 vol. in-fol., mar. vert, dent., tr. dor (Bradel-Derome). Édition princeps. Ex. de Yemeniz. 4.100 fr.



    510. Le Romant de la rose. S. l. n. d., in-fol. goth. à 2 col., réglé, fig. sur bois, mar. br., compart., tr. dor. (Duru-Chambolle). Édition originale imprimée à Lyon par Guillaume Le Roy, avec les caractères dont il s’est servi en 1485 dans le Doctrinal de Sapience [en réalité 3eédition]. 1.300 fr.

    [Les trois premières éditions, incunables et illustrées, sont très rares : Genève, Jean Croquet, v. 1481, une douzaine d’exemplaires ; Lyon, Jean Syber, v. 1485, une demi-douzaine d’ex. ; Lyon, Guillaume Le Roy, v. 1487, une vingtaine d’ex.].

    523. La Dance des aveugles (par Pierre Michault). Lyon, Pierre Maréchal et Barnabé Chaussart (v. 1500), in-4 goth., fig. sur bois, mar. bl. doublé de mar. r., dent., tr. dor. (Bauzonnet). Ex. de J.-Ch. Brunet [1868, n° 266, 1.600 fr.]. 1.000 fr.

    555. L’Adolescence Clémentine (par Clément Marot). Lyon, François Juste, 1534. – La Suite de l’Adolescence Clémentine. Lyon, François Juste, 1534. 2 part. en 1 vol. pet. in-8 goth., format allongé, mar. r., riches compart. à petits fers, tr. dor. (Duru, dorure Marius Michel). Des bibliothèques Cailhava, qui l’a fait relier, puis Desq. 1.355 fr.


    Photographie BnF

    585. La Tricarite, plus qelqes chants, an faveur de pluzieurs damoêzelles, par C. de Taillemont Lyonoes. Lyon, Jean Temporal, 1556, in-8, mar. acajou, fil. à compart., tr. dor. (Thouvenin). Ex. de Nodier, avec les écussons, et de Yemeniz. 1.010 fr.






    718. Fables choisies, mises en vers par M. de la [sic] Fontaine. Paris, Denys Thierry, 1668, in-4, fig. de Chauveau, mar. r. jans., tr. dor. (Capé). Édition originale. 1.400 fr.

    745. Les Baisers, précédés du Mois de Mai, poëme (par Dorat). La Haye, et se trouve à Paris, chez Lambert et Delalain, 1770, in-8, pap. de Hollande, titre, fig., vign. et culs-de-lampe gravés d’après Eisen par de Longueil, Masquelier, Delaunay, Ponce, etc., mar. r., fil., dos orné, tr. dor. (Rel. anc.). 1.251 fr.

    756. L’Eschole de Salerne en vers burlesques (par Martin). Suivant la copie imprimée à Paris (Leyde, J. et D. Elsevier), 1651, pet. in-12, vél., compart., dos orné, dor. (Rel. anc.). Ex. de J.-C. Brunet. Retiré à 1.000 fr.

    840. Le Théâtre de P. Corneille. Suivant la copie imprimée à Paris (Amsterdam, A. Wolfgank), 1664-1666 et 1676, 5 vol. – Les Tragédies et comédies de Th. Corneille, suivant la copie imprimée à Paris (Amsterdam, A. Wolfgank), 1664-1678, 5 vol. Ensemble 10 vol. pet. in-12, front. et fig., mar. v., tr. dor. (Duru). Ex. de Chedeau, de Saumur. 1.005 fr.    

    862.Œuvres complètes de Regnard. Paris, Imprimerie de Monsieur, 1790, 6 vol. in-8, fig., mar. r., large dent., tr. dor. (Bozerian). Première édition complète. 29 pièces (portr., suites) et une page autographe de Regnard ajoutées. Ex. de Yemeniz. 1.400 fr.


    Photographie BnF

    888. Tresplaisante et Recreative Hystoire du Trespreulx et Vaillant Chevallier Perceval le galloys, Jadis chevallier de la Table ronde. Paris, Jehan Sainct-Denys et Jehan Longis, 1530, pet. in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. r., compart. de fil., tr. dor. (Thompson). Des bibliothèque Colbert, roi Louis-Philippe et Chedeau. Retiré à 710 fr. 



    889. Gyron le Courtoys. Avecques la devise des armes de tous les chevaliers de la table ronde. Paris, Anthoine Verard, s. d. (v. 1501), gr. in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. br., compart. à froid, tr. dor. (Chambolle-Duru). Première édition. Ex. Chedeau. Retiré à 1.500 fr.


    Photographie Morgan Library

    891. Les Quatre Fils Aymon. Lyon, 1493, pet. in-fol. goth., fig. sur bois, mar. r., fil., tr. dor. (Rel. anc.). Caractères de Jean de Vingle. Seul ex. connu provenant des ventes La Vallière, F. Solar et Chedeau. 22e f. manuscrit, taches et raccommodages. 1.050 fr. [aujourd’hui à la Pierpont Morgan Library, New York].


    Photographies BnF

    899. La Conqueste du chasteau damours, conquestee par lumilite du beau doulx. S. l. n. d. [v. 1502], pet. in-4 goth., 7 fig. sur bois, mar. r., ornem. sur les plats, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul ex. connu, venant du cabinet La Roche Lacarelle (1859, n° 325). 1.005 fr. [aujourd’hui à la BnF].





    953. Hypnerotomachia Poliphili, ubi humana omnia non nisi omnium esse docet. Venetiis, in ædibus Aldi, 1499, in-fol., fig. sur bois, cuir de Russie, compart. de fil. Édition originale. Ex. de Chaponay. 1.005 fr.

    1.068.Œuvres diverses de M. de Fontenelle, de l’Académie françoise. Nouvelle édition. La Haye, chez Gosse & Neaulme, 1728-1729, 3 vol. in-fol., front., fig. et vign. de B. Picart, mar. r., large dent., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de madame de Pompadour. 1.790 fr.

    1.175. Trogi Pompeii historia per Justinum in compendium redacta proxime quam emendatissime edita. Mediolani, ex offic. Minutiana, 1520, in-fol., mar. br., compart. en mosaïque, tr. dor. Ex. de Maioli avec son nom et sa devise. Des bibliothèques Heber et Solar. Retiré à 1.000 fr.



    1.262. Le Premier Volume contenant quarante tableaux, ou Histoires diverses qui sont mémorables, touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France en ces dernières années. S. d. [v. 1572], in-fol. oblong, demi-rel. avec coins de mar. v. (Trautz-Bauzonnet). Ex. Chedeau. 1.040 fr.


    Joseph Renard n’obtint pas de cette vente ce qu’il en attendait. Les circonstances politiques, la malveillance de quelques-uns et l’indifférente préface du baron de Rothschild contribuèrent à son insuccès. La vente ne rapporta que 185.468 francs. De nombreux lots furent retirés.


    Joseph Renard mourut à Écully le 13 octobre 1882 et fut inhumé au cimetière de la ville le surlendemain.

    Il laissait une Notice sur les manuscrits à miniatures (Paris, Bouton, 1874, in-16, 72 p., 200 ex.), une Notice bibliographique sur les ouvrages imprimés du P. Cl. Fr. Menestrier. Complément aux recherches de M. P. Allut sur les œuvres de cet auteur. Par J. Renard (Lyon, Imprimerie Mougin-Rusand, 1881, in-8, 14 p.) et le Catalogue des œuvres imprimées de Claude-François Menestrier, de la Compagnie de Jésus, par M. Joseph Renard, bibliophile lyonnais. Ouvrage posthume, publié par le P. Carlos Sommervogel, S. J., strasbourgeois (Lyon, Imprimerie de Pitrat Aîné, 1883, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-VI-150 p.).


    Une partie de sa bibliothèque fut vendue à Lyon, du 24 mars au 3 avril 1884 : Catalogue de la bibliothèque lyonnaise provinciale, historique, littéraire, héraldique & bibliographique de feu M. Joseph Renard (Lyon, Auguste Brun, 1884, in-8, 232 p., 1.360 lots).



    La partie la plus importante fut mise en vente à Paris, en 6 vacations, du lundi 12 au samedi 17 mai 1884, à la Maison Silvestre, 28 rue des Bons-Enfants, salle n° 2 : Catalogue de la partie réservée de la bibliothèque de feu Mr J. Renard, de Lyon, comprenant le choix de ses plus beaux livres(Paris, A. Claudin, 1884, in-8, IX-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-317-[3] p., 1.048 + 4 doubles [bis] = 1.052 lots), dont Théologie [140 lots = 13,30 %], Jurisprudence [36 lots = 3,42 %], Sciences et Arts [142 lots = 13,49 %], Belles Lettres [466 lots = 44,29 %], Histoire [268 lots = 25,47 %].



    1. Icones historiarum Veteris Testamenti. Lugduni, apud Joannem Frellonium, 1547, pet. in-4, réglé, 98 fig. sur bois d’après Holbein, v. fauve, fil., ornem. à froid. Quatrains français de Gilles Corrozet. Premier tirage. De la collection Chedeau.  


    2. L’Histoire du Vieux et du Nouveau Testament représentée avec des figures & des explications édifiantes (Sieur de Royaumont, pseudonyme de Nicolas Fontaine). Paris, Pierre Le Petit, 1670, in-4, fig., mar. r., fil., comp. à la Duseuil, tr. dor. (Rel. anc.). Édition originale. Aux armes de Colbert. Des bibliothèques Renouard et Van der Helle.



    3. Histoire du Vieux et du Nouveau Testament (en hollandais). Amsterdam, P. Mortier, 1700, 2 vol. in-fol., 2 front. gr., 214 pl., vign., culs-de-lampe et cartes, par B. Picart, Luyken, etc., v. gr., dent., comp., milieu orné (Rel. anc.). Ex. en gr. pap., du tirage « avant les clous ».



    4. Figures de la Bible (avec explication en hollandais). La Haye, Pierre de Hondt, 1728, 3 vol. gr. in-fol., front. et 212 pl. par Houbraken et B. Picart, etc., grav. par G. van Gouven, P. A. Gunst, etc., vél. cordé de Hollande. Premier tirage en pap. super-royal. Les planches ont servi à illustrer la Bible de Saurin (1728-1739).



    9. La Vie de Salomon (par l’abbé de Choisy). Paris, Cl. Barbin, 1687, in-8, mar. r., fil., tr. dor. (Thompson). Annotations autographes de J. Racine. Ex. de Solar. [Paris, Christie’s, 22 avril 2016 : 22.500 €].

    47. L’Avocat des pauvres (par J.-B. Thiers, curé de Champrond). Paris, Veuve de Jean du Puis, 1676, in-12, v. fauve, dent., tr. dor. (Bozerian). De la collection Coulon.

    49. Dissertation sur les porches des églises (par J.-B. Thiers). Orléans, François Hotot, 1669, in-12, v. fauve, dent., tr. dor. (Bozerian).

    50. Traité de la clôture des religieuses (par J.-B. Thiers). Paris, Antoine Dezallier, 1681, in-12, v. fauve, dent., tr. dor. (Bozerian). De la coll. Coulon.

    51. Traité de la dépoüille des curez (par un docteur en droit [ J.-B. Thiers]). Paris, Guillaume Desprez, 1683, in-12, v. fauve, fil., tr. dor. (Bozerian).

    52. Traité des jeux et des divertissemens (par J.-B. Thiers). Paris, Antoine Dezallier, 1686, in-12, v. fauve, dent., tr. dor. (Bozerian).



    53. Histoire des perruques (par J.-B. Thiers). Paris, aux dépens de l’auteur, 1690, in-12, v. fauve, dent., tr. dor. (Bozerian). Édition originale.

    54. Traité de l’absolution de l’hérésie (par J.-B. Thiers, curé de Vibraie). Lyon, Léonard Plaignard, 1695, in-12, v. fauve, dent., tr. dor. (Bozerian).

    55. Dissertation sur la sainte larme de Vendôme. Par Mr  J. B. Thiers, docteur en théologie, curé de Vibraie. Paris, veuve de Claude Thiboust et Pierre Esclassan, 1699, in-12, v. fauve, fil., dent., tr. dor. (Bozerian).

    56. Observations sur le nouveau bréviaire de Cluny, par J.-B. Thiers. Bruxelles, Claude Plantin, 1702, 2 vol. in-12, demi-rel., dos et coins de mar. br., tête dor., non rog.

    57. Critique de l’histoire des flagellans (par J.-B. Thiers). Paris, Jean de Nully, 1703, in-12, v. br.



    Photographie Musée Médard, Lunel (Hérault)

    58. Traitez des cloches (par J.-B. Thiers). Paris, Jean de Nully, 1721, in-12, v. fauve, fil., tr. dor. (Bozerian).

    59. Traité des superstitions qui regardent les sacremens (par J.-B. Thiers, curé de Vibraie). Paris, la Compagnie des Libraires, 1741, 4 vol. in-12, demi-rel., v. antiq., tête dor., non rog.

    60. Dissertation sur l’inscription du grand portail du couvent des Cordeliers de Reims (par J.-B. Thiers, curé de Champrond). Paris, Antoine Dezallier, 1670 [i. e. 1770], in-12, cart., toile, non rog. Édition imprimée dans les Flandres, à Louvain ou à Bruxelles, par Le Francq.  

    66. Le Myroir de vye. S. l., s. d. (Paris, Michel Le Noir, v. 1500), pet. in-4 goth., mar. br., dent. int., tr. dor. (Duru).

    67. Le Chappelet des vertus et les vices contraires à ycelles aultrement nommés prudence. Paris, Philippe Le Noir, v. 1515, pet. in-4 goth., fig. sur bois, mar. r., dos orné, fil., ornem. à petits fers sur les plats, dent. int., tête dor., non rog. De la coll. Desq. 

    69. Le Descrotoire de vanité. Douay, J. Bogard, 1581. – L’Eschelle du ciel pour monter à Dieu. Douay, J. Bogart (sic), 1585. Ensemble 2 titres en 1 vol. in-16, v. fauve (Rel. anc.).

    70. Le Fouet des jureurs et blasphémateurs du nom de Dieu (par Vincent Mussart). Rouen, J. Crevel, 1608, pet. in-12, vél. (Rel. anc. avec cordons en cuir).



    73. Le Foüet des paillards, ou juste punition des voluptueux & charnels (par Mathurin Le Picard). Rouen, Louis Loudet, 1628, in-12, v. fauve.



    103. Histoire des Albigeois, et gestes de noble Simon de Monfort, descripte par F. Pierre des Valées [sic] Sernay. Tolose, Arnaud et Jaques Colomies frères, 1568, pet. in-4, réglé, mar. br., fil., compart., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). Édition originale.